‹ Traité élémentaire de botanique [microforme]Chapitre 36 sur 60 · ÏJ. DE LA GREFFE EN FENTE · texte numérisé non relu

ÏJ. DE LA GREFFE EN FENTE

167.—Cette greffe se pratique au printemps, dès les premiers mouvements de la sève. Mais il faut avoir préparé ses greffes d'avance. C'est-à-dire, que dans le mois de mars, ou au commencement d'avril, vous coupez sur les arbres que vous voulez reproduire, des pousses de l’année préeédente, des mieux aoûtées, que vou fichez en terre dans une cave pour qu'elles ne se dessècient pas et pour qu’elles n’entrent pas non plus en végétation. Dans le mois de mai, ou vers la fin d’avtil, lorsque la sève est déjà en mouvement, vous amputez l’arbre, le rameau ou la branche qui doit vous servir de sujet, à la hauteur voulue, puis à l'extrémité amputée, de la lame de votre routeau ou greffoir, vous ouvrez une fente verticale de manière à ce que les bords en soient bien unis. Prenant alors une pousse conservée comme il est dit plus haut, vous la coupez de deux à trois pouces de long en ne lui conservant que deux ou trois yeux, et la

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Fou ge que la partie qui devra être à l'extérieur se trouve : [hs un peu plus épaisse que l’autre, vous l’enfoncez dans 11 la fente du sujet que vous ouvrez au moyen d’un coin,

| ayant soin que le cambium et le parenchyme cortiji cal de la greffe correspondent aussi exactement que possible avec les mêmes parties du sujet. Puis vous | couvrez soigneusement toute la plaie d’une pâte que | vous formez avec du suif et de ia résine en les fesant fondre ensemble.

Les jeunes arbres d’un demi pouce à deux pouces de diamètre, que vous coupez à trois ou quatre pouces du sol, sont les sujets qui offrent les plus grandes chances pour la réussite de cette greffe. Un principe essentiel qu’il ne faut jamais oublier, c'es’ ue le sujet soit toujours en sève, et que la greffe soit sur le point de le devenir.

| 168.—On appelle écussonner, l'opération qui con- | s'ete à enlever une petite portion d’écorce, munie W d’un bon œil, à un rameau, pour l’insérer sous l’é- | corce d’une autre plante préalablement incisée en T. Cette portion d’écorce ainsi enlevée a ordinairement la forme d’un écu des anciens chevaliers (jJig. 83 et 84) ; de là son nom d’écusson. Comme il est facile ll de le voir, il y a deux parties dans cette opération : fi l'enlèvement de l’écusson, et son application sur le | sujet. Cette greffe se pratique à deux époques difté- | rentes ; au printemps, et alors on l’appelle écusson- | ner à œil poussant, parce que cet œil pousse de suite ;

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MULTIFLICATION DES PLANTES. 113

et au moment de la seconde sève, c’est-à-dire vers la fin de juillet ou au commencement d’août, et on dit alors qu’on écussonne à œil dormant, parce que cet œil ne se développera que le printemps suivant. Cette dernière est la plus usitée, et peut-être la seule avantageuse dans notre climat, parce que les pousses d’écussons à œil poussant, ne peuvent d'ordinaire mûrir assez leur bois pour résister aux gelées de l'hiver qui suit. Le moyen de déterminer l’époque favorable pour opérer la greffe à œil dormant, c’est lorsque vers la fin de juillet, ou au commencement d'août, vous remarquez que l'écorce des arbres s'enlève facilement sans adhérer au cambium et sans le déchirer. |

169.—L’écussonnage est une opération délicate, mais qui réussit infailliblement quand on y apporte les soins convenables. Vous commencez donc par couper sur les arbres que vous voulez reproduire, des pousses du printemps même, qui vous fourniront

Fig. 83. Ecusson de pommier préparé et vu de profil, Fig, 84, Eeusson vu par la face interne,

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vos écussons. Vous enlevez le limbe des feuilles, et n’en conservez que le pétiole, puis enfonçant la lame de votre canif dans l’écorce d’une de ces pousses audessus d’un œil, vous l’amenez en descendant de manière à passer autant que possible entre le bois et l’écorce jusqu’à environ deux lignes au-dessous de l’œil. Vous retournez alors la partie enlevée pour vous assurer si votre écusson est bien levé. Si, n'ayant point enlevé de bois, votre écusson ne présente aucun vide à l’endroit de l’œil, et que vous y : distinguez deux petits points verdâtres qui sont les racines de la feuille et du bouton, votre écusson est excellent. Si au contraire, vous avez un peu entré dans le bois, il'faut alors l’enlever, ayant grand soin: toutefois de ne pas arracher la racine de votre bouton, car alors votre écusson ne vaudrait rien. Choisissant ensuite une place sur votre sujet où l'écorce est bien saine et nette, vous pratiquez une incision en forme de T jusqu’au bois, et en «en relevant les bords avec la lame de votre canif, vous y introduisez votre écusson que vous tenez par le pétiole, ayant soin que le cambium de celui-ci s'applique exactement sur le cambium de votre sujet, puis, ramenant les bords de l'écorce soulevée sur votre écusson, vous assujétissez le tout au mnyen d’une attache en fil de grosse laine (Jig. 86) que vous avez soin de ne pas trop serrer, parce qu’elle occasionnerait un étranglement du sujet, Si la partie supérieure de votre écusson se trouvait dépasser la ligne transversale de votre incision, vous la raccourciriez avec la lame de votre canif, sans relever votre éeusson. Au printemps suivant, lorsque vous verrez l'œil de votre greffe

commencer à se développer, vous amputerez votre sujet à cinq ou six lignes seulement au-dessus de la greffe, à moins que vous n'ayez greffé sur quelque

grosse branche que vous voulez aussi conserver.

Rien n’empêche qu’on ne greffe plusieurs espèces différentes sur le même sujet, mais il faut avoir soin qu’elles soient de force à peu près égales, car sans cela les plus fortes affameraient les plus faibles. On laisse ordinairement passer la plus grande chaleur du jour pour écussonner, et on choisit de préférence des jours humides. Dans les temps secs, on donne à ses sujets, trois ou quatre jours avant dé les greffer, de copieux arrosements. Un bon greffeur place de cent à cent cinquante écussons par heure. Cependant les arbres à écorce fine comme Pruniers, Cerisiers, Rosiers, etc., exigent un peu plus de précautions et demandent ün peu plus de temps.

Fig. 85. Rameau de pommier incisé et qui a reçu l’écusson. Fig. 86. Rameau de pommier écussonné et recouvert de sa ligature en laine.

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s CHAPITRE CINQUIEME.

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