SÉLÉNIUM
poses j sulfure de carbone , est un liquide extrêmement volatil que l’on prépare en faisant passer du soufre en vapeur dans un tube de porcelaine contenant de la braise élevée à une haute température : ce produit est sans usage, je le cite parce que M. Gannal , se rappelant que la théorie indique qu’il suffirait d’opérer la cristallisation du charbon pour obtenir le diamant, fit sur le sulfure de carbone les essais dont j’ai parlé dans l’histoire du charbon. Ce chimiste avait judicieusement pensé que le phosphore , mis en contact avec le sulfure de carbone, pourrait s’emparer du soufre, et que le carbone misa nud pourrait, à l’état naissant, être susceptible de cristalliser. L’expérience fut faite , le résultat présenté à l’Académie des sciences ; mais je ne sache pas que le rapport en ait été fait.
Da Sélénium.
Le sélénium. Pèse 4> 3o à 4, 32; élément solide, dur, susceptible d’être rayé parle couteau, cassant comme le verre et facile à pulvériser : il se ramollit à ioo°, se liquéfie, puis entre en ébullition à une température plus élevée , au-dessous du rouge se volatilise. Ce corps , extrêmement rare, a été extrait de deux minerais que l’on n’a trouvés qu’en Suède et en Allemagne.
L’oxigène s’unit en trois proportions avec le sélénium, et forme : i° Y oxide de sélénium, qui est peu connu; i°Y acide sélénieux, qui est solide, incolore, doué d’un éclat particulier, d’une saveur acide qui laisse sur la langue une sensation brûlante : la chaleur ne le fond pas, mais une température de 3oo° le volatilise; 3° V acide sclénique , qui est dû à 31. Mitscherlick, est un liquide incolore, qu’on peut chauffer jusqu'à 280° sans qu’il se décompose sensiblement ; mais un peu au-delà la décomposition est rapide , et à 2qo° il se décompose en oxigène et en acide sélénieux ; cet acide est peu inférieur à l’acide sulfurique par son affinité pour les bases, si bien que le sélcniate de barite u’est pas complètement décomposé par l’acide sulfurique.
CHLORE. to$
Le sélénium s’unit à l’hydrogène et forme Y acide
JC
hfdroséléniquc , mais ce composé et les autres combinaisons du sélénium sont trop rares pour que nous nous y arrêtions plus long-temps.
Du Chlore,
Cet élément fut long-temps connu sous le nom d’acide muriatique oxigéné , parce qu’on le supposait formé d’oxigène et de l’acide du sel marin appelé acide muriatique. MM. Gay-Lussac et Thénard publièrent en 1S1 1 leurs recherches sur ce corps ; ils firent voir que si l’opinion des savans qui regardent l’acide muriatique oxigéné comme contenant de l’oxigène , pouvait être soutenue , on était tout aussi fondé à considérer ce gaz comme un corps simple , et que tous les phénomènes qu’il présente s’expliquaient très bien dans cette hypothèse. Ce^tle nouvelle opinion fut généralement adoptée, et les chimistes anglais sont meme allés plus loin: ils classent le chlore dans les ageus ou soutiens de la combustion. On peut dire cependant que la na-ture de ce corps n’est pas encore parfaitement démontrée , et nous verrons que son action sur les combustibles métalliques offre de grandes difficultés, qui seront peut-être aplanies, mais que l’état actuel de la science ne nous permet pas toujours d’expliquer.
Chlore. Pes. 2,5oo; fluide élastique, transparent, soluble dans l’eau , d’une couleur jaune-verdâtre , et d’une odeur caractéristique et suffocante: sa saveur est désagréable ; il est très dangereux à respirer: il détruit la teinture du tournesol et éteint les corps en combustion apres avoir fait pâlir , puis rougir la flamme. L’air et le gaz oxigène n’exercent aucune action sur ce gaz lorsqu’il est sec; mis en contact avec 1 hydrogène, soit à une température élevée, soit a la lumière diffuse, le chlore se combine aVec ce gaz pour former l’acide hydrochloriquc.
On le prépare en dissolution dans l’eau au moyen de l’appareil no 2, en mettant dans la cornue du per-