‹ Traité élémentaire de chimie avec les applications de cette science aux art et aux manufacturesChapitre 65 sur 74 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

On distingue les solides suivants : 1^ la cervelle , la moelle épinière, les nerfs ; 2° les muscles, les graisses ; 3^ lés os, les dents , les cornes , les ongles , les écailles et coquilles ; 4^ les tendons, les ligaments, les membranes ; 5° les poils, les plumes , etc. , etc. ; 6° la peau ; 7^ les matières fécales.

§ 1 . De la cerveUe , de la moeUe épinière , des nerfs.

La matière cérébrale a été examinée par plusieurs chimistes, et plus récemment par M. Frémy. Le cerveau de l'homme contient 7 parties d'albumine, 5 parties d'une matière grasse et 80 parties d'eau. La portion albumineuse, coagulée par la chaleur, est insoluble dans l'eau , dans l'aleool et dans l'éther -, \a. TûaX\^\^ %\^ssfc contient, outre les

DES SOUDES ANIMAUX. 441

principes ordinaires des graisses, de la cholestérine et les deux acides particuliers suivants.

Acide cérébrique. — Cet acide pur est en grains blancs cristallins; solubie dans Talcool bouillant, il est insoluble dans réther ; Teau bouillante agit sur lui comme elle agit sur l'amidon : Tacide se gonfle et parait insoluble dans ce liquide ; enfin, cet acide entre en fusion aune haute température, puis est décomposé. L'analyse donne les résultats suivants:

Carbone* 66,7

Hydrogène 10,6

Azote 2,3

Phosphore 0,9

Oxygène 19,6

Acide oléosphosphorique, — Ce composé, dont la consistance est visqueuse, est insoluble dansTalcool à froid et dans Féther ; ces deux propriétés donnent un moyen de le séparer , soit de Tacide précédent , soit de Toléine et de la cholestérine , qui raccompagnent dans le cerveau. La potasse, la soude, l'ammoniaque, le transforment en savons. Soumis aune ébullition prolongée dans Teau ou dans l'alcool, il perd sa viscosité , est converti en une huile fluide, qui est l'oléine pure, tandis que la liqueur contient de l'acide phosphorique. L'addition d'un acide au liquide bouillant active cette décomposition singulière, qui paraît indiquer que le cerveau contient le phosphore à Tétat d'acide phosphorique.

La matière cérébrale existe, en quantités notables, dans la moelle épinière ; elle est aussi en quantités appréciables dans certains ûlets nerveux.

S 2. Des muscles et des graisses.

Des muscles. — Les fibres musculaires, dont l'ensemble constitue la viande, sont essentiellement composées de fibrine plus ou moins modifiée, mais elles contiennent aussi d'autres matières dont la nature chimique n'est pas bien déterminée. La chair desséchée donne, sur loo parties, environ 23 parties de matières solides dont 6 peuvent être dissoutes par l'eau ordinaire. Le résidu contient les 1 7 autres parties, qui sont composées de fibres cliarïv»es ^t ^^ <.v^^^

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collnlnirc non dissous. Cette fibre charnue ressemble beaucoup (\ la fibrine ; touterois , si on Timbibe d'eau , elle ne reprend plus, comme cette dernière, sa mollesse miinitive. Soumise dans l'eau à une ébullition prolongée , elle durcit, et Ton obtient un liquide incolore qui prend en gplée par le refroidissement : ainsi , Veau transforma ce corps en gélth tifie. Nous parlerons de cette dernière substance dans îbisr toire des matières osseuses. Parmi les substances dissoqtes qui forment les parties indiquées précédemment, on peut citer le produit appelé osmazâme qui donne an bouillon Todenr et la saveur qui caractérisent ce liquide ; mais lien ne prouve que Tosmazôme soit un principe organique pur. Des craisses. — jolies constituent le lien qui unit les matières organiques aux matières organisées. Analogues aux autres agents qu'elles accompagnent dans l'organisme ^ la constance h peu près invariable de leur composition nous a permis de les examiner dans la troisième section . de la chi- Viie qui nous occupe. Nous rappellerons seulement ici : 1" que la graisse hummne parait ne contenir que de la mar-

fjarine et de Toléine; 2^ que le suif, c'est-à-dire la graisse ondue de bœuf ou de mouton , est essentiellement composée de stéarine mêlée avec une faible proportion d'oléine; 3" enfin, que le lard, plus riche en oléine, est, en partie, semblable à la graisse humaine , car il renferme de la margarine, mais il contient probablement aussi de la stéarine.

§ 3. Des 08 , des dents , des cornes , des ongles, des écaiUes et coquilles.

Les os forment la charpente des animaux ; ils doivent leur solidité à la matière minérale saline qu'ils contiennent; les molécules de celte matière sont liées entre elles par une substance membraneuse ou cartilagineuse. Les os ou les divers principes qu'ils contiennent ont des emplois si nombreux dans riudustrie, qu'ils ne sont jamais en assez grande quantité , et que la limite de ces applications est la limite même de la fourniture de la matière première. Nous tracerons rapidement l'histoire chimique des os, et nous donnerons ensuite les règles à suivre dans l'extraction des corps que ces os fournissent à l'industrie.

Les os, mis en digeslVon daxtôVî^vde chlorhydricpie fai- -fefe^ cùdent leurs sebteïï^u^'^cfâXm^<6,^\\Qvi^\\^\^\\^

corps cartilagineux qui conserve la forme des os employés. Cette matière humide est flexible , élastique ; la dessiccation loi donne le caractère cassant, mais lui conserve sa demitranspareace : elle est entièrement soluble dans Fean. bouillante^ et donne alors une solution de gélatine. On peut aassi obtenir cette solution en soumettant les os à une ébullition prolongée dans une eau chauffée au-dessus de 100^, c'està-dire chauffée sous une pression supérieure à celle de l'atmosphère. ; la matière cartilagineuse est dissoute ^ et le résidu insoluble est la subst^unce terreuse.

Gélatine, — Cette partie essentielle des gelées animales est le résultat de Taotion de Teau bouillante sur la peau , les tenâûjAS» les ligaments, le tissu cçllulaire, les membranes séreuses,, fitc. , etc. La dissplution de ces matières est à peu pr^ coippiète , .^t cette, liqueur a un^ caractère dislinctif : elle prend en ^iée tremblante par le refjroidissement. Cette gela* tioe n'e^sjbe pas. dans le sang, dans les fluides vitaux , et lâéme elle ne parait pas ^étre une partie constituante des solides animaux ; elle est îe résultat de l'altération qu'éprouvent ces. corps par l'eau bouillante, comme la dextrine, le sucre d'amiaon, sont des métamorphoses de l'amidon soumis ji, l'action du ipème agent. La plusi belle gélatine est celle que l'on extrait de W'cAM^oco//e,.substance préparée avec les entrailles de divers . poissons , particulièrement des esturgeons : cette platine donne ,une solution .incolore,, sans odeur désagréable, et son énergie est telle, qu'elle peut donner à 100 fois son poids d'eau la propriété .de prendre en gelée par le refroidissement. La gélatine est insoluble dans l'alcool,, idans Téther : sa solution aqueuse ne dpnpe aucun précipité avec l'alun (sulfate d'alumine et de potasse), avec le protosulfate de fer, avec l'acétate neutre ou bibasique de plomb, etc. , etc. ; mai^ elle» donne, avecl'adde tannique, un précipité qui est apparent , même lorsqu'on ajoute une infusion coQcentrée.de noix de galle à une solution d'une p^urtie degéiatine dans 5000 parties d'eau. L'agitation détermine l'adhérence des particules de ce précipité floconneux , et l'on, obtient une masse élastique, tenace, qui est, pour l'aspect et la composition, semblable au cuir ordinaire. ., Les cartilages permanents,, c'est-à-dire les cartilages du \\eiL, de la trachée» etci; les os cartilagineux avant leur ossification^ les os cariés, la cornée de Yaa\!L,ç\fc, , ^Xr. ^ \^^îj»s3î^.

444 CHDfUS OIGAXIQUB.

une matière qui est ddc Tariété de la gélatine; cette matière est appelée chondrine. Si on la met en solution , elle ne précipite pas par Tacide tannique, tandis qu'elle précipite par Tacide acétique, par le protosulfate de fer, par Tacétate de plomb, etc. ; sa compcKsition est analogue à cdle delà gélatine.

Gélatine. Chondrme.

Carbooe ôO,774 &0,745

Hydrogène 7,lô2 6,904

Âzote 18,320 14,692

Oxygène 23,754 27,6ô9

Matière minérale des os, — I..es os chauffés à yases clos, dégagent de l'ammoniaque , des produits huileux yolatils • le résidu terreux a une belle couleur noire qui est due , sar 100 parties, à 8 ou 10 de charbon; cet élément, profondément divisé, est mêlé à la partie terreuse , et l'ensemble possède un pouvoir décolorant considérable; il est alors connu sous les noms de twir animal, de noir des os, de noir dHvoire (voyez pour son histoire pages 108 et 147).

Les os brûlés à blanc, .c'est-à-dire calcinés à Tair libre, donnent pour résidu toute leur partie terreuse, qui est principalemeut composée de phosphate et de carbonate de chaux: le premier offre, dans les os, une composition particulière, il contient 8 éq. de chaux , 3 éq. d'acide phosphorique et 1 éq. d*eau ; le symbole qui le représente est donc

8Ca»0» + 3Ph»0^ + H'O";

il est, très-probablement, la réunion de deux phosphates tribasiques ,

. ( 2Ca» O^ H^ os P^O^) + 2 (3Ca» O» P^ O^) ;

la calcination complète lui enlèverait un équivalent d'eau. Le rapport entre la matière minérale et le cartilage est très-variaole : 100 parties d'os peuvent contenir depuis 54 jusqu'à 63 de matière saline; une variation analogue a lieu dans le rapport des deux sels calcaires : ainsi, les os humains contiennent en général, sur loo parties, il de carbonate de chaux, c'est-à-dire le triçle de la quantité du même sel

renfermée dans les os de bœuf ; ces os contiennent quelquefois du fluorure de calcium, car on assure que ce sel existe dans les os fossiles humains trouvés à Herculanum.

Les os sont d'un grand usage dans les arts : ceux qui ont une forme sensiblement régulière, sont teints dans leur état naturel ; ils fournissent des manches de couteaux , de fourchettes, etc. , etc. ; enûn, ils sont employés dans la bimbeloterie. Le commerce désigne sous le nom d'o^ gras, les os irréguliers qui sortent des marmites et qui n'ont perdu aucun de leurs principes; ils sont en général composés^ sur 100 parties^ de

/ Phosphate de chaux . . . . .\ 45

Matière inorganique. 66 parties. SlSaîe demâgoé^^^^^^ des traces

\ Fluorure de calcium %d.

On peut séparer cette matière en traitant Tos par l'acide chlorhydrique à 20° B* , mêlé avec environ 6 par- Matière organique | lies d'eau, souple ou tissu li- < Cette opération , quand elle est la

breux 27 id. \ base d'une industrie, doit être faite en

hiver, car si la température est à 25° ou à 30°, l'acide peut dissoudre une partie de la matière organique.

Eau 10 id.

Graisse 8 à 10 id. On peut , en industrie, obtenir 8

parties.

La séparation de la graisse, la préparation des colles, enfin la fabrication des noirs, tel est Tensemble du travail industriel sur les os ; ces diverses opérations exigent que les os soient concassés : l'ouvrier fixe, avec sa main gauche, Fos sur une table et applique un violent coup de hachette, de telle sorte qu'il met à nu toute la partie spongieuse qui occupe le centre de Tos- Ce travail demande une certaine habileté ; or, l'adresse acquise par Thabitude est ici telle, qu'un ouvrier exercé peut préparer looo kil. d'os par jour.

Séparation de la graisse, — Les os concassés , mis dans l'eau, sont soumis à Tébullition; la graisse surnage, est recueillie, purifiée, et sert à la fabrication des savons de toilette.

Séparation de la gélatine, préparation des colles. — On employait autrefois la marmite de Papin ; on a reconnu que

446 CHIMIE 0RGA!nQ1IE.

la chaleur et la pression étaient trop énergiques ; en générrij si (il) opère i\ 20iV', la gélatine est altéi'ée . prend mal , donne une man\aise colle : la température doit être telle qu'il y ait solution de la gélaîiiie saus altération, 100"^ seraient le terme exact : un peut porter la chaleur à 1 12*^ ( i atm. i ), mais on ne doit pas délaisser 121" ( 2 almosphèi'es). Aujourd'hui on opère a^ ec la vapeur d'eau : de petits seaux en lil de fer et contenant les os tendus , sont disposés dans des cylindres, ceux-ci re«;oi\ent un courant de vapeurs ; ces vapeurs peuvent être fournies par un générateur fonctionnant pour d'autres imlustries, mais alors la pression est trop forte; on doit la diminuer par un appareil bien connu , qui régularise la tension : on doit vers la fin , introduire de Teau bouillante pour dissoudre la gélatine , et former ensuite les tablettes de colle. On conçoit que la beauté du produit dépend des soins qui ont été apportés dans la fabrication. Les colles de Grertet, de Hodimdey ont une réputation méritée; elles sont sensiblement incolores, insipides, peuvent servir à la confection de gelées que l'on aromatise ensuite de diverses manières.

Daus ces derniers temps , MM. Darcet , en traitant FiToire par l'acide chlorhvdritiue, ont obtenu des gélatines d'une texture bien unilorme et qui gonilent régulièrement lorsqu'on les met dans l'eau : cette dernière propriété les rend précieuses pour l'élargissement régulier des plaies; elles remplacent très-bien les sondes dites faussement en gomme élastique (ces sondes étant des tissus de soie revêtus d'un enduit siccatif ).

Les l)elles gélatines ont été employées pour imiter l'écaillé: on coule de la gélatine en plaque mince; sur celle-ci, on verse d'une manière irrégulière, une faible quantité d'un corps qui noircit lorsqu'il est exposé à la lumière { l'azotate d'argent liquide réussit bien ) ; enfin , on recouvre cette ]>reniière plaque par une nouvelle couche de gélatine, on obtient une imitation assez heureuse deVécaille. Il est évident que ce remplacement serait complètement illusoire lorsque les objets devront être exposés àThumiditéf car alors celte fausse écaille gonfle et se défoime complètement.

La gélatine est-elle nutritive ? Sans entrer dans les discus* sions soulevées sur cette question , nous dirons ^u'on sera

DES SOLIDES ÀNIIIÀUX. 447

.ans le vrai , en n'adopfnnt aucune opinion exclusive ; i^ la lélatine est. nutritive, â'' la gélatine n'est pas aussi nutritive [ue le bouillon : il suffit, pour appuyer cette assertion , de 'appeler que. la plus belle gélatine (Grenet) insipide, et

EeTon emploie après l'avoir aromatisée; que cette gélatine, îons-nous, coûte environ 12 fr. le kilog. , tandis que le )Ouillon de la Compngnie Hollandaise est vendu k un taux [ui porterait à environ o2 fr. le kilog. le prix de la matière ièche du bouillon ( si on pouvait obtenir cette matière : or, e bouillon évaporé subit des altérations); le public, se rompe rarement dans une question de, ce çenre, et }a différ rence des deux prix est probablement aussi la différence des jualités nutritives.

Des. charbons décolorants, -^he charbon animal a un pouvoir décolorant dix fois supérieur à celui du charbon i^égétal ; or, 1° le charbon végétal contient, sur IQO parties, 95 de vrai charbon j 2." le charbon animal ne contient, sur 100 parties, que 10 parlies de vrai charbon.

Cette remarque paraissait appuyer l'opinion que la faculté iécolorante n'était pas inhérente au charbon , mais était due ï (|nelques circonstances mal connues , par exemple , à la petite quantité de gélatine ( 2 pour 1 00 ) que contient le noir animal bien préparé; or, le pouvoir décolorant est dû au mode d'agrégation, car tout charbon animal brillant décolore mal.

L'essai du noir animal est une opération importante; nous rappellerons qu'il existe, pour résoudre cette question, un appareil très-simple imaginé par M. Colardcau. Cet appareil est composé de deux parties : 1° une solution colorée type; 2* un cnarbon décolorant bien connu. On prépare deux filtres : l'un reçoit un poids déterminé du charbon type, Tautre reçoit le môme poids du charbon î\ essayer j on verse alors, sur les deux filtres, la solution indiquée jusqu'à décoloration complète, et Ton conçoit que les quantités ajoutées sont les mesures des deux pouvoirs décolorants.

Nous avons dit (pag. 1 08) que l'industrie préfère le noir en îrains au noir folle farine -, cette préférence est rationnelle. On îprouve de grandes difficultés dans la revivification du noir toile farine qui a déjà été employé ; la matière colorante im- ^x^ée de mélasse et unie intimemeuX «a âûaiû^^ , ^^

448 cnaïC ÙÊGASHtCE,

toujoars carbonisée d*iuie inaDÎère imparfaite : le nrâr €& graios n'a pas cet inconvéni^it.

Nous donnerons ici les quantités moyennes de matière que Ton peut extraire des os par les divers traitements auxquels on les soumet aujourd hni dans rindostrie.

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par la mar- / 7 & si^ de graisse iMtfc d'engdat

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doA rei^ré- \ Tsk d'os secs et donnent 11^ de eoDe aècbe et «tk d'os

sentent )

L*excès de poids indiqué dans le second résultat est dû à Teau que contiennent alors les os fondus. Les os résidus ont été longtemps préconisés comme engrais; Vexpérience parait prouver qu'ils n*ont pas cette faculté. On peut seulement les employer dans la fabrication des noirs, en leur ajoutant une proportion plus ou moins forte de goudron : les 50*" relatés dans le tableau précédent peuvent fournir tô*" de noir en grains et 30'' de noir folle farine.

Des DEisTS. — Les dents ont une composition analogue à celle des os : sur loo parties, elles contiennent 64 de phosphate de chaux, 6 de carbonate de chaux avec du carbonate de magnésie, 28 de cartilage. L'ivoire des dents n'offre pas de cartilage ; il renferme 88 parties de phosphate de chaux, 10 parties de carbonate de chaux et de carbonate de magnésie, des traces de fluorure de calcium.

Des cornes et des ongles. — La matière cornée compacte parait contenir une variété de l'albumine; cette variété serait de l'albumine moins le soufre et le phosphore, et serait désignée sous le nom de protéine. On pourrait même obtenir directement cette dernière substance en dissolvant, à environ 50**, de l'albumine dans une solution de potasse causticjue ; ou séparerait ainsi les petites portions de soufre et de phos[)hore : ces deux éléments seraient transformés , le premier en phosphate de potasse, le second en sulfure depotassium; h solution, iraixèe ^\i%\»Xfc ^^x Y^^4& ^cétic^ue,

donnerait comme précipité une matière gélatineuse qui serait la protéine^ dont la composition élémentaire serait

CarboDe. ... 55,150 Hydrogène. . 7,197

Azote 15,727

Oxygène.... 21,926

Des écailles et coquilles. — On connaît les coquilles marines et les coquilles fluviatiles : les premières sont composées de carbonate de chaux et d'une petite quantité de phosphate de chaux ; le tout cimenté par une matière semblable à celle que renferment les os, c'est-à-dire capable de se transformer en gélatine. Les coquilles terrestres sont analogues aux précédentes ; on a remarqué que les écailles de certains crustacés contiennent plus de phosphate de chaux et moins de carbonate. On sait qu'il se forn^e dans quelques coquilles une concrétion globuleuse connue sous le nom de perle; celte concrétion blanche , bleuâtre, irisée, brillante, est composée de couches concentriques alternativement formées par une membrane mince et par du carbonate de chaux.

§ 4. Des tendons, des ligaments, des cartilages.

Une longue ébullition transforme, en général, ces matières en gélatine; mais nous avons vu que certains cartilages, ceux du nez, par exemple, certains ligaments, etc., donnaient alors une variété de la gélatine. Cette variété, appelée chondrine, offre des caractères distinctifs que nous avons relatés dans l'histoire de la gélatine.

§ 5. Des cheveux, des poils, des plumes.

Des cheveux, des poils. — La partie essentielle des cheveux paraît être un composé de protéine et de soufre. Soumis à la distillation, les cheveux donnent une huile, du carbonate d'ammoniaque, etc., etc.

Des plumes. — Les plumes sont chez les oiseaux ce que sont les poils chez les mammifères; leur composition est analogue à celle de la matière cornée compacte.

450 GHIVIE ORGANIQUE.

§ G. De la peau.

Le système organi(|iic des animaux est recoavert d'nne onvel(>|)|K^ plus on moins épaisse^ qui a pour objet principal de le garantir de raction dos agents extérieurs. Cette enveloppe constitue la peau; revêtue de poils chez les quadropùdes, de plumes chez les oiseaux, elle est, en général, nue, aoiu*e el flexible chez l'homme. I^a prévoyance du Créateur est admirable , apparaît dans les moindres détails : l'animal, incaimble de se garantir du froid , est revêtu de j[K)i)s dont la longueur, la iinesse, etc., etc., sont proportionnelles à TApreté des climats quil habite; chez 1 homme, au contraire, lu i)eau des organes essentiels est seule couverte d'un lK)il léger; la téta de Tenfant se garnit de cheveux peu après sa naiss;in(*e : plus Uird la peau des organes respiratoires et des organes reproducteurs ol frira le mt^me phénomène.

La peau est, eu général, composée de trois parties: 1" Xépidenne, membrane externe, mince, dont la nature est analogue à celle de la corne et parait dépourvue de vaisseaux sanguins ; 2** la membrane mriqneme (tissu réticulaire de Malpighi), située entre répidenne et là vraie peau, et^ui parait formée de la matière de l'épiderme non encore durcie; \)>*\^dcrmp ou vrîiie peau, membrane sous-jacente, épaisse et comiwsée de libres entrelacées ayant la texture d'un feutre. Le dorme, soumis quelque temps à l'action de l'eau eu pleine ébullition , i*st transforme en gélatine, se dissout complètement et forme une liqueur visqueuse qui, par évaporation, constitue la colle-forte dont nous avons parlé dans l'étude de la charpente osseuse.

Du tanna(ji\ — Nous avons |)arlé de l'afiinité qui existe entre la matière gélatineuse et lacide taunique; sur cette affinité est basée l'opération dite tannage, c'est-à-dire la combinaison de la peau avec le principe astringent que l'on trouve dans l'écorce de chêne el dans plusieurs autres substances végétales ; le résultat de cette combinaison constitue le cuir.

îl est bien prouvé que les peaux d'animaux morts, si ell(»s ne sont pas soumises à une prompte dessiccation , se putréfient el deviennent impi'oyros î\ tout usage; mais alors môme que ia dessiccalioii aliexx, v^^\^ ^\.x^^\^^^\^\&r

DES SOLIDES AinMAUX. 451

klète^ ces peaux ne peuvent servir ^ la fabrication soit des ouliers, soit de tout autre objet; elles absorbent l'humidité s* se détruisent par le frottement. C'est pour remédier à ces Icux graves inconvénients qu'on leur l'ait subir des manipulations qui les rendent capables de résister à la putréfac-^ iion, moins perméables à l'eau, plus fermes à la fois et plus lexibles, de manière qu'elles peuvent être travaillées avec ^lus de facilité et qu'elles s'usent moins rapidement.

L'art du tanneur comprend plusieurs parties : les unes ^nt de simples opérations mécaniques, les autres sont de véritables combinaisons chimiques; nous indiquerons les l^emières; nous insisterons particulièrement sur les secondes.

La première opération à faire sur les peaux fraîches est de les écorner, d'enlever les corps étrangers qui y adhèrent, «t de les laver à la rivière ; la seconde opération a pour but d'enlever le poil qui couvre la peau j ce poil est insoluble dans Teau, et pour le séparer on diminue son adhésion à la peau; en d'autres termes, on foule les peaux pour les déoourrer; ce débourrement a lieu, soit ^Véchaiiffement, soit par l'emploi des alcalis ou des acides. Dans le premier cas, on empile les peaux, et la putréfaction partielle détermine après quelques jours- un gonflement général qui facilite la séparation indiquée : souvent on fait usage d'un alcali; la chaux et quelquefois la potasse sont les alcalis employés.

lia plupart des peaux , surtout celles qui doivent former on cuir fort, subissent encore avant le tannage une autre opération qui a pour but d'ouvrir largement les pores, afin que le tannin pénètre ensuite plus facilement et en plus grande abondance; c& gonflement est le résultat de l'immersion des peaux d^s une faible solution alcaline. Le passage en cuves soit le gonflement; il a lieu en faisant circuler les peaux dans des solutions moins et plus fortes de vieux tan. .

Ces opérations préliminaires terminées, on procède dans des fosses an véritable tannage; chacune de ces fosses reçoit des couches alternatives de tannée humectée et de peaux préparées; la. durée du séjour, qui varie depuis 8 jusqu'à 15 mois, offre trois périodes successives marquées par la sortie des peaux pour renouveler la tannée; le cuir est ensuite séché, débarrassé de toutes ses impuretés, assoupU par des actions mécaniques , et enfin livré avx cotcim^t^^*

4 A3 CUmiE ORGANIQUE.

te ooTToyonr n^prond ih^ cuirs, les soumet à des friction pivlouç»\>i «^n It^ imprégnant d huile et d'autres corps gras; i nfin li ii^ tiînt on noir en U*s couvrant d'un vemisgras»-|- \r\\\ In m. mo d un oiidnit do colle.

I «^ irnip> il ininiorsion pour le débourrement ouponrlejr contloniont \arioul aMV la uaturc des peaux, la temp^ inro. Ii*s onorcu^ dos solutions acides, alcalines ouastrinconiis anisî ut'r.s a^ons déjà renianiué que le vrai tannag oxKo.nî depuis s justprà i.> mois. Ce que nous aTonsô t^i applu ablo aux cuirs do h^ uf , do cheval ; les peaux de \aihc. 01 à plus forio raist»n les peaux de veau, lespeaitt^^ do mi'Uïins uns. demandent un temps plus court; en gé* uoral. |vnr ool!t>>-iM. on laisse plus longtemps dans les jos et nioiti> de ;emp> dans Us tosses.

I.<N naroijnins sont tannés avec le sumac; ils sont ensuite niv»rdanees et teints do dixorses couleurs, en rouge, ea jaune, on hlen ou ou vert; le rouge précède, les antres couleurs suixont le tannage.

1.0 cuir do Uussio est tanné avei* Técoree de bouleau; te |vaux tanuivs sont rondui^ tlexibles au moyen de l'huile; olKs sont ensuite fivttivs ])lusioui's fois avec le produit delà l distillation <lo la proinièro écorec du bouleau; elles doivent à l celte substance lodour particulière qui les caractérise et qui [ les prescMxo des vers, î.o ouir do Russie conserve cette odeur |vndant plusieurs années : aussi i^t-il recherché pour la confoction des belles reliuri^. Les lignes transversales qu'il présente sont traeoes en roulant sur la lace grenue un cylindre do fer d*un poids consiilérable.

I.i*s ivaux do moutons blaui^. employées pour la doublure dos chaussuri>>. les jhmux de chamois pour la ganterie, etc. . etc.. ne sont pas tannées; elles subissent un traitement particulier qui leur laisse toute leur flexibilité et les rend impulri*scib!os, 1/enscmble de ces opérations constitue l'art du Mvgissirr et i\u ^-/la mot seur: le premier traite les peaux minces échanuH^ et débourrées par une dissolution d'ainn ;sulfato d'alumine et do polas.se) et de sel commun ;chlorure do sodium'. Ces sels se décomposent mutuellement, donnent du sulfotc de soude et du chlorure d'aluminium ; 00 dernier se combine avec le tissu cutané, qui devient inaltérable : le sol combiné est probablement avec excès de base, et il reste un sui'sel dans le liquide. Le chamoiseur

DES SOLIDES ÀNIMÀtX. ^53

nd la peau molle et flexible en l'imprégnant de graisse , ns faire subir aucun changement à son tissu : néanmoins, iQS certains cas, on tanne légèrement ces peaux dans une fusion d'écorce de saule. La peau dont on se sert pour faire i gants ordinaires a été chamoisée; aussi est-elle ramollie LUS l'eau, et convertie en colle par Tébullition. L'opération générale du tannage a subi, dans ces derniers naps, quelques modifications : on a essayé de remplacer, irtiellement du moins, l'action de désagrégation des alcai, en faisant usage de la vapeur aqueuse : on immerge les ^ax comme dans l'ancien procédé, mais pendant un temps lus court; on les expose ensuite, soit à l'action de la va- Bur dans une étuve, soit à celle d'un courant d'eau tiède qui père leur gonflement : ces peaux sont alors soumises dans Q bocard à l'aclion de pilons en bois, mus par une roue à ecs de cames ; elles sont ensuite traitées par un bain de tan lible; enfin des bains plus chargés de tan, et l'action du ocard souvent répétée au milieu même de ces jus éner- ^ues^ complètent le tannage. On comprend que le gonflenent, l'assouplissement des peaux, la pénétration du an, etc., etc., sont alors plus rapides et plus complets que lans l'ancien système; il paraît en effet que ce nouveau tangage permet d'appliquer à la confection des bottes militaires, fil peau qui recouvre le bas des reins du cheval et qui ne rouvait d'emploi que dans la sellerie; ce môme procédé a loané, dit-on, la solution d'un problème plus difficile, ^lui du tannage des peaux de rebut, desséchées sous le soleil )r(ilant d'Afrique.

§ 7. Des matières excrémentielles.

Dans l'examen des matières fécales, le chimiste ne peut être soutenu que par Tespoir de dévoiler quelques-uns des mystères de l'acte digestit; jusqu'ici cet espoir a été déçu, et les résultais bien obscurs qui ont été obtenus montrent que les essais pénibles, faits dans cette direction, n'ont été payés par aucune découverte importante.

Les excréments de l'homme contiennent en général , sur 100 parties, 25 de matières solides dont la composition varie avec la nature des aliments : indépendamment du résidu qui n'a pu servir à la nutrition , ils ^tfe^\iX^\iX &sx\»».-

4»4 CÊtwn. Ofttel^nQVE.

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rn if^noraî . Ifs exoroniinits solides no contiennent qn fa-lijo qriAniiîo à*iif.A^. oî c*est pliiUH dans les fèces liqi qrïi 1 on dk^t Artnchcr la source des engrais azotés.

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