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DE L’ÉTAIN ET DE SES COMPOSÉS

Etain. Pes. 7,29. La découverte de ce métal remonte aux siècles les plus reculés, puisqu’il était en usage du temps de Moïse. Pur et récemment coupé , il est d’une couleur blanche, aussi belle et aussi brillante que celle de l’argent. Il est plus dur que le plomb, peu sonore, très malléable, peu ductile; exposé à l’air, l’étain perd rapidement son éclat métallique, mais il n’est pas susceptible de se rouiller ou d’être attaqué par l’air.

Les mines d’étain sont le sulfure ou pyrite, et principalement l’oxide ou pierre d’étain. On obtient ce métal en grillant la mine, pour en séparer les sulfures étrangers ' et en traitant ensuite par le charbon pour réduire l’oxide.

Les usages de l’étain sont connus ; il sert à faire différons vases et ustensiles; on l’emploie également pour fabriquer le fer-blanc et faire le tain des glaces.

Le fer-blanc se fait en plongeant dans de l’étain en fusio'n des lames minces de fer qu’on a préalablement décapées, en les frottant avec du sable , et les laissant tremper pendant vingt-quatre heures dans une eau acidulée par l’acide sulfurique; non seulement l’étain recouvre le fer, mais il le pénètre complètement et le rend entièrement blanc : il est d’usage d’ajouter un dixième de cuivre à l’étain, afin d’éviter qu’il ne forme sur le fer des couches trop épaisses. C’est en faisant chauffer légèrement une feuille de fer-blanc, l’hu— mectant avec un mélange d’acides , trempant la feuille dans l’eau froide , puis vernissant, que l’on obtient les nuances colorées et le chatoiement que l’on appelle moiré métallique.

L’étain de vaisselle est généralement confondu avec ce métal : la meilleure composition est formée d’étain allié avec e.-.viron 1/20 de cuivre ou d’autres métaux, tels que Je plomb , le zinc et l’antimoine, suivant le choix que l’expérience dicte aux ouvriers.

L’étain n’étant pas attaqué par les acides végétaux , sert encore à étamer : on appelle étamage l’opération par laquelle on recouvre d’une légère couche d’étain la surface de différons métaux , et principalement du cuivre , susceptible de former des sels vénéneux avee lès acides. L’alliage dont on se sert pour étamer contient presque toujours trois parties de plomb sur 5 d’étain ; la présence de ce dernier métal semble s’opposer aux effets nuisibles du plomb.

Oxides. L’étain forme deux oxides : le premier est gns-noir, mais blanc à l’état d’hydrate; il se prépare eu dissolvant l’étain dans l’acide hydrochlorique , soit à l’aide de la chaleur, soit par l’addition, au besoin, d’une petite quantité d’acidç nitrique; lorsque la dissolution est complètement opérée, on y ajoute de la potasse en excès : il se précipite une poudre blanche

qui est en partie redissoute; mais la portion qui reste prend une couleur gris-foncé et constitue le protoxide d’etain : la poudre blanche précipitée d’abord est l’hjdrate de protoxide, et est sans usage.

Le deutoxide d’étain est blanc et s’obtient en chauffant ce métal dans l’acide nitrique concentré; il se produit une vive effervescence, l’étàin est converti eu une poudre blanche qui, lavée et séchée, est le peroxide. Ce deutoxide se trouve aussi dans la nature; il est fusible, soluble dans la potasse et la soude : il entre dans la composition de la potée d’étain.

L’oxide d’étain a la propriété de donner une belle couleur blanche et de l’opacité au verre dans la composition duquel il entre; aussi s’en sert-on pour fabriquer les émaux, et pour faire les couvertes ou vernis des faiences et poteries. On peut consulter sur cet emploi l’Art de fabriquer la faïence, et celui de fabriquer la porcelaine par M. Bastenaire d’Audenard.

Sulfures d’étain. Il existe deux composés de soufre et d’étain : le premier, qui est un protosulfure , a la couleur du plomb avec l’éclat métallique; il est susceptible de cristalliser, est indécomposable par le feu , mais non par l’air qui le transforme en sulfate ; on le prépare en fondant ensemble le métal et le soufre : il existe dans la nature. Le dcutosulfurc fut connu pendant long-temps sous le nom d’or mussif parce qu’il est ordinairement sous forme d’écailles, dont la couleur est celle de l’or; c’est un produit de l’art, et sa préparation est compliquée; les chimistes ne sont pas d’accord sur la nature de ce composé, cependant Pelletier le père a démontré, je crois d’une manière convaincante, qu’il était formé de soufre et d’oxiiie d’etain. L’or mussif sert à bronzer le bois , le plâtre , et à frotter les coussins des machines électriques.

L’hydrogène, le carbone, le bore, l’azote sont sans action sur ce métal ; le chlore , l’iode, le phosphore et probablement le brome, s’uniSsent à lui.

Sels d’Étain.

L’oxide d’étain s’unit aux acides pour former des sels très employés en teinture.

Sulfate d’étain. L’acide sulfurique concentré dissout à l’aide de la chaleur la moitié de son poids d etain et dégage beaucoup de gaz sulfureux. Cette dissolution étendue d’eau laisse précipiter l’oxide d’étain.

Nitrate d’étain. L’acide nitrique et l’étain se combinent rapidement à froid; si l’on concentre la dissolution , le métal est précipité en grande partie sous forme d’oxide difficile à réduire.

Hydrochlorates d’étain. L’acide hydroehlorique dissout aisément l’étain , il prend alors une teinte plus foncée et cesse d’éme&re des vapeurs : il se produit une légère effervescence et il se dégage un gaz inflammable d’une odeur fétide. L’acide retient en suspension la moitié de son poids d’étain , et ne le laisse pas déposer par le repos; ce sel est un protohydrochlorate d’étain, susceptible de cristalliser en petites aiguilles, blanches, très styptiques, plus- solubles à cbaud qu’à froid : -exposée à l’air, la dissolution de ce sel passe à l’état de deutohydrochlorate d’étain. — L’eau régale formée de deux parties d’acide nitrique et d’une d’acide hydroehlorique s’unit à l’étain avec effervescence en développant beaucoup de chaleur; pour que la dissolution u'étain soit continue, il est nécessaire de n’y introduire ce métal que par petites portions , de manière que l’une soit dissoute avant l’introduction de l’autre ; en procédant ainsi, l’eau régale peut dissoudre la moitié de son poids d’étain : la dissolution est brunrouge , incristallisable, et prend quelquefois la forme d’une substance gélatineuse : cette liqueur est un deutohydrochlorate d’ étain connu anciennement sous le nom de liqueur fumante de Libavius. On emploie cette dissolution pour aviver et fixer les couleurs dans les teintures sur laine , telles que celles de cochenille , de

aïo

CADMIUM.

gomme lacque et «le quelques autres rouges depuis le cramoisi jusqu’à l’écarlate le plus vif.

Propriétés caractéristiques et réactifs des sels d’étain. Il existe deux genres de sels, les protosels et les deutosels, mais tous ont un caractère distinctif ; ils laissent précipiter leur métal sous une forme plus ou moins arborescente lorsqu’on plonge dans leur dissolution une lame de fer ou de zinc.

Protosels.

i° Avec les alkalis, précipité blanc soluble dans un excès de potasse caustique et devenant noir à une chaleur peu élevée.

2° Précipité noir avec l’acide hydrosulfurique.

3° Précipité blanc avec le fcrrocyanate dépotasse.

Deutosels.

i° Avec les alkalis précipité blanc qui conserve cette teinte lorsqu’on l’expose à la chaleur.

2° Précipité jaune avec l’acide sulfurique.

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