DIVISIONS DES PLANTES
aux tiges des céréales, et la moisissure que vous fendez de la lame de votre couteau en ouvrant un pain un peu vieux, ne méritent pas moins de fixer notre attention que le Pin majestueux de nos vallées, et le Chêne séculaire de nos montagnes. Et l'on ne sait ce qu’on doit admirer davantage, de cette libéralité infinie du Créateur qui couvre chaque année nos champs de riches moissons nécessaires pour notre subsistance, ou de cette sagesse non moins grande qui livre à notre observation des créatures si petites et si peu apparentes qu’elles ne semblent destinées qu’à nous rappeler une puissance et une fécondité sans limites. Aussi le champ de cette étude est-il aussi vaste que la terre elle-même, car partout elle nous offre des productions si non différentes, du moins variées jusqu’à l’infinie dans les formes de leur disposition ou de leur organisation.
5.—I1 serait difficile de donner le nombre exact des plantes. Le savant Linné en comptait 6,000 en 1764, Steudel donnait la liste de 50,481 en 1824 ; les botanistes en ont décrit aujourd’hui plus de 100,000, et l’immense herbier du Museum de Paris n’en renferme pas moins de 115,000 à 120,000.
6. On se bornait autrefois à diviser les végétaux en arbres, arbrisseaux et plantes herbacées. Mais depuis les études des Tournefort, des Linné, des Jussieu, des De Candolle, etc., diverses classifications fondées sur des principes scientifiques ont été universellement adoptées ; nous en donnerons plus loin le détail.
,—Dans les végétaux les plus parfaits on distingue : 10. l'axe ou la tige, qui est la partie ascendante et dont la tête est ordinairement formée d’un faisceau de ramifications. 20. La racine, qui s'enfonce dans le sol pour y fixer la plante et en tirer la nourriture qui lui convient. 30. Le collet, qui est un petit bourrelet ou cordon, et quelquefois un point purement idéal dans la tige, près du
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4 ORGANOGRAPHIE ET GLOSSOLOGTE,
sol, et qui divise le système ascendant de la tige, du système descendant de la racine.
Nous disons dans les végétaux les plus parfaits, car il est des plantes anormales dans lesquelles quelquesunes de ces parties manquent totalement, ou sont tellement conformées qu’il est très difficile de les distinguer. C’est ainsi, par exemple, qu’on ne trouve point de tige dans les lichens qui s’attachent aux troncs des arbres, et que des varechs se fixent ou se collent aux rochers sans aucune racine.
8. Les plantes sous le rapport de leur organisation, de leur mode de génération, de leur habitat, de leur durée, de leur usage, sont dites :
Ligneuses, \crsque la tige forme un bois solide (Erable, Hêtre).
Sous-ligneuses ou frutescentes, 1érsque le bas de la tige
seul prend la consistence du bois (Geranium).
Herbacées, lorsque les tiges persévèrent tendres, molles et de couleur verte (Maïs, Balsamine).
Phanérogames, (de phaneros, apparent, et gamos, mariage) lorsque les organes de la reproduction sont apparents (Lis, Rosier).
Cryptogames, (de cryptos, caché, et gamos) lorsque les organes de la reproduction n'appa:aissent pas à l’œil nu (Champignons, Algues).
Terrestres, lorsqu’elles poussent de la terre (Oignons. Chardon).
Aquatiques, quand elles vivent dans l’eau (Nénuphar).
Marines, si elles vivent dans l’eau salée (Algues).
Annuelles, lorsqu'elles ne vivent qu’une seule année (Blé, Orge).
Bisannuelles, lorsqu'elles vivent deux ans (Trèfle, Digitale).
Vivaces, si elles vivent plus de deux années (Fléole, Aspergé).
9.—Les botanistes modernes ont encore ajouté aux plantes trois autres divisions qu’il importe infiniment de bien remarquer, parce qu’elles offrent chacune des caractères particuliers, sur lesquels n°us reviendrons souvent dans le cours de cetraité, ce sont :
lo. Les monocotylédones, (a) où celles dont l'embryon pe se compose que d’un seul lobe ou cotylédon, et qui par conséquent lors de la germination n'offrent qu’une seule feuille à leur sortie de terre (Seigle, Maïs).
20. Les dicotylédones, où celles dont l'embryon se compose de deux lobes (Fèves, Melons).
30. Les acotylédones, ou celles qui n'ayant point de fleurs apparentes ne produisent point de graines, mais se reproduisent au moyen de spores (154) qui croissent sur leurs feuilles ou leurs tiges, et sont dépourvues d’embryon et de cotylédons (Champignons, Fougères).
10.—Enfin les plantes sont encore dites alimentaires, aromatiques, médicinales, tinctoriales, etc., suivant qu’on peut en tirer des aliments, des odeurs, des médicaments, des teintures, etc.
11.—On appelle Flore la description des plantes d’un pays; ainsila Flore Canadienne serait la description des plantes du Canada.
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