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AIR ATMOSPHÉRIQUE

propre à reconnaître la pureté <lc l’air, ou plutôt la quantité d’oxigène contenu dans un volume donné d’air atmosphérique. La découverte que fit Priestley de la promptitude avec laquelle le deuloxide d’azote s’unit a l’oxigène et se précipite ensuite sous forme d’acide nitreux, servit de base à la construction du premier de ces instrumens : cette méthode est fort simple ; nous en avons parlé dans la préparation de l’azote.

Yolta déterminait la proportion des principes constituons de l’air par la combustion de l’hydrogène. On introduit dans un tube gradué trois parties de l’air à examiner et deux parties d’hydrogène; on enflamme le mélange par l’étincelle électrique : la diminution de volume donne, étant divisée par trois , la quantité d’oxigène absorbée. On a fait usage du sulfure de potasse comme moyen eudiométrique : enfin on emploie aussi le mercure qui , chauffé doucement, s’oxide en s’emparant de l’oxigène et isole l’azote.

Quelle que soit la manière d’opérer, l’expérience faite avec précision démontre que l’air est un-mélange de soixante-dix-neuf parties d’azote, de vingt-une d’oxigène , et qu'il renferme en outre un peu d’acide carbonique et de la vapeur d’eau. Ces proportions paraissent être constantes dans les diverses régions du globe , dans les plaines basses comme sur les montagnes les plus élevées, ou même à. la hauteur de plus de six mille métrés au-dessus du niveau de la mer, ainsi que M. Gay-Lussac s’en est assuré dans son ascension de septembre i8o5. La quantité d’acide carbonique varie ; sa présence se démontre en exposant de l’eau de chaux a 1 air, et agitant de temps en temps la dissolution, la chaux s empare de l’acide carbofiiquc de l’air et se précipite à l’état de carbonate.

On a fait quelques expériences pour déterminer si la quantité d’acide carbonique contenu dans l’air était la même dans toutes les saisons ; je citerai les essais de Théodore de Saussure.

10000 parties d’air ont donné (pour moyenne']) 1"ver> 4'7f>

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n8 AIR ATMOSPHÉRIQUE.

L’air contiendrait donc, en été, plus d’acide carbonique que dans l’hiver: ce qui paraît contradictoire, à la fois , avec l’influence des parties vertes des végétaux qui décomposent plus d’acide carbonique en été qu’eu hiver, et avec les recherches deM. Edwards par lesquelles il paraît bien certain que la respiration du même animal fournit plus d’acide carbonique en hiver qu’en été : ces expériences méritent donc confirmation.

La vapeur d’eau existe également dans une proportion très variable : l’air en dissout d’autant plus que la température est plus élevée ; si cette dernière s’abaisse, la vapeur se condense en eau et tombe en pluie ; c’est ainsi que le refroidissement de l’atmosphère dans les nuits d’été détermine une abondante condensation de vapeurs qui se déposent en eau sur la terre, sur les plantes , et forme ce que nous appelions la rosée.

La détermination exacte de la pesanteur spécifique de l’airest un objet de très grande importance. D’après les résultats les plus généralement admis, elle est, àla température de i5°, 5, et sous la pression barométrique 0,70 , de 0,00 1280 , celle de l’eau étant 1 ,00000e ; ce rapport exprimé en fraction est c’est— à— dire que

l’eau estsept cciit quatre-vingt-une lois plus pesanteque l’air atmosphérique: un litre d’eau pesant 1000 grammes, la même mesure d’air pèse environ un gramme et un quart. La densité de l’air étant représentée par 1 unité sert de point de comparaison'pour établir la pesanteur spécifique des gaz.

On pourrait se demander s’il est bien démontré que l’air ne soit qu’un mélange d’azote et d’oxigène : à la preuve que nous avons donnée de la recomposition d’un fluide élastique parfaitement semblable à l'air par le simple mélange de ces deux principes, on pourrait ajouter les suivantes. Si l’air était un compose chimique , il se dissoudrait intégralement dans l’eau, tandis qu’avec ce liquide il se comporte comme un simple mélange de gaz: l’eau, mise on contact avec l’air, dissout de F’oxigènc et de l’azote , mais la proportion du pre-

OXIDES D’AZOTE. uq

niier de ces gaz est plus grande tpie celle du second : le rapport déterminé par expérience entre les gaz dissous est précisément tel que l’indique ce calcul si l’air n’est qu’un simple mélange : l’autre preuve due a M. J)u— long est. péremptoire : tous les gaz composés ont un pouvoir réfringent plus grand ou plus petit (pie celui (pii appartient à leurs élémens ; dans l’air au contraire ce pouvoir est parfaitement égal à la somme de celui de l’azote et de l’oxigéne qui le constituent: l’aii- partage cette propriété avec tous les mélanges de gaz (pii ne réagissent pas chimiquement l’un sur l’autre.

L’azote mêlé à l’oxigène forme donc l’air atmosphérique; mais cet élément peut se combiner chimiquement à l’oxigéne en quatre proportions : les deux premières sont oxides, et les deux autres sont acides.

Pkotoxiui: d’azotk.. Pes. i,5?.5, comp. looazo. ,£>7 oxig. ( éch. syn. \f\ azote, *8 oxigène). Fluide élastique , transparent, incolore, inodore , d’une saveur douce, soluble dans l’eau. Les corps combustibles brûlent dans ce gaz avec presque autant d’éclat que dans l’oxigène pur ; mais la combustion y continue pendant beaucoup moins de temps. Lorsque l’on enflamme par d’étincelle électrique un mélange de ce gaz avec l’hydrogène, il se produit une détonation violente; il se forme de l’eau , et l’azote est mis à nu. Le calorique cl le fluide électrique le transforment en azote et en deutoxide d’azote. Lobore, le phosphore, le charbon et le soufre s’emparent de son oxigène à d’aide de la chaleur. Le protoxide d’azote se prépare en chauffant da ns l’appareil n* i , et sur la cuve à mercure, un sel appelé nitrate (l’ammoniaque préalablement desséché ; le gaz dégagé est reçu sous la cloche. Ce gaz a été nommé hilarant, parce que, suivant Davy, il communique à ceux qui le respirent une çorle d’ivresse assez agréable. Cette expérience a été répétée par Vauquelin ; mais la sensation qu’il a éprouvée était plutôt un malaise presque insupportable.

Decjtoxid v. d’azote. Pes. i,o3g, comp. iooaz. n /[

ACIDE NITRIQUE, oxig. (éch. syn. gazole, 1 6 oxigène). Fluide élastique transparent, incolore, qui éteint les corps en combustion , très dangereux à respirer. Ce gaz a la propriété d’absorber rapidement l’oxigène de l’air et de se transformer alors en une vapeur rouge rutilante (acide nitreux) soluble dans l’eau. La chaleur et l’électricité le décomposent en donnant naissance à de l’azote et à. du gaz acide nitreux; le charbon rouge, le phosphore, s’emparent de son oxigène : on le prépare en traitant, dans l’appareil n° I du cuivre par l’acide nitrique ; ce métal est oxidé aux dépens de l’acide , et ce dernier privé d’une partie de son oxigène se dégage à l’état de; deutoxidc d’azote. Nous ax ons vu que la propriété que ce gaz possède d’absorber l’oxigène de l’air le rend d’un usage précieux dans l’analyse de l’air atmosphérique.

Acide hyponitreux. N’existe pas isolé : a été peu étudié; il est sans usage.

Acide nitreux. Pes. i,45i ,comp. ioo az. 228 oxig. (éch. syn. i4 azote, 32 oxig.). Liquide d’un jauneorangé, d’une saveur caustique : il 21 une action très marquée sur le tournesol et tache la peau : en contact avec l’eau en quantité suffisante , il passe à l’état d’acide nitrique et de deutoxidc d’azote qui se dégage. On l'obtient de la manière suivante : on fait évaporer à siceité une dissolution de plomb dans l’acide nitrique, on réduit en poudre le nitrate de plomb ainsi obtenu r et après l’avoir fait dessécher autant que possible, on l'expose à la chaleur dans une petite cornue de verre à laquelle on a adapté des rccipieus convenables ; l’acide se dégage à l’état de vapeur, il est condensé dans le récipient.

Acide nitrique. Pes. i,5i3, comp. 100 az., 285 oxig. (éch. syn. i4 azote, 4° oxigène). Est un liquide blanc très acide , d’une odeur forte , d’une saveur prononcée, corrosif, susceptible do se vaporiser à 8(i0: une chaleur forte le décompose et le transforme en acide nitreux et en oxigène; un fioid de — 5o° le fait prendre en masse.

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