CHIMIE
98 CHIMIE MINÊEAtE.
ont été bien étudiés dans ces derniers temps, car ils furent trop souvent des causes d'explosion dans les générateurs de vapeurs.
L'eau tient eu dissolution ^ de son volume d'un air plus riche en oxygène que notre air ordinaire ; cette faculté dissolvante de l'eau est nécessaire, l° pour les poissons, 2^ pour '-nous-mômes; car dans Tacte respuratoire Fair pénètre pv les poumons jusqu'à la membrane qui sépare les condoifi aériens des conduits sanguins, et le contact de cet air avec le = sang exige une dissolution préalable dans Thumidité de cette ^ membrane. Le chlore, le charbon décomposent Fean; dam r le premier cas, il y a formation d'acide chlorhydrique et P mise en liberté de l'oxygène. La décomposition peut être j lente ou rapide; si, à un flacon rempli d'une solution de I chlore, on adapte un tube recourbé se rendant sous une ^ cloche pleine d'eau et renversée sur la cuve pneumatique, ^ après un certain temps la solution de chlore contiendra de S Tacide chlorhydrique, et la partie supérieure de la dodie ^ renversée sur la cuve contiencba de l'oxygène. ^■
La décomposition de l'eau par le charbon est un fait an- ^ ciennement acquis à la science : sous une grande clod» ^ pleine d'eau et renversée sur la cuve, on introduit rapide* ^ ment des charbons en pleine ignition, et bientôt la partie ' supérieure de cette cloche contient un gaz que Ton reconnaît être un mélange d'hydrogène et d'oxyde de carbone. Bane l^ cette expérience grossière, mais facile, le gaz obtenu brAle avec une flamme peu visible ; mais, comme Ta montré H. Sit lègue, si un courant de vapeur d'eau traverse un cylindre contenant des matières incandescentes, riches en carbone^ : par exemple des schistes bitumineux , le gaz dégagé confiait alors cette matière solide, cause de la vivacité de la flamme; et l'on a un gaz d'un pouvoir éclairant remarquable.
On distingue les eaux en plusieurs variétés : 1^ eau paie; 2" eau potable; 3" eaux minérales. Une eau est potabb, lorsque les matières étrangères qu'elle renferme sont en proportion faible et n'ont pas une action sensible sur récononûe animale : une eau salubre doit être aérée; ainsi les eaux de source sont moins bonnes que les eaux de rivière qui ont couru sur le sol ; enfin les eaux de fleuve, qui ont couru plui longtemps, sont meilleures encore. L'ébuULtion , la conj^atJon^ une faible pression, délenmaeuWe dÀ%^<siûKsûX^\.is£
DE L'HTBROGÈNE. 99
contenu dansTean; par conséquent^ on doit éviter Tiisagc des eaux de glace, aes eaux prises sur les hauteurs, etc.
Les corps éti'angers contenus clans les eaux sont: l^'Ia craie (carbonate de chaux) ; 2" le plAtrc ou sélénite (sullate de chaux ) ; ces deux sels insolubles sont tenus en dissolution m une proportion plus ou moins forte d'acide carbonique : les autres matières que l'on trouve, mais plus rarement, dans les eaux potables sont : des chlorures de magnésium et de sodium, du sulfate] de soude, des matières organiques. Bemarquons d'ailleurs que ces matières ne sont pas toujours nuisibles : une eau contenant une faible quantité de craie et bkn aérée est certes aussi salubre qu'une eau plus pure , et luas rindnstrie ces eaux moins pures sont souvent préfères ; on connaît la préférence que les teinturiers de Lyon donnent aux eaux de la rive gauche de la Saône.
Cne eau ordinaire soumise à l'ébullition laisse dégager fadde carbonique qu'elle renferme, et par conséquent il y t précipitation de la craie ou de la sélénite contenues dans cette eau ; à ces précipitations sont dues les incrustations qui tapissent la paroi interne des générateurs de vapeurs, incrastations si dangereuses, puisqu'elles accroissent la fréqoence des explosions : de l'argile, des pommes de terre, des lolutions d'extraits de bois colorés, paraissent être les meil- Icars moyens préservatifs. Les eaux dont nous parlons cuilent mal les légumes, ne peuvent dissoudre le savon ou
de la fécule, condition essentielle pour une bonne cuisson, n'a Uea gue d'une manière imparfaite; dans le deuxième cas, il se forme un savon gras de chaux qui s'oppose à la séimration des matières qui salissaient le linge. C'est à une action semblable que l'on doit attribuer les facultés que possèdent certaines soiu'ces de revêtir de calcaire les objets qui y restent plongés pendant un certain temps : nous citerons, comme exemple, Ja fontaine Saint-Alyre en Auvergne.
Eaux de mer, — Ces eaux contiennent un grand nombre de substances étrangères ; elles doivent leur saveur salée, nausfebonde, et leurs facultés purgatives, au chlorure de sodium (sel marin) et à divers autres chlorures. L'analyse des eaux de la Méditerranée donne les résultats suivants :
100 CmiflE MINÉKÀLE. j
Eaii .• 959,26 parties.
Chlorure de sodUini 27,22
— de iK)tassiuni 0,01 -i
— de magn(^siiim 6,14
Sulfate de niaguésie 7,02
— de chaux 0,,15 '^
Carbonate de chaux et de magnésie. 0,20 ^
Iode et ammoniaque (destraoes). -tz
La distillation est le seul moyen de rendre Feau de mer potable, en ayant soin de rejeter les premières et les dernières portions du liquide : les premières, parce qu'elles sont ammoniacales, effet dû aux matières organiques contenues ' dans Feau : les dernières, parce qu'elles sont acides ; le cUo- [^ rure de magnésium, entraîné par la vapeur, s'élève, s^i^
chlorhydhtt d'ammoniaque. -j
Eaux minérales. — Une eau est dite minérale, lorsque les substances étrangères qu'elle renferme sont en propor- , tions suffisantes pour produire une action particulière sor i l'économie animale. On distingue, i^ les eaux gazeuses ; elles $ pétillent et dégagent de l'acide carbonique : les eaux de Seitz, ' de Sediitz, etc. 2° Les eaux salines : elles renferment plusieurs sels (sulfate de*magnésie, chlorhydrate de soude, chlorhydrate de chaux, etc.) qui leur donnent une propriété purgative. 3° Eaux feiTugineuses : elles contiennent du fer en dissolution : eaux de Spa , de Pyrmont, de Vichy, etc. Ces eaux et la variété qui précède peuvent d'ailleurs être gazeuses; ainsi l'eau de Sediitz pétille et contient des sels purgatifs. 4** Eaux sulfureuses : ces eaux donnent du soufre à l'analyse, ont l'odeur d'œufs pourris, et sont usitées en médecine dans les affections cutanées : eaux de Barèges, de Bagnères, de Bonnes, d'Aix-la-Chapelle. Ces dernières, et quelques-unes des trois autres sections, ont quelquefois une température supérieure à celle de l'air environnant.
Les premières décompositions chimiques de l'eau forent faites presque simultanément par Lavoisier et par Cavendish; mais au chimiste français appartiennent les conséquences importantes déduites de cette découverte; il montra que, dans la plupart des réactions clûmiques connues jusqu'alors,
DE l'hïDROGë.NE. lOi
l'eau ayant été un intermédiaire obligé , les explications dounées ne pouvaient résister à un «xamen approfondi, parce que l'on n'avait tenu aucun compte des principes constituants de Teau; enfin, Lavoisier fonda la belle théorie qui porte son nom. Le mode d'opération suivi pour la décomposition de Teau a bien varié depuis Lavoisier ; rappelons d'abord que le procédé le plus élégant, le plus simple , [est celui que nous avons indiqué dans l'examen des forces chimiques électriques : un autre moyen bien exact est donné par l'emploi du fer élevé à une haute température, moyen relaté dans l'histoire de l'hydrogène; un troisième procédé est celui que l'on connaît sous le nom de procédé eodiométricrae ; nous donnerons, dans l'étude de l'air atmosphérique, les causes d'erreurs que présente l'eudiomètre; néanmoins ce procédé est souvent usité dans les cours , car ks causes d'erreurs ont peu d'importadce aujourd'hui; un bit mathématique est acquis à la science, l'eau est composée de
2 vol. d'bydrogèoe, 1 vol. d*oxygène ;
et à on multiplie ces nombres par les densités respectives 0,0685 et 1 ,1 026 des deux gaz, on aura deux nombres dans lésrapnorts de 12,50 à loo, c'est-à-dire que l'eau contient
en poids
12,6 d*hydrogcne, 100 d'oxygène,
et doit être indiquée par le symbole H' 0\ L'eau est d'un usage continuel dans la vie intérieure ,
l'état solide et convertissant les corps en hydrate : toute réflexion sur son utilité serait donc superflue. On connaît l'usage de la vapeur d'eau comme force mécanique ; Veau en vapeur occupe noo fois le volume qu'elle avait à l'état liquide: cette énorme différence a donné à l'homme une puissance (ju'il maîtrise à peine, et dont il ne connaît pas môme la limite : chacun sait que la^machine à vapeur donne un mouvement de va et vient que l'on transforme ensuite en QKmvement rotatoire; ainsi, un quintal de charbon est une
102 CHIMIE MUfÉRAlE.
puissance parfaitement mesurable, car on peut comparei cette force h toutes celles qui sont à la disposition de l'homme.
$ 3. Bore.
Bore Poids atomique : 68, 1 2 ; est solide, brun yerdàtre,
sans lustre métallic[ue, rare, et jamais libre dans la nature; il ne peut être combiné avec aucun corps combustible^ excepté avec le fer et avec le platine : chauffé au-dessus de la température rouge, il s'unit à l'oxygène et coioistitue l'acide borique: on l'obtient en traitant à chaud, et dans un tube recourbé, ce dernier acide par le potassium.
Acide borique, —Vèse 1 ,83 à l'état vitriflé ; comp. : B* 0^; corps solide, blanc, inodore; acide très-faible, cariljoueqad-
auefois le rôle de base; privé d'eau, il a l'apparence du verra; est fusible à une haute température, sans cependant être altéré ni volatilisé par la chaleur ; enfin il attire l'humidité da l'air et devient opaque. Cet acide est peu soluble dans l'eau froide, soluble |dans trois fois son poids d'eau bouillante; il cristallise sous forme d'écaillés nacrées et de prismes, ou lames mal déterminées.
IjSl transformation d'une matière en verre est un fait aussi curieux qu'inexplicable: les acides borique, phosphorique, siliciquc, possèdent éminemment cette faculté, la transmettent aux corps dont ils font partie; nous reviendrons snr cette propriété dans l'histoire de la silice.
L'acide borique donne à l'alcool la propriété de brûler avec une flamme verte, ce qui permet de reconnaître la présence de cet acide dans certains corps; le chlore et les composés de cuivre donnent à l'alcool la même proj^riété, mais la chimie a pour ces dernières matières des reactifs caractéristiques. L'acide borique du commerce contient souvent de l'acide sulfurique; cette impureté est accusée par une solution de baryte: ce dernier liquide, versé dans une dissolution d'acide borique , donne un précipité blanc qui doit être entièrement soluble dans l'acide azotique; mais si l'acide essayé contient de l'acide sulfurique, le précipité ne disparaît pas complètement.
Le procédé suivi dans un laboratoire est encore celui qui
ûiait jadis adopté dans le commerce : on traite à 100°, par
exemple î Jfciiogramme de botale aie sqwôl^ \^\ \ ^^\s ^n
DU BOBE. 10$
au bonillante, on filtre à chaud, et on ajoute à la soiO grammes d'acide sulfurique; cet acide s'unit à la este en solution , et l'acide borique est précipité eu cristallisées ; cet acide lavé à l'eau froide, redissons, is en cristaux, contient encore une faible proportion nlfurique : on le purifie en le faisant fondre aans un 6 platine, puis reaissoudre et cristalliser., l'est plus la source de l'acide borique du commerce ne M. Lardener est parvenu à réunir les faibles prod'acide libre que nous offrent les lagoni de la Tosi trouve sur les flancs, et dans les fonds de certaines le la Toscane, des crevasses, des fentes qui exhalent nrs d'eau contenant des gaz fétides et de l'acide boes iets ont une puissance invincible , déplacent des c chargés de pierres qu'on leur oppose ; et on a rejoe la présence de l'acide borique n'a lien que lorslets font une sorte d'explosion. Ces jets traversent dières mobiles, c|ui se chargent ainsi successivement as forte proportion d'acide borique, et bientôt ces ;hes d'environ ^^ d'acide borique, sont évaporées ant la chaleur même du sol) et déposent leur acide, îuer est le premier qui ait fait cette exploitation avec verse journellement dans le commerce 3 à 4000'' d'aique, et cette quantité paraît être le maximum que se obtenir.
ication de l'acide borique à la couverte de la faïence, •elaine opaque, accroît énormément l'emploi induscet acide : avant 1815 on obtenait annuellement d'acide deslagonis, et on en plaçait 20,000''; aui 800^000 ne suffisent plus à la consommation. Le îe distingue encore deux espèces d'acide borique, amelles plus ou moins étendues, l'autre en cristaux jues grenus; le deuxième est plus pur, et néanmoins ;é donne la préférence au premier. On a cru pendant }s que le tinckal seul pouvait donner l'acide boriailletles ; il n'en est rien : l'acide borique prismatilu cristallise en lamelles si on rend la solution trèsnt visqueuse par l'addition de j^ d'une solution de œuf. L'acide Dorique est aussi employé dans les anaminerais, dans Ja composition du sVtass,^w\t Wm- ^ gemmes, etc., etc.
104 CHIMIE BUNÉ&ÂLE.
§ 4. Du Carbone.
Carbone. — Poids atom. : 37,5. Un corps organique prh de la vie donne souvent, disions-nous, des matières qui rei trent dans le domaine des substances inorganiques ; noi en avons un exemple bien connu dans la combustion c bois, etc. Si cette combustion a lieu librement, le résida î appelé cendre; si la combustion est aénécy comme cela lieu dans Tan du charbonnier, on ootient un corps noi léger, etc., qui conserve la forme du bois employé, et qi Ton connaît vulgairement sous le nom de charbon : or, principe élémentaire et parfaitement pur du charbon est carbone du chimiste. On n'a pu jusqu'ici isoler complet ment ce carbone, puisque le charbon ordinaire, même mieux préparé, donne toujours, après sa combustion, i résidu terreux étranger au carbone ; mais la nature no présente le carbone parfaitement pur et cristallisé dans diamant : ce dernier corps brûle dans l'oxygène pur, à l'ai d'une température excessivement élevée, ne laisse auo résidu , et le gaz produit de la combustion est l'acide ca bonique.
Cette pierre précieuse se trouve principalement à G(
conde, à Bornéo, au Brésil; elle est toujours dans des M
rains d'alluvion, dans le gravier roulé : une seule fois, d(
nièrement, elle a été trouvée dans une roche quartzeoî
aussi peut-on dire que, n'ayant jamais été trouvée dans
situation naturelle, ignore-t-on son origine : néanmoins,
admet que le diamant est le résultat d'une décompoâti
lente de matière végétale. Les cristaux, débarrasses de
croûte qui les recouvre, sont très-brillants, réfractent pu
samment la lumière, et sont ordinairement bien trans]
rents ; mais ils peuvent être noirs, bleus, d'un beau rose, et
leur forme primitive est l'octaèdre régulier; si cette fdr
est altérée, modifiée par 48 faces triangulaires curvilign
le clivage peut toujours faire reparaître l'octaèdre qui p
sôde le brillant caractéristique du diamant.
On a cru faire du diamant en établissant la communi
tion entre les deux pôles d'une forte pile au moyen de d
cônes de charbon ; Tun de ces cônes est alors creusé ei
charbon transporté sur Vawlte ; cjÊ\i'e^X^^\wvecombusti