Les graines étant en grande partie compo
sées de carbone, elles conserveront d'autant plus
longtemps leur faculté germinative, qu elles seront
soustraites à l’action de l'oxygène, qui en 8 ’unissunt
Fig’ 81. Graine de la Belle-de-nuit en germination: r, radicule qui commence à se ramifier ; t, tigelle ; on voit en c, les coty+ lédons portant la gemmule à leur aisselle et constituant déjà une plante,
me les Pois, les Haricots rou- .
— D mr
GERMINATION DES PLAN Es. 85
à ce carbone, l’enleverait en formant du gaz acide
. carbonique. De là Ja sage précaution de soustraire
les graines que l’on destine à la semence, à la lumière et à l'humidité. Aussi voyons nous que des grair »s enfoncées trop avant dans le soi peuvent rester des années sans se mettre à germer, parce que l’oxygène de l’air ne peut parvenir jusqu’à elles, et donneront signe de vie du moment que par quelque accident, elles se trouveront rapprochées de la surface. De là ces croissances spontanées, de plantes souvent même étrangères à la localité, sur les emplacements de constructions récemment détruites, ou sur des bouleversements inaccoutumés du sol. Des noyaux trouvés dans une couche de sable qu’on rencontra à plus de vingt pieds sous terre, en creusant un puits dans l’Etat du Maine, ont germé et donné naissance à des plantes que, par leurs fruits, on reconnut êtres des Pruniers maritimes.
133.—On comprendra facilement ,par ce qui précéde, que la lumière qui est si essentielle à la croissance de la plante, peut nuire et même mettre obstacle à la germination, parce que la lumière favorise la décomposition de l'acide carbonique de l'atmosphère et la fixation du carbone par la plante ; tandis que la germination ne peut avoir lieu que par un procédé tout contraire, la décomposition de la graine; et cette décomposition ou désorganisation de la graine ne peut s’opèrer qu’en lui fesant perdre de son carbone.
134.—La durée, de la germination, pour des graines placées en terre dans des circonstances favorables, est
RE RTS 2
86 PHYSIOLOGIÉ VÉGÉTALE, variable. Le Blé, le Seigle, sortent de terre au bout de deux jours ; le Haricot, la Rave, l’Epinard etc. le troisième jour; la Laitue, le quatrième; la Citrouille, le cinquième; la Betterave, le sixième; le Panaïs, le septième ; le Chou, le dixième ; l’Asperge, du quinzième au vingtième ; la Rue, le vingtième ; le Persil, le quarantième, etc. Il faut une année pour le Pêcher, le Noyer, etc., et deux ans pour le Noisettier. Notons toutefois, que la germination se fera d'autant plus promptement, que les graines seront demeurées moins longtemps exposées à la lumière après la maturité, c'est qu’alors elles auront absorbé une moindre quantité de carbone, et que leurs tissus recelant encore une assez grande quantité d’humidité, requerront une moindre quantité d'oxygène pour leur décomposition. Aussi voit-on d'ordinaire les graines qui tombent d’elles mêmes de la plante entrer en germination dans un temps très court.
135.—I1 arrive quelquefois aussi que des graines peuvent entrer en germination sur la plante même qui les porte. C’est ce qui a lieu surtout pour les graines à fruits pulpeux ou féculents, comme Melons, Concombres, Blé, Seigle, etc. Ce résultat est toujours la conséquence de la chaleur jointe à l’humidité.
136.—-On ignore encore la manière dont se développent les semences de la plupart des cryptogames, cependant on a pu la constater dans celles des fougères. Leurs spores, tombés en terre convenable, donnent naissance à un petit végatal de durée toutà-fait transitoire, auquel on donne le nom de prothallium, Sur ce prothallium, apparaissent bientôt des
ut organes de deux formes différentes, les anthéridies et C. les archégones, anologues aux anthères et aux pistils cé des plantes phanérogames. On voit s'échapper des le anthéridies de petits filaments doués de mouvements ge, très vifs qui les feraient prendre pour des animalle cules microscopiques ; ces filaments finissent par ur s'attacher à d’autres corpuscules renfermés dans les ot archégones, et de ce moment la germination ou pluve tôt la fécondation est opérée. Le prothallium se fléhé trit aussitôt et disparaît, tandis que les archégones se ‘fécondés prennent de l'accroissement et donnent rbé naissance à une nouveile fougère.
dia Il résulterait de là que la fécondation des sporules is des cryptogames, au lieu d’avoir lieu sur la plante, Mo comme dans les phanérogames, ne s’opèrerait qu’en re terre au moment de la germination. Des observa-
tions plus attentives permettront peut-être plus tard de généraliser ce mode de développement, qui n’a encore été reconnu que dans les fougères, les prêles et quelques autres cryptogames.
LD à À
AIS ISILTS
CIAPITRE TROISIÈME.
137.—Les plantes étant des êtres vivants, ont par conséquent besoin de nourriture pour se conserver l'existence, Or, c’est à l'absorption, à la transfor-
as v
a ma en
L. mation, et à l'assimilation de cette nourriture que où sont destinés les différents organes dont elles sont fe. pourvues, et dont nous avons déjà étudié la structure et la forme, Nous avons énuméré précédemment (124 et 125) plusieurs rapprochements entre le végétal et l'animal, nous devons en mentionner ici de plus frappants encore. Ainsi, pendant que l'estomac de l’animal tire des aliments ingurgités les sucs nourriciers qu’ils renferment, et que d’autres vaisseaux transportent dans le poumon, pour là, au contact de l’air, leur faire subir une transformation néces- | saire pour leur assimilation à la matière animale ‘A dont ils doivent faire partie ; de même les racines de | la plante tirent du sol les sucs nourriciers qui lui !. conviennent, et ces sucs transportés jusqu'aux extré- | mités des plus faibles rameaux, sont mis en contact avec l'air atmosphérique par l'intermédiaire des , feuilles, pour être pareillement transformés en ma- à tières assimilables à la substance du végétal. De sorte que l’on peut avec raison considérer les racines comme l'estomac, et les feuilles comme les poumons
de la plante, puisque les unes et les autres remplis-
sent des fonctions anologues à celles de ces mêmes
organes dans les animaux. Les racines et les feuilles
sont done des organes nécessaires à la conservation
de la vie de la plante. Aussi, enlevez à une plante ï toutes ses feuilles avant même qu’elles se développent, ou bien, séparez la de ses racines, vous la verrez bientôt mourir.