NIGELLEES. Capsules uniloculaires, libres ou soudées
GALTHE. Caltha. Calice pe'taloïde , pentasëpale. Cinq à dix capsules comprimées , uniloculaires , polyspermes.
On pense que caltha est une syncope de KcLhciôof, corbeille, et que ce mot exprime une comparaison entre les fleurs de ce groupe et une petite corbeille dorée.
Le Calthe des marais 1 , qui habite la France, sert dans les campagnes pour colorer le beurre.
TROLL1E. Trollius . Calice nul ; corolle de douze à quinze pétales ; huit ou dix nectaires percés à la base. Capsules nombreuses , aiguës, verticillées.
Les troliies sont des plantes herbacées qui croissent dans l’ancien et le nouveau continent.
HELLÉBORE. Helleborus. Calice pentasépale , grand ; corolle de huit à dix pétales tubuleux, nec-
i C. palustris.
CLASSE XIV
tarifères ; étamines nombreuses; trois à dix ovaires. Capsules polyspermes; semences bisériées.
C’est à leurs propriétés vénéneuses que ces végétaux doivent ce nom , qui est formé de e\eiv, tuer, et de (Zopct, , aliment. Les hellébores sont herbacées , et se trouvent en Europe et dans l’orient.
L’Hellébore noir 1 , qui est appelé Rose de Noël à cause de l’époque à laquelle il fleurit , habite l’Auvergne et les Pyrénées ; on en découvre aussi en Grèce , sur le mont Athos et sur l’Olympe.
L’Hellébore oriental 3 croît sur les rivages de la Mer Noire , ainsi que sur le mont Olympe et sur l’Athos, et principalement dans l’île d’Antycire où Tournefort eut occasion de le recueillir. Comme il est beaucoup plus commun en Grèce que l’espèce précédente , il est extrêmement probable que c’est plutôt de lui que les anciens firent usage sous le nom d’Hellébore ; ils l’administraient dans presque toutes les maladies ; mais ils lui accordaient surtout une grande confiance contre les affections mentales. Son action sur l’organe intellectuel était alors si bien établie , que l’on voyait des philosophes faire dégénérer sa médication en une habitude, et s’administrer ce végétal lorsqu’ils voulaient s’adonner à un travail d’imagination , afin de développer leurs facultés.
L’hellébore était principalement célèbre dans l’antiquité pour le traitement de la folie, et les témoignages recueillis en sa faveur ne remontent pas moins qu’aux époques héroïques , puisqu’on racontait anciennement qu’Hercule avait été guéri d’une affection mentale par ce remède ; Pausanias , Hérodote et Dioscoride rapportent que l’on attribuait au berger et devin Mélampe la découverte des propriétés de celui-ci ; il observa que ses chèvres étaient purgées quand elles broutaient de l’hellébore , et dans la suite , il se servit de ce végétal pour traiter les filles du roi Prætus , qui étaient devenues folles et se
i II . niger.
i //. orienlalis.
RENONCULACÉES.
croyaient transformées en vaches. L’île d’Antycire, qui est voisine de l’île d’Eubée, et dans laquelle cette plante croissait en abondance , était devenue , à cause de cela , le point de réunion des malades , et formait en quelque sorte le Charenton de la Grèce; aussi, par allusion, pour exprimer qu’un citoyen était fou, ainsi qu’on le trouve dans Horace, on se contentait de dire anlicyras navigel. Ce médicament était alors administré avec une extrême audace, et jusqu’à ce qu’il occasionnât un appareil de symptômes redoutables , auxquels on donnait le nom d’Helléborisme ; c’est un purgatif âcre et drastique, et qui, d’après ce que rapporte Tournefort , purge même à l’extérieur. Ce végétal, si souvent prescrit par le père de la médecine, est actuellement abandonné; les vétérinaires seuls s’en servent.
ISOPYRE. Isopyrum. Calice nul ; corolle pentapétale ; cinq nectaires trifides. Capsules planes, ve'siculeuses, pointues, recourbées au sommet.
Ce genre a une dénomination qui est formée de i<roç9 égal, et de rrvpoç, froment ; il ne contient probablement qu’une espèce.
GARIDELLE. Garidella . Calice de cinq folioles; corolle pentapétale, décandre. Trois capsules soudées, tuberculeuses.
C’est au botaniste français Garidel que ce groupe a été dédié ; il ne contient qu’une seule espèce.
NIGELLE. Nigella. Calice pentasépale , pe'taloïde ; corolle de cinq à dix pétales bilabiés. Cinq à dix capsules soudées, terminées en pointe.
Nigella provient de niger, noir, et indique la couleur ordinaire des semences de ces végétaux. Ceux-ci croissent dans le Levant et dans la région méditerranéenne.
Classe xiv.
La Nigelle cultivée 1 offre des semences d’un goût piquant que l’on emploie parfois dans la cuisine sous le nom de toute épice.
ANGOLIE. Aquilegia. Calice pétaloïde, pentasépale; corolle a cinq pétales encornet. Cinq capsules acuminées, uniloculaires, polyspermes.
On a comparé les pétales recourbés de ces renonculacées aux serres des oiseaux de proie : de là est provenu leur nom qui est une altération de aquila , aigle. Les ancolies habitent presque toutes l'Europe et l’Asie.
DELPHINELLE. Delphinium. Calice pétaloïde , pentasépale , irrégulier; sépale supérieur disposé en éperon ; corolle tétrapétale, à deux pétales plus longs enfoncés dans l’éperon. Une à cinq capsules.
Cette dénomination, qui provient de fehqiv, dauphin, a été imposée aux delphinelles parce que l’on a comparé leur sépale supérieur à ce cétacé. Ces végétaux sont tous répandus sur l’hémisphère boréal.
AGONIT. Aconitum. Calice pentasépale, irrégulier ; sépale supérieur en casque ; trois pétales linéaires , et deux figurés en corne d’abondance et cachés dans le casque. Trois à cinq capsules.
Ces végétaux sont ainsi appelés, d’après Théophraste, parce qu’ils passaient pour croître près de la ville d’Àcone , en Bythinie.
L’Aconit napel 2, que l’on rencontre en France, est une plante énergique, vénéneuse; Hesychius , auteur d’une vie
i N. sativa.
a A. napel/us.
RENONCU LACEES.
d’Aristote, assure que cet immortel philosophe, s’est empoisonné avec de l’aconit, pour prévenir un arrêt de mort lancé contre lui ; ce végétal est aujourd’hui employé par quelques médecins comme diurétique, pour combattre les hydropisies.
ACTÉE. Actœa. Calice tétrasépale ; corolle de quatre ou huit pétales étroits. Une baie.
Ce genre se forme de deux espèces dont l’une est native de l’Europe et l’autre de l’Amérique septentrionale .
Z ANTHORHIZA. Zanthorhiza. Calice de cinq folioles lancéolées ; corolle de cinq pétales glanduliformes ; cinq à huit étamines. Cinq capsules monospermes.
Ces végétaux ont un nom formé de Çcu'ôor, jaune, et de çiÇcl, racine ; ils croissent dans l’Amérique septentrionale.
PIVOINE. Pœonia. Calice pentasépale, irrégulier, subfoliacé; corolle ordinairement pentapétale ; stigmates falciformes, bilamellés. Deux à cinq capsules ; semences globuleuses, lisses.
Pline raconte que ces végétaux portent le nom du médecin Pæon, qui s’en servit le premier dans son art, et guérit par leur moyen Pluton qui avait été blessé par Hercule. Les pivoines croissent dans la région boréale de l’ancien continent.
PODOPHYLLE. Podophyllum . Calice trisépale ; corolle de six à neuf pétales ; douze à vingt-quatre étamines. Fruit bacciforme , charnu.
Ce genre, dont le nom est un diminutif de ctvctTroS'o^v^hoy, feuille en pied de canard, est devenu le type d’une famille
CLASSE XIV
particulière ; il est f ormé par deux plantes herbacées, indigènes de l’Amérique méridionale.
FAMILLE DES ANONÉES.
Calice trilobé'; corolle à six pe'tales; ëtamines nombreuses; ovaires nombreux, uniloculaires. Baies ou capsules uniloculaires , rapproche'es ou soude'es ; graines ride'es transversalement.
Les a nouées sont des arbres ou des arbrisseaux à feuilles alternes, simples et dépourvues de stipules.
ANONE. Anona . Baies e'cailleuses , monospermes, soude'es.
Les anones portent un nom américain ; elles habitent les régions chaudes des deux continens. L’écorce de quelquesunes s’emploie dans la médecine indienne. Leurs fruits renferment une pulpe sucrée et fondante ; aussi ceux de plusieurs espèces sont recherchés pour les tables.
ASIMINIE. Asimtnia. Baies poly spermes , non soude'es.
Ces végétaux sont frutescens et habitent l’Amérique septentrionale.