II.—DE LA COROLLE
83.—-La Corolle (du latin corolla, petite couronne), est le second rang d'organes dans la fleur; elle est placée en dedans du calice. La corolle est d’une contexture délicate, molle, et le plus souvent colorée, quoiqu'il s’en rencontre aussi de vertes (Vigne). La variété de couleurs des fleurs n’est due qu’à la délicate organisation de la corolle ; c’est pourquoi aussi sa durée est si courte. A l’exception du noir, on rencontre toutes les nuances de couleurs dans les fleurs.
Généralement on peut distinguer la corolle du calice par sa couleur; cependant ce n’est pas là le moyen le plus sûr,car dans certains cas, le calice aussi laisse la couleur herbacée pour en revêtir de plus brillantes (Fuchsia, Ancolie) ; maïs sa position au second rang empêchera toujours de confondre la corolle avec le calice, et s’il n’y a qu’un seul rang d’enveloppes florales, c’est toujoursla corolle qui manque, car il ne peut y avoir de corolle sans calice, aussi ces fleurs sont elles dites apétales (Renouée, Amarante). :
84.—Les mêmes dénominations quant à la forme et à la disposition, que nous avons énoncées en parlant du calice, s’appliquent aussi à la corolle. Les folioles qui la composent ont reçu le nom de pétales. Elle est dite monopétale lorsque ses folioles sont tellement sondées qu’elles ne forment qu’un tout (Campanule), et polypétale lorsqu'elles sont libres (Rose).
85.—On distingue dans la corolle monopétale, de même que dans le calice monosépale (82), trois parties, savoir : le tube, la gorge, et le limbe. Le tube est
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la partie inférieure ou les pétales sont soudés entre eux; la gorge est la partie où s'arrêtent les soudures, “et le limbe est la partie des pétales qui reste libre.
Le tube de la corolle monopétale est presque toujours obstrué à sa gorge par des poils ou de petits appendices de différentes formes, comme dans la
Bourrache, etc.
La corolle monopétale, eu égard à sa forme, est dite :
Tubuleuse, lorsque le tube est allongé, étroit et cylindrique (Digitale, fig. 56).
Rotacée, lorsqu'elle affecte la forme d’une roue (Bourrache, Myosotis).
tonnoir), lorsque le tube s’évase de la base au sommet (Liseron, fig. 57).
# Hypocratériforme ou en patère, 56 quand le tube droit et allongé se
termine brusquement par un limbe étalé (Phlox, Lilas).
Campanulée, lorsqu'elle affecte la forme d’une cloche (Campanule).
Urcéolée, si le limbe renflé à son milieu et rétréci à ses deux bouts présente la forme d’un vase (Gaulthéria).
86.— Dans les corolles polypétales, les pétales sont dits sessiles, lorsqu'ils n’offrent. aucun prolongement
Fig. 56. Corolle tubulcuse (Digitale).
Iafondibuliforme (en forme d’en-
à leur base en forme de queue (Rose), et onguiculés, lorsqu'ils présentent ainsi une espèce de pétiole (Œillet) ; cette yueue ou pétiole se nomme onglet.
Les pétales sont ordinairement à surface plane, cependant nous en voyons souvent prend:e une forme différente. Ils sont tubuleux dans l’Ellébore fétide ; bilabiés dans la Nigelle ; calcariformes (en éperons ou . cornets) dans la Pensée, la Dauphinelle, etc. Lés bords en sont entiers dans la Rose, dentés dans l'Œillet, ciliés ou garnis de cils dans la Rue, etc. 87.—Observons toutefois que dans un grand nombre de plantes, la corolle s’écarte plus ou moins de la régularité de celles que nous venons de décrire, on les appelle pour cela corolles irrégulières. On distingue surtout les labiées, quand le limbe se partage en deux parties ou lèvres, l’une au dessus de l’autre,
Fig. 57. Corolle infondibulifurme (Liseron), Fig. 58, Corolle labiée (Sauge)
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et que la gorge reste ouverte ; cette corolle est dite personnée, lorsque la gorge est fermée par une partie relevée de la lèvre inférieure qu’on appelle palais
(fig. 58, Sauge).
Les corolles papilionacées (Pois, Lupins) sont formées de cinq pièces ayant des noms particuliers. Le pétale supérieur, qui très souvent est recourbé, porte le nom d’étendard ; les deux qui le suivent, taillés obliquement, sont les ailes ; enfin entre ces deux ailes viennent se ranger les autres pétales soudés ensemble dans leur partie inférieure et qu’on appelle carène, parce que généralement ils présentent une forme de nacelle ( fig. 59, Pois).
Il arrive souvent que les pétales sont munis à leur base d’une espèce de glande qui prend assez de développement sonvent pour simuler des pétales de moindre dimension. La forme de ces appendices est très variée dans les différentes plantes ; dans les corolles monopétales ils forment souvent une espèce de couronne à la base du pistil (Campanule) ; et s’ils recèlent un certain liquide dans la cavité qu’ils forment, iis prennent alors le nom de Nectaires.
Le terme préfloraison sert à désigner la disposition des différentes parties de la fleur avant son épanouis-
Fig. 59. Corolle papilionacée (Pois), E, étendard; A, A, ailes ; }, carène,
drocte {du grec andros, génitif de aner, homme) au troisième rang d'organes, simple ou
sement. La préfloraison est dite imbriquée, roulée, valvaire, etc., suivant que les pétales s'appliquent les uns sur les autres comme les tuiles d’un toit, qu’ils se contournent en spirale, ou qu’ils simulent des valves, etc.
S III.—DES ETAMINES OU ANDROCÉE.