‹ Traité élémentaire de chimie avec les applications de cette science aux art et aux manufacturesChapitre 43 sur 74 · DEUXIEME SECTION · texte numérisé non relu

DEUXIEME SECTION

DES THÉORIES ACTUELLES SUR LES CO^ttPOSES ORGANIQUES.

Les sciences d'expériences présentent à l'intelligence humaine un espace immense dont cette intelligence ne peut éteindre la limite. Des faits nouveaux surgissent, et l'homme nxîonnait qu'une nouvelle série d'observations, que de nouvelles théories 50J3^ nécessaires, non çom(;ovKç\feXev,ç.^^<i'ï^.

impossible , mais pour coordonner toutes les parties connues de la scionce.

La chimie organique obéit h celte loi générale : les diverses substances , sucres, acides, huiles, etc., etc., que l'on extrait des \égi''taux sans dil'llculté, ont été d^abord étudiées, classées , etc., etc. Plus tard, on fouilla plus avant, et les alcalis végétaux furent connus; on examina aussi la plupart des réactions mutuelles des cori)s organiques; mais en ^ néral on négligea l'étude des actions que pouvaient produire les éléments ou composés minéraux sur les matières organiques. Quelques travaux furent faits dans celte direction, el ils furent heureux ; on leur doit la transformation des fécules en sucres, les bougies stéanques, etc., etc. Disons même qoc les nombreux travaux faits dans ces derniers temps enrichissent la science, mais n'offrent jusqu'ici aucune application industrielle.

Cette lacune que nous venons de signaler dans la chimie organique, ne pouvait échapper à l'attention de cette jeih nesse active qui recherche si ardemment l'instruction. Des essais plus ou moins remarquables ont été faits; des prodoits nouveaux nombreux ont été découverts, et, soyons vrais, une sorte d'anarchie, anarchie tr('s-j)acifl(|ue sans doute, envahit la science. Des esprits droits, méthodiques, mus par le désir très-louable de porter l'ordre dans ce chaos, ont créé des explications plus ou moins ingénieuses; de là celte grande variété de théories en circulation dans le monde

i\ pothétiques de M. Liébig.

(lilTcrence existe-t-elle plus dans les mots que dans les choses, car ces deux théories ont certes plusieurs points de similitude.

Théorie (1rs typp.a , substitutions. — Nous avons déjà vu que l'on peut, dans certains composés, substituer le chlore à l'hydrogène, équivalent pour équivalent, et quelquefois à équivalents inégaux. M. Dumas admet que ces substitutions peuvent avoir lieu pour le carbone, pour l'azote, et en général pour tous les éléments. Ces données lui permettent de poser les principes suivants :

1" lin composé peut perdre un de ses éléments et en prendre un antre à la place du premier, équivalent à équivalent ou à équivalents \ï\ègaxx>5.-,

DES THÉORIES OEGINIQUES. 319

Quand un composé est modifié, à équivalents éganx, (ut admettre que sa molécule est restée intacte, formant oupe, uq système dans lequel un élément a pris la place iutre purement et simplement; Parmi les corps produits par les substitutions, il en est and nombre qui conservent d'une manière évidente le î caractère chimique, qui jouent le rôle d'acide ou celui kse au même degré qu avant la modification qu ils ont vée ; ce.sont les corps considérés comme appartenant au ) type chimique, comme faisant partie du même genre, parler le langage du naturaliste ; Toutes les fois qu'un corps est modiûé sans sortir de rpe moléculaire , il est modifié selon la loi des substitu- Toutes les fois qu'un corps modifié passe à un autre noiéculaire, la loi des substitutions n'est plus observée: ;u bleu est un corps d'un autre type que l'indigo blanc, rchlorure de carbone n'appartient pas au type du gaz Qty 1 aldéhyde est sorti du type de l'alcool, l'acide [ue hydraté n'appartient pas au type de l'aldéhyde. f a donc type lorsque la molécule conserve son état lalaii'e; ainsi l'alcool, Tacide acétique, l'acide chloroue, sont du niême type; chacun de ces types peut être ;é en genres. Les composés du même genre, dans un seront ceux qui jouent le même rôle chimique, isieurs types ont été établis par M. Dumas : citons-en iies-uns.

« oléfiaDt H^ C^ appartient le protochlorure

de carbone Ch* C

• alcool B^O^C%H^ appartiennent : 1° Vackle

acétique H«0* CSO^

2° Tacide chloro-acétique H=»Ch« C* 0*

e aldéhyde H' C« 0^ appartient le ciiloral H* Cii*' C« O^

ite théorie a été, et cela devait être, vivement critiquée. ne pouvons ici examiner les pièces du débat : rappe-

seulement quelques-unes des objections qui ont été

La substance enlevée n'est pas toujours remplacée; , en prenant les exemples cités précédemment, l'alcool, a'il est transformé en chloral , perd U4 sans remplace-

Quelle autûrité puissante établira et cooidiQ^w*^!^ \i&

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types? Le nombre de ces types étant Oxé, de nouveaux produits provoqueront une extension dans ce nombre. Quelle est alors la différence qui existe entre les types et les radicaux hypothétiques de M. Liébig?

3" L'expérience prouve bien que le chlore peut être scmvent substitué à Thydrogènc équivalent pour équivalent; mais, jusqu'ici, les essais tentés sur le carbone, surTazote, etc., ont été inrructueux. Ces substitutions sont donc dm conjectures, sont du domaine de l'imagination. Or^ danslei sciences d'observation , lorsque l'expérience n'est pins là, on s'avance sans boussole , sans guide, et l'on vient se briser contre les écueils d'une mer inconnue.

Théorie des radicaux. — La chimie organique présente da séries de composés qui ont des éléments communs ; si, paria pensée (l'isolement effectif n'est pas nécessaire), on sépara ces éléments ; M. Liébig admet que cette partie commima constitue un corp radical qui joue le r61e d'élément dans h série : par suite, il définit la chimie organique la chimie du radicaux composés. Prenons pour exemple la série

Alcool H^O'C i

ï:thor.. H»»0»C?

Kthor chlorhydrique H'^Ch'C

Mercaptau H'^CS*

Si nous séparons les éléments communs H" C*, nous créoflj un radical hypothétique, éthyl, et les composés de la sérij juécédenle quittent leurs anciens noms pour prendre lfl| noms suivants :

Hydrate d'oxyde d'cthyl H'*CSO' +H»0'

Oxyde d'étliyl H'^CSO»

Chlorure d'éthyl H'*C%Ch*

Suiniydrale sulfuré d'éthyl H'*C%S'+H*S' .

Nous devons dire que cette notation, nous ne pouvons, donner un autre nom, facilite singulièrement l'étude composés organiques, permet de nommer des composés ( les noms, pris dans l'ancienne nomenclature, auraient longueur ridicule. Le nombre des radicaux créés par H. big est considérable. Sans doute il est permis, il est souvent nécessaire d'étabUr des causes hypothétiques ;J sont les causes^calorifique et électrique. Mais créer ainsii {raJrement^ et pour les besoins de la cause^ un grand

lire de composés imaginaires^ ce n'est pas fonder une théorie, c'est venir en aide à la mémoire , c'est rendre plus facile le flOHvenir des faits consignés dans une science, c'est enOa mettre l'ordre où l'ordre n'existait pas; et, tu ainsi, certes le travail de BT. Liébig est important. Loin de nous la venséede nier la haute portée intellectuelle de M. liébig : cet cminent philoso[die a jeté une vive lumière sur divers points abscors de la chimie, organique ; mais la recherche actuelle tfime théorie dans cette chimie, nous parait prématurée : les deux théories précédentes nous seront utiles, et nous les adopterons indiiïéremment sans prendre parti pour l'une ou pour l'autre.

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