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DU PLOMB ET DE SES COMPOSÉS

Plomb. La connaissance du plomb date des premiers siècles. Moïse en fait plusieurs fois mention.

Pes. 1 1,35. Ce métal est blanc-bleuâtre, mou, flexible, peu tenace, et conséquemment incapable d’être étiré, quoique s’étendant facilement sous le marteau : il fond à 260°, bout à une forte chaleur et se volatilise lentement. Il raie en gris— bleu le papier. Pris intérieurement, ce métal est un poison. On l’extrait toujours de la galène ou sulfure de plomb ; on grille le minerai à plusieurs reprises et on le transforme ainsi en. oxide; il est alors mêlé avec du charbon et chauffé dans un fourneau ; le charbon s’empare de l’oxigène ,

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la chaleur fait fondre le métal qui coule dans de> réservoirs appropriés.

Les usages du plomb à l’état métallique sont nombreux : il sert i° à couvrir les édifices; 2° à fabriquer la plupart des tuyaux de conduite, pour préparer les balles, la grenaille, etc.

Le plomb s’allie à l’étain en toutes proportions. Cet alliage est plus dur et a beaucoup plus de ténacité que l’étain. On emploie souvent ce mélange pour étamer des vases de cuivre , et la nature nuisible du plomb ayant du faire soupçonner que de tels vaisseaux employés pour la préparation des alimeus pouvaient être dangereux pour la santé , le gouvernement espagnol changea Proust de faire des recherches à ce sujet : le résultat de ses expériences fut qu’en faisant bouillir et laissant ensuite refroidir du vinaigre ou du jus de limon dans des vases étamés avec le mélange de plomb et d’étain , il n’y avait qu’une quantité infiniment petite de ce dernier métal dissoute, mais que le plomb n’avait été nullement attaqué , la présence de l’étain ayant uniformément garanti le plomb de toute action; d’où l’on doit conclure que l’emploi des vases de cui\ re ain i étamés ne présente aucun danger. Deux parties de plomb et une d’étain forment un alliage plus fusible que l’un ou l’autre des métaux pris isolément; il est connu sous le nom de soudure des plombiers.

Le bismuth se combine très facilement avec le plomb et donne un alliage d’u:i grain serré mais très cassant. Un alliage de 8 parties de bismuth, 5 de plomb et ?> d’étain , se fond à une chaleur insuffisante pour faire bouillir l’eau : cette propriété le rend très-utile pour le plombage des dents cariées ; aussi est-il généralement employé aujourd’hui.

En fondant ensemble parties égales d antimoine et de plomb , on obtient un alliage cassant et poreux ; avec quatre parties de plomb et une d'antimoine, l’alliage est compact , malléable , et d’une bien plus grande durelé que le plomb ; enfin , l’alliage ne diffère du

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plomb que par sa dureté lorsqu’il est formé de seize parties de plomb et d’une d’antimoine. Cet alliage sert à faire les earactères de l’imprimerie ; sa ténacité est très considérable , et sa pesanteur spécifique plus grande que la moyenne des deux métaux.

Le cuivre ne s’unit au plomb que lorsqu’il est fondu à une température assez élevée pour le faire bouillir et répandre des vapeurs, c’est-à-dire à la chaleur du rouge éclatant. On emploie, dit-on, quelquefois cet alliage dans les imprimeries pour les grands caractères.

Oxides. Le plomb exposé à l’air humide perd promptement son éclpt ; il prend d’abord une couleur d’un gris sale , et peu à peu sa surface devient presque blanche : ce changement est dû à sa combinaison par degrés avec l’oxigène et l’acide carbonique de l’air, mais cette conversion est extrêmement lente ; à l’aide de la chaleur , au contraire , le plomb s’oxide très rapidement. Les chimistes ne sont pas d’accord sur le nombre des oxides de plomb. Nous admettrons qu’il en existe trois : i° le proloxide ou oxide j aune-rouge ; 2° le dcutoxule ou minium ( oxide rouge ) ; 3° le triloxidc ou oxide brun.

Le protoxide on oxide jaune de plomb est celui qui a été éxaminé avec le plus de soin; il est sans saveur, insoluble dans l’eau, mais soluble dans la potasse et les acides : il se forme toutes les fois que l’on expose du plomb à une forte chaleur avec le contact de l’air. On l’obtient encore par la dissolution du plomb dans une quantité d’acide nitrique suffisante pour que celte solution soit incolore. On la sature alors de carbonate de potasse en excès ; il sc précipite une poudre blanche qui, étant séchée cl; chauffée à peu près au rouge-brun , prend une couleur jaune-rouge. Cet oxide est connu sous le nom de liihargc : il entre dans la composition du blanc de plomb ou cérame dont il sera parlé plus loin.

Les huiles de lin , de noix , d’oeillettes ou de graines de pavots, etc., chauffées avec cet oxide de plomb, deviennent épaisses, consistantes et siccatives ; on les

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