‹ Traité élémentaire de chimie avec les applications de cette science aux art et aux manufacturesChapitre 2 sur 74 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

L'homme est placé sur cette terre avec des besoins dont la satisfaction nécessite remploi de tout ce qui l'entoure. Cette nécessité, le sentiment de curiosité qu'il porte en lui, l'amenèrent de bonne heure à l'examen aies phénomènes que présentent les êtres vivants et les corps inorganiques. Parmi ces phénomènes, il en est qui nous sont plus accessibles : la pesanteur, cette tendance à tomber que possède, sans pouvoir s'y soustraire , tout corps élevé au-dessus de la surface terrestre ; l'impossibilité où nous sommes de rendre l'adhérence aux deux fragments d'un bâton brisé. Ces faits nous sont tellement familiers, qu'ils perdent d'abord, à nos yeux, une partie de leur importance ; la réflexion seule rectifie cette première impression , nous indique que cette fréquence même doit leur assigner le premier rang dans nos recherches , elTio\s& e«wr

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duit eûGû à cette conséquence remarquable : il existe ent les corps des atlractions, les unes inaltérables , d'antres sus ceptibles d'être anéanties sans retour; mais souvent aussi existe des répulsions : la chaleur quitte le foyer qui lui doni naissaiice , le corps odorant exhale ses particules. Cps effe si divers, qui se renouvellent dans un ordre toujoujps même et toujours admirable, dirons-nous qu'Us spnt produi par les corps eux-mêmes? Une semblable explication , si o peut lui donner ce nom, car elle n'explique rien, est démenti

I)ar les observations, est contraire aux plus simples notions d a raison, et l'homme ne peut Tadmettre ; car elle lui i5teso {)rivilége en transmettant aux corps inertes cette belle faculu 'intelligence, qui fut son partace exclusif. 11 n'en peut êtr ainsi : ces effets ont des causes étrangères aux corps eux-mé mes ; nous donnons à ces causes le nom de forces. Les force peuvent rester inconnues, mais elles existent^ accompagnent et , dans les mômes circonstances , actionnent les corps ton jours de la même manière. La pierre qui tombe obéit à un attraction incessante qui porte les corps les uns vers les au très ; la chaleur qui émane du foyer obéit à une force répul sive , que l'on retrouve plus aptive dans l'électricité parcou rant le fil métallique avec la rapidité de l'éclair.

Si un examen superficiel nous a démontré que les phéno mènes qui ont lieu entre tes corps ne sont pas créés par ce corps eux-mêmes, une étude plus attentivenous montre oientô

3ue ces phénomènes se présentent lorsque les corps sont placé ans deux états bien distincts et essentiellement différents 1^ à des distances très-appréciables : l'étincelle qui s'élanc du corps électrisé pour passer dans nos organes est uqe ac tien de ce genre ; 2^ à des distances inappréciables ou ^i contact : telle est la réaction de la potasse sur les corps gras les huiles, etc., etc., réaction qui donne pour produit 1 savon. La première étude s'appelle physique, la second reçoit le nom de chimie. Ainsi , la chimie est l'étude de actions que les corps en contact exercent les uns sur le autres.

Ces denx subdivisions sont tellement naturelles, qu'elle

ont résisté à tous les changements successifs apportés dan

les sciences d'observation : la physique , la chimie sont voi

sines mais distinctes, se prêtent un mutuel secours, mais m

peavent être confondues. Les phénomènes qui sont du do

oiaine de la première apparaissent souvent 4aD8 les espaces célestes : la foudre, les éclairs, etc., etc., ont alors un grandiose qui étonne Tesprit humain, et qu'on chercherait vainement dans les faits chimiques; ceux-ci, plus simples, ont aassi leur intérêt, intérêt plus réel, parce qu'ils se rattachent plus intimement à nos besoins. La chimie, en effet , a des rapports avec toutes nos manufactures : le verrier, le potier, le forgeron et tout ouvrier sur métaux , le tanneur, le teinturier, le savonnier, le blanchisseur, sont en réalité des chimistes praticiens -, et les perfectionnements les pins essentiels apportes dans tous ces arts dérivent des progrès que Ton a faits dans les connaissances chimiques. Dans cette science seule, l'agriculture peut puiser des améliorations d'un effet certain ; enfin , les avantages que la médecine a retirés de la chimie sont trop évidents pour qu'il puisse être nécessaire de les énoncer. Quelle que soit cependant l'utilité de la chimie comme art , l'étude de cette science doit être précédée de l'étude de la physique : cet ordre est le seul rationnel ; on rénonce d'une manière succincte en disant : La chimie commence où finit la physique. Ainsi, la première de ces sciences exige une connaissance, sinon complète, au moins générale de la deuxième.

Les idées de l'homme sur les phénomènes physiques et chimiques furent longtemps vagues et souvent déraisonnables. Créer un système, enfant de Vimagination, puis recueillir ou même observer quelques faits isolés que Ton tourmentait pour les lier au système préexistant, tel fut pen-^ dant longtemps le travail d'hommes éminents , séduits par Vexegi monumcîitum d'Horace ; intelligences trop souvent brisées dans ces vains efforts, et qui auraient pu prendre une direction plus modeste mais plus utile. Cette fausse gloire les égara jusqu'au moment où Bacon signala une erreur si funeste, en montrant que l'étude des sciences expérimentales ne devait être que l'exposé des faits ; que si quelfois une hypothèse pouvait être hasardée pour unir ces faits, pour venir en aide à la mémoire de Thomme, ces créations devaient être rares, devaient suivre, non précéder, devaient enfin saisir un grand nombre d'observations. Ces principes, moins brillants mais vrais, proclamés par une voix puissante,

Iirévalurent ; dès lors on procéda à une série d'eKçéi:\ftïvc«& aitesavec toutlesoin nécessaire. Les décou\esX^ l\x£€W\.u^'Qv-

4 NOTIONS PRÉLDONilRSS.

breuses, et Ton dut bientôt se convaincre que l'horai pouvant embrasser à la fois cette masse énorme de h seul moyen de le guider dans un pareil dédale, était, c nous l'avons dit, d'établir une division raisonnée mêmes phénomènes. Ce premier pas conduisit à l'ot tion de ce fait important : les corps sont de deux espé

Les uns sont formés de matière ; par matière, nous dons tout ce gui est soumis à cette grande loi d'atti universelle qui porte les noms : 1** de gravitation^ lors régit les corps célestes ; 2° &e pesanteur, lorsqu'elle a les corps placés à la surface de notre globe ; 3"^ à'attr moléculaire^ lorsqu'elle détermine la réunion des pai des corps. Ces corps sont donc pesants ; ils sont en coërcibles, c'est-à-dire peuvent être retenus dans des transvasés, etc.

Certaines causes, au contraire, échappant aux n dont nous pouvons disposer pour constater la pesant n'étant pas susceptibles d'être renfermées dans nos vas donc comme matière une existence problématique ; on néanmoins la matérialité de ces causes, parce qu'on ainsi l'explication des phénomènes qu'elles produiseï causes sont au nombre de quatre : le fluide lumine calorique , le fluide électrique et \e fluide magnétiqi considérations partagent les corps naturels en deu: sions : corps pondérables, corps impondérables.

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