III.—De la Division des Racines
140, Presque toutes les plantes sont susceptibles d’émettre spontanément des drageons ou rejetons de leurs racines. Les Pruniers, les Cerisiers, et presque tous les arbres à feuilles caduques nous en offrent de fréquents exemples. Et dans les forêts, on ne rencontre presque jamais de souche de Hêtre, d’Orme, de Frêne etc. sans voir de nombreux rejetons pousser des racines de l'arbre détruit. C'est que la nature a d'ordinaire plus d’un moyen pour parvenir à ses fins, et comme les jeunes pousses provenant des graines de ces arbres, sont exposées à une foule d'accidents qui les font périr pour la plupart, elle a pourvu ces plantes d'un moyen plus sûr et plus prompt de se reproduire. Nous voyons au contraire les arbres résineux, qui par leur flexibilité dans le jeune âge peuvent être inpunément foulés aux pieds des passants, se reproduire constamment de graines et ne presque jamais donner naissance à des rejetons. Les jardiniers ont souvent recours aujourd’hui à ces rejetons pour la multiplication d’un grand nombre de plantes ; il
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en est même qu’on reproduit presque toujours ainsi sans jamais recourir à leurs graines. Les Lis, les T'ulipes, les. Narcisses et la plupart des plantes bulbeuses, ne se reproduisent presque jamais autrement que par la division des caïeux de leurs bulbes. Le Martagon tigré, l’igname de Chine, l'Ognon buibifère ete., nous offrent des Ognons de semence sur leurs tiges mêmes (Fig. 34).
Les plantes à racines vivaces nous offrent pour la plupart des touffes composées d’un grand nombre de gemmes, boutons ou turions, que nous divisons pour les multiplier. C’est encore ainsi que les œilletons ou rejetons qu'émettent les Cactus, les Agaves, les Iris etc. servent à les reproduire.
141. Enfin il est de certaines plantes qui nous offrent dans leurs racines de véritables tiges souterraines qu’on emploie avec avantage à leur reproduction ; telles sont les Pommes de terre, les T'opinambours etc. En efïet les tubercules de ces plantes mis en terre, ne profitent pas comme les bulbes des Lis, des Tuiipes etc. en donnant naissance à des racines, mais les yeux qu'ils portent se développent en de véritables tiges souterraines, munies elles-mêmes de racines, qui portent des petits rameaux présentant des écailles au lieu de feuilles, et qui donnent naissance à de nouveaux tubercules en se tuméfiant à leurs extrémités, ou en d’autres parties de leur tongueur (Fig. 35). Quand les tubercules sont gros ils peuvent donner naissance à autant de nouvelles plantes qu'ils ont d’yeux, de sorte que l’ OpÉrAMON n’est qu’un véritable bouturage.