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DE LA CHAUX ET DE SES COMPOSÉS

Chaux. Pes. 2, 3. Cette terre, que H. Davy assure avoir décomposée, serait formée d’oxigène et d’un métal appelé calcium j elle ne se trouve dans la nature que combinée avec les acides. La chaux pure et vive est blanche, caustique, infusible , inaltérable parla chaleur : exposée à l’air, elle en attire l’humidité , se délite, s’échauffe et tombe en poussière ; bientôt elle attire l’acide carbonique de l’air et se transforme plus ou moins rapidement en un sel insipide (carbonate de chaux). Le délitement de la chaux vive est bien plus rapide si l’on y verse une petite quantité d’eau ; la masse s’échauffe; une partie de l’eau se dégage en vapeurs et divise la matière; on lui donne, dans les arts, lorsqu’elle est refroidie, le nom de chaux éteinte y en chimie , celui d’ hydrate de chaux ; elle a perdu une partie de sa causticité et ne peut plus solidifier une nouvelle quantité d’eau. La chaux vive est probablement décomposée par la pile voltaïque.

La chaux se prépare en décomposant à l’aide de la chaleur la pierre à chaux ou carbonate de chaux, dans «les (ours qui ont la forme d’un ellipsoïde lorsque l’on brûle du bois , et celle d’un cône lorsque l’on emploie In houille : l’acide carbonique se dégage et laisse' la

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chaux à l’état solide. Cette terre ainsi obtenue est préférable pour les constructions, mais elle ne constitue pas la chaux pure du chimiste ; celle-ci s’obtient en traitant des écailles d’huîtres par l’acide hydrochlori— que ; il se forme un hydrochlorate de chaux que l’on précipite par l’ammoniaque et que l’on soumet ensuite à une forte calcination.

Il y a quelques précautions à prendre dans la cuite de la chaux ordinaire. Les règles à suivre varient avec les espèces de pierres soumises à l’expérience : en général cinq litres de charbon de terre suffisent pour en préparer vingt à vingt-cinq de chaux. Les pierres qui sont en même temps magnésiennes exigent moins de feu. Toutes les fois que la pierre calcaire renferme beaucoup de silice et d’alumine , il faut veiller à ce que ce feu ne soit pas trop vif, car cette chaux se vitrifierait facilement. En général il paraît que la présence de l’eau est nécessaire à la calcination ou du moins la rend plus facile ; aussi les chaufourniers ont soin d’humeeter la pierre qui est extraite de la carrière depuis long-temps.-

Lorsque la chaux vive est humectée et pétrie, elle perd son inconsistance et forme avec l’eau une masse cohérente, solide , composée de ’ÿG de chaux et de d’eau. Si on ajoute, pendant qu’elle se solidifie, de l’oxide rouge de fer , elle acquiert plus de dureté et de cohésion, effet qui paraît dû jusqu’à un certain point à l’affinité chimique qui s’exerce de part et d’autre ; le composé devient moins soluble. L’hydrate de chaux, c’est-à-dire la pâte formée par la chaux vive et l’eau, doit servir de base aux eimens employés dans toutes les constructions sous l’eau. La chaux qui provient des pierres calcaires impures est préférable pour cet objet; mêlée avec la pouzzolane (lave décomposée, presque entièrement composée d’alumine et d’oxidc de 1er) , elle lie très bien ces sortes d’ouvrages. Le terras, dont on trouve des quantités considérables en Hollande , n’est qu’un basalte analogue à la pouzzolane : une par-

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tie de celte substance et deux de chaux eteinte forment, pour ainsi dire, tout le mortier qu’on emploie dans les digues des Provinees-Unies.

Les cimens qui se durcissent et agissent en s’emparant de l’acide carbonique de l’air , ou les cimens communs , sont formés de chaux éteinte et de sable : ils se solidifient d’abord comme les hydrates et se transforment peu à peu en carbonates par le contact de l’air. Tenuant a trouvé qu’un mortier de cette espèce avait en trois ans trois mois repris les63lioo de l’acide carbonique qui neutralise la chaux :1a dureté du ciment des anciens édifices vient de ce qu’il est entièrement converti en carbonate. Les pierres à chaux les plus pures sont les plus propres à la fabrication des mortiers de cette espèce ; celles qui contiennent de la magnésie en donnent d’excellens pour bâtir sous l’eau , mais ce mortier agit avec trop peu d’cnergie sur l’acide carbonique de l’air pour acquérir une qualité supérieure dans les circonstances ordinaires. Pline nous apprend que les Romains préparaient un an d’avance les meilleurs mortiers dont ils fissent usage, en sorte qu’ils étaient déjà en partie saturés d’acide carbonique au moment où ils étaient mis en œuvre.

La chaux a une multitude d’usages dans les arts : elle sert à enlever l'acide carbonique qui neutralisait la soude et la potasse dans les sous-carbonates de ces bases destinées au blanchiment ou à Ja fabrication des savons durs et mous, à chauler les grains, à préparer un bad igeon , etc., etc.

Chlorure d’oxide de calcium ou de chaux. Ce composé parfaitement pur est une poudre blanche, sèche, ayant l’odeur du chlore et la saveur chaude et urineuse de la chaux : il devrait être formé ( éch. synoptique) de 2 atomes de chaux 56, de 2 atomes d’eau io et d’un atome de chlore 36 : mais il paraît impossible de l’amener à ce degré de perfection. Celui que l’on trouve dans le commerce ne contient au plus, sur ioo parties, que f\o à 45 de véritable chlorure de chaux ,

l’excédant est de l’hydrochlorate de chaux et de la chaux plus ou moins carbonatée. Ce chlorure mis en dissolution dans l’eau constitue la liqueur Labaraque employée comme désinfectant. Cette liqueur était peu usitée si ce n’est dans les labriques de toiles peintes pour enlever certaines couleurs ; des travaux modernes ont démontré que ce chlorure de chaux remplace le chlore avec avantage; quelques essais médicaux semblent prouver qu’il s’oppose aux dcveloppemens de la gangrène dans un grand nombre d’ulcères de mauvaise nature, et qu’il peut être utile dans quelques affections de poitrine; enfin il est employé maintenant dans le blanchiment des toiles et des papiers, où il remplace le chlore; il possède toute la propriété décolorante de ce gaz sans avoir son .action délétère sur la santé des ouvriers.

La richesse d’un chlorure de chaux dépend de son degré de concentration , c’est-à-dire de la quantité de chlore qu’il renferme ; or ce dernier élément décolorant la solution d’indigo dans l’acide sulfurique, ou pourra estimer le titre d’un chlorure en préparant une solution d’indigo toujours identique , et calculant la quantité de celte dissolution qui sera décolorée par une mesure déterminée de chlorure liquide : tel est le moyen indiqué et mis en pratique par 31. Gay-Lussac : le petit appareil nécessaire pour cette estimation porte le nom de chloromètrc. Le chlorure de chaux s’obtient en faisant arriver un courant de chlore gazeux dans de la chaux eu pondre dont on renouvelle la surface autant que possible pendant l’opération.

Sels de Chaux.

Caiuionatf. (sous) de chaux (eomp. éeh.syn. 28 chaux, 22 acide carbonique). La chaux unie à l’acide carbonique forme des bancs immenses ; le composé porte les noms de pierre à chaux, de pierres calcaires, de craie, de marbre, etc., etc. Nous avons vu que l’on en extrait la chaux par la calcination. Le carbonate dechaux paraît être une utile partie constituante des terrains Ce sel

est insoluble dans l’eau , mais peut être dissous par un excès d’acide carbonique.

Phosphate (sous) de chaux (comp. éch. syn. 56 chaux, 28 acide phosphorique). La charpente osseuse des animaux est formée de sous- phosphate et de sous-carbonate de chaux, liés par un gluten animal ; la calcination détruit ce gluten ; on obtient alors un mélange de souscarbonate et de sous-phosphate de chaux , que l’on connaîtdausle commerce sous le nom d’or calcinés à blanc; on dissout dans l’acide nitrique et on verse de l’ammoniaque , le sous-phosphate de chaux se précipite.

Sulfate de chaux (comp. éch. syn. 28 chaux, 4.0 acide sulfurique ). Ce sel a reçu les noms de pierre à plâtre , de gypse, et se trouve très abondam- -ment dans la nature : il constitue en grande partie les collines des environs de Paris ; chacun sait qu’il est employé dans les constructions ; il a la propriété de solidifier nue assez grande quantité d’eau. On le prépare en le privant, par la calcination, de l’eau qu’il renferme et le tamisant : quelquefois on le mêle avec un dixième de son poids de carbonate de chaux. Pur et gâché avec une dissolution de colle-forte il constitue le stuc.

Nitrate de chaux (comp. éch, syn. 28 chaux, 54 acide nitrique ). Ce sel existe dans les lieux humides et salpètrés ; nous aurons occasion d’en parler lorsque nous ferons l’histoire du nitrate de potasse. Exposé à une chaleur rouge, il éprouve d’abord la fusion ignée, forme par le refroidissement une matière concrète et demi-transparente qui est phosphorescente, c’est-à-dire qui produit de la lumière dans l’obscurité. O11 connaît ce composé sous le nom de phosphore de Baudouin.

Fluate de chaux. Sel insoluble assez commun ; on en extrait l’acide fluorique.

Hydrochlorate de CHAUx(comp. éch. syn. 28chaux, 37 acide hydrochl. ) Existe dans la nature en dissolution dans les eaux de plusieurs fontaines. Desséché, il

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a une telle affinité pour l’eau , que l’on s’en sert pour absorber l’humidité de l’air, des gaz et pour produire des froids artificiels par son inélangeavec la glace pilée. Ce sel calciné fortement est , comme nous l’avons dit, un chlorure de calcium pourcertainscbimistes. M.Bussv a annoncé dernièrement qu’il avait obtenu le calcium métallique en traitant le chlorure de calcium par le potassium.

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