‹ Traité élémentaire de chimie avec les applications de cette science aux art et aux manufacturesChapitre 23 sur 74 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Considérations générales.

Les métaux forment la classe la plus importante des corps^ puisqu'on les emploie dans presque tous les arts nécessaires à la vie; ils servent à fabriquer les instruments employés dans nos travaux, et nous rendent ces travaux plus faciles: sans eux, même dans les climats les plus favorables, les hommes ne s* élèveraient pas au dessus de Tétat sauvage; ib donnent au médecin plusieurs médicaments héroïques. La. chimie nous enseigne les moyens de les séparer des matières terreuses auxquelles ils sont mcMés dans la nature , de les pnri* fier, de les employer seuls ou combinés entre eux.

Propriétés physiques. — Une des propriétés les plus remarquables des métaux est Faspect brillant qui leur est particulier^ et qu'on désigne par le nom d'éclat métaUiqw f cet éclat est dû à la faculté au'ils ont de réfléchir puissamment la lumière, faculté qui semnle en partie résulter de leur texture plus serrée , et qui les rend particulièrement convenables pour les miroirs , dont ils forment toujours la base : ceK éclat n'a plus lieu dès que les métaux sont en poussière trèsfine. Ces corps sont, en outre, l*^ tous opaques, insoluble». dans l'eau , bons conducteurs du calorique et de rélectricilé ; '. 2" la plupart insipides, inodores, plus lourds que Tean, ri'une structure lamelleuse, fibreuse ou granulée, cristallisa- ■ JbJes en cubes , en oclaèdtes , eV(i, ^ ^Vç.. \ ils se fondent à Taîdd --

3 la chaleor, et Ton peut en général, lorsqu'ils sont en tuon, les jeter dans un moule, et leur donner telle forme a'on désire : c'est ainsi qu'on fait un grand nombre d'ustenies en étain, argent, etc., d'une forme élégante. Toutes ces ropriétés existent à des degrés différents dans les métaux ; xaroinons les principales.

De l'opacité. Un métal n'est pas absolument opaque : si lans du chlorure d*or on verse du protosulfate de fer, le )récipité, qui est de l'or divisé, donne à la liqueur une teinte rerte.

De l'éclat N'est pas absolu; le fer, le platine, etc., trèsiivisés, ressemblent au charbon; l'argent en poudre est gris %ndré.

De la couleur. On ne doit pas seulement avoir recours à ses sens pour connaître la couleur d'un métal , car tout métal émet : 1 sa couleur, 2° une très-grande quantité de couleur (lumière blanche) ; ainsi M. Bénédict Prévost assure que l'argent est jaune, que l'or est rouge et que le cuivre est ècarlate : on sait, par exemple, que l'or très-divisé sur porcelaine donne Hne teinte rouge; le cuivre, dans les mêmes circonstances, donne une teinte pourpre.

De la pesanteur spécifique. Les densités comparées aux tipiivaleuts offrent un rapprochement général assez remarfiable : 1^ lorsque Téquivaient ne dépasse pas 400, la denflté varie de o à 8 ; 2^ si l'équivalent dépasse looo, la dentté varie de 10 à 21.

De la cristallisation. Tous les métaux cristallisent si on Ik place dans des circonstances convenables; cette cristalli- Mion est plus facile pour le zinc, le bismuth, l'antimoine; aSn, on sait que le moiré métallique est basé sur la cristallisation de rétain.

De faction des agents mécaniques. Cette action amène

toamen de plusieurs propriétés précieuses dans les métaux. La dureté. Les métaux ont une dureté très-variable ; mais

«tte propriété, dans quelques-uns , peut être augmentée par

Iirt: c'est ainsi que les modernes sont parvenus à se pro-

owr avec l'acier un grand nombre d'instruments tranchants

Ïie les anciens faisaient avec une combinaison de cuivre et ëtaio.

. ^!élasticité des métaux dépend de leur dureté , et ijexv^ Aa ^ ttème être augmentée par i'art. Ainsi, Vadet àoul «iuXli>^^

164 CHIMIE mRÉ&iLE.

sont irrédactibles par la chaleur : Fer, zinc, cobalt , nidkel, cadmium, vanadium, chrome.

4" CLA8SB. Ces métaux décomposent l'eau au rouge, ne décomposent pas le liquide à froid sous Tinfluence des acides ; oxydes irréductibles par la chaleur; ces métaux sont acidifiables : Arsenic, molybdène, tungstène, étain, antimoine, urane, titane^ osmium, tantale.

ô* CLASSE. Ces métaux décomposent l'eau à une température très-éleTée, ne décomposent j^ius ce liquide sous l'influence des acides ; leurs oxydes sont irréductibles par la chaleur et forment des bases puissantes : Bismuth, cuivre , plomb.

6*^ CLASSE. Le métal unique de cette section ne décompose pas l'eau, cependant il est oxydé vers 360**, et l'oxyde eçt décomposable au rouge : Mercure.

7" CLASSE. Ces métaux ne décomposent l'eau à aucune température, ne sont pas oxydés directement; les oxydes sont réduits par la chaleur : Aiigent, platine, or, palladium, rhodium, iridiam.

Des oxydes métalliques. — 1^ Tous sont solides, excepté l'oxyde d'osmium ; 2° la plupart ne sont pas volatils, et si un oxyde est volatil , il partage cette propriété avec le métal constituant ; la réciproque est fausse, le mercure est volatil , le bioxyde ne Test pas, ou du moins nous ne pouvons prononcer, puisque ce bioxyde est décomposé avant que nous puissions appliquer une assez forte chaleur ; 3" tous les oxydes sont décomposés par une pile assez énergique; 4^ tous, excepté l'oxyde noir de fer, n'ont aucune action sur le barreau aimanté.

Classification des oxydes métalliques, — M. Dumas divise ces oxydes en cinq classes : i° oxydes basiques, 2° oxydes acides, 3° oxydes indifférents, 4° oxydes saUns, 5° oxydes singuliers. Les oxydes basiques jouent le rôle de base, bien que tous n'aient pas la propriété de neutraliser les acides; celui qui neutralise le mieux est la potasse ; d'autres neutralisent partiellement, les oxydes de cuivre ou de fer avec l'acide sulfurique. Les oxydes acides ne demandent aucune explication. Les oxydes indifférents jouent les deux rôles basique et acide ; l'oxyde de zinc donne avec l'acide sulfurique un sd qui est acide , mais si l'on fait déflagrer^ c'est-àndire si on jette dans un creuset rouge de feu un mélange de zinc en limaille et de potasse, on a un zincate de potasse. Les oxydes salins sont des mélanges ou des combinaisons de deux oxydes d'un même métal : l'un des oxydes est base, Tautre est acide; si Ton tredte le miniomi (ox^d^ &&'(\qîv!e&^^^^ l'acide azotiqae,

celni-ci disssout Ynn des oxydes du mininm, l'antre est précipité ; ainsi le minium est la réunion de deux oxydes. Les oxydes singuliers ne peuvent exister en contact avec un corps, ils sont aussitôt décomposés : si au bioxyde de barium on ajoute un acide, par exemple Tacide sulfurique, on obtient nn sulfate de protoxyde et un dégagement abondant d'oxygène. On peut faire Texpérience en plaçant du bioxyde de barium au fond d'une éprouvette à pied, et versant ensuite de Tacide sulfurique étendu avec de l'eau ; l'oxygène dégagé chasse l'air, et remplit la partie supérieure de Téprouvette; nn corps combustible qui a un point en ignition , et qui est plongé dans cette éprouvette, brûle avec vivacité.

Action de la chaleur sur les oxydes, — Les oxydes des métaux appartenant aux V'^, 2®, 3% 4® classes, ne peuvent, exposés à la chaleur, perdre, tout leur oxygène, tandis que les oxydes des métaux des 5^ et 6® classes sont réduits, c'està-dire sont amenés à l'état métallique.

Action de l^ hydrogène sur les oxydes, -^On doit établir trois subdivisions: l*' effet nul, 2° réduction partielle, 3^ réduction totale ; la première circonstance a lieu pour les oxydes des métaux des l""* et 2* classes (excepté le bioxyde de barium^ ; l'hydrogène réduit les oxydes de fer dans certaines conditions, mais ne peut réduire le protoxyde de manganèse; fl réduit tous les autres oxydes. La réduction de l'oxyde de fer par l'hydrogène est d'une grande importance ; elle a souvent lien dans les exploitations des mines de ce métal; il y a même ici un fait assez singulier : dans les laboratoires la réduction a lieu à une température qui peut ne pas dépasser 400**, taudis que dans les usines on porte, pour la même action, la température au plus haut point possible, à plus de 1 700" ; or, la raison en est simple : dans une usine on a deux buts , l" réduire l'oxyde de fer, 2*^ fondre la combinaison de charbon et de fer, et fondre les matières terreuses oi accompagnent la mine. Si on trouvait le moyen , la pouire de fer étant obtenue, de fondre cette poudre en un lingot, on économiserait les f du combustible ; mais on connaît la nature pyrophorique du fer en poudre , et cette dernière propriété sera toujours un grand obstacle à l'abandon du mode actuellement suivi.

Action du charbon sur les oxydes, — Les actions sont semblables à celles de l'hydrogène, mais le charbon réduit

dri

166 CHmiÊ VIIfÉRA.LE.

partiellement les oxydes de potassium, de sodium, de mangauèse ; tout conduit à admettre que si la température était assez élevée, la même décomposition aurait lieu entre le charbon et les oxydes de strontium , de calcium et de barium. Le charbon réduit tous les minerais des quatre dernières classes ; amenés à l'état d'oxyde, il y a dégagement d'acide carbonique ou d'oxyde de carbone.

Action du soufre sur les oxydes, — Ces essais exigent des précautions ; si on triture un peu rudement dans un mortier du soufre et du bioxydede plomb , l'inflammation peut avoir lieu; en général, lorsque l'on t'ait agir le soul'resur un oxyde métallique , il y a formation d'acide sulfureux , de sulfure du métal et quelquefois de sulfate de l'oxyde métallique.

Action du phosphore sur les oxydes, — Les actions sont analogues à celles que produit le soufre , il y a formation d'acide phosphorique et de phosphure du métal.

Action du chlore sur les oxydes, — Le chlore sec tend à libérer l'oxygène et à donner un chlorure métallique, tel est le résultat obtenu lorsque l'on traite la cbaux vive sèche chauffée à une haute température par un courant de chlore très-sec. En général, on peut dire que le chlore sec ne décompose pas les oxydes qui jouent le rôle d'acide , tandis qu'il décompose les acides basiques : quelques oxydes hydratés, très-difliciiement réductibles, tels que lesoxydes de potassium , de sodium , de barium , de calcium , se combinent directement avec le chlore et forment des chlorures d'oxyde; ces composés sont remarquables parce qu'ils conservent les principales propriétés du chlore, et surtout celles d'agir comme désinfectant et de décolorer les matières organisées; nous parlerons de ces corps dans l'histoire des bases alcalines et terreuses.

Action de V oxygène et de Vair sur les oxydes, — On peut réunir ces actions dans une loi générale : si un oxyde en absorbant l'oxygène à la chaleur rouge peut donner un oxyde uni résiste à cette dernière température, il y aura suroxyaation.

Action de Veau sur les oxydes. — On obtient alors des

hydrates , et l'eau joue le rôle acide ou basique selon la

nature de l'oxyde. L'oxyde hydraté n'a pas en général lacou-

}eur de l'oxyde sec : Toxyde hydraté de cuivre est bleu,

l'oxyde sec est noir ; lebiox^de\i^di^V^ôftm<i\^\32t^^X^\«Le^

indis que le même bioxyde sec est ronge ; le peroxyde hyraté de fer est jaune rouge , le même oxyde sec est rouge ioiacé.

Action des métaux sur les oxydes. — Les lois qui sont les conséquences de la classification des métaux suffisent oar prévoir ces actions : un métal d'une classe décomposera oxyde d'un métal de la classe suivante ; le potassium avec oxyde de cuivre donne pour résultat potasse et cuivre, Texlérience est même accompagnée de chaleur et de lumière. Le NMassium et Toxyde de zinc donnent potasse et zinc métaliqae ; dans ces essais^ le verre est en général brisé. Ajoutons ci que l'on ne peut rien dire sur ces idées vulgaires qui ad- Dettent que le contact de certaines substances rend le verre )lns cassant ; mais il est certain que^ dans les expériences qui imploient la potasse^ les vases de verre sont plus facilement 3risés, il y a même des verres qui sont brisés par leur seul contact avec la potasse.

La loi précédente que nous indiquons n'est pas absolue, il jf a des faits contraires : nous avons vu que le potassium , le sodium, etc., etc., enfin les métaux de la première classe décomposaient Teau à la température ordinaire, tandis que les métaux de la deuxième classe, aluminium, magnésium, ne décomposent pas l'eau à froid, la décomposition exige que cette eau soit bouillante et le métal divisé; on doit conclure ielà que les métaux de la première classe ont plus d^affinité

Ïar Toxygènequeceuxde la deuxième; cependant les oxydes la deuxième classe ne sont pas décomposés par les métaux fc la première ; ces oxydes sont rebelles à tout, à l'hydro- Jtee, au carbone, etc., etc. 11 faut , pour opérer cette dccom-

Etion, avoir recours à ces forces affinitaires réunies, en int agir simultanément sur ces oxydes , du chlore et du 4«rbon. Les forces de 1 affinité sont doublées ; le chlore tend '«K le métal, le carbone vers Foxygône. On a alors unchloi^ métallique et de l'oxyde de carbone.

propre •nées , on voulut trouver un moyeu de peser les voitures de ^lage, diligences, etc., etc., à un point quelconque de leur Hwoo» et sans avoir recours aux bascules àt ^osV^ ^^a , ^'(^olisrésoJut Je problème d'une manière lotV.\si?jfe^a^^>S!fc\

168 CHIMIC MlNÉftÂLE.

il plaçait des cônes de plomb sur la route , et Técrasement ( ces cônes donnait le poids. L'opération était simple etp* dispendieuse, puisqu'on refondait les cônes écrasés; mais moyen était inexact : on reconnut bientôt que le plomb i fondu était plus dur, résistait plus à Técrasement. Or, cet fet est dû à Toxyde qu'il contient ; en général, la propri que possède un métal de se combiner avec son oxyde inf singulièrement sur ses propriétés : dureté, malléabilité, di tilité, etc., etc.; le métal devient plus dur. Cette propriét été mise à profit par M.jDusaulsoy, et sera certainement u dans les fonderies. M. Dusaulsoy a demandé que l'on coi trois pièces avec tous les soins possibles ; de son côté, il fit fondre une en utilisant son procédé, c'est-à-dire en ch chant à éviter la pénétration de l'oxyde. Les pièces soum aux épreuves donnèrent les résultats suivants.

Les 3 pièces étrangères au procédé Dtisaulsoy.

IaV pièce soutint 24 coups et fut mise hors de service. La 2« id. 250 id. id.

La3« id. 3000 id. id.

La pièce de M. Dusaulsoy était après 5000 coups dans un bon éta conser\ation.

Les pièces d'artillerie étant formées de cuivre et d'éta pendant la fusion les deux métaux sont partiellement oxy et l'oxyde de chacun de ces métaux durcit l'alliage : o vous ajoutez au bain un métal qui prenne l'oxygène, el s'unisse pas à l'alliage, vous éviterez l'oxydation desi taux principaux. M. Dusaulsoy ajoute au bain r^ de fei même de fer-blanc ; ce fer prend l'oxygène et l'oxyde de surnage pendant la fusion. On conçoit de quelle importa sera cette addition dans le frappage régulier uniforme monnaies de billon : on obtiendra ainsi un alliage toujoui même, et par suite la même profondeur dans les emprein

On doit, dans le plaqué, employer du cuivre très-i léable. M. Berthier s'est assuré que le cuivre auquel les vriers donnent la préférence contient du potassium , ce tal prend l'oxygène, empoche l'oxydation, et par suite le( cissement du cuivre. En général , le plomb, le cuivre, l'ét le fer, et probablement les autres métaux, tendent à l'or tion, et l'oxyde formé , se combinant avec le métal, ren dernier aigre et cassant. On évite cette action en emploj

DES MÉTÀtnC. 169

par exemple^ le fer^ lorsque l'on fait usage du plomb ^ du cuivre, etc., etc.

§ 1 . Des chlorures , lodurcs , etc. , métalliques.

Action du chlore , de l'iode, etc., etc., sur les métaux : chlorures, iodures , etc.^ etc., métalliques. — Les trois éléments, chlore, iode, brôrae, ont des actions analogues sur les métaux ; nous étudierons plus particulièrement les chlorures.

Le chlore, comparé à Foxygène , possède une plus grande énergie , car il attaque la plupart des métaux à la température ordinaire ; Toxygène n'a pas été liquéfié, le chlore est un des premiers gaz connus comme liquéfiables. De ces faits, on conclurait par analogie que les oxydes doivent être plus volatils que les chlorures. Or, c'est le contraire qui a lieu, lorsque le chlore se combine avec un métal ; on peut concevoir de deux manières la combinaison exécutée, et les résultats sont différents; ce double point de vue, qui a longtemps divisé le schimistes, ne fait plus question aujourd'hui. Citons comme exemple Tunion du chlore et du mercure. Il existe deux combinaisons.

1« MODE. Protochlorure de i ^ j^h^ ou mercure 2530 chlore 442 mercure. (

Bichlroure ^^[ug'Ch^ ou mercure 1265 chlore 442 meroure. (

Si nous admettons que l'eau intervient toujours dans ces combinaisons et que cette eau est décomposée , l'oxygène se combinant au métal , le chlore à l'hydrogène, la nature des composés changera , ces composés seront salins ; on aura :

mercure . 2530 2* HOBE. Chlorhydrate de pro- j j, ^ , , , , | oxyg ène. . 100 toxyde de mercure, j '^K " » 'i ^" "" | hydrogène 12,5

( chlore. . . 442

Chlorhydrate de bi- j ^ . , , , oxyde de mercure, j "g o > " ^»

ou

mercure. . 1265 oxygène. . loo

hydrogène 12,6 \ chlore. . . 442

Les mêmes lois sont applicables aux iodures, aux bromures : la question n'est pas mathématiquement décidée \ e\i^s<^\^&

CBIMIE, \^

170 CHIMIE MmÉRÂLE.

les faits pour et contre, et le lecteur admettra probablement Topinion générale qui adopte le premier des deux modes cités.

l" Faits pour les chlorhydrates. 1^ couleur, la saveur, les propriétés des chlorures sont en général celles des sels du même métal. La grande affinité, soit de rhydrogéue pour le chlore, soit de Toxygènepour le métal ( on peut contre ce fait , citer Taffînité du chlore pour le métal et celle de Thydrogène pour Toxygène). Certaines actions ont une explication plus facile dans la théorie des composés salins.

2" Faits contre les chlorhydrates. Les chlorures de bismuth et d'antimoine mis dans Feau sont décomposés; Tacide chlorhydrique reste dissous , et Foxyde est précipité entraînant une proportion plus ou moins faible a acide chlorhydrique ; donc les chlorures existaient avant leur contact avec Feau. Le chlore sec et le fer s'unissent et forment un composé; si on le met dans l'eau, et si on évapore à siccité^ on a une masse pâteuse d'oxyde qui n'offre plus que des traces du composé primitif ; il y a en même temps un dégagement très-abondant d'acide chlorhydrique ; si on redissout, et si on évapore , toute trace du premier composé disparait; donc la combinaison de chlore sec et de fer a été transformée à son contact avec l'eau, elle n'était donc pas un chlorhydrate. Un fait semblable a lieu dans la distillation de l'eau de mer : le chlorure de magnésium volatilisé s'attache à la paroi interne de la chaudière, et là, léché par l'eau, il y a dégagement d'acide chlorhydrique, et formation de magnésie; ainsi le chlorure de magnésium existait dans l'eau. Si dans des dissolutions de plomb, de mercure, d'argent, etc., on verse de l'acide chlorhydrique, on a certainement un chlorure du métal. Les chlorures d'or, de platine, de fer, restent certainement à l'éiat de chlorures dans l'eau ; car si dans un tube modérément large, fermé à une de ses extrémités , et que nous supposerons partagé en deux parties A et B , A étant la partie inférieure ; si on met un chlorure coloré de fer en A , si on verse de l'éther en B, on aura A coloré et B incolore ; mais si on agite, tout le chlorure qui était en A passera en B , et on aura A incolore, B coloré ; en outre, l'expérience prouve que le composé qui est dans l'éther est bien un chlorure, donc il existait à l'état de dissolution; enûn, nous rappellerons les essais de M. KuhhnaD; essais dont nous avons parlé dans V\û&\Qvt^ dw ûiior.

De ces faits , on a conclu que la plupart des chlorures peu^ yent naître et rester chlorures dans Teau ; nous admettons donc la stabilité des chlorures; mais, ainsi que nous Favons dit, certaines actions ont une explication plus simple^ en admettant la théorie des chlorhydrates.

Tons les chlonires sont volatils (excepté ceux de calcium, de barium, et quelques autres), à moins qu'ils ne soient déeomposés avant leur arrivée au point de volatilisation : si le eblorure n'est pas volatil, il est inodore, tel est le chlorure de barium ; s'il est volatil , il a une odeur prononcée ; s'il est avide d'eau , il répand des vapeurs à l'air, telle est la liqueur fumante de Libavius. Les chlorures sont solides, et la plupart peuvent , sans être altérés , entrer en fusion à une température plus ou moins élevée; ainsi le sel marin, chauffé au rouge vit, est d'une liquidité telle qu'on le confondrait avec l'eau ; chauffé plus fortement, il entre en vapeurs : de là, l'explication du chlorure de sodium volatilisé dans l'action des volcans.

La combinaison d'un métal avec le chlore a lieu, tantôt à la température ordinaire avec ou sans chaleur, avec ou sans ignition, tantôt à la chaleur ; dans le premier cas, sont les chlorures d'antimoine^ d'arsenic, etc., etc. Le fer, le cuivre, sont aussi attaqués par le chlore à la température ordinaire; nais alors les premières parties du chlorure formé ne sont pas volatilisées^ et forment sur le métal une croûte qui arrête Faction, tandis que Faction est complète , si on plonge du fer chauffé au rouge dans un flacon rempli de chlore ; il y a lumière vive, dépôt de cristaux de chlorure de fer sur les

frois du flacon. Le chlore agit d'une manière analogue sur enivre, le mercure. Dans ces expériences, il y a véritable combustion , car il y a une action semblable à celle que produit Foxygène.

Dans ces combinaisons, les chlorures étaient volatils à des degrés divers ; si le chlorure est peu volatil , encore bien que le métal ait beaucoup d'afiinité pour le chlore, l'action s'arrête d'elle-même , on active par l'agitation , tel est l'exemple donné par le potassium plongé dans un flacon de chlore : l'action est lente; mais si on divise le potassium an moyen d'une tige de fer, l'action aura lieu avec chaleur et lumière.

On peut préparer les chlorures par divers procédés : i° plusieurs^ par le procédé ci-dessus ; 2^ d!a\)âx^^ ^ \^^ç5feftfer

172 cmiflB MIHÉRALE.

dents , plus économiquemeut, en faisant agir Facide chlorh] drique sur le métal ; ainsi le chlorure de zinc , dont Findus trie absorbe aujourd'hui des quantités notables, peut éti préparé par ce deuxième moyen. En général, si le méu peut décomposer Teau sous Tinfluence de l'acide suli'urique, décomposera l'acide chlorhydrique; ainsi les métaux des i'^ 2*^, 3®, 4® classes, en contact avec l'acide chlorhydrique, s combinent avec le chlore et isolent l'hydrogène. 3"^ Pa Teau régale; ce procédé est applicable aux chlorures d'or e de platine ; on peut même l'employer économiquement pon] le cnlorure d'antimoine. 4" Par un procédé très-eonnu de alchimistes; ils employaient le bichlorure de mercure ; a composé abandonne la moitié de son chlore aux métaux avec lesquels il est en contact ; de là deux chlorures, protochlorure de mercure et chlorure du métal ; celui des deux qui est plus volatil , est séparé par la chaleur : soit étain et bichlorure de mercure , on a un dégagement de chlorure d'étain très-volatil , et il reste dans l'appareil de Fétain métallique et du protochlorure de mercure.

Classification des chlorures métalliques. — Il existe trois classes de chlorures : i® chlorures jouaut le rôle d'acide ; f chlorures jouant le rôle de base ; 3" chlorures indifférents : en général, les premiers sont très- volatils et correspondent aux oxydes métalliques qui jouent le rôle acide; les deuxièmes correspondent aux oxydes qui, jouant le rôle de base, contiennent une moindre proportion d'oxygène.

Cette division est tellement tranchée, que l'on peut unir les chlorures acides aux chlorures basiques , et former des chlorures doubles , sorte de sels composés d'un acide et d'une base ; l'union a lieu , même lorsque le chlorure double étant soluble reste en dissolution dans la liqueur. Si on mêle deux solutions, Fune de chlorure de platine (rôle acide); Fautre de chlorure de potassium (rôle basique), on a un précipité, chlorure double de platine et de potassium : si on mêle du chlorure d'or (rôle acide) avec du chlorure de sodium (rôle basique) , il n'y a pas de précipité, car le chlorure double usité en médecine est soluble; mais si on évapore, on obtient des cristaux , à proportions bien définies , de chlorure double d'or et de sodium : si dans une dissolution de sel maria, on plonge i" une lame de plomb, il y aura formation de chlorure de plomb , el car su\Xe , qu cMveûito. >5Wl cMo-

rare double de sodinm et de plomb; 2^ une lame de cuivre» on aura un chlorure double de sodium et de cuivre. Ces deux essais montrent combien il est important de proscrire les vases de cuivre , dans l'exploitation des salines ; on fait usage de vases de fer.

Action de la chaleur sur les chlorures métalliques. — Le chlorure d'or, celui de platine, et en partie le chlorure de cuivre, sont décomposés par la chaleur; les deux premiers donnent leur métal ; de là l'emploi de ces chlorures pour dorer ou platiner les porcelaines; lebichlorure de cuivre, le perchlorure d'antimoine passent, à chaud, à l'état de protochlorure; le chlorure d'argent est indécomposable par la chaleur ; en général , exposés à la chaleur , les chlorures sont plus stables que les oxydes.

Action dis Vhydrogène sur les chlorures métalliques. — Le nombre des chlorures décomposées par l'hydrogène est bien plus faible que celui des oxydes décomposés par le même élément; le bichlorure de cuivre est décomposé par l'hydrogène ; le chlorure d'argent est décomposé par le même gaz à l'état naissant.

Action du soufre, du phosphore sur les chlorures métal-ligues. — Le phosphore décompose le bichlorure de mercure; l'opération n'est pas sans danger. Le soufre décompose le môme bichlorure.

Action du carbone, du bore, du sélénium , de r azote, sur les chlorures métalliques. — Ces éléments secs sont sans action. Nous donnons à l'instant les modifications apportées par la présence de l'eau.

Action de l'eau sur les chlorures métalliques. — Le charbon et l'eau réunis décomposent un grand nombre de chlorures; ainsi le charbon et le chlorure d'argent secs n'ont aucune action mutuelle. Si on fait arriver un courant de vapeurs d'eau, à l'instant la dernière partie de l'appareil émet des torrents d'acide chlorhydrique , et l'argent est réduit; dans cette expérience, il est évident que l'hydrogène de l'eau opère la décomposition.

§ 2. Des Sulfures métalliques.

Nous avons déjà parlé de l'analogie qui existe entre le ^ufre et l'oxygène ; les sulfures métalliques sont une nou-

1,74 CHnOE MINÉRALE.

Telle preuve de cette similitude; ils peuvent, comme les oxydes, jouer les rôles d'acide et de base, l/étude des sulfures métalliques offre un grand iutérêt industriel , car la plupart des métaux employés sont dans la nature àTétat de sulfure, fer, antimoine, arsenic, plomb, mercure, argent, cuivre, etc. Ils ont souvent alors le brillant métallique, et cette propriété existe aussi dans les sulfures préparés dans les laboratoires; on peut d'ailleurs préparer ces composés par l'action directe du soufre sur le métal *. opération qui est celle que Ton fait pour la préparation des oxydes. Si , dans une cloche courbe,

Sleine de gaz azote, on place une petite nacelle contenant eux fragments, l'un de potassium, Vautre de soufre; si oa chauffe taiblemeut, bientôt la nacelle et le verre sont portés au rouge, au moment de l'union du soufre avec le potassium ; l'azote est resté intact , seulement il renferme après l'expérience une très-petite quantité d'hydrogène que contient toujours le soufre. Si, dans cet essai, on remplace le potassium par le cuivre, le fer, le plomb, etc., l'action est la même; il y a chaleur, lumière, et un faible dégagement d'hydrogène. Rappelons ici que ce fait a été opposé à Lavoisier pour combattre sa théorie ; car, disait-on,, il y a dams ces phénomènes une véritable combustion.

L ordre d'affinité des métaux pour le soufre est important dans la métallurgie; cet ordre n'est pas exactement celui des métaux pour l'oxygène. On peut l'établir de la manière suivante: l" métaux de la première classe; 2" métaux de la deuxième classe; 3^ le cuivre, le fer, l'étain, le zinc, le plomb; 4** enfin, parmi les métaux importants, citons en dernière ligue l'argent, l'antimoine, l'arsenic.

L'union du soufre avec un métal exige en général l'intervention de la chaleur; néanmoins il y a des exemples de combinaisons faites à la température ordinaire. Si on fait un mélange pâteux de limaille de fer, de soufre et d'eau tiède (avec l'eau froide l'action serait plus lente) ; si on place ce mélange dans un flacon terminé par un tube à gaz, bientôt il y a échaulTement, la poudre grise est changée en sulfure de fer, et on reconnaît qu'il y a eu dégagement de vapeurs d'eau et d'hydrogène. Si le mélange, au lieu d'être rais dans un flacon , est exposé à l'air, il y aura inflammation de la masse, dégagement de vapeurs d'eau, d'acide sulfureux, et formation d'oxyde de fer ; de là le nom de Volcan Lemery

•lait ce mélange ; on croyait imiter ainsi Faction d'un Or, on sait anjoiird'bui que Tacide sulfureux dégagé s éruptions volcaniques est en quantité insignifiantelatine et surtout For résistent bien à Faction du soului-ci, chauffé sur For, est volatilisé et le métal est Néanmoins on peut former le sulfure d'or en faisant air d'autres forces : ce sulfure d'or jouant le rôle acide, met en présence de For, du soufre et un sulfure le rôle de base , sulfure de potassium , on aura alors ble sulfure d'or et de potassium. Rappelons ici que, i^ant expliquer la dissolution du veau d'or exécutée se, car il aurait fallu admettre chez Woïse la conîe de l'eau régale, ce qui est peu probable, on a dans le fait que nous citons un moyen d'expliquer »solution.

on directe du soufre sur le métal n'est pas le seul et î plus facile moyen d'obtenir les sulfures : la plupart ares métalliques étant insolubles, on peut les obtenir ible décomposition en traitant un sulfure soluble, le potassium, par un sel métallique : ainsi sel de proie fer et sulfure de potassium, on a précipité de sulr de fer (volcan Lemery).

avons dit qu'il y avait des sulfures jouant le rôle des sulfures jouant le rôle de base; ces sulfures corent en général aux oxydes et aux chlorures dont le semblable. Citons des faits à l'appui de ces rôles des sulfures.

verse du sulfure de potassium dans un sel d'antion a d'abord un précipité rouge-orange; mais si on n excès de sulfure de potassium , le précipité rougelisparait, parce que le sulfure rouge-orange d'antiayant le rôle acide, s'unit au sulfure de potassium rôle est basique, et forme un sulfure double soluble 3ine et de potassium : le sulfure d'arsenic insoluble a icide; si au précipité de sulfure d'arsenic on ajoute s de sulfure de potassium, le précipité formé dispa- * on a un sulfure double et soluble d'ai^senic et de m.

n de la chaleur sur les sulfures métalliques. — Si ur agit seule, le sulfure peut être, i^ complètement )sé, sulftires d'or ou de platine-, 2^ ^at\Âft\\e«v«vi\

décomposé : remarquons d'ailleurs que les solfares de L première classe des métaux n'éprouvent aucune altératicKi sensible. Si la chaleur agit concurremment avec Tair, le combinaisons les plus stables tendent toujours à se formecj le sulfure de mercure donne de Tacide sulfureux et du maq cure libre; sur ce fait sont fondées les exploitations mines mercurielles : le sulfure d'antimoine donne de Tac sulfureux et de Toxyde d'antimoine; les sulfures de ploi de barium, de potassium, donnent des sulfates.

Action de Veau sur les sulfures métalliques, — Cet action est variable : 1° pour les sulfures des métaux de deuxième classe^ l'eau est décomposée, l'hydrogène est T gagé et l'oxyde métallique .précipité ; telle est l'action l'eau sur le sulfure d'aluminium : 2^ les sulfures de la mière classe sont dissous, et on a une solution incolore, sulfure est formé exactement, c'est-à-dire à équivalents de soufre et de métal ; on a au contraire une solution cok en jaune ou en rouge , selon que le sulfure est formé de 3 , de 3 équivalents de soufre pour l éq. de métal. On vérifier ces faits en employant dans les expériences le sulfure et le poly sulfure de potassium.

Les actions dès autres éléments métalloïdes sur les si sont moins importantes, et par suite les composés fc n'offrent aucun lien , aucune loi générale.

Action des acides sur les métaux, — Les acides i l" oxacides, lorsqu'ils ont l'oxygène pour acidifiant; 2** dracides, lorsque l'hydrogène est acidifiant.

Action des oxacides sur les métaux, — S'il y a actioi métal est oxydé aux dépens de l'acide, et il y a dégj du radical deTacide, ou d'un composé qui contient d'oxygène que l'acide lui-môme ; l'oxyde métallique fc s'unit, en général, à l'acide excédant : par exemple^ verse de l'acide azotique sur du cuivre, on a deTî d'oxyde de cuivre, et il se dégage du bioxyde d'azote. quefois le métal s'oxyde aux dépens de Teau contenue l'acide, s'unit à l'acide, et l'hydrogène est dégagé (zinc, acide sulfurique], il se forme du sulfate d'oxyde de zim l'hydrogène se dégage. L'acide azotique, très-riche en gène, cède une partie de cet élément à la plupart des nu ^vec iesguels on le met en contact; de là, le fréquent \, que Von fait de cet acide çoxxï Q\i\mx ^'î^ dû^t/rfûms

i: on opère comme il Tient d'être dit dans ce parapour préparer la dissolution de cuivre, % des hydracides sur les métaux, — On obtient toujours un corps binaire en ure , et l'hydrogène se acide chlorhydrique et potassium) ; il se forme du de potassium, si Tacide est gazeux, ou du chlorhypotasse , si l'acide est liquide. Dans ce dernier cas, ium est oxydé aux dépens de l'eau qui tient le gaz iorhydrique en dissolution.

§ 3. Des Alliages.

1 des métaux sur les métaux, — Les alliages sontimbinaisons ou des mélanges? Un examen superficiel diquer qu'il y a des faits à l'appui des deux opinions, met de l'or, de l'argent, ou de Tétain dans le mersolution est immédiate (elle est plus rapide avec Tarmercure peut prendre l'un de ces métaux en toutes ons, et même, si on augmente la quantité de mercure, ige est tellement uniforme qu'une particule de l'encontient du métal allié : en général , les alliages t pouvoir être faits en toutes proportions; les , les laitons, etc., sont nombreux, toute réaction chimique, il y a un changement de ture et uu développement d'électricité ; or, dans la m des alliages, l'électricité développée est nulle ou niable ; mais le changement de température est senon met ensemble du bismuth , de l'étain , du plomb, ;ure, l'alliage devient plus ou moins liquide , et le nètre peut descendre jusqu'à — 1 5" ; le vase dans lei fait l'opération est bientôt couvert de ^ivre à la ;terne. Âmrmons qu'il y a toujours combinaison dans ges ; mais les caractères qui dénotent cette combisont souvent masqués : ainsi, l^les alhages donnent aleur. Prenons une petite cloche courbe contenant •le pur, et dans la partie courbe introduisons deux lis, l'un de potassium, l'autre d'antimoine; chaufblement : au moment où le potassium entre en fudevient immédiatement incandescent et s'unit à )ine. Une action analogue a lieu lorsc^w'ow âï^wSi<^ làes de plomb et de piatine : ou couc^oil c^^ ôâa^\^ à

liquéfaction de l'alliage quadruple ci-dessus^ il y avait cha leur réelle émise, mais froid apparent, par suite même de 1 liquéfaction. 2° Dans les alliages, l'absence de proportion n'est qu'apparente : prenons pour exemple Talliaige de mer cure et d'or, ou celui de mercure et d'argent; ou saitqa dans l'extraction de l'or ou de l'argont , on broie avec 1 mercure la mine débarrassée des matières terreuses, et j mélange parait être en proportion arbitraire; mais si q passe Falliage dans une toile de coutil, le mercure en ex( est séparé, et il reste sur la toile une masse pâteuse foi de beaucoup d'or ou d'argent avec du mercure ; mais toujoi en proportion déflnie. L'étaraage des glaces est fondé sur fait du même genre ; on verse le mercure sur la feuille d'i tain bien exempte d'oxydation, d'humidité, et placée sur] verre, une pression mécanique chasse ensuite l'excès mercure, et ta composition de l'alliage attaché au verre toujours la même. Ainsi le mercure parait s'unir à Vi l'argent, à l'étain , en toute proportion ; mais par la pn on arrive toujours à un état uniforme. Dans ces cas. augmente la quantité de mercure, on a un alliage liqi dans lequel nagent des cristaux dont la proportion des ments est coustante.

Si on fait foudre dans un creuset du plomb et de l'ét la proportion étaut arbitraire, ou aura toujours, si le lange est bien brassé, un alliage homogène qui sera phisi moios analogue à la soudure des plombiers; la composit' est la même dans tous les points ae la masse ; mais cool dans une lingotière et laissons refroidir : le cylindre sol retiré de la lingotière, a ses deux extrémités différentes elles et différeutes de la partie moyenne : c'est ]h le pi mène connu dans les arts sous le nom de liquation. Si fait fondre ensemble de l'argent et du cuivre , l'alliage brassé est uniforme; mais cet alliage, coulé dans une tière et refroidi, n'est plus uniforme. Si l'argent était^ excès dans les proportions, il y aura plus d'argent dai partie moyenne que vers les extrémités; ce sera le traire, si le cuivre est le métal excédant. Disons qu'en néral l'état actuel de la chimie ou de t'analyse ne pen pas de faire un alliage dans lequel deux fragments sont thématiquement pareils. On retrouve cette difficulté da confection des bijoux, de» moiiimes, des canons, des

!s, etc. AjoatODS que si l'alliage bien brassé est honuH ne, raiiiage solidifié ne l'est plus; on doit donc analyser bronze des canons, en prenant une partie d'alliage dans bain en fusion. Admettons que cette partie contienne loo ! enivre, il d'étaiUj après la solidification , il y aura des ities qui contiendront depuis 100 de cuivre et 8 d'étain ii|n*à 100 de cuivre, 20 et même 22 d'étain.

Gne acûon analogue a lieu lorsqu'un alliage solidifié est posé à une chaleur qui n'est pas suffisante pour opérer sa BéfactioD complète. Prenons un alliage solidifié, formé 13 éq. de plomb et de 13 éq. de cuivre, portons- le dans four non assez chaud pour opérer pleinement la liqué- :ion : Talliage coulera partiellement, et lalliage coulé tiendra 12 éq. de plomb et i éq. de cuivre, tandis que liage en éponge résistant sera formé de 12 éq. de cuivre [e 1 éq. ae plomb. Ces propriétés sont de la plus grande sortance pour séparer les alliages diversement fusibles. phéDomène, qui n'est pas analogue à celui qui a été inué plus haut^ porte malheureusement le même nom. n on dit :

Liquation : lorsque l'alliage homogène liquide brassé est tagé par le refroidissement en alliages dont les propor- » sont diverses ;

liquation : lorsque, par la chaleur , on sépare un alliage deux alliages diversement fusibles.

D» la trempe des alliages, — On sait que la trempe durracier. En général, la trempe change la nature d'un alliage, b reflet est souvent contraire à celui que cette trempe idnit sur l'ador ; ainsi les diverses variétés de bronzes sont gteéral fragiles, ils deviennent plus malléables après la ■pe. Prenons un alliage formé de 80 cuivre et de 20 d'éi:cet alliage coulé en lames et refroidi lentement est lïfcsoas l'action du marteau; si on le trempe au rouge, |nit ensuite être martelé. Cette modification a lieu pour la irt des bronzes ; il est probable que, dans ce cas , rélévade la température au rouge rend l'alliage plus homoet le refroidissement brusque empêche la liquation. propriété a été mise à profit dans l'alliage même de 94 cuivre et de 6 d'étain, car on se propose de faire ainsi monnaie de billon : l'action de la trempe ^tv^eXXt^ ^<^ lettre ces sous au balancier. (Test k nue acWoii di^ ^

ISO CHDUE MINÉKiUL

genre que Ton doit le tamtam des Chinois : il est certaïn qi ce tamtam est composé de 80 de cnÎTre et de 30 à 31 d'étaii il est également «'ertain qoe Ton reconnaît snr on tamtai chinois nn travail au marteau , car on voit encore U traces du martelage; or, il serait impossible de soumettre sans le briser , un tel alliage au marteau ; il est donc prob bleque le tamtam chinois est trempé, puis martelé; eofii chauffé au rouge et refroidi lentement. Néanmoins il nous été impossible jusqu'ici de tremper uniformément un tai tam : raction étant toujours irrégulière, le tamtam gauch et on y a à peu près renoncé. La fabrication des tamtams e en elle-même peu importante, c*est une question d'amom propre; il esta regretter que les Chinois soient nos mattn dans cette partie.

1^ aliiaiges changent de propriété avec leur compositiatf Avec le cuivre et Félain on forme

TamUm. Métal MoniulM

et DBétal de clocbe*. des canons. dcbiUoa.{

80 cuivre. 100 cuivre. 94 cuivre.

20 à 21 étain. 11 étain. 6 étaiu. .

Le même genre d'alliage donne les miroirs de télescoperf ces derniers alliages sont presque blancs, et la proportion d{ tain est considérable.

Les alliages sont en général plus fusibles une la moy( donnée par le calcul : nous pouvons citer la soudure plombiers qui est un alliage de 2 parties d'étain et d'ami plomb, et qui est plus fusible que Tétain : en outre, sapl sons que, par le tâtonnement, on ait trouvé lapropora pour laquelle le point de fusion est le plus bas possible ^i

Eourra, en combinant ces alliages eu diverses proporti" aisser tellement le point général de fusion, que ce { pourra être au-dessous de 1 eau bouillante. Sur ce pi' est fondée la formation de l'alliage Darcet : cet alm „ composé de 8 parties de bismuth, de 5 de plomb et''^ d^étain, il entre en fusion à une température inférû

En alliant les métaux, on augmente en général leur i| reté; ainsi l'alliage de fer et d'antimoine est tellement di que la lime, en agissant , fait jaillir une série d'étincelles; chaleur développée par le frottement suffit pour enflamil les /sarcelles détachées.

liage

DES SELS. ISl

En alliant des métaux ductiles , on a en général des alliages aigres, cassants , pourvu que les proportions soient sensiblement égales; nous citerons Talliage de cuivre et d'étain à parties égales.

Action de la chaleur sur les alliages. — Si Tun des éléments est'un métal volatil , il tend à se dégager de Talliage ; ainsi, en chauiïant un alliage d'argent et de mercure, ce der- » iiier métal est distillé et l'argent reste spongieux. Les deux I laitons jaune et rouge offrent un phénomène analogue, mais id le dégagement du zinc exige un feu de forge. Le principe précédent a des exceptions ; ainsi, l'antimoine et l'arsenic sont très-difficilement dégagés de leurs alliages.

Action de Cair sur les alliages. — Nous avons déjà posé ce principe chimique; si deux corps ont de la tendance à s'unir , cette tendance influe sur leur combinaison : ce principe trouve son application dans les alliages. Ainsi > on sait qae. l'oxyde d'étain joue le rôle acide, tandis que l'oxyde de plomb a le rôle basique ; conséquemment un alliage d'étain et de plomb est , à l'air, oxydé plus rapidement que les deux métaux séparés : ce principe est mis à profit dans la couverte des poteries ordinaires ; ces couvertes sont de l'oxyde d*étain. L'ouvrier prépare ce qu'il appelle l'alliage combustible : cet alliage peut être composé tellement que, mis dans un creuset et cnauffé jusqu'à ce qu'une portion entre en combustion, cette combustion continue à la manière de l'amadou, même si on éloigne le foyer. Un alliage de potassium et d'antimoine exposé à l'air humide , peut s'enflammer avec une véritable explosion. Cette préparation n'est pas sans danger; maison peut, sans danger, préparer un alliage de potassium et d antimoine en mettant un grand excès de ce dernier ; on peut même alors pulvériser cet alliage, et reconnaître que la poudre projetée dans l'eau décompose ce liquide.

S 4. Des sels.

L'histoire des sels était désignée par les anciens chimistes sous le nom de halurgie (de als, sel) : toute substance soloble fut d'abord un sel ; plus tard ou appela sel la combinaison d'un acide avec une base (oxyde métallique). Or, , nous avons vu dansl'histoire des chlorures, iodures, etc. , etc. , que ces derniers composés présentaient toutes tes ^to^\Sfe\fe.^

184 CHIMIE MINÉEILB.

ment satisfaisante; nous Tavons citée parce qa*elle a, sorUmt en Angleterre 9 plusieurs partisans qui font autorité dans

la science.

Les sels neutres ont en général une saveur qui n'est ni acide ni alcaline, ils ne rougissent pas la teinture de tournesol etne ramènent pas au bleu cette teinture préalablement roogiepar un acide ; ainsi , on peut reconnaître au goût, et plus sûrement avec la teinture de tournesol , l'état de neutralité d'an sel. Une pareille loi, si simple, si utile aux commençants, et ordinairement vraie , devrait être générale , et cependant on ne peut lui donner un semblable caractère : on altérerait alors (les généralités bien autrement importantes, on altérerait la généralité des autres lois qui président à la composition des sels. Nous avons déjà remarqué que , si le chlore, le soufre , l'iode , le brome, dans leur réaction sur les métaux, forment des chlorhydrate, sulfhydrate, iodbydrate, brombydrate d'oxydes métalliques, on doit accorder que l'hydrogène de l'acide et l'oxygène de la base sont exactement dans les proportions pour faire Feau. Des lois d'une nature pea diflérente ont heu entre les principes constituants d'unsd dont Tacide contient l'oxygène comme principe acidiûant; ces relations sont énoncées dans les trois lois qui suivent : Première loi. — Si l'on détermine les pombres qui donnent les poids atomiques des diverses bases nécessaires pour saturer un atome d'un acide, ces poids resteront les mêmes pour un atome d'un autre acide ; et vice versa , si l'on détermine les poids atomiques des divers acides nécessaires pour saturer un atome d'une base, ces poids resteront les mêmes pour l'atome d'une autre base. Cette loi est une conséquence de la théorie atomique : 258, 356, 647, 956, 390, 590, expriment les quantités ou poids des bases, magnésie, chaux, strontiane, baryte, soude, potasse, poiir67î d'acide azotique: ces poids seront exacts pour 501 d'acide sulfurique.

Deuxième loi. — Il existe toujours un rapport simple entre l'oxygène de la base et rox>gène de l'acide; ce rap

100 ou un multiple de ce nombre : le rapport entre ces deii quantités ne peut être que très-simple. Ainsi lacide sulfnr

qne contient 300 d'oxygène , la potasse renferme 100 d'oxygèue : le rapport sera celui de 300 à loo , 3 à l . De même lesulfale de zinc est tel que Facide renferme 300 d'oxygène, la base 1 x lOO d'oxygène-, le rapport est encore celui de 3 à 1. La table suivante présente les rapports de la quantité d'oxygène de Toxyde à la quantité d'oxygène de l'acide, pour les principaux genres de sels.

Désignation des genres.

Borates (neutres) Ià6

Carbonates (id.) Ià2

Bicarbonates (id.) 1 à 4

Phosphates (id.) 2 à 5

Sulfates {id) 1 à 3

Azotates (id.) 1 à 5

Chlorates (id.) 1 à5

Cette table est surtout utile pour établir promptement les quantités respectives d'oxyde et d'acide nécessaires pour former un sel neutre. Admettons, par exemple, que l'on veuille connaître le poids d'acide sulfurique nécessaire pour saturer 100 kilogrammes de protoxyde de fer; on sait que, dans le protoxyde de fer, rox>gène et le métal entrent pour lOO du premier et 339 du second , ou que lOO kilogrammes de protoxyde de fer contiennent 22,7 kilogrammes d'oxygène. Or, dans les sulfates, l'oxygène de l'oxjde est à l'oxygène de l'acide comme les nombres i et 3 ; on devra donc multiplier 22,7 par 3, et le produites,! sera la quantité d'oxygène que doit contenir la dose d'acide cherchée; ce qui donne, en se rappelant la composition de l'acide sulfurique, 115,87 kilogrammes d'acide sec, ou environ 145 kilogrammes d'acide sulfurique à 66"". On pourrait faire un calcul analogue pour les autres sels.

Troisième loi, — La quantité d'acide est proportionnelle à la quantité d'oxygène de l'oxyde , et le rapport reste le même pour tous les sels qui ont le même acide : cette loi est UBe conséquence de la loi précédente.

Il est évident que si , pour la base au deuxième degré d'oxydation , la quantité d acide ne doublait pas , on serait en contradiction avec la deuxième loi, qui exige que, dans Aaque genre de sels , le rapport entre l'oxygène de 1 acide et l'oxygène de l'oxyde reste constant.

Les lois précédentes ont peu d'exceç\ioTVà , Tvwx^^îJtot^^^

«BS 8BU. tèf

gaire de ce dernier mot. Mais certains acides peu énergiques^ les acides carbonique, borique, arsénieux, etc., saturent très-difficilement les bases ; par suite , si on les unit à ces bases dans le rapport général , on obtient des sels ^ui ont encore la saveur alcaline. Un effet analogue, mais en sen» inverse, a lieu si on unit un acide énergique avec une base faible. Devait-on altérer la généralité des trois lois bien établies pour assurer la généralité d'une seule? non sans doute; BOUS appelons sel neutre celui dans lequel les composés acide et oa:yû?e sont dans le rapport général, peu importe l'action de ce sel sur la teinture de tournesol.

Le carbonate neutre de soude est celui qui contient , acide carbonique, 276; oxyde de sodium, 390. Le sel ainsi constitué ramène au bleu la teinture de tournesol rougie par un acide ; néanmoins il est sel neutre.

Action du caloriqae sur les sels.

La plupart des sels absorbent , au moment de leur cristal* lisation , une certaine quantité d'eau que Ton appelle eau de crislallisatitm ^ ce liquide caché, puisque le sel parait sec , est indispensable à la solidification du sel : ainsi le sulfate de soude absorbe 40 pour loo d'eau de cristallisation.

Lorsque la chaleur est appliquée à un sel, les effets varient avec l'énergie de cette chaleur et avec la quantité d'eau de cristallisation contenue dans le sel.

Chaleur faible, — l" Eau en grande quantité : le sel éprouve la fusion aqueuse , c'est-à-dire se fond dans son eau de cristallisation, et peut être coulé en un verre plus ou moins transparent : azotate et borate de soude, sulfate acide d*alumineet de potasse {a\m), azotate d^argent, etc. 2® Eau en petite quantité : le sel décrépite en lançant des parcelles : chUmire de sodium (sel marin) ; quelques-uns des sels précédents, en fusion aqueuse, peuvent rentrer dans la série qui nous occupe, c'est-à-dire décrépiter, ou même éprouver Vautre genre de fusion qu'on appelle /wsion ignée.

Chaleur forte. — Produit trois effets différents : 1** chasse faddé du sel (tous les carbonates) ; 2*^ décompose l'acide du ^ (tons les azotates); 3^ décompose l'acide et la base (azotate d'oxyde d'ammonium ) .

188 GHimE MUftllÀLB.

Action de l'eau sar les sels.

Les sels sont solubles ou insolubles : aucun sel u'est c plétement insoluble ; mais on est convenu de regarder cor tel celui qui exige 5 à 6000 parties d'eau pour se dissou T^ dissoluDÎlité des sels dans l'eau est une propriété rer quable : c'est par le moyen de ce liquide que ces sels

fmrifiés et séparés les uns des autres dans Tordre invers eur faculté de dissolution.

11 arrive quelquefois que la dissolution d'un sel qi cristallise pas, et que par cette raison on regarde coi saturée, cède des molécules salines aux cristaux du n: sel que Ton y plonge. On en a conclu que les cristaux sel appauvrissent la dissolution et la font descendre ausons de son vrai point de saturation. M. Gay-Lussac p que ce fait , que l'on regarde conune certain , a été expliqué.

La saturation d'une dissolution saline à une tempère invariable est le terme où le dissolvant, toujours en ce: avec le sel , ne peut plus en prendre davantage ni en a donner aucune partie. D'après cette définition , tonte d lution saline qui peut abandonner du sel sans que la te rature change esi sursaturée; en général , la saturation point un terme fixe, et la cause qui la produit est anal à celle qui rend l'eau liquide au-dessous de son poi congélation.

Quelques sels exposés à l'air abandonnent l'eau de cr lisation qu'ils renferment : on les appelle sels efflores (phosphate de soude); d'autres ont une telle affinité l'eau, qu'ils l'enlèvent à l'air ambiant : on les appelle déliquescents (chlorure de calcium). Ces deux espèces vent être conservées dans des vases parfaitement bou

Cette faculté de solubilité ou d'insolubilité permet, le verrons plus bas, d'établir quelques lois générales s réactions mutuelles des acides, des bases et des sels; donc de la plus grande importance d'avoir toujours pr^ à la pensée les divers degrés de solubilité de ces compose bien qu'il soit impossible de donner des termes exacts, que ces termes ne sont pas fixes, la table suivante sera ( grande utilité pour prévoir \eT6s^\;dX dw cQwUct des pj

panx composés acides, oxydes oa salins : cette table indiqae les quantités particulières de ces composés que peuvent dissoudre 100 parties d'eau à 15° et à 100*^,

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