PRÉFACE
les sciences expérimentales sont indéfiniment perfec» (ibies : des faits sont obserfési bientôt surabondent , des causes hypothétiques établissent un Hen entre ces faite ; plus tard , le nombre de ceux-ci augmente ; aux causes insuffisantes, succèdent d'autres causes plus étendues, qui auront aussi leurs jours d'existence ; et c'est ainsi qu'on changera successivement les hypothèses, sans connaître probablement jamais les vrais agents des phénomènes.
La fin du siècle dernier vit disparaître le phlogistique et les conceptions vagues ; la théorie de Lavoisier prit naissance. Résultats d'expériences et de recherches , expliquant les combustions connues , ce premier critérium de toute hypothèse chimique, les idées de Lavoisier furent généralement adoptées ; les adversaires les plus décidés reconnurent qu'elles étaient supérieures aux conjectures de Stahl, de Becker, etc., etc, et tous les chimistes de nos jours les ont suivies en étudiant la science. Mais ces idées ont actuellement cinquante ans d'existence ; cinquante ans d'une activité dévorante dont les temps antérieurs n'offrent aucun exemple , et certes la chimie a éprouvé, éprouve encore l'action salutaire d^(7&^^â/}d^oufement intellecAueV. B^owsk-
fj P&ÉFÀGE.
bustions nouvelles ont été connues : la pile de Yolta étend son empire ; gfande en chimie comme la vapeur en mécanique , cette puissance a créé réiectro-chimie , l'électro-magnétisme , ces deux agents mystérieux que l'esprit humain admettra peut-être un jour comme étant les seules causes de tous les phénomènes chimiques. L^examen des corps organiques a pris, dans ces derniers temps , une extension remarquable ; cette direction donnée aux travaux chimiques a été caractérisée par deux phases bien distinctes ; et pour l'intelligence de cette dernière circonstance , rappelons ici ce que nous disions dans notre édition précédente , alors que la chimie organique ne présentait , et cela devait être , qu'un recueil vaste et décousu des faits acquis à la science.
« Si les faits nouveaux ne peuvent jamais être trop (( nombreux , les observateurs de ces faits ont été , en H général, dominés par un sentiment trop exclusif, qui (c prolongera peut-être l'époque de transition qui nous « travaille , cet intermédiaire obligé , qui marque et qui a marquera toujours le passage d'une théorie insuffisante « à une théorie moins incomplète. Ce sentiment est celui « des dissemblances qui peuvent caractériser les com- (( posés nouveaux , les différencier des composés déjà « connus ; le sentiment contraire , celui des analogies , ù aurait sans doute présenté de graves inconvénients , <f mais n'aurait-il pas diminué le nombre de ces corps « singuliers du règne organique , qui jettent de Tobscu- « rite dans la science , arrêtent les progrès que l'on doit ér attendre f et transformeront un Itailè A^ cbâmiaca un
PRÉFACE» ^y
a véritable dictionnaire de mots techniques. Nous n'avons «certes pas la prétention de nous ériger en réforma- « teur ; un rôle aussi beau est supérieur à nos forces , et «Dotre remarque n'est pas d'ailleurs nouvelle. Dans une « autre branche des sciences d'observations , une voii « puissante a signalé l'abus de cette nomenclature , qui « serait sans limite , et les motifs qui militent en faveur « du système des analogues dans l'histoire naturelle , « nous paraissent applicables de tout point à la science « chimique. »
Cette réaction si utile commence ; des esprits droits , éminents, et qui font autorité dans la science, ont voulu réunir les faits épars. Ces premières conceptions , nécessairement un peu vagues , ne pouvaient avoir un plein succès y et nous avons dû, par cela même, être très-réservé dans l'adoption de ces théories ; mais si nous avons dû nous montrer sobre de détails dans cette énumération , nous avons pleinement adopté les notations abrégées, introduites pour reconnaître et les éléments et les proportions de ces derniers dans les composés chimiques. Cette amélioration est réelle , diminue le travail mnémonique et facilite Tintelligence des faits, en plaçant sous les yeux du lecteur un tableau explicatif, qu'une phraséologie ne pourrait souvent remplacer que d'une manière très-imparfaite. Ce perfectionnement en a fait naître un autre, il a ramené l'attention sur une partie trop longtemps négligée dans l'étude de la chimie , sur la théorie atomique ; cette théorie est sortie victorieuse des épreuves rigoureuses du calcul. Les ttaNa.\rk ewVc^^\>&
tSj nârAct.
dans cette direction sont encore incomplett , mais léar exposé était indispensable , et nous a?ons rendn cet exposé tnssi exact qu'il nous a été donné de le bire.
La fondation d'une nou?elle doctrine chimique de parait pas deroir caractériser notre époque, ainsi que le disait le mathématicien Lagrange, entraîné sans doQte alors par une juste conOance dans Ténergie de ses forces, t Tous n^onl pas le bonheur de trourer un système do t monde â faire. » Mais si les nouvelles obsenrations ne sont ni assez nombreuses ni assez concluantes pour établir une théorie, compagne ou rivale heureuse de la théorie générale actuelle , les additions importantes qae nous avons dû feire i la chimie minérale , la refonte totale de la chimie organique , etc. , etc. , prouveront que les successeurs des Lavoisier , des Bertholet , des Davy , etc. , etc. , ne sont pas indignes de leurs maîtres , car ils laisseront des matériaux précieux pour la constrdo^ tion future de l'édifice*
Un traité de chimie ne peut être que le résumé des leçons données par les notabilités réelles de la science ; on connaît donc les sources où nous avons puisé les faits ; puissent les explications de ces faits , en passant sous notre plume , n'avoir rien perdu de leur valeur , et nous mériter encore une fois l'accueil bienveillant que le publie a fait aux précédentes éditions de cet ouvrage.