‹ Traité élémentaire de chimie avec les applications de cette science aux art et aux manufacturesChapitre 13 sur 74 · COMBINAISONS · texte numérisé non relu

COMBINAISONS

Ces éléments sont au nombre de treize ; nous les examinerons dans Tordre suivant : oxygène, hydrogène, bore, carbone, phosphore, soufre, sélénium, chlore, iode, brome,

unité, si le corps est liquide ou solide.

§ l.Deroxygène.

Oxygène. — Pes. : 1 , 1 026 ; poids atom. : 1 00 ; fluide élastique permanent, incolore, inodore, insipide, peu soluble dans l'eau. Découvert par Priestley en 1774 ; de cette découverte date l'origine de la vraie théorie chimique. La chaleur le dilate, une pression forte et subite le rend lumineux.

L'oxygène est éminemment respirable, entre pour 1/6 aivirou dans l'air qui nous environne, et nos poumons le prennent continuellement à cet air dans l'acte respiratoire ; I^sang veineux agité avec l'oxygène, prend une belle teinte rouge vermillon ; le môme effet a lieu chez l'animal vivant : et Ton admet que cette absorption entretient, du moins en partie, la chaleur animale ; l'oxygène est aussi l'agent principal du

f)hénomènc appelé combustion. Une bougie alluméie, que 'on plonge dans une cloche pleine de ce gaz, brûle avec une telle splendeur, que l'œil ne peut en soutenir l'éclat; le même (îlïct a lieu avec un fil de l^r contourné en spirale , dont l'extrémité est garnie d'un morceau d'amadou en ignition : le métal se dispeïse en gouttelettes brillantes. Le phosphore, le soufre, le charbon, brûlent également avec vivacité dans l'oxygène ; les produits de ces combustions sont les

îgagemeut de calorique <lcs di^ erses propriétés expliquent les noms A' air vital, d'air

DE l'oxygène.

comburant, sous lesçuels Foxygène est souvent encore désigné dans la science.

Le gaz oxygène est en général dégagé de quelques impositions qui le contiennent : on peut, comme Priestley, robtenir par la décomposition de Foxyde

(peroxide).

rouge de mercure

Figure', io.

Ce corps, exposé à la chaleur rouge, donne Foxygène. On introduit 15 grammes de cet oxyde dans une cornue d*im verre difiicilement fusible; le col de la cornue est reço par la première tubulure d'un ballon ; et la deuxième tubulure de celui-ci reçoit un tube recourbé , qui se rend sous une cloche de 1 litre, pleine d'eau et renversée sur la cuve pneumatique ordinaire. La cornue est chauffée au rouge : lair de l'appareil est d'abord dilaté, arrive dans la cloche, est suivi du gaz oxygène, tandis que la vapeur mercurielle condensée partiellement sur la paroi interne supérieure delà cloche, est bientôt amenée à l'état liquide dans le ballon. Lorsque Foxyde rouge a complètement disparu , on éloigne le feu, et on laisse refroidir complètement ; pendant ce refroidissement, Fair s'introduit pour combler le vide produit par la contraction du gaz de l'intérieur, et rétablit l'équilinre. On obtient aussi le gaz oxygène en décomposant le chlorate de potasse à une chaleur rouge ; on emploie alors l'appareil précédent, dans lequel on supprime le ballon. Le sdT liquéfié laisse dégager tout Foxygène qu'il renferme; or, 1 éq. (1532 parties) de chlorate de potasse contient 6 éq. (600 parties) d'oxygène, c'est-à-dire 5 éq. dans Facide calorique , et l éq. dans la potasse. Cet oxygène est complètement mis à nu, et le résidu de la préparation est 1 éq. (932 parties) de chlorure de potassium.

Sft

VOMIE VfflÉUIiB.

15 f^mn» de chlorate de potasse donnent, dans II pratique, enTÎron 3',8 d'oxygèoe.

Ob peut eocore, dans un laboratoire, isoler l'ongène > par le procédé snirant. Dans nne cornue d'ane grande es- ; pacité, on fait nn mélange de 3 parties de bichromate de , potasse, et de 4 parties d'acide sulmriqiie ordinaire ; l'éini)- ,• sion do ga?. a !ieu avec une rapidité qui dépend du degré it ' chaleur que l'on applique.

Si l'on vent préparer nne grande quantité d'oxygène, et surtout si la pnreté du gaz est d'une faible importance , on

S réfère, comme moins dispendieux , l'enqiloi du peroifde e manganèse. On opère alors avec nne cornue de grès, et

mîcn.'i arec une de ces bouteilles de fer malléable , dans 1* ^ quelles on reçoit le mercure; an bonchon de fer de cettD ;' bouteille on substitue un tube a de même métal , d'envi- Ç ron un mètre de long , etrecourbé comme l'indique la figurSi L on charge la bouteille de ("à 3"" doperoxydedemangaoM ! de bonne qualité, on chauffe: un gaz qui éteint laiSanuM | cl qui est mêlé de vapeurs d'eau , est le premier produit dî-" , gagé ; ce gaz apparticiit aux corps étrangers contenus du» ' /eperoxydc. On adaptu le i^ifVeat, lorsc^u'un fragment de . boisallumé, présenté îiVou\etV\ïtft,\frt\ft asefc-wwSfe\te (

DB l'OXTfiilfE.

Fifinre aa.

gaz doit être alors recueilli. Le tube de fer reçoit nu tube flexible de plomb ô, qui conduit le gaz dans un cylindre c rempli d'eau. A mesure que le gaz est introduit dans la partie supérieure du gazomètre , Feau coule par l'ouverture I ;

un tube jaugeur g indique Tascension du gaz dans le cylindre. Les dimensions convenables pour le cylindre, sont 40 centimètres de haut et 30 centimètres de diamètre pour une charge de 1^500de peroxide. Lorsque le cyhndre est plein, on ferme Touverture I, on renverse une clocle pleine d'eau dans le récipient supérieur également plein d'eau , et on ouvre les deux robinets n et m; Feau de la cloche descend par le tube n , tandis ^e le gaz , la remplace dans la cloche. Il est important que Fouverture m soit sensiblement plus large que Fouverture n.

Les chimistes emploient Foxygène pur pour activer la combustion de Fhydroçène , et produire ainsi une violente cbalenr. Dans ces derniers temps , on Fa proposé en Angleterre pour Féclairage des phares maritimes. Si les usages de l'oxygène pur sont limités , l'importance de ce gaz dans l'économie soit animale, soit sociale, est immense : l'examen des fonctions vitales nous montrera le rôle indispensable qu'il remplit, et que lui seul peut remplir, dans l'acte respiratoire ; mais Fexposé des phénomènes de la combustion doit immédiatement suivre Fhistoire deFagent même de cette combustion.

De la combustion, — Un corps combustible , le charbon de bois, par exemple, expose avec le contact de l'air à nne température élevée, s'échauffe, s'allume, et dégage bientôt ' ^ ' .^-.-i--^:.-.- 1 .-^:.

sion

d'un résidu peu

Sresque entièrement converti en un corps gazeux qui s'est épgé, et que Fou peut recueillir sous la cloche de la cuve pneumatique. Le poids de ce gaz excède de beaucoup celui du charbon qui a été consumé.

La théorie actuelle de la combustion appartient à Lavoisier; cette théorie a été modifiée dans certaines parties , mais elle reste inébranlable dans sa partie foudamGV\\^V^.\iiss^v

S8 CHIMIE MINÉaiXE.

sier déduisit ses premières notions précises sur la nature de la combustion aun mémoire de Bayen , lu à l'Académie en 1774 ; il travailla sur ces données, et parvint à établir pleinement l'existence de cette loi générale : Dans toute corn' bustion, l'oxygène se combine avec le corps qui est brûlé. Cette importante découverte a répandu un nouveau jour sur les phénomènes chimiques ; elle a rassemblé et expliqué un grand nombre de faits isolés, enfin elle a refondu le tout sous la forme d'une science.

Toute fixation d'oxysène est une véritable cond)ustion ; le fer exposé à l'air absorbe l'oxygène de cet air ^ se rouille ou se transforme en une poudre rouge ; il y a donc combustion : mais les chimistes ont réservé ce nom pour toute absorption d'oxygène accompagnée de chaleur et de lumière : le mot oxygénation comprend les phénomènes analogues au préoé- • dent, et dans lesquels il y a fixation d'oxygène sans déf^ige- . nient apparent de chaleur et de lumière.

Lavoisier expliqua ainsi de la manière la plus claire le ^ changement d'état qu'éprouvent les corps dans toute corn- <; bustion ou oxygénation ; il eut recours à la théorie de Craw- l furd pour rendre raison de l'émission de chaleur et de lu- ^ mière qui constitue en partie ces phénomènes. Le caloriqoa ^ et la lumière unis à l'oxygène à l'état de gaz, se séparent de y cet élément lorsque cet oxygène perd cet état pour se com- j^ biner avec le combustible; cette explication, en général satis- ^ faisante pour les cas ordinaires, est quelquefois insuffisante; g l'oxygène de l'atmosphère contient au calorique et de la la- 1^ mière, parce qu'il est à l'état gazeux ; il s'en sépare lorsqu'il , perd cet état de gaz en se combinant avec des substances so- -^ lides ou liquides : mais les combinaisons de l'oxygène, lors- ^ que ce gaz est déjà solide ou liquide , produisent des com- f^ Éustions aussi violentes que lorsque ce corps est à l'état ga- ï zeux ; telle est l'action de l'acide azotique concentré sur Te»sence de térébenthine. Ici l'azote dans l'acide azotique avait l'éprouvé la combustion; l'oxygène auquel il s'était uni, el «■ qui l'avait déjà brûlé, était liquide, et cependant l'oxygènei ' donné du calorique et de la lumière en se combinant avec l'hydrogène et le carbone qui entrent dans la composition de l'essence. Il faut donc avouer qu'avec la seule théorie de Lavoisier une partie des phénomènes de la combustion, c'ert- H-dJrele d^agemeut de cha\cut vil (k\vvxfi[v^\% ,^<çielquo-

DE l'oxygène. B9

inexplicable : cette insuffisance se montre surtout lors- 11 faut expliquer les phénomènes de la combustion dans sieurs combinaisons dont l'oxygène ne fait pas partie ; la idre d'antimoine, projetée dans un flacon rempli de Dre, donne une flamme vive et brillante , les deux subsces se combinent, et il se forme un chlorure d'antimoine, potassium et le sodium , en s'unissant à l'iode sans le cours de l'oxygène , dégagent de la chaleur et de la Inïe. Le phosphore, l'arsenic, mis en contact avec le chlore eux , produisent les mêmes phénomènes. Ces combinais sont de yéritables combustions ; conséquemment , au I d'admettre avecLavoisier que l'oxygène est le seul corps iburant^ on admet que plusieurs des corps appelés jusi-Ià combustibles, sont comburants, ou soutiens de la ibustion; ces corps sont le chlore, l'iode, le fluor, le me. Ainsi , la combustion est une combinaison accompae de chaleur et de lumière, d'un corps combustible avec des soutiens de la combustion. Cette théorie laisse encore ucoup à désirer. Enfin, on s'est demandé si la combustion ait pas un effet du dégagement de calorique et souvent lumière oui accompagne toute réunion des deux fluides îlriques ae noms différents : cette opinion, qui se lie à la orie électro-chimique, a beaucoup de probabilité; mais î est insuffisante pour exphquer tous les faits, et les raodiitions successives qu'elle a déjà reçues prouvent que jusici la combustion, considérée d'une manière générale, ne it être soumise à une théorie, ou que celle-ci ne doit être 8 le simple exposé des faits unis par quelques considéra- Ds qui en facilitent l'intelligence. Or, les molécules des rps sont tenues à distances par l'interposition du calorie ; les intervalles rempUs de ce fluide, qui existent même ns les substances les plus denses , sont immenses , suint les meilleurs physiciens; la quantité de calorique terposée augmente selon l'état du corps; elle est plus ande. dans les liquides que dans les solides, plus grande ins les gaz que dans les liquides : toutes les fois que deux frps, en se combinant, forment un composé plus dense , il a doAc dégagement de calorique. Ce dégagement est iQs ou moins grand ; il est généralement peu sensible dans i combinaison des corps solides entre eux-, il Vesld»:^^xvkge dans celle des liquides-, il devient ttè&-mîyxcjafe ^«ûs»

90 CHIMIE XINÉRALE.

celle des corps gazeux, soit avec nn {tntre flnide élastique, soit avec un corps solide on liquide : le chlore et l'hydrogène se combinent avec dégagement de calorique et de lumière; l'hydrogène et Toxygène produisent le môme phénomène dans la formation de 1 eau. I /union accompagnée de flamme du chlore avec plusieurs substances solioes indiquées phis haut, celle de Foxygène avec la plupart des corps, sont également bien expliquées dans cette hypothèse. L'énergie de . Taffinité des deux corps , la facilité , la promptitude avec laquelle ils se combinent , déterminent r apparition ou Yàbsence des phénomènes de la combustion; ainsi l'oxygène s'unit au fer , dans son oxydation à l'air libre, sans d^gement sensible de calorique, parce que les points de contact sont rares et la combinaison lente ; si le fer est placé dans un , flacon rempli de gaz oxygène pur, et si la combinaison des deux éléments est facilitée par la chaleur, la lumière produite par la vivacité de la combustion sera tellement éclatante, que l'œil ne pourra la supporter. Enûn, si l'oxygène déjà uni à un corps l'abandonne pour se porter sur une autre substance avec laquelle il a plus d'affinité , cette su^o* rite d'affinité, en déterminant une union plus intime, pourra causer un dégagement de calorique : tel est le cas de la flamme produite dans la combinaison du charbon et de l'hydrogène, qui existent dans l'essence de térébenthine, ' avec l'oxygène oui se sépare de l'acide azotique; l'oxygène = abandonne trcs-facilcment l'azote, et a au contraire beaucoup = d'affinité pour le charbon et l'hydrogène.

Quelles que soient, au reste, les modifications apportées 'par la suite à la belle loi de Lavoisier, modifications néces- sitées par les faits nouveaux inexplicables en adoptant cette seule loi, il n'en sera pas moins vrai que, dans toute combustion ordinaire, il y a fixation d'oxygène ; et, jusqu'à ce qu'on ait admis une solution des questions discutées, cette théorie étant la seule généralement admise en France, nous j; examinerons les corps dans le môme ordre que si nous l'admettions nous-même entièrement , en nous réservant d'appuyer sur les faits qu'elle ne peut expliquer.

Lorsqu'un corps soumis à la combustion devient rouge

de feu sans cependant s'enflammer , on dit çu'il est en igni'

ù'on; si ce corps répand eu brdlatit une vive lumière sons

forme deûamme , on appelle lcç\ife\iOTXi^\i^ luflammaUwvsi

mation a lien brusquement et avec bruit, on dit qu'il onation.

important de bien distinguer les diverses combustions ions que peuvent offrir les corps matériels. L'affinité de ae pour les combustibles est éminemment excitée par on de température , et ces matières ne brûlent que îîles sont portées à un certain degré de chaleur ; mais aleur est bien inférieure à celle qui émane du corps t le ^)rogrès de la combustion, de sorte que le combusle fois enflammé , se maintient suffisamment chaud , le à brûler jusqu'à disparition complète. Il n'en est isi lorsqu'on agit sur un corps non combustible ; par B, une brique chauffée au rouge et extraite du four- )résente une ignition apparente, mais elle ne possède noyen de soutenir cette température ; bientôt eue perd îur acquise , se refroidit et reparaît sans avoir éprouvé ition. Les bois, les charbons, les huiles, le suif, la te. , etc., tous les combustibles, dont les constituants des sont les mêmes (carbone et hydrogène), étant !S convenablement, s'unissent à l'oxygène de l'air l'est perdu, rien n'est anéanti), brûlent, et forment donne aérienne composée d'eau et d'acide carbonique ane du corps en combustion.

que la comoustion a lieu avec flamme, la vivacité de emière dépend de plusieurs circonstances dont l'exa- ^ aussi curieux qu'utile. Toute matière inflammable avons-nous dit, une certaine température pour son ination i conséquemment, laflamme ne peuttraverser une létallique fine , chaque ouverture absorbe de la chaleur,

* *^- abaisse la température, et s'oppose à l'ignition du combustible passé de l'autre côté de la toile ; la finesse de cette toile doit être proportionnée à la température qu'exige le combustible pour son inflammation. Une gaze métallique, qui offre 100

-A ouvertures sur un carré de 0™,03 de côté , arrête la flamme de l'esprit-de-vin , mais ne peut arrêter rinflammation de Fhydrogène ; ce dernier com-

?^ bustible exige 800 ouvertures dans un carré do

îjgg^ même dimension.

ûamme d'une lampe à esprit-de-vin , d'une dûssvôi^^ , \

92 CHIMIE MIRÉEALE.

d'an jet de gaz, etc., etc. , est un cône creux dont la partie centrale est chauffée, mais ne brûle pas ; la partie sui)érieuré externe de ce cône est le véritable siège de la combustion, car là, et là seulement, la matière cond)ustible est en contact avec l'air : si on coupe cette flamme au moyen d'une toile métallique, le cône offre trois parties A, B, C, distinctes.

A cône de combustible en Yaixeur.

B sphère de combusUon partielle.

C sphère de combustion complète.

La sphère B est la portion lumineuse de la flamme, car b lumière dépend entièrement du dépôt de charbon chauffé à blanc dans cette partie ; en général, la vivacité d'une flamme est d'autant plus grande, qu'il existe un corps fixe, ouqoe le produit de la combustion approche plus de la fixité : le phosphore, le zinc, le potassium, etc., donnent une flamme très-brillante; les produits obtenus, acide phosphorique, oxyde de zinc, potasse, sont fixes ; l'hydrogène, le soufre, etc., au contraire, donnent une flamme peu visible, les produits eau , acide sulfureux , etc. , étant volatils.

La chaleur émise dans la combustion est définie et peut être mesurée : cette chaleur peut être employée, soit à fondre la glace, soit à élever l'eau de o" à 100°, soit enfin à vaporiser l'eau. L'effet produit est la mesure de la quantité.

1 k. de carbone pur élève de 0° à ioo<> 78 k. d'ean, ou élève i k. d'eaa de o" à raoo

— de charbon de bois dur — 'j^ — tkqo

— de bois (desséché) roux — se — — stoo

— de bois contenant so

p. 100 d'eau — 27 — — 9700

— de houille, de coke . . — 6oà70 — — MOOonTON

— de bonne tourbe d'Ab-

beville ou des Vosges. — SKàso — — stMOOBSMi

— d'alcool .,.'.... — . 67,a — — «7«o

— d'huile d'olive , de ci-

re , etc., etc — 90àOB — — tOOOOU9lM

— d'éther — so — — sooo

— d'hydrogène — «56,4 — — «seM

La quantité de chaleur parait intimement liée à la dose d'oxygène consommé , car elle croît avec la proportion d'oxygène que demande un kil. de combustible. Quatre différents combustibles absorbant la même dose (1 kil.) d'oxygène, ont produit les effets suivants :

1 kil. d'oxygène brûlant l'hydrogène élève de O^'à 100° 29 kil. d'eaa

ici. lecharDon id. 29

id. Talcool id. 28

id. réther A- '^^

DE L'OXTGÈNE. 93

Dans ces expérieuces, les poids du combustible ont été bien différents ; mais les poids d'oxygène consommé étant é^nx^ la chaleur émise a été sensiblement égale; néanmoins^ celte loi n'est pas générale : ainsi , l'oxygène brûlant le phosphore, dégage, selon M. Despretz, une" chaleur double de celle qui est dégagée dans une autre combustion.

La seconde partie de la première table montre qu'à poids égal, le charbon de bois, la houille, le coke , sont des combustibles bien préférables aux bois et à la tourbe; cependant , ces résultats ne sont pas toujours ceux que donne la I pratique : le choix du combustible dépend d'ailleurs, i** de 'effet que l'on doit produire, 2^ du prix du combustible comparé à la chaleur que développe ce combustible. Ainsi à Paris le chauffage avec la houille est le plus économique de tous ; le chauffage par le coke est presque aussi cher que cdui par le bois 5 enfin , le chauffage par le charbon de bois est le plus cher de tous. Les calculs faits dans cette table supposent que la capacité des corps pour le calorique est invariable^ lorsque ces corps sont élevés à des températures supérieures ; cette loi n'est pas démontrée , il paraîtrait , au contraire, que le calorique spécifique augmente avec la température.

§ 2. Hydrogène.

Hydrogène. Pes. -.0,0685; poids atomique: 6,25; fluide élastique incolore, peu soluble dans l'eau, exhalant une odeur alliacée lorsqu il n'est pas exactement purifié -, c'est le plus léger de tous les gaz. Un corps en ignition que Ton plonge dans une éprouvette pleine de ce gaz, s'éteint; et si le gaz a le contact de l'air atmosphérique, il brûle avec une flamme bleue purpurine.

Uhydrogène n'existe pas libre dans la nature, au moins l'air ne le présente pas en quantité appréciable ; mais il est QDdes éléments de l'eau, et entre dans la plupart des matières organiques : on l'extrait donc en général de l'eau. Ce liquide n'est pas décomposé par la chaleur seule ; mais le potassium ou le sodium mis en contact avec lui à la températuie ordinaire , s'unissent à Voxygène, et par suite mettent en liberté l'hydrogène, qui est alors inodore si l'eau est parfaitement pure.

Le fer et quelgucs antres métaux décomçosaivX \çi«x\, ôi'îi-

94 CHmiB mifÉ&AtE.

Tiennent oxydes à nne chaleur ronge j anssi prépare-t-on qnelquetbis 1 hydrogène pur en recevant de la vapeur d*eau distillée dans im tube de fer traversant un fourneau et chaaDi au rouge. Ordinairement, lliydrogène est obtenu en plaçait , de la grenaille de zinc dans de Tacide sulfurique étendu de j ^six à huit fois son volume d'eau ; le gaz est alors dégagé par ^ 'suite de la décomposition de Feau, et l'oxyde de zinc tomi ■■ s'unit à Tacide suliurique.

sulfurique

Avant Vaction. Après Vaction.

Hydrogène 1 2,5 on 12,5 hydrogëDe.

Oxygène 100 1004 sulfate d'oxf

Acide sulfurique. 501 de de linc.

Zinc 403

Acide sulfurique à

1 équivalent d'eau

ou sulfate d*eau. 613,5 Zinc ..403

Total.. 1016,51

OU par équation : '

H*o»+S»o» et Z*=z*o»+S»o* etH^

Le zinc est dissous dans l'acide avec effervescence ptf I suite du dégagement de l'hydrogène ; il est évident qœ h j changement qui a Ueu , est une simple substitution du ônQ | à Ihydrogène dans le sulfate d'eau; la grande quantité i d'eau ajoutée est utile pour opérer la dissolution du sol&tB de zinc formé. Le gaz nydrogène ainsi préparé n'est jamais pur; on le débarrasse d'une matière huileuse odorante, en l'agitant avec de la potasse liquide, ou en le faisant passa à travers une dissolution de cette substance.

Mêlé avec l'air ordinaire, l'hydrogène s'enflamme et détonne au contact d'un corps en igoition ou de l'étincelle éI6^ ■ trique ; un effet semblable , mais plus violent, a lieu si Via emploie l'oxygène pur ; enfin, la détonation est à son maxi* raum lorsque les gaz oxygène et hydrogène sont mêlés daai la proportion de i volume du premier, et de 2 volumes da deuxième , car alors la combinaison ( eau) formée est exaciff et parfaite ; le son prend sa cause dans le choc brusque M reçoit l'atmosphère par suite de l'énorme dilatation qtféprouve la vapeur d'eau portée à une haute température.

L'hydrogène est le plus inflammable de tous les gai,

néanmoins on peut conserver très-longtemps sous une docte

ou dans un ballon un mélange d'oxygène et d'hydrogène^

mais si ce mélange est chauffé à environ 300** dans unvasâ

contenant du verre ou loule awXt^ tù3Xvbt<6 ^tQsslèreineiàl

pulvérisée, FunioD tranquille des deux gaz a lieu et est due à la présence du corps étranger -. le même effet est produit à une température plus basse encore par les métaux difUoilement oxydables, tels que l'or, le platine, etc. En 1824, Dobhereiner montra que le nlatine spongieiLx agit sur Thydroc^ne à la température orainaire ; ce métal devient rouge de m sous un jet d'hydrogène en contact avec Fair, et la formation de Teau a lien sous l'influence du métal. La théorie de cet effet et d'autres analogues non restreints à Thydrofiène est encore obscure, parait appartenir à cette classe aactions mii dépendent de la surface, et nous indiquerons dans l'étude du platine les recherches faites dans cette direction.

La combustion de l'hydrogène produit la plus haute température connue; cette propriété est utilisée dans le chalumeau à gaz oxy-hydrogène. On appelle chalumeau simple un tube recourbé terminé en pointe, au moyen duquel on souffle sur une lampe ordinaire de manière à foimer un eAne lumineux baigné d'air à l'intérieur et à lextérieur -, duos cet instrument, nommé aussi chalumeau à bouche, Fazote, qui est une des parties constituantes de l'air, diminue la dialeur : aussi cette dernière est bien plus forte, en substitoant à Tair un courant d'oxygène pur, que l'on établit au moyen d'une pression graduée sur une vessie remplie de ce gu et munie d'un tube teiminé en pointe : on a enfin augmenté la chaleur en employant un mélange d'oxygène et d'hydrogène; les deux gaz, amenés de récipients différents tu moyen de tubes, sont mêlés et enflammés au moment même où ils s'échappent par le même orifice. Certaines précutions sont indispensables : i"* le jet oxygéné doit pénétrer tu milieu du jet d hydrogène; 2° les récipients ne doivent pas être placés dans la salle même des expériences ; 3"" le tuyau d'ajutaçe doit être terminé par un tube droit effilé, et gaiimi à l'intérieur d'un assemblage de toiles métalliques. La chaleur produite par un tel jet est énorme ; peu de matières connues résistent à sa puissante énergie : l'argile , la silice, le platine, soumis à cette action, entrent en fusion, et même la vaporisation du dernier est complète. La flamme de ce jet ne contenant aucune matière solide est à [)eine visible, mais dirigée sur quelques terres réfraclaircs, la chaux par exemple, eue échauffe cette terre et développe alors une lumière

96 CHIMIE MniÉllÂtC.

dont la splendeur ne le cède en rien à celle da soleil ; Tefi croit encore si les gaz réunis dans un même réservoir s' chappent sous une pression ménagée; mais l'expérieni n'est pas sans danger.

L'hydrogène était employé pour le gonflement des ballom mais, retenu à grand'peine par les enveloppes les miei vernies^ il a été remplacé avec avantage par le carbure d'h; drogène ou gaz d'éclairage : à la vérité ce dernier gaz, béai coup plus lourde exige l'emploi de ballons d'un volume coi sidéraole ; mais cet inconvénient est bien compensé par bas prix du nouveau gaz, et par la facilité que l'on a de poi voir conserver le gaz sans déperdition quinze jours ou tro semaines dans la même enveloppe. L'hydrogène s'unit cb miquement à l'oxygène, et forme deux composés, Ieprôtoxy< et le bioxyde d'hydrogène : le premier est l'eau ; le deuxièn est sans usages , et nous renvoyons pour son histoire ai traités généraux sur la matière.

De Veau, — Pes. : 1 ; comp. : H*o*. L'eau est ce fluide r pandu si abondamment à la surface de notre globe, puisqa occupe les 0,73, environ les trois quarts de cette surface. A c état, l'eau n'est jamais pure, si ce n'est celle qui tombe à la 1 d'une longue pluie, et encore contient -elle alors une peti quantité a air, qu'elle dissout dans son passage à travers noi atmosphère. Les substances étrangères mêlées à l'eau sont pi volatiles ou plus fixes qu'elle-même; on la purifie en l'am nant à l'état d'ébullition , condensant la vapeur et rejeta les premières et les dernières parties condensées. Cette Oj ration, a lieu en grand au moyen d'un appareil app< alambic; le Uquide purifié porte le nom d'eau distillés : est transparent, inodore, légèrement sapide, susceptible transmettre le son et de mouiller la plupart des vases, tr< peu compressible ; son pouvoir réfringent est considérabl il conduit mal le fluide électrique, et pèse 770 fois auta que le même volume d'air; sa pesanteur spécifique estpri pour unité et sert de point de comparaison pour mesm celle des solides et des hquides. L'eau , comme la plupart d autres corps, a la propriété de cristalliser en passant de Tel liquide à rétat solide : lorsque le refroidissement est lent, se forme à la surface du liquide de petites aiguilles triangi Jâires^ gui présentent, le long de leurs bases, d'autres a gailles beaucoup plus petites, attaii%<saveîA. di q\x t^\\l^iit di

DE l'hydrogène. 97

laitelures semblables à celles des feuilles de fougère ; ces aif^illes ont une tendance remarquable à se réunir sous Tanglo de 60^, et la neige en est un exemple : on distingue dans cette neige six rayons qui partent d'un centre commun, et qni forment an hexagone régulier.

Nous avons dit (voyez calorique) que Teau en se refroiiissant passait à l'état solide et augnientait en volume ; cette dnomahe est une nouvelle preuve de cette sagacité supérieure qui préside à l'organisation des mondes ; qu'elle disparaisse, et le globe sera inhabitable. Concevons alors, en eftet, une vaste nappe d'eau exposée à une basse température : les couches supérieures congelées seront précipitées à la partie inférienre, seront suivies d'autres couches, et la masse, tout à rheure aaueuse, ne présentera bientôt qu'un solide immense et indestructible. Dans l'état actuel, cette circonstance ne peut avoir lieu j la première couche solide formée est plus légère et forme un rideau à la surface, tandis que la température de 4^ reste invariablement fixée dans les nappes inférieures.

Le point de congélation de l'eau est le o" du thermomètre^ mais l'eau bien tranquille peut descendre à — 6°, — 8*^, même — l o^, et rester liquide ; la plus faible agitation détermine alors brusquement la solidiGcation de l'eau, et le thermomètre remonte à o^. La même circonstance a lieu pour le soufre et quelques autres corps.

L'eau entre en général en vapeurs à loo*^, sous la pression barométrique 0™,76; mais la nature du vase a une grande influence sur le degré thermométrique de cette ébuUition : onpeat^ dans un vase de verre, par exemple, porter l'eau à 103 ou 103°, sans qu'il y ait ébuUition ; si alors on éloigne le foyer et si on projette des fragments rugueux dans le liquide, à l'instant l'eau entre en ébuUition ; on peut mi^me à deux ou trois reprises renouveler le phénomène. Un fait plus ailier encore est la non-émission de vapeurs, lorsque de Veau est veraée avec précaution dans un creuset de platine diauEfé au rouge-blanc : cette eau se pelotonne et reste li-

fide; mais elle est brusquement vaporisée au moment où creuset refroidi, descend environ au rouge brun. Ces effets, dont on retrouve les analogues dans l'opération dite Pudlage du fer, paraissent dus au contact plus ou moins intime qui s'établit entre le métal et la masse lv(\v\\de s vl^

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