‹ Traité élémentaire de chimie, etcChapitre 40 sur 162 · AIR ATMOSPHÉRIQUE · texte numérisé non relu

AIR ATMOSPHÉRIQUE

parent, incolore, impropre à la combustion et à la respiration. Le chlore, le soufre, l’iode, ne se combinent pas directement avec lui ; il est sensiblement insoluble dans l’eau, n’altère pas la teinture de tournesol et ne trouble pas l’eau de chaux ; mélangé avec l’oxigèuedans les proportions de 79 parties contre 21 d’oxigèue , il constitue l’air atmosphérique ; aussi obtient-on l’azote eu enlevant à l’air la portion d’oxigène qu’il renferme. On peut y parvenir de plusieurs manières : i° en plaçant du phosphore dans une cloche contenant de l’air atmosphérique : l’oxigène est absorbé, et le résidu est de l’azote que l’on prive de la petite quantité d’acide carbonique qu’il renferme en absorbant cet acide par un oxide alcalin , par exemple, la potasse ; 2° en mêlant ensemble dans une cloche sur l’eau cent mesures d’air ordinaire et quatre-vingts mesures de deutoxide d’azote ; ce dernier gaz absorbe l’oxigèue de l’air , se transforme en acide nitreux qui est absorbé par l’eau ; il reste soixante-dix-neuf mesures d’azote.

L’azote , appelé quelquefois nitrogcnc , fut découvert en 1772 par Rutherford. En 1773, Lavoisiçr démontra qu’il était une des parties constituantes de l’air atmosphérique. Ce dernier fluide, par son importance dans l’cconomie animale, mérite un examen particulier.

De l’jAjr atmosphérique.

La masse immense de fluide élastique permanent qui enveloppe notre glohe se compose de toutes les espèces d’air qui se dégagent des corps disséminés sur sa surface. Plusieurs de ces gaz sont absorbés par l’eau ; d’autres se décomposent en se combinant entre eux, conséquemment la partie inférieure de l’atmosphère se composera principalement d’azote , d oxigène , de vapeur aqueuse et d’acide carbonique. La partie supérieure paraît au contraire renfermer une tissez grande proportion d’hydrogène : ce.dcrnicr gaz ost d’une densité si faible qu’il doit naturellement s’é-

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lever au-dessus de tous les autres principes aériformes; l’électricité l’enflamme quelquefois dans les hautes régions, et Sa combustion paraît être la cause des aurores boréales et des étoiles filantes.

L’air ^atmosphérique est transparent, invisible, si ce i/est lorsqu’il se présente en grandes masses ; tout porte à croire qu’il est alors d’une teinte azurée inappréciable sous un petit volume. Il est inodore, excepté quand il est chargé de fluide électrique , insipide , compressible et très élastique. Ces propriétés furent découvertes et étudiées par les philosophes du dixseptième siècle : ils reconnurent aussi qu’il est indispensable à la combustion à la respiration , mais ils ne paraissent pas avoir eu de notions précises sur la manière dont il agit dans ces cas. Nous avons vu que ce fut Lavoisier qui démontra que cet effet est dû à l’o-xigène qu’il renferme.

L’air conduit malle fluide électrique. L’oxigène, l’iode , le chlore et l’azote sont sans action sur lui ; les variations de température n’allèrent pas ses propriétés chimiques ; mais le bore, le carbone, l’hydrogène, le soufre, le phosphore, s’emparent de son oxigène à une température plus ou moins élevée et isolent l’azote.

Lorsque l’action , qui n’est qu’une combustion , a lieu à vases clos ou renversés sur le mercure , elle cesse après un certain temps, et l’air qui reste alors" ( si on a employé un corps combustible, le phosphore, par exemple, capable de solidifier l’oxigène) a perdu environ la cinquième partie de son volume; il est de venu d’une nature telle .qu’il n’est plus propre à une seconde combustion , ou à entretenir la vie des animaux. Il est clair, d’après ces expériences, que l’une des conclusions suivantes doit être vraie : i° le corps combustible a émis quelque principe qui , en se combinant avec l’air, l’a rendu impropre à toute combustion ultérieure ; ou 2U le corps combustible a absorbé la partie de l’air qui était propre à la combustion , en laissant un résidu de nature différente ; ou

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3° l’une et l’autre circonstance ont eu lieu , c’est-à-dirc que la pa'rlie pure de l’air a été absorbée, et qu’il y a eu émission d’un principe qui a changé les propriétés primitives de la partie restante : or, il a été prouvé par diverses expériences que les comb.ustible%en lèvent à l’air atmosphérique un de sos principes, oxigène , laissent l’autre , azolc , et que ces deux principes mêlés de nouveau en proportions convenables forment un mélange qui ne diffère pas de l’air atmosphérique. La respiration des animaux produit sur l’air le même effet que la combustion, et leur chaleur constante parait même due à cette espèce de combustion (ce dernier fait sera développé dans l’examen delà respiration) : si l’on enferme un animal dans une quantité limitée d’air, il périt dès que l’oxigène que ce fluide contenait est consommé ; aucun autre gaz,, aucun autre air ne peuvent entretenir la vie animale ; ainsi l’oxigène est indispensable à l’existence ; mêlé à l’azote à volume égal, il la soutient mieux que l’air atmosphérique ; si sa proportion est plus grande, il cause une excitation dangereuse: l’azote paraît destiné à modérer cette action trop vive.

La nature a divers moyens de maintenir la proportion de l’oxigène que la respiration , la combustion, tendent sans cesse à diminuer. La plupart des plantes émettent de l’oxigène quand elles éprouvent l’action des rayons solaires, d’où l’on peut conclure qu’elles absorbent l’ilcide carbonique de l’air atmosphérique, qu’elles le décomposent , s’approprient le carbone et restituent la partie vitale ; enfin, l’eau se décompose fréquemment cl fournit une nouvelle source d’oxigène; son hydrogène s’identifie av ec les plantes et contribue à la formation des huiles, des sucres, des mucilages, etc.

Les. expériences les plus exactes et les plus récentes | démontrent que la proportion d’oxigène contenu dans ‘ l’air atmosphérique est en volume de vingt-et-un pour cent : celte estimation constitue une petite branche de j connaissances appelée eudiometne , du nom de 1 instru- , ment que l’on emploie: l’Eudiomctrc est un appareil j

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