‹ Traité élémentaire de chimie avec les applications de cette science aux art et aux manufacturesChapitre 19 sur 74 · DU PHOSPHORE · texte numérisé non relu

DU PHOSPHORE

1 kU. de matière gQndroniieiise, extraite des matières animales ( matières extrêmement infectes ) et décomposée dans aes cylindres contenant du coke ou de la ferraille, donne 480 lit. de gaz dont le pouvoir éclairant est celui de 1200 litres du gaz de la houille.

1^ d'huile de résine donne 700^ de gaz représentant 1 680^ de gaz de houille. 1^ d'huile de colza id. 750 ta. 2060 id,

1^ de spermacéti (blanc

de baleine) 850 id. 2550 id.

1^ d'huile deoitume des

schistes 2000 id. 3000 id.

Cette table moDtre que le pouvoir éclairaDt du gaz de la houille étant pris pour unité, celui du gaz extrait des matières grasses est 2, 2^, 3, 3^ ; ainsi les appareils d'une usine à huile seront en générai ceux d'une usine à gaz de houille, mais diminués dans la même proportion.

Nous ayons réuni l'histoire de Téclairage à celle du bicarbare d*hydrogène; mais on a dû reconnaître que le gaz extrait de la houille est toujours un mélange de proto et de bicarbure d'hydrogène.

§ 5. Du Phosphore.

Phosphore, — Pes. : 1,77'; poids atom. : 196; solide blanc, transparent, d'une consistance de cire, fusible à 42", volatil à 230°, d'une odeur d'ail très-marquée. Exposé à l'air, il est lentement oxydé en émettant des vapeurs visibles dans Tobscurité; de là l'usage fréquent de cet élément dans les expériences de chimie amusante : mais il est à remarquer que cette diffusion n'a pas lieu lorsque le phosphore est plongé dans l'oxygène pur, à moins qu'on ne provoque la raréfaction du gaz , soit en diminuant la pression , soit en ajoutant de l'azote.

La combustion lente est accompagnée de chaleur y peut amener la fusion et par suite la combustion vive du phosriiore ; on doit donc manier ce corps avec prudence, car les Drùlures qu'il produit sont très-graves. Certaines vapeurs , même en quantités minimes, ont la faculté singulière d'arrêter cette combustion lentq ; ainsi , à 20*^,

1 Tol. de gaz oléfiant dans 450 toI. d*air.

1 Toi. de vapeur d'éther ordinaire dans , . 1 50 id.

1 vol. de Tapeur de naphte dans \%1Q \d.

J toi. de vapeur d'essence de térébenthine davks. kW\W ^d..

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arrêtent rémission des vapeurs phosphoriqnes ; et cette ii flnence n'est par restreinte aux basses températures, car uii certaine proportion produit cet effet môme à 90°.

Le phosphore est insoluble, mais altérable dans l'eau ; la lumière diffuse, il est bientôt recouvert d'une croûte en tacée qui parait être une simple pulvérisation : toutefois l'air contenu dans l'eau forme une petite quantité d'acid hypophosphorique. A la lumière solaire, l'oxydation est pli prononcée; car, après deux ou trois heures d'exposition, 1 phosphore est recouvert d'une croûte rouge d'oxyde è phosphore.

Le phosphore fondu et refroidi lentement reste transps rent; mais si les deux actions ont été brusques, il deviei noir : le changement a lieu par dimorphisme , car on peut par deux nouvelles actions lentes, le ramener à son état pri mitif. On connaît la brillante lumière produite par le phof I)hore brûlant dans l'oxygène pur ; mais on peut rendre Tac tion plus vive, en plaçant le phosphore aans une clodi reposant sur le mercure et introduite elle-même dans u: tube contenant de l'eau chaude : le phosphore liquide 0( cupe alors la partie supérieure de la cloche pleine de mei cure; en cet état, chaque bulle d'oxygène introduite dan la cloche arrive sur le phosphore fondu, et provoque um scintillation énergique, dont l'œil supporte à peine l'éclat

Cet élément remarquable est indispensable à l'organisa tion ; on le trouve dans le système nerveux et dans la char pente des animaux supérieurs : les os contiennent, dans uni

[proportion plus grande que la moitié , deux sels minéraux 'un formé de deux phosphates tribasiques de chaux ; l'auti) est du carbonate de chaux; ces deux sels, mis à nu par h simple calcination à blanc des os , donnent une poudre di laquelle on extrait le phosphore : l'opération a toujours liei sur une grande échelle, surtout depuis l'immense développe ment qu'a pris le commerce des allumettes dites chimiques. 100 parties d'os calcinés sont décomposées par 60 partie d'acidesulfurique ; le sulfate de chaux insoluble est séparé pa la ûltration : le liquide acide , qui est de l'acide phosphori que contenant encore une faible quantité de sulfate de chaux est évaporé en consistance de sirop très-épais , et mêlé ave( du charbon en poudre pour formée une pâte : celle-ci , biei <lans un mortier, esl dessfeâàte^^<^^xÀ\^xs8»>Qisv%iss

DU FHOfiPHOU. 198

de fer, en autant continuellement jusqu'à ce que la masse éprouve Faction d'une chaleur presque rouge ; cette masse , refroidie, est rapidement introduite dans une bonne cornue de grès revêtue d'une chemise d'argile ; cette cornue est ensuite placée dans un fourneau, et le bec est mis dans un tube en cuivre, dont l'autre extrémité plonge de 4 à 5 millimètres dans l'eau que contient un récipient à large ouverture. On diauffe lentement pendant deux heures environ, puis on pousse vigoureusement le feu, jusnu'à ce que le phosphore cesse de couler du tube de cuivre aans le récipient ; ce qui exige de 1 6 à 30 heures, selon la capacité de la cornue. Dans cette dernière action, le charbon, élevé à une haute températare, s'unit à Toxygène de l'acide phosphorique et met le phosphore en liberté. L'opération faite en grand donne le phosphore pur ; on peut le façonner en bâton par une fusion dans l'eau chaude et un moulage dans des tubes de verre : mais aujourd'hui le phosphore livré au commerce est blanc opaque, pulvérulent, et est employé sous cette forme dans la préparation des allumettes cnimiqucs, préparation dont nous parlerons dans l'histoire du chlorate de potasse.

On admet que l'oxygène peut se combiner en 5 proportions avec le phosphore.

Oxyde rouge ou jaune de phosphore. — Comp. : Ph* 0'. L'oxyde blanc de phosphore n'est que. l'oxyde rouge hydraté.

Acide hypophosphoreux. — Comp. : Ph'O'. Découvert par Dnlong, ne peut exister qu'à l'état hydraté.

Acide phosphoreux. — Comp. . Ph* Ô^ Est obtenu par la combustion du phosphore lorsqu'on gêne l'accès de l'air ; on peut aussi le préparer au moyen du protoclilorure de phosphore.

Acide hypophosphorique, — Comp. :Ph'0*. N'est peut- Mre qu'un mélange du précédent et du suivant.

Acide phosphorique,— Com^. : Ph*0\ Corps solide, trèsacide , blanc , déliquescent. Chauffé dans un creuset de platine, cet acide peut être fondu, vitrifié, et enfin volatilisé si la chaleur est assez énergique. Le procédé le plus simple ponrrobtenirdans un laboratoire, est d'opérer la combustion ^ive du phosphore ; il est alors anhydre, stable, et l'eau vergée goutte à goutte sur cet acide fait enleTi(\ïeww\yt\i>X «kîv.- ^ogaeà ceiui que cette même eau prodiùr^Vl s\« \mte\ \^^^^

124 CHIMIE MnfÉ&ÂLE.

Ou peut aussi oxyder le phosphore par Facide azotique ; da cette dernière opération , l'acide azotique fumant est m^ à son volume d'eau pour éviter les accidents, car l'action < violente : cet acide est versé sur le phosphore; le tout est poJ à l'ébuUilion, évaporé à siccité, et le résidu est Facide phc phorique hydraté. Les chimistes anciens ne sont pas d'acco sur les propriétés de l'acide phosphorique; cette divergen est due à la circonstance suivante : il existe trois hyoral d'acide phosphorique, ou , si on donne à l'eau un rôle bai que^ trois phosphates d'eau , tous singuliers, mais isomèn Nous ne pouvons entrer dans l'examen de ces trois composé nous dirons seulement que, lorsque l'acide phosphorique s€ obtenu par la combustion vive du phosphore , est jeté da l'eau, la liqueur est un mélange des trois phosphates : chaci d'eux peut être isolé, et manifeste alors des propriétés pari culières. Quelques chimistes ont été plus loin : ils admette] que ces trois corps sont des acides isomères, mais différent Le premier, acide monohydraté, serait Y acide mélaphosph rlque, précipitant lentement le blanc d'œuf, donnant unpr cipité blanc avec les sels d'argent, enfin capable d'être vitr fié et filé à la manière de l'acide borique.

Ledeuxième, acidebihydraté, ou acide pyrophosphoriqnt ne précipitant pas le blanc d'œuf, et précipitant en jaune k sels d'argent.

Le troisième, acide phosphorique ordinaire, serait Tacid trihydraté : chauffé, cet acide perd deux équivalents d'eaa et peut ensuite rester assez longtemps dans ce liquide à l'éta monohydraté Ces idées méritent confirmation, mais die ont de l'avenir ; l'acide phosphorique parait, en effet, étr un des anneaux de la chaîne qui unit les matières minérale aux matières organiques; et l'on peut supposer, avec assezd raison, que cette facilité de transformation lui permet, mieo qu'à tout autre corps, de se plier aux exigences de l'économi animale.

Phosphure d'hydrogène. — Comp. : Ph'H\ Les chimiste actuels n'admettent qu'un seul phosphure; car la propriét d'être spontanément inflammable que possède l'un des deu phosphures reconnus anciennement, est insuffisante pom'dil lérencier deux corps dont la composition est identique.

Si on chauffe à une température assez élevée de l'acid phosphoreux hydraté, ou a wii àfe%^%<ivsv%viX ^«^^^^^luii

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