‹ Traité élémentaire de chimie, etcChapitre 72 sur 162 · ARSENIC · texte numérisé non relu

ARSENIC

drogène se combine avec l’arsenic et forme un composé gazeux inflammable, incolore, d’une odeur nauséabonde, très dangereux à respirer. On l’obt!ent en traitant l’alliage de quatre parties de zinc et d’une partie d’arsenic par l’acide sulfurique etendu de deux lois son poids d’eau. Gehlen, qui, en i8i5, fut victime de ses expériences sur ce gaz, le préparait en chauffant l’arsenic dans une lessive alkaline. Le soufre et le chlore décomposent ce gaz, ce dernier avec un vif dégagement de lumière.

Sulfure d’arsenic. On trouve dans la nature deux composés de soufre et d’arsenic que l’on peut aussi former artificiellement.

Le premier appelé rcalgar , pes. 3,33, comp ioo ars. 43,7 souf..(éch. sjn. 38 arsenic , 16 soufre), est insoluble , très fusible , d’une couleur rouge orangée, est souvent cristallisé en prismes transparais ; il est décomposé par l’oxigène à une haute température.

Le deuxième appelé orpiment , comp. 100 ars. 61,6 souf. (éch. syn. 38 arsenic, 24 soufre) pes. 3,4) est en morceaux jaune d’or, quelquefois en lames minces

3 ni ont un grand degré de flexibilité , insipide , inoore , fusible, se comporte avec l’oxigène comme le réalgar; il s’emploie i° en peinture avec la précaution de ne jamais le mêler au blanc de plomb qu’il noircit en formant un sulfure de plomb; 20 dans les manufactures de toiles peintes , pour les teintures avec Pin-

dig°- *

Le phosphore et l’iode s’unissent à l’ajrsenic : le

chlore se combine avec ce métal , en donnant lieu à un grand dégagement de calorique et de lumière. Le potassium , Le sodium, le manganèse , le zinc, le fer, l’étain, forment avec l’arsenic des alliages cassans et sans usage.

Sels d’Arsenid.

Les métaux précédens forment, comme nous avons

ai/, ARSENIC.

vu, des oxides avec l’oxigène ; ces oxides s’unissent aux acides et donnent des sels. Ici le rôle du métal est different : combiné avec l’oxigène il produit les composés acule arsénieux et acide arsenique ; conséquemment ces corps , jouissant des propriétés inhérentes aux acides , constituent avec les oxides et particulièrement avec les oxides de potassium etde sodium, des substances essentiellement salines appelées arservtes , si l’acide est arsenieux, arseniate s’il est arsenique.

Arsenite de potasse. Substance solide, blanc grisâtre, incristallisable, obtenue en traitant directement la potasse par l’acide arsenieux et faisant évaporer convenablement.

Arseniate de potasse. Composé salin, blanc, cristallisable , obtenu par la réaction directe de l’acide arsenique sur la potasse. Ce corps est sans usage ; le précédent a été employé à très petite dose dans les fièvres intermittentes, surtout par les Anglais; on le connaissait à l’état liquide sous le nom de liqueur de Fowler.

Propriétés caractéristiques et réactifs des composés d’arsenic. Les sels d’arsenic étant rares ne, se trouvent que dans les laboratoires, et l’indication de leurs réactifs présenterait peu d’importance ;mais il n’en est pas de même pour l’oxide blanc d’arsenic , acide arsenieux , qui, étant pour ainsi dire à la disposition du public, n’a été que trop souvent employé dans un but criminel. Aussi les médians légistes ont-ils cherché les moyens de reconnaître celte substance lorsqu elle est mêlée aux alim.ens, et ces moyens sont aujourd’hui d’une telle exactitude que la quantité la [dus faible ne peut échapper à un manipulateur exercé. Si 1 acide arsenieux est isolé à l’état solide , projeté sur des charbons ardens, il se volatilise sous forme de vapeurs blanches et répand une odeur d’ail ; ce dern.cr eflet est inhérent à l’arsenic métallique et est du a la revivification de l’arsenic par suite de 1 union de 1 oxigène avec le charbon ; car si l’on calcine l’acide dans un ercu-

CHROME. ai5

set ou dans une capsule, il se volatilise sans odeur sensible.

£i l’acide arsenieux est «à l’état liquide, ou si obtenu solide on le dissout dans l’eau, il donne :

i° Un précipité jaune serin par l’acide hydrosu.1 (urique ; mais il n’en forme point avec l’bydrosuilate de potasse.

2° Un précipité vert ( arsenite de cuivre, vert de Sehèele) par un sel de cuivre ammoniacal ; ce précipité recueilli, mêlé avec du charbon, eu poudre et chauffé dans un tube de verre fermé à une de ses extrémités, donne de l’arsenic métallique qui est sublimé à la partie moyenne du tube , et qui est reconnaissable à sa teinte gris d’acier , à sa cristallisation aiguillée, et enfin à l’odeur alliacée qu’il exhale lorsqu’on le place sur des charbons rouges.

3° Précipité jaune par le nitrate d’argent ammoniacal ; ce précipité traité comme le précédent donne aussi de l’arsenic métallique.

Si la solution est colorée par des substances alimentaires, on la décolore avec le chlore avant de la soumettre aux réactifs.

Page 1