CHAPITRE II
DES AGENTS IM PONB^A^LES , ET DE LEOR ACTION SUR LES COUPS VATÉRiELS.
Observations.
Ces agents sont, avons-nous dit, au nombre deqdatré; plusieurs faits semblent même indiquer que le flaide lumi- Deax et le calorique ne sont que des étals particuliers d'un Seal agent ; l'identité des fluides électrique et magnétique offre aussi de grandes probabilités : la discussion de ces opinions ne peut trouver place ici, et nous admettons l'hypothèse de quatre causes distinctes. Les actions extérieures de ces causes sur les corps pesants sont du domaine de la physique ; mais à la chimie appartient l'examen dese\i^ti%^TAA\kVg» qa'eUes apportent dans la nature intime des coxç& m^Vfetv^^ ùpBôMûcede décomposition des couM&ls èXecMcVaps»/
8 NOTIONS PBEUMINAIRBS.
peut-être magnétiques, ne parait pas avoir de limites : tantât énergiques , ces courants agissent par celte énergie même ; tantôt indéûniment faibles, ils agissent vivement parleur continuité d'action. On pourrait aflirmer qu'aujourd'hui l'homme qui se sent doué du génie des explorations créatrices , doit diriger tous ses efforts vers ce genre d'observations. Le plan de cet ouvrage ne comporte pas un examen complet, soit des agents impondérables , soit des actions que ces agents exercent sur les corps matériels. Nous donnerons m aperçu très-bref de la première étude ; la seconde , étant essentiellement neuve, n'a pu être encore approfondie; nous devons seulement, dans un traité élémentaire, indiquer ce qui a été fait dans cette direction.
§ 1. De la Lumière.
Un corps éclairé nous donne une sensation particulière: tout le monde est familiarisé avec cet effet ; mais la nature de la lumière nous est inconnue. On peut classer et même exposer les phénomènes himineiu : dans l'impossibilité où Ton est jusqu'ici d'en distinguer la cause, on établit une hypothèse, c'est-à-dire une cause primitive qui doit expliaucr tous ces faits. Cette cause n'est pas sans doute la véritaole, mais elle aide à l'intelligence des phénomènes ; et si, parla suite, un génie supérieur découvre ce qui nous échappe, la chahie qui unit ces phénomènes ne sera pas rompue ; il suffira de remplacer l'hypothèse admise par la cause ellemême.
Newton admcttaitque la lumière est produite par un fluide éminemment subtil, lancé en ligne droite des corps éclairés. Descartes, et après lui le célèore Huygens, ont prétendu
Su'elle résultait des vibrations d'un fluide élastique répandu ans l'espace, de même que le son est produit par les vibrations de l'air. Le système de l'émission ou celui de Newton , soutenu par le grand nom de son auteur, et je dirai presque par cette réputation d'infaillibilité qui lui est si justement acquise, a été généralement adopté. L'autre hypothèse paraissait même complètement abandonnée, lorsque Toung, ensuite Petit, et enfin Fresnel, ces deux derniers enlevés si jeunes aux sciences, l'ont rappelée à l'attention des physi-
DBS AGENTS IMPOIVDÉIIÂBLES. 9
ciens. Les phénomènes nouveaux , comparés aux faits andejonement connus^ augmentent tous les jours les probabilités en faveur du système des ondulations. Cependant les travaux immenses faits dans la première hypothèse donnent une explication plus élémentaire , et nous adopterons ce système dans l'exposé qui va suivre. Remarquons seulement que si Ton reconnaît la matérialité et l'émission d'un fluide lumineux, cette matérialité doit être infiniment petite : m effet, le choc d'un corps est égal à sa masse multipliée par sa vitesse, et pour la lumière cette vitesse est, suivant Roemer, de quatre millions de lieues'par minute. D'un autre côté, le choc est insensible pour un organe aussi délicat que l'œil ; la subtilité de la masse dépasse aonc toutes les bornes de notre imagination.
Le rayon lumineux lancé du corps éclairé marche en ligne droite, emportant l'image du point d'où il est parti. Cette image se peint sur la rétme de l'œil, et donne la sensation du point qui est alors rendu visible.
Mais ce rayon peut dans sa course éprouver diverses modiOcations étrangères à la chimie. Uencontre-t-il un obstacle^ tantôt, éminemment élastique, il bondit (phénomènes de réfleooion), tantôt il est absorbé, c'est-à-dire s'éteint dans l'obstacle ; souvent enfin il traverse intact le corps , qui est alors diaphane. Dans le premier cas, le corps est visible, blanc on coloré, tandis qu'il est invisible ou noir dans les deux autres; le troisième cas offre des phénomènes vaiiés que nous examinerons rapidement.
Si un rayon lumineux, marchant dans un premier milieu, entre dans un deuxième milieu de densité uniforme , 1" si sa direction est perpendiculaire à la sm face qui sépare ces deux milieux , il contmue sa route en ligne droite ; 2° si sa direction est oblique à cette surface, le rayon est réfracté y c'est-àdire se rapproche ou s'éloigne de la perpendiculaire, selon qae le deuxième milieu est plus ou moins dense que le premier. La puissance de réfraction est en général proportionnelle k la densité du jcorps ; mais les combustibles ont un pouvoir réfringent supérieur à celui qu'indique leur densité. Ainsi l'action du diamant, du phosphore fondu, de l'huile de naphte, de l'hydrogène , est plus grande que celle des autres CQrps transparents.
La lumièfé^^ âanssoD passage à travers cer\a\ûsçoxvs ms-