AMMONIAQUE
comme nous le verrons plus loin. L’ammoniaque est très soluble dans l’eau ; ce liquide peut en dissoudre le tiers de son poids, ou 46o fois son volume; plus la solution est concentrée et plus elle est légère: Huraphry Davy a calculé une table dans laquelle il indique les rapports en tre l’eau, la quantité de gaz dissoute et la pesanteur spécifique de la dissolution ; on y remarque les termes suivans :
Pes. spéc.
Ammoniaque.
Eau.
On donne à cette dissolution le nom d’ammoniaque liquide, elle est alors d’un usage plus commode: on la prépare au moyen de l’appareil de AV oulff. L ne cornue de grès reçoit un mélange à parties égales de sel ammoniac (hydrochlorate d’ammoniaque) et de chaux éteinte en poudre; la suite de l’appareil se compose d’un premier flacon contenant une petite quantité d’eau destinée au lavage du gaz, et de plusieurs autres flacons remplis aux deux tiers d’eau distillée et qui plongent dans l’eau froide ou dans la glace : on chauffe doucement ; le gaz ammoniac dégagé sature successivement l’eau des flacons L’ammoniaque liquide ordinaire marque 20 à 220 à l’aréomètre des esprits; on peut la faire monter jusqu’à 24 ou 25, mais en été surtout il devient extrêmement difficile de la conserver à ce point de concentration : à la chaleur de l’ébullition elle laisse dégager presque tout le gaz qu’elle tenait en dissolution.
La théorie de l’opération dont nous venons de parler est très simple : la chaux s’unit «à l’acide du sel ammoniac et le gaz ammoniac mis à nu se dégage.
On s’est long-temps occupé de-la composition de ce ga7 singulier , puisque loin de pouvoir le ranger parmi les oxides métalliques , on le regarde connue entièrement formé d’hydrogène et d’azote : à la vérité . quelques
CYANOGÈNE. i2Ü
chimistes distingués ont avance quel ammoniaque contenait de l’oxigcne, et ils en ont même détermine la proportion à 20 pour ioo en la concluant de sa capacité de saturation ; mais par des moyens plus directs, il a été impossible jusqu’à présent de donner des preuves positives de cette assertion : on n’obtient pour résultat de son analyse que de l’azote etdel hydrogène dans le rapport en volume d’une partie du premier contre trois du second : la nature de l’ammoniaque démontre que les substances azotées seules peuvent concourir à sa formation primitive ; et en effet cet alcali est toujours le produit de la décomposition des matières animales; npus aurons occasion de nous eu convaincre dans l’examen de ces substances.
Les usages de l’ammoniaque liquide sont assez nombreux; en chimie on l’emploie comme réactif; en médecine on s’en sert à l’extérieur comme vésicant et conséquemment presque toujours comme dérivatif ; dans les arts on fait usage de l’ammoniaque pour dissoudre le carmin , pour délayer l’écaille d’ablettes et faire une préparation employée dans la fabrication des perles artificielles.
Azote carboné ou cyanogène. Pes. i ,806. Fluide élastique, transparent, incolore, soluble dans l’eau, d’une odeur très désagréable; il rougit la couleur du tournesol qui reparaît si l’on chauffe la dissolution ; supporte sans s’altérer une très haute température. On obtient ce gaz en chauffant le cyanure de mercure desséché et recueillant le gazsous une cloche.
Le nom de cyanogène donné à ce composé semble indiquer que c’est un élément ; il forme en effet des acides, lorsqu’on l’unit a l’oxigcne ou à l’hydrogène. On a préféré le mot cyanogène (générateur du bleu), parce que ce corps placé, comme nous le verrons plus loin, dans des circonstances déterminées forme le bleu de 1 Prusse.
Acide cyanique. Ceproduitdécouvert parM. Wholer
126 FLUOR OU PHTORE.
paraît composé de 2 atomes de cyanogène et d’un atome d’oxigene.
Acide fulminique. Si l’on fait réagir l’alcool sur des dissolutions métalliques , par exemple sur le nitrate d’argent (voyez histoire de l’argent), on obtient des composés fulminons. MM. Liebig et Gay — Lussac ayant remarqué que le corps fulminant obtenu avec l’argent et traité par la potasse, la soude, etc. , donnait des produits susceptibles également de détonner, ces chimistes, dis-je, en ont conclu que le principe qui donnait ces propriétés, devait être un acide particulier auquel ils ont donné le nom d’acide fulminique, et dans lequel ils ont trouvé deux atomes de cyanogène et un atome d’oxigène, c’est-àdire précisément du cyanogène et de l’oxigène dans les proportions voulues pour faire l’acide cyanique. On pourrait donc peut-être regarder ces deux acides comme identiques; en effet, le cyanate d’argent neutre, le fulminate d’argent neutre ont la même composition: mais ils diffèrent sous tous les autres rapports, autant qu’on peut en juger par les sels, n’ayant pu isoler ces deux acides.
Acide iiydrocyanique. Liquide extrêmement actif et composé de cyanogène et d’hydrogène: l’histoire de ce composé est tellement importante , et tracée ici serait si incomplelte, que je renvoie pour cette partie à la chimie animale.
Chlorure d’azote. Liquide huileux , jaune , plus lourd que l’eau et susceptible de détonner avec la plus grande violence. M. Dulongct sir IL Davy ont tenté de l’analyser , mais les blessures reçues par ccs chimistes, et surtout par le premier, ont montre les dangers qui accompagnent un pareil essai.
Iodure d’azote, (a: composé fulmine également , mais avec moins de force que le précédent.
Du Fluor ou Plitorc.
On connaît depuis long-temps en minéralogie trois