‹ Traité élémentaire de botanique [microforme]Chapitre 32 sur 60 · Nous avons déjà mentionné (125) que dans · texte numérisé non relu

Nous avons déjà mentionné (125) que dans

le végétal, comme dans l'animal, il y avait un liquide qui servait de véhicule pour transporter les matières

assimilables dans toutes les païties de l'individu. Ce fluide médium que dan: les végétaux nous appelons sève, est un liquide incolore que les racines puisent dans le sol, et qui contient en dissolution ou en suspension les principes nutritifs de ia plante.

139.—L’absorption est l’acte par lequel les plantes s'emparent des matières propres à les nourrir et à favoriser leur accroissement.

Cette absorption se fait particulièrement au moyen des spôngioles dans le sol, et aussi par les surfaces aériennes qui s'emparent des gaz et de l’humidité de Vair. La capillarité, l’endosmose et la succion sont les forces au moyen desquelles s’opère l'absorption. Par la capillarité, les vaisseaux les plus ténus de la plante se remplissent du liquide avec lequel ils se trouvent en contact dans le sol. Par l’endosmose, le liquide plus dense des cellules des spongioles tend à s’équilibrer avec l’eau que les racines rencontrent sous terre. Enfin le vide qui s’opère dans les vaisseaux de la plante par le développement des bourgeons et autres organes, produit une espèce de succion sur les liquides rencontrés pour les forcer à venir occuper ce vide.

140.—Bien que la sève dans les plantes ne soit pas assujétie à une marche aussi régulière et aussi prompte que le sang dans les animaux, on lui reconnait cependant un double mouvement qui lui est propre, qu'on a qualifié improprement de circulation, et sans lequel l’action des autres organes ne saurait avoir lieu. Par le premier de ces mouvements, qui est dit ascendant, lasève absorbée dans le sol par les spongioles (37), sous forme de liquide ou de gaz, par la loi de l’endosmose

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(19, note), mêlée avec certaines matières organisées venant du végétal lui-même retenues dans ses vaisseaux, continue à monter dans ces mêmes vaisseaux par les couches de la tige les plus nouvellement formées, jusqu’à ce qu’elle parvienne aux feuilles, où, mise en contact avec l’air atmosphérique par le moyen des stomates (45), elle se débarasse, sous l’action de la lumière, de son excès d'humidité, et s’empare du carbone de l’air; c’est là la transpiration des plantes de certains botanistes. Par le second, quiest dit descendant, la sève ainsi transformée en matière assimilable, reprend une course descendante à travers les couches les plus nouvellement formées de l'écorce ; une partie étant transportée horizontalement par les rayons méduilaires (48) dans l'épaisseur de la tige, et l’autre partie continuant sa descente jusqu'aux racines mêmes, tant pour leur transmettre la part de nourriture qui leur convient, que pour les maintenir dans les conditions requises pour l’endosmose ( fig. 28 et 29). C’est cette absorption du carbone de l’air que certains botanistes qualifient de respiration. 141.—On a pu constater que dans l’obscurité les plantes absorbent l'oxygène et exhalent de l'acide carbonique, tandis qu’à la lumière les parties colorées seules en agissent ainsi, et les parties vertes, qui sont de beaucoup les plus prépondérantes, agissent inversement, c’est-à-dire absorbent le carbone et exhalent de l'oxygène. On sait que le carbone, ou plutôt l’acide carbonique, est répandu dans l'air par la respiration des animaux, la combustion de nos foyers, la décomposition des matières organiques ; on sait aussi que cet acide carbonique est impropre

à la respiration et pourrait causer la mort étant absorbé en trop grande quantité; admirons donc ici la sagesse de la Providence qui maintient l’équilibre et l'harmonie en permettant aux plantes d’absorber les gaz qui deviendraient nuisibles à l’homme et aux animaux. Les plantations autour des demeures contribuent donc grandement à purifier l’air et deviennent sous ce rapport doublement avantageuses.

142.—En outre de la transpiration et de la respiration, la plante est encore susceptible de sécrétions et d’excrétions dans le mouvement de sa sève. La sève, puisée dans le-sol et modifiée dans les feuilles au moyen de l'air atmosphérique, non seulement entretient la vie de la plante, maïs lui fournit encore les sécrétions qu’elle est susceptible de produire, comme la cellulose qui constitue les paroïs des cellules ; le ligneux «qui s’incruste à l’intérieur des cellules, des fibres et des vaisseaux à mesure que vieillissent les plantes pour former le bois ; l’amidon qui forme une des bases des plus importantes de notre alimentation, remplissant en grande partie les cellules des graines des céréales, des tubercules alimentaires, etc. La glucose qui n’est qu’une modifieation de l’amidon et constitue le principe du sucre, les gommes, les résines, le caoutchouc, la guita-percha, les huiles essentielles, comme celles de lavande, de rose, d’œillet, etc., les huiles fixes comme celles de lin, d’œillette, d'olive, etc., les acides acétique, tartrique, oxalique, tannique, etc., la quinime, la nicotine, la morphine, la strychnine, la caféine, la théine, etc., sont autant de sécrétions que fournissent des plantes,

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143.—T1 arrive parfois que par suite de lésions ou de l’état maladif d’une plante, les principes particuliers qu’elle est susceptible de sécréter, comme gomme, résine, essences, s'accumulent dans les vaisseaux et jaillissent au dehors à travers les organes. ji On nomme excrétions, les matières ainsi rejetées en dehors de l’organisme. Nos cerisiers, pruniers, etc., nous en offrent souvent des exemples. Les excré: tions sont toujours dommageables aux plantes et

C1 leur causent souvent la mort.

ni! 144.—Le mouvement de la sève est bien plus mar- M qué au printemps lorsque se développent les bour- | geons, et à l’automne lorsque müûrissent les fruits et | que se forment les bourgeons de la pousse du prin- | temps suivant; il n’est que peu marqué dans les | chaleurs de l’été, et devient presque nul en hiver: et NH à chacun de ces ralentissements.ou repos, le bois et l'écorce de la plante reçoivent une nouvelle doublure | de’ cellules qui se transforment bientôt en vaisseaux | ou en fibres suivant le cas.*

| 145.—Les botanistes donnent le nom de cambium | . à la sève puisée dans le sol par les racines qui a été | se modifier au contact de l’air dans les feuilles. C’est nl | dans sa marche descendante vers la racine que cette ll: sève ainsi élaborée, se répand dans toutes les parties \h du végétal, pour offrir à chaque organe les principes L | qu’il est susceptible de s’assimiler. C’est le cambium qui en s’organisant en cellules, vaisseaux et fibres, | ajoute chaque année une nouvelle couche au bois | qu'on appelle aubier, en même temps qu’une nouil À velle doublure à l’écorce qu’on appeile liber, |

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Les jardiniers donnent improprement le nom de sève ascendante à celle du printemps, et celui de sève descendante à celle de l’automne.

146.—$i l’on examine attentivement une tranche horizontale d’une plante dicotylédone, par exemple d’un tronc de Chêne, d’Erable etc., (fig. 27), on. remarquera que le bois est formé d’un certain nombre de couches cencentriques, interrompues de distance par des espèces de veines divergeant du centre à la cirsonférence. Ces veines sont les rayons médullaires ( fig. 29) ; la moelle centrale, avec les trachées qui l’entourent, et la première couche de bois, sont le produit de la première année de la croissance de la plante ; chaque année subséquente, une nouvelle couche de bois est venue s'ajouter aux premières, de sorte qu’en comptant ces couches, on peut connaître de suite l’âge de la plante (fig. 27). On peut voir de plus que chaque eouche de bois est elle-même composée d’un double tissu, le plus intérieur se composant de vaisseaux proprement dits, et l'extérieur, qui a ordinairement plus d'épaisseur, de fibres (jig. 28). Ces deux tissus caractérisant les deux mouvements de la sève dans la même saison. La sève du printemps, en terminant son mouvement vers la fin de juillet, s’est transformée en se coagulant en vaisseaux, et la sève du mois d'août s’est convertie en fibres vers la fin de la saison. Cette séparation ne se fait point toutefois d’une manière absolue, car la couche de fibres manque rarement de quelques vaisseaux dispersés dans son tissu, comme on le voit dans la (fig. 29). Il n’est pas rare de trouver des arbres, comme l’Orme par exemple, qui présentent

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des couches annuelles de bois de trois lignes d’épaisseur.

Dans certaines espèces, comme, Cèdres Frênes etc. les couches n’adhèrent pas tellement les unes aux autres qu’on ne puisse les séparer, même assez facilement. C’est ainsi que nos Indiens divisent les couches concentriques du Frêne, pour la fabrication des mannes et paniers qu’ils confectionnent avec tant d’habileté,

147.—TLe plus grand mouvement de la sève, tant dans son ascension que dans sa descente, a lieu, avons nous dit, dans les parties les plus extérieures du bois et les plus intérieures de l’écorce (144) ; c’est que la cellulose (18) qui se forme dans les cellules par l’incrustation, suit une course contrifuge dans le bois et centripète dans l’écorce. Car la sève en formant chaque année une couche d’aubier, forme en même temps une couche de liber (fig. 29), de sorte que l’écorce offrira autant de couches concentriques que le tronc, quoique d’une manière moins apparente. Mais dans le bois, l’incrustation des vaisseaux commençant par les couches les plus anciennes, celles-ci deviendront avec l’âge d’un tissu si serré qu’elles ne permettront presque plus aucun mouvement aux liquides de la plante, comme nous le voyons dans le cœur du Chêne, du Néflier, ete, tandis que dans l'écorce, la croissance prenant lieu par lés couches intérieures, chasse ou repousse les plus extérieures en les forçant à se gercer et à se fendre, comme nous le voycens dans les Pins, les Erables, etc,

148.—La sève, puisée dans le sol par ‘es racines, subit diverses modifications, avant même de parvenir aux feuilles, en se mélangeant avec les matières déjà contenues dans les vaisseaux de la plante ; c’est ainsi qu’elle devient sucrée dans l’Erable, la Canne, le Maïs, etc., et amère dans le Noyer, le Bouleau, etc. Et comme dans les climats tempérés les racines continuent à absorber de la nourriture, après même que les froids ont dépouillé la tige de ses feuilles, et que les nouvelles couches d’aubier et de liber sont formées, il arrive alors que les vaisseaux des plantes se gorgent d’une surabondance de sève, si bien que si on pratique une incision sur le tronc, aussitôt que la chaleur permettra à la sève de se mettre en mouvement, on verra celle-ci ‘ouler en :bondance, et cela aussi longtemps que l’aug'nentation de la chaleur ne forcera pas les bourgeons à se développer et à retenir la nourriture pour leurs nouvelles fonctions. C'est uniquement à ce phénomène que se rattache l’exploitation de nos Erablières pour le sucre. On a vu des Erables donner jusqu’à quatre gailons de sève par jour, et des Bouleaux jusqu’à vingt gallons.

149.-—Maïintenant, si au lieu d’une tranche d’une plante dicotylédone on en prend une d’une plante monocotylédone, on remarquera une toute autre structure. Comme dans ces plantes il n’y a point de moelle centrale, on trouvera les vaisseaux et les fibres s’entremêlant avec le tissu utriculaire dans toute l'épaisseur de la tige (fig. 25 et 26). Chaque année les nouveaux tissus formant une nouvelle couche centrale, au lieu de s'étendre en une doublure extérieure, l’incrustration des cellules com-

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mencera à l'extérieur, de sorte que dans cëês plantes, le centre de la tige sera toujours la ‘partie la plus tendre (Palmier, Maïs). Cette croissance par l’intérieur des monocotylédones leur a fait donné le nom, par certains Botanistes, de plantes endogènes (de endon, dedens, et gennaô, engendrer), par opposition aux dicotylédones qu’ils appellent exogènes. Ces plantes endogènes ou monocotylédones n’offrent point d'ordinaire d’écorce distincte du reste de la tige, de sorte que dans ces plantes, l’épiderme est

appliqué sur les tissus de la tige même; celles qui

sont de consistence herbacée sont le plus souvent creuses, et partagées par des nœuds solides de distance en distance (Cannes, Céréales, fig. 45).

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