‹ Traité élémentaire de chimie, etcChapitre 142 sur 162 · URINE · texte numérisé non relu

URINE

à quatre pans, transparais, incolores et d un lustre analogue à celui des perles. L’urée, par sa putréfaction, donne beaucoup d’anunoniaque : en dissolution, elle est décomposée et précipitée par le chlote. G est cette substance qui caractérise l’urine , qui la constitue ce qu’elle est, et à laquelle sont dues sa saveur, son odeur, et la plupart des phénomènes très singuliers qu’elle présente.

Indépendamment des trois principesdont nous avons parlé , l’urine renferme des composés du règne minéral. SuivantM. Berzélius , l’urine de l’homme en santé se compose de :

Eau

Urée . . .

Sulfate de potasse. ;

— de soude

Phosphate de soude

Uydrochiorate de soude

Phosphate d’ammoniaque

If ydrochlorate d’ammoniaque

Acide lactique, lactate d’ammoniaque, matière ani

male , urée mêlée à la matière animale

Phosphate terreux et fluate de chaux.

Acide urique

Mucns de la vessie

Silice

g33,oo ■ o, 1 o

Suivant Fourcroy , Vauquelin et Rouelle, l’urine de plusieurs animaux diffère de celle de l’homme en ce qu’elle ne contient pas d’acide phosphorique , urique, et qu’elle renferme l’acide benzoïque: telles sont les urines du cheval, de la vache, du lapin, etc. ; celle du chameau 11e renferme pas d’acide benzoïque.

L’urine est altérée dans un grand nombre de maladies. i° Dans la jaunisse elle contient une matière d’un jaune foncé susceptible de teindre la toile ; 2° dans les affections hystériques , elle est abondante, limpide.

38o ' URINE.

incolore , contient beaucoup de sel , mais fort peu d’u*rée ; 3° dans l’hydropisie elle est généralementsi chargée d’albumine qu’elle devient laiteuse ou se coagule par l’action des acides ; 4U dans l’indigestion l’urine abonde en gélatine et se putréfie rapidement ; 5° dans le diabétisme l’urine est quelquefois si chargée de sucre qu’elle est susceptible de se transformer en liqueur vineuse: Cruikshank en retira 1/12 de sucre, et le malade donnait vingt-neuf onces d’urine par jour: quelquefois cependant elle n’est pas douce mais insipide; 6° l’affection la plus grave que puisse éprouver l’appareil urinaire est la concrétion des matières solides que renferme l’urine ; ces pierres sont connues sous le nom de calculs vésicaux ; le premier degré de cette maladie constitue la gravelle.

Des calculs vésicaux. L’analyse de l’urine nous démontre que ces calculs doivent être formés des parties peu solubles que ce liquide renferme: l’acide urique, i’urate d’ammoniaque, le phosphate de chaux, le phosphate ammoniaco-magnésien ; c’est ce que l’expérience confirme: ces matières peuvent s’unir deux à deux , trois à trois. On connaît actuellement douze à quatorze espèces de calculs.

Des sucs gastrique et pancréatique ,

Du chyme et du chyle.

Les alimens éprouvent dans l’estomac 1 action de la salive et du suc gastrique, et se convertissent en un fluide laiteux appelé chyme. Ce fluide passe ensuite dans les intestins , où il se combine avec le suc pancréatique, avec la hile, et où il se sépare en chyle et en matière fécale. Les vaisseaux lactés absorbent ce chyle et le portent dans le sang. La chimie offre si peu de lumière sur celte partie physiologique , qu’il m’est impossible de présenter dans cet abrégé quelques résultats assez certains.

FLUIDE SPERMATIQUE.— SALIVE. 38 r

Du Fluide spermatique.

Un appelle de ce nom un liquide particulier qui est sécrété dans les testicules des mâles, et que la nature a destiné à la Fécondation des femelles. Celle partie de nos connaissances est encore couverte de ténèbres, et le chimiste en analysant le sperme de l’homme n’a pu rien découvrir sur le grand œuvre de la propagation : je rapporterai toutefois l’analyse du sperme humain faite par Vauquelin : suivant lui ioo parties sont com-

posées de :

F.au 90

Mucilage 6

Phosphate de chaux 3

Soude 1

La liqueur séminale se compose de deux substances, l’une liquide et laiteuse , l’autre mucilagineuse. Abandonnée à elle-même dans un vase, elle se liquéfie promptement, surtout à une douce chaleur : une température plus élevée la décompose : à l’air elle s’épaissit et forme des écailles cassantes, en exhalant quelquefois avant de se dessécher une odeur désagréable. La potasse et la soude la dissolvent. Je ne rapporterai pas ici les expériences faites par MM. Prévost et Dumas : les résultats obtenus sont entièrement du domaine de la physiologie.

De la Salive.

Liquide sécrété par les glandes salivaires : la composition chimique de la salive de l’homme est selon Berzélius :

Ean

Matière animale particulière

Mucus

Hydrochlorates alcalins

Lactatc de sonde et matière animale Sonde pure

38a IiUM. DE L’OEIL.— LARMES— SYNOVIE.

On ne peut douter que la salive ne soit, comme tous les fluides animaux , sujette à changer selon les maladies , etc. , etc. Brugnatelli a trouvé que la salive d’un vénérien était imprégnée d’acide oxalique. Les concrétions qui se trouvent quelquefois dans les conduits salivaires , le tartre qui s’attache aux dents, sont composés de phosphate de chaux.

Des Humeurs de l’oeil.

Les physiologistes reconnaissent trois espèces d’humeurs dans l’œil: i° Y humeur aqueuse placée dans la chambre intérieure de l’œil immédiatement derrière la cornée ; i° Y humeur cristalline ou lentille , parce qu’elle en a la forme; 3° Y humeur vitrée qui est derrière le cristallin et qui occupe la plus grande partie de l’œil : l’analyse de ces différentes humeurs a été faite par M. Berzélius ; elle est relatée (Chimie de Thomson, tome iv , pages 58i et suivantes).

Des Larmes.

Liquide sécrété par les glandes lacrymales: l’analyse en a été faite par Fourcroy et Yauquelin: ils ont trouvé de l’eau , du mucus, de l’hydrochlorate de soude, de la soude, du phosphate de chaux et du phosphate de soude.

De la Synovie.

Liquide cjui lubréfie et facilite le mouvement des articulations. L’analyse en a été faite par M-Margucron. Cette substance est composée de :

Eau

Matière fibreuse

Albumine

Hydrochlorate de sonde, Soude

Phosphate de eliaox. ..

TRANSPIR. INSENSIBLE.— CERVELLE, etc. 383

De la Transpiration insensible.

Vapeurs qui se dégagent continuellement de la peau: orsque la température s’élève , la vapeur transpi réc mgmente non-seulement en quantité , mais même elle e manifeste sous la forme d’un liquide, et porte alors e nom de sueur. Ce liquide est composé d’une maière huileuse, d’acide lactique et d’une matière ani— nale particulière : les expériences de Jurine portent à ;roire que la peau émet du carbone, car le chimiste rouva que l’air qui restait quelque temps en contact tvec la peau était presque entièrement composé d’acide :arbonique.

Des Solides qui composent les divers systèmes' d’ organisation.

On distingue les organes suivans: i° la cervelle, la noelle épinière et les nerfs ; 1° les muscles ; 3° les os , es cornes , les ongles ; 4° les graisses; 5° le mucus ; à0 les tendons ,-les ligamens, les membranes, etc. Iÿ° es poils , les plumes , la soie ; 8° la peau.

De la Cervelle , de la Moelle épinière et des Nerfs.

Ces trois substances constituent les organes du seniment et du mouvement; car un animal perd la iaultéde mouvoir une partie quelconque de son corps dès 'instant que les nerfsqui la traversent sont coupés : les ■xpériences de M- Magendie ont mis cette vérité hors le doute. La cervelle est une pulpe blanche et grise |ui se trouve dans le crâne; elle donne naissance à la noelle épinière ; c’est à elle qu’aboutissent tous les

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