PHOSPHORE
sur un filtre de toile placé au-dessus d’1111 vase de porcelaine destiné à recevoir le liquide qui s’écoule ; le précipité est du sulfate de chaux et le liquide est de l’acide phosp borique contenant une certaine quanti té de sulfate de chaux en dissolution ; ce liquide est évaporé en consistance de sirop très épais; on y ajoute environ le seizième de son poids de poussière de charbon , 011 met ce mélange dans une cornue de grès qu’on place dans un fourneau allumé, en faisant plonger le bec de la cornue dans un bocal rempli d’eau : le charbon s’empare de l’oxigène de l’acide phosphorique , et le radical (phosphore) mis à nu se volatilise et vient se condenser dansle vase. Ce phosphore est toujours sale, parce qu’il est mêlé avec de la poussière de charbon et autres impuretés ; on l’en sépare en le fondant sous l’eau et en le faisant passer dans cet état à travers un morceau bien nettoyé de peau de chamois. On peut le façonner en bâtons , en le mettant dans un entonnoir de verre à long tube fermé à son extrémité et en plongeant le tout dans l’eau chaude : le phosphore se fond et prend la forme du tube ; on l’en fait sortir aisément lorsqu’il est refroidi.
La combustion lente du phosphore le rend lumineux dans l’obscurité ; de là l’usage fréquent que l’on fait de cette substance dans les expériences de chimie a musante.
Le phosphore est employé pour la préparation des briquets dits phosphoriques ; on se sert à cet effet d un flacon cylindrique en plomb dans lequel on introduit un morceau de phosphore dont on provoque ensuite l’ignition partielle avec une tige de fer rouge. Si on plonge une allumette soufrée ordinaire, l’extrémité de cette dernière enlève une parcelle de phosphore, et cette extrémité frottée contre un morceau de liège ou autre corps s’enflammeà l’instant. Ces briquets ne sont pas durables; ils deviennent humides parce que lacombustion, même partielle , du phosphore, n’a pu avoir lieu sans qu’il sc soit formé de l’acide phosphorique qui attire rapidement l’humidité de l’air.
ACIDE PIIOSPHORIQUE. y 7
Les briquets dits à mastic inflammable n'ont pas ce dernier inconvénient et l’allumette s’enflamme sans frottement dès qu’elle arrive à l’air. Cette fabrication est secrète ; on peutl’imiter en opérant comme ci-dessus et ajoutant au phosphore une petite quantité de magnésie ou de chaux : l’acide phosphorique formé s’unit a la chaux ou à la magnésie et forme un composé salin qui reste sec.
Les chimistes ont reconnu que l’oxigène pouvait s’unir en quatre proportions avec le phosphore et former les acides su ivans :
Acide hy"Ophosphoreüx ; comp. 100, phos. ^7 , 44 oxig. ( éch. syn. 24 phosp., 8 oxig.)
Acide phosphoreux; comp. 100, phosp. i33,33oxig. (éch, syn. 24 phosp., 32 oxig.)
Acide PHospHATioDE ; comp. 100 phosp. i66,66oxig. (éch. syn. 24 phosp., 4o oxig. )
Ces trois acides ne se trouvent point dans la nature et sont sans usage.
Acide phosphorique. Comp, 100, phosph. 200 oxig. (éch; syn. 24 phosph. , 48oxig.). Corps solide, incolore, inodore, rougissant le tournesol et attirant puissamment l’humidité de l’air. Chauffé dans un creuset de platine , cet acide se fond , se vitrifie et enfin se volatilise , si la chaleurest assezélevée: lecarbonele décompose en s’emparant de son oxigène. On le prépare en brûlant vivement le phosphore ou en le traitant par l’acide nitrique; ce dernier acide cède son oxigène ; il se forme de l’acide phosphorique et de l’acide nitreux : le mélange exposé à la chaleur laisse dégager les acides nitreux et nitrique. Sa pesanteur est inconnue ; il n’existe dans la nature que combiné, principalement avec la chaux.
L’hydrogène peut s’unir au phosphore en deux proportions : les deux composés sont gazeux.
Hydrogène perphospiioré. Des. o, yo22,comp. 100 phos. 8 d’hydro. ( éch. syn. 12 phosp. 1 hydro.). Fluide élastique, incolore, d’une odeur alliacée, snsceptible de s’enflammer spontanément «à l’air, se pré-