HonoMf riÉiiMiiriiiEi
talliiiéi^ le spath dislande par exemple, subit une modification pins complexe, tlle est partagée en deux parts : Tune ob^'îit aux lois ordinaires de la réfraction, Tautre est rérractée dans nn plan parallèle à la diagonale qui joint les deux axes obtus du cristal. On dit que ces substances réfractent doablcmcnt , et les corps vus par leur intermédiaire offrent une double image. Enfin, dans certaines circonstances la bh mi^re peut élre polarisée; et cette épithète prend sa cadse dans certaines propriétés acquises alors par la lumière, pwwriétés qui donnent au rayon une sorte de similitude avec un Wrcau aimanté dont on connaît la subdivision en deux parts (listinrt<»s. Cet état particulier de la lumière est utile dans les recherches sur Tarrangement des particules des corps et sur la vision -, et tel corps dont l'homogénéité est parfait pour nos sens, est doué d'une sensibilité exquise lorsqu'on le soumet à l'action de la lumière polarisée. C'est ainsi que le docteur Brewster a constaté des variations singulières de structure et de densité dans certains minéraux, dans les téguments des yeux des animaux, variations inappréciables jusqu'alors, et que la lumière polarisée accuse d'une manière aussi lucide qu'exacte.
Figure, i.
Décomposition de la lumière. — Si un rayon solaire, entrant par une petite ouverture dans une chambre noire, traverse un prisme a 6c, il est réfracté, l" à son entrée , 2^ à sa sortie; il n'offre plus alors un cylindre blanc, mais il s'épanouit en un cône oblong dont la base, reçue sur un carton blanc, forme une image oblongiie ^colorée dans laquelle Newton a distingué sept couleurs principales, violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge.
Le rayon solaire a donc été décomposé en rayons inégalement réfrangibles; les bandes colorées du spectre diffèrent en largeur, rentrent partiellement les unes dans les autres :
DES AGENTS IMPONDÉBABLES. 11
cette admission de sept couleurs distinctes est d' ailleurs faeultati?e, et tout porte à croire que les trois couleurs primaires, bleu, jaune, rouge, anciennement connues, sont seules différentes, Torangé étant un mélange de jaune et de roage , comme le tert est formé avec le jaune et le bleu , tandis que le violet et l'indigo seraient des bleus plus ou moins modiûés par l'action du jaune et du rouge. Cette opinioii , émise par M. Brewster, a trouvé un appui dans les travaux de M. Chevreui sur la chimie des couleurs. (Foy 05 Matières . colorantes.) Un prisme a de placé dans due position ren- Tersée en contact avec le premier, détruit la dispersion ) ainsi le blanc est produit par la réunion des sept couleurs prismatiques. Le spectre solaire offre un mélange de chaleur et de Inmiète ; mais un examen attentif montre que les rayons caloriOqhes sont inégalement distribués dans ce spectre ; le maximum de ces rayons réside vers le rouge ou vers les rayons lumineux moins réfrangibles^ et même très-sensiblement au delà , en dehors de la partie visible du spectre, taur dis que le minimum de chaleur a lieu vers la partie opposée. Ainsi les rayons caloriOques ont une réfrangibilité intérieure à la plus faible réfrangibilité des rayons lumineux ; on peut même isoler ces rayons de chaleur, comme nous le verrons dans l'étude du calorique.
liCs corps , actionnés par la lumière , éprouvent des changements plus ou moins sensibles. La cause de ces changements, étrangère aux rayons calorifiques ou lumineux, parait résider dans ce qu'on appelle rayons chimiques : disons môme qu'il existe là une influence mystérieuse dont le daguerréotype uonne un nouvel exemple sans en donner la clef. Toutefois , si l'explication des causes laisse à désirer, les effets sont bien connus, bien déterminés; les plantes végètent péniblement dans l'obscurité : leur couleur est alors toujours blanche, et elles ont peu de saveur ; si on les expose à la lumière, leur couleur devient verte et leur saveur beaucoup plus forte. Les animaux mêmes ont besoin de la présence des rayons solaires, et leur couleur parait dépendre de l'influeiice chimique de ces rayons : en comparant entre eux les animaux vivant sous les pôles et sous les tropiques, ainsi que les parties de leurs corps exposées à la lumière , et jcelles qui ne le sont pas, on reconnaît la justesse de cette opinion. Ma\s VqlVxvmière agit d'àne manière fins rapide sur cetlmes «^ctoïk-
tances des trois règnes : elle détruit assez facilement plusieurs couleurs végétales et animales. La couleur des oxydes rouges de mercure et de plomb devient plus légère lorsque ces oxydes sont exposés au soleil ; dans la même circonstance, les sels blancs d'argent noircissent très-promptement, et Targent peut même être ramené à Fétat métallique. L'oxyde d'or peut être réduit de la même manière. On supposait que ces réductions d'oxydes étaient dues à l'action caloriûque des rayons solaires ; mais plusieurs chimistes se sont assurés que le chlorure d'argent est plus rapidement noirci lorsqu'il est placé en dehors du rayon violet, et entièrement au delà de la limite du spectre prismatique. Ces expériences délicates ont été répétées et en partie vérifiées. 11 est aujourd'hui démontré que la propriété chimique est la plus intense à l'extrémité violette du spectre, et s'étend même au delà de cette extrémité. Du chlorure d'argent humide, exposé dans le spectre, n'éprouve aucune altération s'il est tenu dans la sphère du rayon rouge ; s'il est tenu en deçà , il noircit légèrement, et cet effet croit à mesure qu'il passe par les rayons orange , jaune, vert, bleu , indigo : il atteint sonmaxhnum au violet. Du gaïac, exposé aux rayons violets, passe promptement du jaune au vert ; un mélange gazeux d'hydrogène et décolore abandonné à l'influence de ces rayons fait en général explosion. On a cru remarquer aussi que les deux extrémités du spectre solaire déterminaient des effets chimiques opposés, c'est-à-dire que le côté violet opérait ou favorisait la réduction, tandis que le rouge exaltait l'oxydation. La lumière produite parles gaz de charbon, par celui de l'huile, ne change pas la couleur du chlorure d'argent ; elle ne produit aucune action sur un mélange d'hydrogène et de chlore.
Telles sont les principales propriétés de la lumière, autant qu'il nous a été possible de les examiner dans un cadre aussi rétréci : elles suuisent pour nous la faire considérer comme un corps; mais ce qui la distingue particulièrement, ce sont les trois propriétés particulières qui manquent aux corps matériels. La première de ces propriétés est le pouvoir qu'elle a d'exciter en nous la sensation de la vision ; la seconde est la vitesse prodigieuse avec laquelle elle se meut toutes les fois qu'elle se sépare d'un corps avec lequel elle était combinée y la troisième est Vimçossibilité où nous
sommes de trouver ces molécules dans un état de cohésion capable de produire des masses d'une dimension perceptible. Il ne nous resterait plus qu'à parler des différentes sources de la lumière sous formes Tisibles : i" le soleil et les étoiles ; 2" la combustion ; 3° la chaleur ; 4" la percussion ; 5** le frottement; 6® l'expansion; 7^ la pression subite d'un gaz; ces différentes sources sont tellement liées à celles qui produisent le calorique^ qu'il suffira de les examiner dans l'étude de ce dernier agents
§ 2. Du Calorique.
La chaleur est cette sensation que nous éprouvons en pré- . sence d'un corps plus échauffé que nous-mêmes ; le calorique est la cause de cette sensation. Deux opinions ont été émises sur la nature de cette cause: dans la première, le calorique, doué des principales propriétés du fluide élastique, possède notamment le pouvoir répulsif, et communique ce pouvoir aux corps avec lesquels il se combine; cette union, qui a lieu en i)roportions très-diverses, produit les trois états, solide, liquide et gazeux , que présentent les corps. Dans la deuxième opinion, la chaleur est le résultat d'un mouvement vibratoire communiqué aux corps par l'intermédiaire d'un éther impondérable; il n'y a plus ici combinaison, les particules matérielles sont dans un état permanent d'oscillalion ; éloignées de leur état d'équilibre , elles tendent à reprendre cet état par des oscillations rapides microscopiques^ et si d'autres corps sont placés sur le passage, l'éther de ces corps reçoit, puis communique un niouvement qui devient sensible alors qu'il acquiert une certaine énergie.
Cette dernière opinion a pouï elle de puissantes autorités ; des faits nombreux portent à admettre l'existence d'un éther, ici donnant la chaleur, là semant la lumière, plus loin glissant sur les fils métalliques. Nous laisserons de côté ces questions délicates ; le calorique est pour nous un agent , immatériel il est vrai, mais sensible, et pour ainsi dire palpable; tout corps échauffé rayonne ou envoie du calorique dans toutes les directions. SI cette émission a lieu de la part d'un corps plongé dans l'air ou dans un fluide quelcouc\vv<i (Ji ime plus bassa température, le corps se retroiàvl cw. efeôîaxvx
iA v&tiûnfi MiÉLiMlifAittes.
delà chaleur atl milieu dans lequel il est plongé, jtisqii' c^u'il atteigne exactement la température de ce milieu; i SI un deuxième corps plus froia reçoit sur sa surface q qiies-utis des rayons émis, il les absorbe en partie, ( quantité de calorique qu'il émet étant moins grande celle qu'il absorbe, il s'échauffe, et cet effet continue qu'à ce qu'il y ait équilibre de température entre les ( corps.
Dilatation. — Thermomètre. — Un cofps auquel on plique de la chaleur se dilate dans toutes ses dimensi< et conséquemment se contracte lorsqu'il est refroidi, changements, différents pour tous les corps , sont en gén( 1® faibles dans les solides ; 2^ plus marqués dans lej quides; 3^ enGn, bien plus sensibles dans les fluides ( tiques. La table suivante donne les augmentations prodi de o" à 100^ dans la longueur d'une Barre pour les soli dans le volume pour les liquides.
Plomb 1 partie sur 351
Argent 1 id, 524
CuiTre 1 id. 581
Brouze 1 id. 584
Or 1 partie sur 6^
Fil de fer 1 id. 81
Platine 1 id. 11(
Verre 1 id. 12^
Alcool ^ c'est-à-dire 9 parties deviennent 10
Huiles fixes -f^ id. 12 id. 13
Eau ^ ^ id. 22 id. 23
Mercàt'e ^ id. 55 id. 56
Ces ccrtitt'actions et ces dilatations donnent un moyen simple de mesurer les températures ordinaires relatives mercure est à là vérité six fois moins expansible que l'ah mais sa dilatation est plus régulière, et il est employé toutes les observations précises. L'instrument est en géi un tube de verre creux, terminé à l'une de ses extrér par une boule soufflée, et simplement fermé à l'autre, remplit de mercure cette boule et une partie du tube, oî bouillir le mercure de manière à chasser l'air, puis on s Textrémilé ouverte à la lampe. On plonge successivei l'instrument dans la glace fondante et dans l'eau bouilla on note le point où s'arrête le mercure dans ces deux mersions, et on divise l'intervalle en cent parties app
DES kêtmfê ntfOlfBÊBiBLÊS. iS
degrés. ÏjSl graduation se prolonge au-desstis de 100^ et audessous de 0**. La construction du thermomètre suppose donc, 1® que le tube est parfaitement calibré, c'est-àdire d'nn diamètre intérieur égal dans toute son élendue; 2" que les dilatations du liquide sont uniformes ou égales pour des accroissements égaux de température; ce qui A lieti sensiblement pour le mercure entre le 200* degré au-dessus de Veau bouillante, et le 86^ degré au-dessous de la glace fondante.
Quelquefois cependant Fesprit-de-vin remplace le mercure, les thermomètres à alcool ne peuvent mesurer les degrés au-dessus de 80** centigrades, point d'ébullition de l'alcool ; mais ils sont Indispensables pour mesurer les bases températures, puisque Tesprit-de-vin ne se congèle pas par un froid de 68° environ. Outre le thermomètre centigrade, c'est-àdire celui 0(1 l'intervalle de la glace fondante à l'eau bouillante est divisé en too parties, il en existe trois antres :
1" Celui de Réaumur ou de Deluc , dans lequel le même intervalle est divisé en 80 parties ou degrés : 4 de ces degrés équivalent donc à 5 du thermomètre centigrade.
2° Celui de Fahrenheit, généralement enïployé en Angleterre; il a pour points fixes l'eau bouillante et le froid produit par un mélange de sel marin et de glace pilée. L'intervalle entre les deux points est divisé en 21 2^ i son 32** correspond au o" du thermomètre centigrade et de Réaumur. Il est donc divisé de ce point à la température de Peau bouillante en 180® : 9 de ces degrés correspondent ainsi à 5** du thermomètre centigrade.
3° Celui de Delisle, seulement usité en Russie; la gradualion marche de o", marqué au point donné par l'eau bouillante, à 150", qui indique la glace fondante : ainsi 7 1/2 de ces degrés correspondent à 5" du thermomètre centigrade.
Les thermomètres ordinaires ne peuvent mesurer, soit les chaleurs au-dessus de l'ébullition au incrcure (350"), soit les variations minimes dans les températures. Les déterminalions dans le premier cas sont pénibles, et la science n'oiïre ^core aucun moyen exact ; les instruments employés sont ^lis sur la dilatation des solides , el portent le nom de pyromètres. Le pyromètre de Wedgwood, plus ou moins "podiflé, est le jjlus usité : nous ne donnerons pas sa descrip- ^00. Nous devrions parler ici du bel appareil ae MM. Melloni
16 NOTIONS PRÉLIVINilBES.
et Nobili, du ttiermo-multiplicateur, appareil magnétao-électrique^ si utile dans les appréciations délicates; mais cette étude sera mieux placée dans l'exameD des actions magnétiques, i La science doit au thermomètre toutes les notions [ffé- Ji ciscs qu'elle possède sur les températures. Le froid reçoit, da jj langage ordinaire, une existence qui n'appartient qu'à la ; chaleur. Qu'est-ce que le froid ? C'est l'absence de la cnal^r, comme Tobscurité est Tabsence de la lumière^ avec cette dilTérence toutefois que l'absence de la chaleur n'est jai&ais complète. L'eau devenue glace, si froide pour nos organes, n'a pas perdu toute sa chaleur, car on peut : 1® faire teceaare le thermomètre au-dessous du point de congélation de l'eau; 2" amener ce thermomètre à un état tel qne la glace, lui donnant de la chaleur, provoquera l'ascension du mercure. L'esprit-de-vin n'a pu être complètement solidifié j en l'exposant à la température la plus basse connue; donc | cet esprit-de-vin, même alors, possède de la chaleur, et : certes un abaissement plus énergique l'amènerait à l'état solide. La table suivante donne quelques points remarquables dans les températures :
Le |)lii8 gran(^ froid artificiel connu ... — Fusion 06 l'acide carbonique solide. . . —
Température des espaces' planétaires
(Fourier) — 50
Froid naturel observé par Ross — 51"
irf. id. Parry — 48"
Congélation de Téther sulfurique — 44"
— du mercure — 40°
Fusion de le glace
Température moyenne à la surface du
globe.
Chaleur, du sang humain
Ëbullition de Tesprit-de-vin pur.
Ëbullition de l'eau
Chaleur rouge lumineuse
Fusion de l'argent 4- 1000"
deTor +1200"
des fontes de fer 1250 à 1350"
deraciei- 1300 à 1400" ^. p^,„ ^,,„,, ,^^.
duferpur 1500àl600"l ^J^sÎ'^^iuT/
En général, il est difficile de préciser le point exact de fusion des solides, au milieu du nombre infini de nuances d'amolli$5ements que ces corps éprouvent avant d'arriver à
lenr plas grand état de fluidité. La détermination da point d'ébullition des liquides est^plus délicate encore ; ce point dépend principalement de Tair atmosphérique qui pèse sur la masse liquide. Cette pression , indiquée par le baromètre, est en général équivalente à celle de l'^^oss par centimètre carré, ou équivalente à une colonne mercurielle de 0"*,76 : ainsi le point d'ébullition d'un liquide s'élève avec la hauteur barométrique. On convient de mire bouillir, sous la pression o"*,76, l'eau, qui donne l'un des points fixes du thermomètre.
I^ liquéfaction et la vaporisation offrent une circonstance extrêmement remarquable : une quantité considérable de calorique disparaît pendant le passage, c'est-à-dire pénètre et n'échauffe pas le corps, devient latente; ainsi celte chaleur n'est pas détruite et reparaît , avec toutes ses facultés , lorsque le corps revient à son état primitif. Si on met l*" d'eau à 77® et l*"- de neige à o^, la fusion de ia neige est complète, et on obtient s""- d'eau à o*^; l'eau chaude a donc perdu 77*^ de chaleur, et cette chaleur a liquéfié la neige sans élever la température du mélange au delà de 0" , point primitif de la neige employée.
La vaporisation présente le môme fait dans de plus larges proportions. Toutes choses égales d'ailleurs , si ime masse de glace, exposée à la chaleur , demande une heure pour develiir un liquide à loo*^, elle demande cinq heures de plus pour être transformée en vapeurs, et cependant le liquide et la vapeur indiquent invariablement tous deux loo^, quelîne violente que soit l'ébuUition. Cette faculté aue possède la sapeur de charrier une grande quantité de chaleur, est mise ^profit dans les brasseries, dans les féculeries, etc. Un générateur, c est-à-dire, une chaudière contenant de l'eau est placée sur un foyer ; cette eau transformée en vapeur est ^Cûée, par des conduits , au centre des masses liquides que Ion doit échauffer ; cette vapeur est alors condensée et cède toute la chaleur qu'elle recelait entre ses particules , de telle ^rteque l''- de vapeur condensé dans s'^^so de liquide donne oû mélange de 6''-,50 à 100°. On peut d'ailleurs ne pas opérer Je mélange du nouveau liquide avec l'ancien , en donflant au conduit à vapeur la forme spiralique et recevant au ^f o^s l'eau condensée.
^ quantité de calorique absorbée "vane «:^^^\^^^^n«^
1S ROTIOnS PBÉLIIftNAlAES.
du corps dont on opère la transrdtmatioii physiqdë. Dans l table suivante : i^ les sept premiers nombres indiquent 1 température à laquelle s'élèverait le corps s'il recevait > Tétat sensible, le calorique absorbé; 2^ les buit derniel nombres donnent la température à laquelle s'élève la mêtn masse d'eau chauffée par des poids égaux de vapeurs condei
9vU9«
Gldee
pendant sa fusion
absorbe
Soufre
id.
id.
Plomb
id.
id.
Cire
id.
id.
Zinc
id.
id.
Étain
Uf,.
id.
Bismuth
id.
id.
Eau pendant la liquéfaction de sa vapeur
élève Teau
Alcool
id
id.
Ëther
id.
id.
Pétrole
Essence de térébenthine
id.
id.
Acide azotique
id.
id.
Ammoniaque liquide
id.
id.
Vinaigre ordinaire
id.
id.
La dilatation est le principal , mais n'est pas le seul phén
mène produit par la cnaleur : une simple observation mo
tre que si un corps rayonne en présence d'un autre corps,
y a quatre phénomènes distincts : 1*^ émission de chaleur (
pouvoir rayonnant du corps chaud ; 2*^ absorption de ch
Içur ou pouvoir absorbant du corps froid ; 3^ transmissi<
du calorique à travers les molécules du corps froid ou co
ductibilité; 4® partie du calorique lancé du corps chaud
réfléchie sur la surface du corps froid, pouvoir réflechissai
A la physique appartient Fétude des nombreuses modifU
tious que la nature du corps ou de la surface apporte da
ces divers pouvoirs ; mais nous devons consigner ici , brièi
ment au moins, les belles recherches de M. Meltoni. Ces i
cherches ont de l'avenir , paraissent devoir conduire à (
notions plus ou moins exactes sur les arrangements moléc
laires des corps* Ajoutons que la science doit à M. Mell(
des faits nouveaux bien acquis; l'exquise sensibilité du tb
mo-multiplicateur a placé son auteur sur un terrain neuf;
actions calorifiques et lumineuses , ^wscpi «Aots \to^ souv<
réunies j ont été séparées d'Bue msni^te «n&ii uexv.^ o^v
DES AGENTS tUPONDÉRÀBLES. 19
tendue. Donnons un résumé des faits constatés par M. Malloni.
1® La chaleur passe plus facilement à travers les corps diaphanes , et la proportion qui passe croît avec la température de la source.
2® La chaleur, qui a déjà passé à travers un milieu, passe à travers un deuxième milieu en proportion plus forte que lorsqu'elle émane directement de la source; toutefois, cette règle a des exceptions.
8® La perte éprouvée par le faisceau calorifique croit avec l'épaisseur du milieu, mais non proportionnellement; la chaleur déjà tamisée passera en proportion plus forte à travers la deuxième couche.
4® Dans les solides, ce n'est pas la transparence pour la lumière qui peut donner la mesure de la chaleur qui passera à travers le corps : tel corps diaphane laissera passer très peu de chaleur, tandis que tel corps opaque sera perïBéable à cet agent : ainsi la variété de cristal de roche connue sous le nom de quartz enfumé , à peine perméable à la Inmière , laisse passer vingt fois plus de chaleur que le cristal transparent ; une plaque d'alun bien transparent de 2°'°*^^ d'épaisseur , laisse passer bien moins de chaleur qu'une pla- ^e de quartz enfumé d'une épaisseur vingt fois plus considérable , tandis aue cette même plaque d'alun laisse passer vingt fois plus de lumière que ce même quartz.
De loutes les matières examinées par M. Melloni, la plus réniarquable est le sel gemme transparent (il est assez rare) WUéen plaques. Si on compare ce sel à l'alun , on trouve î«e Talun transparent arrête les ^^ de la chaleur d'une source assez forte, et même la totalité d'une chaleur faible, tandis que la plaque de sel gemme laisse , quelle que soit son épaisseur , toujours passer les ■f^^ de cette même chaleur ; Jinsi le sel gemme est éminemment transparent pour la chaleur rayonnante , il est éminemment diathertnane-, il est le seul corps doué de cette propriété ; il y a des degrés pour les julres corps transparents , et l'alun occupe le dernier degré dans cette nourelle échelle de température , c'est-à-dire Ysllun est a^Aermawe. Les métaux sont tous opaques pour la chaleur rayonnante ; certains verres colorés , à peine perïûéables à la lumière, sont diathermanes :tel est le verre ''^rt par un mélange d'Dxyde de cuivte et d*0Ti^4ft 4fc ^^^^r
20 HOTIONS PRÉLIMINAIEES.
ganèse ; ce verre refuse passage à la lumière solaire, et laisse passer une proportion considérable de chaleur incidente.
5" L'angle de réfraction des rayons calorifiques est égal, et peut-être un peu inférieur à celui des rayons lumineux : enfin , par un système de milieux , habilement choisi , on peut partager le spectre solaire en deux spectres différents, l" spectre lumineux; 2° spectre calorifique : ces deux spectres sont sensiblement superposés , sont même probablement accompagnés d'un troisième , qui n'est ni lumineux ni calorifique, qui s'étend au delà du violet, et auquel on pourrait donner le nom de spectre chimique, car il parait favoriser singulièrement les décompositions.
Du calorique spécifique, — On désigne sous ce nom les quantités relatives de chaleur que les corps exigent pour s'élever d'un même nombre de degrés dans l'échelle thermométrique. La détermination du calorique spécifique est une opération extrêmement délicate, et qui exige une grande habileté pratique ; on peut l'obtenir par trois procédés différents : 1° méthode des mélanges ; 2^ méthode par le refroidissement ; 3^ méthode par la fusion de la glace. Chacun de ces procédés a ses avantages , ses inconvénients, et nous renvoyons, pour toute cette partie, aux traités spéciaux de physique. Si l'on compare les nombres obtenus (à poids égaux de matières), on n'aperçoit, à priori, aucune loi, aucune liaison entre cet agent et l'élément pondérateur du corps, et cependant, ici comme ailleurs , une j^ensée nous saisit, rien n'est donné au hasard, la relation existe; or, les essais sont faits à poids égaux de matières, et tel ne doit pas être le mode d'examen , si la particule est inerte, mais inaltérable ; chaque particule prise isolément , c'est-à-dire chaque atome demandera , dans tous les corps, la même quantité de chaleur. Le calcul , ce critérium de toute hypothèse, semble confirmer cette opinion , au moins pour un certain nombre de corps élémentaires. Ainsi, le calorique spécifique d'un poids 1 d'eau étant |l , celui du poids 1 d'argent est 0,05701 : or, il est difficile de savoir (|uel est le nomBre d'atomes contenus dans l d'argent ; mais nous verrons ( théorie atomique ) que, si un atome d'oxygène pèse 100, l'atome d'argent pèse 1351,61 : on aura donc le calorique nécessaire pour un atome d'argent, en multipliant le nombre o,0570l -^ nombre I35i,6i; le résultat est 77,05. Le tableau soi?
]>E$ iGBNTS mPONDÉSiBLES. 21
Tant donne les résultats obtenus pour quelques corps élémentaires.
NoBS Calorique cpéeiâqoe Poids d'un atome , Calor. spéc.
inâéments. à poids égaux l'atome d'oxygène caioo. .de
selon RegnauU. chaque atome.
AotimoiDe 0,05077 1612,90 81,88
Argent. 0,05701 1361,61 77,05
Bismuth 0,03084 886,92 38,26
Cadmium 0,05669 696,97 39,51
Cobalt 0,1078 369,00 39,77
Coivrc 0,09515 395,7 37,65
Étain 0,05705 735,29 41,94
Ffer 0,113795 339,21 38,60
Iode 0,05412 789,7 42,73
Mercare 0,03332 1265,32 42,17
Hickel 0,10863 369,68 40,15
Or 0,03244 1250,00 40,55
PaHadium 0,05928 665,9 39,47
WwBphorc... 0,1895 196,14 37,/6
Watine , . . 0,03243 1233,5 40,00
Plomb 0,0314 1294,5 40,64
Soufre 0,20259 201,17 40,75
fine 0,09555 403,24 38,52
Les nombres consignés dans la dernière colonne ont une ((Aiddence remarquable, qui sera appréciée surtout par ceux ^ connaissent la difficulté que présentent les déterminations spécifiques sur le calorique. On remarquera qu'il suffirait seulement de dédoubler les poids atomiques de l'argent etde l'antimoine, pour coordonner les résultats donnés par ces métaux avec les autres calculs.
Sources du calorique. — Nous avons donné un aperçu te propriétés et des effets du calorique ; examinons Tes iDoyeos par lesquels cet agent peut être dégage et rendu sensible. Ces moyens peuvent se réduire à six. Le calorique inifflie du soleil par rayonnement ; il est dégagé dans la combustion et par des mélanges ou combinaisons chimiques; enfin, il est rendu sensible par la percussion ou par la compresâon,par le frottement ou par 1 électricité. Les sources de la chalenr sont donc les mêmes que celles de la lumière : on sait en effet que le calorique dégagé en grande quantité est toujours accompagné de lumière.
Les rayons solaires produisent peu d'effet sur les corps diaphanes, tandis qu'ils échauffent sensiblement les corps opaines, et l'élévation de température dans ces derniers est d'autant plus grande que leur couleur est plus foue^e. Ce-
!i4 NOTIONS PRÉLIMINAIRES.
et ensaite repoussés. On ignore jusqu'ici la cause de ces phé nomènes : on admet la matérialité du fluide électrique. Toof les corps contieunent leur dose de fluide naturel ; en cel état, s'ils sont en présence et dans les mêmes circonstances, ils sont indifférents; mais ils peuvent être excita (électrisés) de deux manières , soit en augmentant , soit en diminuant cette dose de fluide naturel : dans le premier cas , ils sont électrisés positivement ou en plus , et ils se repoussent ; la même action répulsive existe entre les corps électrisés négativement ou en moins, mais il y a attraction entre les corp électrisés de noms différents; de là cette locution inexacte, mais qui rend le discours plus rapide : Le fluide électrique naturel est la réunion de deux fluides, Tun positif et l'autre négatif; il y a répulsion entre les particules de même nom, et attraction entre les particules de noms différents. Dans Texpérience précédente , le verre et la soie renferment leur dose de fluide naturel; si on les frotte , une partie du fluide-négatif du verre passe dans la soie, qui manifeste alors Faction négative , tandis qu'une partie correspondante du fluide positif de la soie passe dans le verre, qui manifeste alors l'action f positive. Si actuellement le verre est présenté à un corps à 'état naturel , le fluide naturel de ce dernier corps sera décomposé par influence ; son fluide négatif sera accumidé à la surface qui avoisine le verre , il y aura attraciim; mais , après le contact, le fluide négatif de cette surface sera bientôt plus que neutralj^é par une partie du fluide positif du verre , et les deux corps seront électrisés positivement, le verre par la partie qui lui reste, le corps par la partie positive qu'il aura prise surabondamment au verre : coii^ quemment, après le contact, il y aura répulsion.
Cette hypotnèse d'ailleurs n'est pas le dernier mot de ht science ; née d'hier, insuffisante , elle aura ses jours d'existence, et disparaîtra comme l'hypothèse de Dufay qu'elle a remplacée. Disons même plus : les réactions voltaïques, l6i courants électriques , les affinités par induction, les réactioni mutuelles que présentent rélcctricité et le magnétisme, enSa les similituaes qui existententre la lumière et la chaleur, etc., tout démontre qu'une seule cause inconnue, mais puissante, domine tous ces phénomènes, agite incessamment les dernières particules des corps , et place ces particules dans des états polarisés dont les citcoxvslatvecs mYstérieuses nous
Mit. Un jour, peut-être, on brisera ces barrières hypes dont rélévation fut nécessaire dans une première on unira ces faits si nombreux , si divers, et pourtant les ; car, dans leur diversité même, ils paraissent d'un agent unique maître de l'espace.
;orps conduisent plus ou moins facilement les fluides ues : les corps bons conducteurs sont les métaux , le 1 sans hydrogène , la plombagine el la plupart des ; ; les corps mauvais conducteurs sont le verre, les le soufre , etc.
ble ci-dessous présente la liste des différents conducn commençant par ceux qui ont la plus grande fanductrice :
Eau chaude.
Eau froide.
Liquides, excepté les huiles Verre chauffé au rouge.
Résine.
î.a glace.
Sels en général.
Fluides animaux.
nx.
Dissolutions salines.
et pierres.
T. a vapeur.
L*air chaud.
luides électriques ne pénètrent pas dans Fintérieur is, mais arrivent à la surface : ce fait est une conséïe la répulsion que les particules d'un même fluide t entre elles. De plus, si Vair est sec et chaud, et si est isolé , le fluide reste fixé à cette surface , puisque ant mauvais conducteur, ne peut lui Uvrer passage, •hères égales, l'une creiïse, l'autre pleine, excitées de î manière, présentent la même énergie électrique. Il le là que les corps mauvais conducteurs sont les seuls blés cfe devenir électriques par le frottement ; dans 'électricité développée en un point reste fixée à Ten- )tté , ne peut se disséminer sur la surface, et consé- ;nt devenir insensible.
)rincipaux phénomènes électriques sont ceux que int la machine électrique, l'électrophore , Télectrole condensateur, les pointes , la bouleWYe de ^jc^ie fde Volta : les description!; et les exç\\cal\ous Qies «^^
90 ROTIONS PRÉLIMINAIRES»
pruniers appartiennent à la physique ; mais la puissance de composition et do décomposition que possède la pile rauge cet appareil dans les moyens chimiques. Nous diviseroof cette étude en deux parties: l" théorie et actions physiques de la pile ; 2^ étude des courants électriques ; mais cette deuxième partie sera complétée dans Texamen du magnétisme et dans l'histoire générale des afûnités chimiques.
L'électricité dont nous avons parlé plus haut était seule connue, lorsqu'en 1789 Galvani fit des expéiiences sur U susceptibilité des organes musculaires ; il reconnut que si, après avoir mis à nu le nerl' crural et les muscles lombaires d une grenouille , on plaçait une plaque de zinc sur le nerf, une plaque de cuivre sur les muscles, et que si les plaques, ainsi disposées, étaient mises en contact, les muscles de la grenouille éprouvaient, à cet instant même, un mouvement convulsif. Ce simple fait a donné naissance au galvanisme, science si féconde, si vaste, si variée, enrichie par tant de travaux, et dont les lois nous échappent encore.
Galvani attribua les convulsions des organes de la grenouille à un fluide particulier, qu'il appela électricité vitale; fluide qui , dans son opinion , était logé dans le nerf et était transmis aux muscles par les métaux. Volta considéra ce phénomène comme un effet de Télectricité développée par le contact des deux métaux, et enûn il avança cette idée, alon si hardie: « Le simple contact de deux matières hétérogèoei donne de Télectricité, qui, bien que faible, peut produire d^ effets sur des organes d'une nature délicate. » Volta fit plo«| il prouva son assertion en accumulant ce fluide dans un coadensateur. Dans l'expérience de Galvani, le zinc et le cuivre| étant en contact, sont dans des états électriques opposés^ le premier à l'état (4- a), et le deuxième à l'état ( — a\\ cette circonstance a lieu pour tout assemblage de deux mi» tières ; mais les métaux ont une puissance électromotrieê supérieure à celle que développent la plupart des autres subi: tances.
Voila médita neuf ans sur ce sujet, et reconnut qu'on ppfr vait obtenir deux courants incessants d'électricité, au inoyfl| d'un appareil disposé en colonne verticale et invariabhs formé par la superposition régulière de ce qu'il appela dei élémeyiU, c'est-à-dire des assemblages des trois matière fiaivautes : l^ disque de cvxme -, ^"^ àÂssçsft âAi\SA ^ %^ rojl
le drap humide, etc. , etc. Réalisons, en effet, cetta >tion et suivons Volta , car ce grand homme sera en- Otre meilleur guide.
Figiire 9
.AOO
un disque c de cuivre (reposant lui-même sur une taî'est-à-dfire en communication avec le sol terrestre ) , is un disque z de zinc ; à Tinstant même, la force électrice développe : l** dans le disque de cuivre, une tenégative ( — a) ; 2" dans le disque de zinc, une tension e (-+■«); la première disparaît, est anéantie par le ;t avec le sol , maisla deuxième persiste Ajoutons alors ment, c'est-à-dire une rondelle humide et deux dis- 1" le contact simple ou non vollaïque, avec le zinc z, I les deux nouveaux disques, et par conséquent z k 4- a; 2" le contact voltaïque de z' et c' amène z' à -ho; donc enfin z' possède la tension (+2 a), et le me élément étant placé, le disque zinc de cet élément la tension (looa). Faisons le liiùme raisonnement sur lire pile , mais dont le premier disque inlerieur serait c : la tension de la partie inférieure serait zéro , et celle jue supérieur cuivre serait — looa. Enfin, réunissons iix piles, en séparant les tensions zéro par une rondelle le, nous aurons un seul appareil doni les paT\\e& el- ', appelées alors pd/es^ auront des électricités feftaVès ^«^
28 NOTIONS P&ÉLIMINAIBES.
noms contraires ; enfin, ces pôles sont armés de fils métalli ques (ordinairement en platmc) que Ton pent contournera volonté.
Si on rapproche les deux pôles , sans établir le contact mais de manière à produire, si la pile est assez forte, ud< étincelle , la pile est déchargée ; mais immédiatement lei 200 forces électromotrices réîagissent, réparent la perte j i y a donc alors actions intermittentes par sacx^ades. Si les deux fils sont en contact , il n'y a plus secousse , saccade; la recomposition a lieu sur tous les points du circuit, c'est-àdire dans la pile et Je long du conduit filiforme, qui porte alors le nom de fil conducteur ; la force électromotnce étant continue, permanente, détermine une sorte de circulation incessante. Telle est la belle conception de Volta, admirable jadis, admirable encore aujourd'hui. Yolta explique la décomposition du fluide naturel des corps en contact par une force créée au contact môme; depuis, on a expliqué cette décomposition par une action chimique. Ici tout est mystère : si on joint les deux fils, les tensions disparaissent, tout est à Fétat naturel ; et si les fils sont assez gi*os, c'est-à-dire si la route ouverte aux fluides est suffisante, il y aura peu de chaleur. Si les fils sont fins , ils peuvent être fondus, ?aporisés ; mais alors même ou peut s'assurer qu'il n'y a aucune tension dans les diverses parties de la pile ; l'électricité est alors dynamique, c'est-à-dire active, semblable à cette électricité qui s'échappe d'un corps électrisé que l'on décharge. ,
On appelle courant électrique cette espèce de circulation hypothétique au moyen de laquelle on suppose qu'a heu la recomposition des deux fluides ; mais ce mot cot^ranf a seulement pour objet de faire image, l'existence des deux fluides étant elle-même problématique; toutefois, ce mouvement admis , on convient de faire avancer le courant de la manière suivante : la cause a lieu : l^ dans la pile du pôle coi* vre au pôle zinc ; 2" dans les fils du pôle zinc au pôle cuivre.
L'arrangement des diverses parties d'une pile a singulièment varié depuis la découverte de Volta; le mode primitif k colonnes était extrêmement incommode , et il a été d'abord remplacé par l'appareil dit à auges fixes. Cet appareil j«é- 5^ntait une série de boîtes rectangulaires , à comp^rtimaiti /'^allers, formés par deux placées acM<^ ^ l'un^ de me,
DBS AGENTS IMPONOÉBABLES. 29
l'antre de cuivre ; on conçoit que, lorsque la boite avait reçu le liquide non électromoteur, les conditions exigées pour la création d'une pile étaient réanies ; on comprend également que cette pile horizontale, retenant, môme bien Tidée, une partie du liquide corrosif, les plaques devaient être rapidement hors de service. Plus tard, enfin, on disposa la pile à auges mobiles, remplacée bientôt elle-même Krla pile à auges cylindriques , dont nous parlerons dans xamen des affinités chimiques.
La puissance d'une pile augmente en général : l° avec le nombre et la surface des couples ; 2° avec le pouvoir électromoteur des deux métaux en contact ; 3" avec l'action diimique du liquide non électromoteur sur les métaux : ainsi, toutes choses égales d'ailleurs, la supériorité de puissance appartient aux piles dont le liquide est acide, et même la force du courant voltaïque est tellement liée à l'action diimique, qu'on .a dû faire cette question: La puissance électromotrice ne serait -£lle que l'action chimique ellemkael question à laquelle il n'a pas été répondu d'une manière satisfaisante. Rappelons seulement ici que les courants Toltaïques peuvent être hydro-électriques ou thermo-électnwes. Les premiers, qui nous occupent en ce moment, proanisent des phénomènes physiologiques, physiques et chimiques; les seconds, qui ne sont que des modifications des premiers , ont aussi leur énergie ; mais cette énergie est souvent d'une nature particulière ; ils sont alors comme les anneaux d'une chaîne qui unit l'électricité au magnétisme.
Les effets physiologiques de la pile sont analogues à ces effets bien connus, produits par une bouteille de Leydc ; mais celle-ci doit être rechargée après chaque commotion , tandis que, si l'on touche la pile à cinq ou six reprises succesâves , on éprouve autant de commotions ; enfin, si l'on place un pôle dans chaque main, on éprouve une douleur continue dont Ténergie croît avec celle de la pile.
Le courant électrique peut : l** développer une chaleur supérieure à celle qui émane de nos plus violents foyers ; 2' donner des étincelles ; 3° produire du bruit ; 4° volatilisa les corps. Si le courant passe dans un fil de fer, ce métal est fondu et tombe en gouttelettes. A travers une lame d'argent, le courant donne des étincelles vertes, bnW^wVe?» \\^ xinc, qui donne une lumière Weue, est vo\al\V\^ , XfeXàwi,
16 RMmiS PBÉLimHÀlAEflé
dobt la lumière est blanche, est lancé en gotittcSettés ; èi le qtiailz, le saphir, la magnésie, la chaut, étc; , pin dan^ ce foyer, entrent eu fusion. Des fragments de diaro^ des pointes de charbon, de plombagine, sounlis à cette leur, disparaissent à Finstant.
Indépendamment , 1° de ces effets calorifi(]ues si pxAèèi i^ des effets chimianes, on a reconnu, il jr a environ vi (fois ans, qtie tous les courants électriques agissent sur
fuille aimantée , impriment à cette aiguille des déyiali e^ ÈdouvementS, etc. , etc. , et même qu'ils peuredt rei Inagnétl^ties des corps qui n'ont pas cette propriété. ( {Mime de nos connaissances constitue rélectro-magnétis et cette éttlde doit être précédée de celle du magnétisme mèdne.
§ 4. Da Magnétisme.
On tfouye dans le sol une pierre (pierre d'aimant) attire le fer; cette {rierre possède cette propriété, natur ment, à sa sortie du sol. Il existe donc une puissance agit sur eet aimant et sur le fer ; mais ces attractions ne pas du domaine électrique, car la pierre d'aimant est sam lion sur le cuivre , l'argent , l'or, etc. Cette puissance es farce magnétique, elle agit à distance, elle agit à travers \ les côfps , l'air, l'eau, le carton , le verre, etc., etc. , m à travers le vide \ enfin , elle diminue à mesure que la tanœ augmente.
tous les points d'an aimant ont-ils la même puisse magnétique ? Le fer court-il vers tous les points de cet mant avec la même énergie ? Or , un aimant étant n dans la limaille de fer, on remarque que celle-ci s'attt surtout aux extrémités , et que le milieu n'en retient auc partie : dans tout aimant, il y a une ligne médiane neui ^ de chaque cdté l'action est croissante ; cette propriété géiléfàie * si oti brise un aimant selon sa ligne neutre, c aussi deux aimants ayant chacun leur ligne neutre leurs pôles; évidemment, ceux-ci ont des propriétés o[ sées, car il est peu probable qu'une ligne neutre sépare a àèntpoTÛbm qui seraient identiques.
Le globe têtresii^ 6st luk-ilvèm% \m« miMo»^ toMsie
DÉS AGENTS IMPONDÉRABLES. ti
èSiéûqae dont les pôles coïncident sensiblement avec les pôles orainaires : de là les expressions de pôles magnétiques; Ympôle boréal, VaxWve pôle auslraL Les substances qui peavent être aimantées possèdent un fluide naturel composé de deux fluides , Tun boréal ^ l'autre austral : Taimantation opère la séparation de ces deux fluides ; il y a répulsion entre les fluides de même nom , et attraction entre les toides de noms différents. Le fer doux peut facilement être limante f c'est-à-dire laisse opérer aisément la séparation de lès deux fluides; mais cette séparation n'est que momentanée ; et ce corps > n'ayant pas la force coercitive , la sépa- "ation cesse avec la cause qui Ta effectuée : l'acier recèle iette force coercitive ; la séparation des deux fluides est )lus difGcile , mais elle est persistante, et le corps devient un véritable aimant.
Une aiguille d'acier aimantée, librement suspendue par son milieu , prend , après quelques oscillations , une position invariable pour un même lieu, i^ Son inclinaison à l'horizon dépend de la latitude du lieu ; 2^ sa déclinaison , ^est-à-dire l'angle que sa direction fait avec le méridien astronomique , est sensiblement le même dans tous les temps ; )n observe les variations subies par ces angles , au moyen Tappareils séparés, et chacun de nous connaît l'aiguille de lédmalson sous le nom de boussole.
$ 5. De rËlectro-magnétisme.
L'électro-roa^Qétisme est l'examen des actions mutuelles Hectriques et magnétiques, ou plus sévèrement Tétude des réactions mutuelles des forces électriques et magnétiques. I^es ^r^ières observations sont déjà éloignées, et, comme la plupart des faits primitifs, étaient passées presque inaperçues. Dn avait Remarqué, 1^ que la foudre, qui tombe près du '«r ou de l'acier , peut donner à ces corps des propriétés magnétiques plus ou moins durables ; 2" que si la foudre tom« w sur un navire, les aiguilles de l'habitacle peuvent avoir eors pôles renversés , et quelquefois perdre toutes leurs profnètês magnétiques. Mais tout cela était obscur ; on avait 'aioement tourmenté l'aiguiJle aimantée par des dëe\i^'t%<^ ilectrjgii^5^ oa n'avait rien oJbtenu; à ÛËr&led de^iivX. 8i\^-
$2 NOTIORS PaÉLIMIRÂlEES.
paitenir la gloire de montrer que les plas feibles cooranb étaient ici sopérieurs aux plus énergiques batteries électriques* f>e bit capital observe par OErsted est le suivant.
Une aiguille de déclinaison étant en équilibre dans le méridien magnétique, si on place au-dessus et parallèlement au méridien magnétique, le fil conducteur d'une pile, ce fil étant sillonné du sud au nord par le courant électrique , on observe que Taiguille est déviée de sa direction , et que le pôle austral est porté vers Yoiiest; mais ce même pôle est dévié vers Yest si le fil conducteur est placé au-dessous de Taiguille; et dans chaque cas, la déviation serait inverse, s\ le courant dans le fil conducteur marchait du nord au sad. Ces faits peuvent être facilement répétés en présentant un conduit rectiligne voltaïque à une boussole ; on les classe dans la mémoire par une conception idéale assez ingénieuse: un observateur est placé dans le ûl conducteur , regarde Taiguille , et reçoit le courant par les pieds ; alors , dans tontes les positions possibles du fil conducteur relativement à Taiguille, la déviation éprouvée par celle-ci, est telle que son pAle austral est toujours porté à la gauche de Tobssrvateur.
Du galvanomètre ou multiplicateur. — La déviation de Taiguille est eu général proportionnelle au nombre des actions égales et de même sens du courant électrique ; d'nn autre cêté, les parties d'un courant électrique rentrant d'une forme quelconque , donnent des déviations dont l'ensemble conspire, c'est-à-dire porte l'aiguille toujours du même côté. Concevons alors un même fil conducteur enroulé un grand nombre de fois sur un cadre en bois (en isolant toutefois ces diverses portions du fil, condition à laquelle on satisfait complètement en revêtant le fil conducteur d'un cordonnet de soie) ; plaçons enfin dans ce cadre une aiguille ordinaire aimantée : les plus faibles courants électriques seront accusés par l'aiguille , car toutes les actions électriques conspirent, pour amener l'aiguille vers l'état perpendiculaire au plan du cadre. On donne plus de sensibilité à l'appareil en rendant l'aiguille asiatique^ c'est-àdire en anéantissant , en partie du moins , l'action magnétique du globe sur cette aiguille : à cet effet, on remplace cette aJguiWe par deux et mieux par quatre aiguilles placées paraUèlement , mais en sens couUrâe,
Figure 3.
Des courants iherm(hélectriques et du thermo-multiplicateur. — Les phénomènes thermo-électriques sont les effets de température inégale sur des mélaux en contact. Disposons deux barres métalliques , par exemple. Tune de bismuth, et l'autre d'antimoine ; ces deux barres soudées en c? et terminées par deux ûls métalliques. Si la chaleur est appliquée au point c, soudure des deux barres, à Tinstant môme on a un llément voltaïque dans lequel le bismuth est négatif, et peut conséquemment être comparé au cuivre dans le circuit voltaïque ordinaire ; si la chaleur appliquée en c est remplacée par le froide le courant électrique a lieu, maison sens contraire. Ici existe un fait analogue à celui que présentaient les circonvolutions sur le cadre dans le galvanomètre, circonvolutions qui augmentaient la puissance d'action sur l'aiguille aimantée : si on dispose plusieurs barres (bismuth et antimoine) soudées, droites, égales, leur ensemble constitue une ligne brisée en zigzag , olTrant deux rangs de soudures ; les deux extrémités libres sont armées d'un ûl métallique au moyen duquel on établit la communication avec le galvanomètre. On possède ainsi un instrument d'une sensibilité exquise; car il est évident que le plus simple changement de température, dans une des deux séries de soudures, sera accusé par le galvanomètre ; et vice versa , la plus faible déviation de l'aiguille aimantée dans le galvanomètre indi-
Iaera l'élévation de température d'une 3es séries de souores; enfin, les déviations elles-mêmes seront les mesures des effets produits.
Le thermo-multiplicateur est donc, pour les courants thermo-éJectrlques, un appareil analogue au multiplicateur
NOTIONS PRÉLIMINAIBES.
dans les courants électriques ordinaires; il accumule les jh tits effets, et a créé ainsi des nioyeîis bien Stlpéneurg à ceii qui étaient employés jusqu'ici pour étudier lachaledi^ rayon nanle, soit dans ses effets , soit dans ses passages à travers ie milieux. La figure 4, que nous donnons plus bas, représent< l'ensemble de l'appareil Melloni. Donnons une descnption d( cet instrument :
Figure 4.
1® Le thermo-multiplicateur offre trente paires de bar« de bismuth et d'antimoine réunies dans le cylindre à bronze ^; 2° les fils// des pôles communiquent au galvanc mètre n; tout le rang de soudures b est exposé à la sourc calorifique, et celle-ci ne peut atteindre le rang de soudures ( Ainsi un courant électrique passe dans les fils et dévie l'a guille du galvanomètre ; la force du courant électrique cro avec la différence de température qui a lieu entre les deii rangs de soudures ,- c'est-à-dire est proportionnelle à la quai tité de chaleur qui tombe sur les soudures b; enfin, îeiïi du courant électrique sur Faiguille, ou la déviation pro^duiti est proportionnelle à la quantité d'électricité qui circule, o à la chaleur elle même. Cette régularité dans les mesures lien tant que l'arc de déviation ne dépasse pas 20^, surtoi lorsque l'aiguille du galvanomètre est bien sensiblement a tatiquCi Nous avons > dans l'étude de la chaleur, donné v aperçu des belles observations faites par M. Melloni.
DEC AGENTS lUrONDÉRÀBLES. ' |$
Figarf 5.
Des courants dHnduction et du télégraphe électrique. — I^ fait principal qui constate l'existence de ces courants est le suivant : disposons un long circuit filiforme fermé , sensibioment droit, et offrant par conséquent à ses deux extrémités deux sortes d*enveloppeis plus ou moins circulaires, dont, pour plps de clarté, nous appellerons I et K les parties eentraies ; enfin , plaçons en I une aiguille aimantée ordinaire. Si alors on amène un aimant en K, à l'instant même il s'établit on courant électrique, qui cesse, pour reparaître, nais en sens inv^se.. lorsque Ton retire Taimant; et remarquons bien que le courant électrique a lieu seulement à Var* rivée et à la sortie de Taimant : inutile d'ajouter que les existences, puis les anéantissements de ces courants sont aecusés par l'aiguille aimantée. Tel est le principe utilisé dans la construction des télégraphes électriques. Ici l'Angleterre, l'Allemagne nous devancent. Donnons un bref exposé dei essais faits aujourd'hui en^llemagne dans cette direction.
\a télégrapbe électrique était dans l'origine composé d'un appareil à déclinaison avec galvanomètre, placé à Textrémité d'une des lignes télégraphiques ordinaires, et mis ei| communication, au moyen de deux fils de cuivre parallèles, avec on appareil d'induction magoético-électrioûe placé ^ l'antre extrémité. Lorsqu'avec l'appareil magnético-électriqne on produisait un courant d'induction dans le circuit ainsi formé, l'appareil de déclinaison indiquait à l'instant ane déviation \ or, comme on pouvait varier la direction à sa volonté, on créait ainsi deux signes différents, et un co^ tain nombre de combinaisons dans ces signes suffisait pour bire les signaux c l'observateur devait donc apporter une attention soutenue. Plus tard on adapta une petite cloche de chaque côté de l'aiguille aimantée , et par conséquent la ûat tare de la déviation était indiquée par deux sou^ ^ll^t^wVb \ an moyen de cei deux sons, v^lés ou (^BÙmi^ ^ , % ^"^
4 fois, on produisit 32 mélodies différentes. Une dispositio ultérieure rendit inutile la présence de Tobservateur, en dispc sant une bande de papier mue par un mouvement d'horloge rie, et faisant écrire les signes faits au moyen d'un levier coud muni d'un crayon et lié à Taiguille aimantée. £nfln, dans ce derniers temps, on doit à M. Steinheil une amélioration im
Krtante : ce savant emploie un seul conducteur métallique ntreest remplacé par la terre; et M. Steinheil a montp que, quelque faible que soit la conductibilité des couches ter r^tres , ces couches peuvent cependant servir à transmettn un courant électrique, pourvu qu'on les mette en contaci avec l'appareil au moyen de srandes surfaces métalliques.
Nous avons indiqué un des moyens pratiques employés dans la construction des télégraphes électric[ues ; ce procédé n'est pas le seul , divers savants ont imaginé des appareils plus ou moins compliqués ; tous ces appareils doivent cré^nn mode de communication simple, rapide , car la conductibilité électrique métallique anéantit tous les obstacles. Jusqu'ici ces procédés ne peuvent rivaliser avec l'ancien mode et surtout avec les télégraphes lumineux , mais le principe est acauis à la science, les perfectionnements viendront, et l'avenir donnera aux télégraphes électriques une supériorité quel'on peut même prévoir aujourd'hui.
De Vaimantation du fer doux par les courants électriques, — Les faits consignés dans les pages qui précèdent, d'autres faits plus nombreux encore, mais (jui sortaient de notre cadre, prouvent surabondamment qu'il existe un lien intime, peut-être une identité, entre les fluides électrique el magnétique. Toutefois, nous croyons pouvoir encore cita l'aimantation momentanée du fer doux par les courants électriques : cette expérience faite en grand est un spectacle re marquable. On peut ainsi, par la simple création ou inter ruption du courant électrique, en ayant soin d'opérer et même temps la séparation de l'armature; on peut, disons nous, aimanter un morceau de fer, et par suite enlever, aban donner, pour enlever encore , une autre masse de fer doa on ne connaît pas la limite. On éprouve alors une sorte d< stupéfaction en voyant les effets de cette puissance invisible gigantesque, qui, rapide comme la pensée de celui qui h gouverne, sanible se faire un \eu de\^ t(\\&Q eii mouvemai des masses les plus considérâmes.
IVOltEIHGLATtBE CHIMIQUE. 37