DU PLATINE ET DE SES COMPOSÉS
Le platine est un des métaux dont la découverte est due à l’un de nos contemporains ; elle paraît avoir été laite par Charles Yood , essayeur à la Jamaïque , en 1^4* • On n’a jusqu’à présent trouvé ce métal qu’en Espagne et dans les Indes occidentales. Le platine , pesant 20,9 à l’étal de pureté, est le corps le plus lourd qui existe dans la nature. Quoiqu’il soit- beaucoup plus dur que l’or et l’argent, il est très malléable et très ductile. Sa couleur est la même que celle de l’argent. Il exige pour entrer en fusion une température
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supérieure à celle que nous pouvons produire clans nos meilleurs fourneaux. Expose à chaleur blanche , ses parties se confondent, se lient par 1 action du marteau ; il peut , en un mot, se souder , propriété qui ne se retrouve que dans le fer. Ce métal est inaltérable a l’air et à l’eau; il ne peut être oxide que par une iortc décharge électrique , et les acides les plus concentres ont très peu d’action sur lui , même avec 1 aide d une for te chaleur. Une propriété bien caractéristique est celle qu’il possède, à l’état spongieux, de rester rouge de feu lorsqu’on le place dans un courant d’hydrogène et d’oxigène à la température ordinaire. La dureté de ce métal, son infusibilité et le peu d’action qu’exercent sur lui les réactifs le font rechercher dans la confection des vases chimiques.
Le minerai qui renferme le platine contient , outre le fer et le chrome, quatre nouveaux métaux : le palladium, Y iridium, Y osmium et le rhodium. L’eau régale qui dissout cet alliage avec le plus d'énergie se compose d’une partie d’acide nitrique et de trois d’acide hydrochlorique. La dissolution s’opère lentement et à l’aide de la chaleur. 11 se dégage une petite quantité d’acide nitreux ; le liquide jaunit d’abord et passe ensuite au brun-rougeâtre, puis redevient rouge-foncé lorsqu’on l’étend d’eau. Cette dissolution est très corrosive ; elle teint en noir les matières animales et cristallise par l’évaporation. On décante et on verse de nouvelle eau régale jusqu’à quatre reprises sur le résidu non dissous : enfin après avoir séparé le résidu noir qui résiste à l’action de l’acide, on verse dans la liqueur une solution d’hydrochlorate d’ammoniaque : il se forme un précipité jaune-orangé; on lave ce précipité, et. lorsqu’il est sec on lé fait chauffer lentement jusqu’au rouge dans un creuset de porcelaine. La poudre qui reste dans le creuset est le platine presque pur. On achève de le purifier en le dissolvant de nouveau dans l’eau régale et en le traitant de la même manière. Si l’on chauffe au rouge ces grains enveloppés dans
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une plaque mince de platine , et si on les soumet avec précaution à l’action du marteau, ils s’unissent et se forment en lingots.
Nous avons déjà indiqué les usages du platine ; les fakricans de produits chimiques emploient des creusets, des bassines , des cornues de ce métal ; ces vases, regardés quelque temps comme inattaquables par tous les agens chimiques , sont rapidement perforés par les nitrates alcalins, la potasse, la soude’, le phosphore et plusieurs substances métalliques, telles que le plomb , le fer.
Le platine peut s’unir au bore, au phosphore , au chlore , au soufre , à l’iode, et peut former des alliages avec la plupart des métaux que nous avons examinés : le seul qui présente quelque intérêt est celui qu’d forme avec le cuivre. Cet alliage est ductile , dur, susceptible de prendre un beau poli et de se conserver sans se ternir : on l’a employé avec avantage pour les miroirs de télescope. Strauss a proposé un procédé pour mettre sur les vases de cuivre une couche de platine au lieu de celle d’étain qui en forme l’étamage. Ce procédé consiste à frotter un amalgame de platine Sur le cuivre et à l’exposer ensuite à une chaleur convenable.
Oxides. Le platine s’unit à l’oxigène en deux proportions : le protoxidc est noir, le peroxide est brun-foncé ou gris. Le premier s’obtient en versant une dissolution neutre de mercure dans une faible dissolution d’hydrochlorate de platine: le précipité jauneverdâtre est un mélange de protoxidc de platine et de protochlorure de mercure; ce précipité, chauffé au point de volatiliser le protocldornre , donne pour rc- ’ sidu une poudre noire, qui est le protoxidc. Le second paraît être un Iritoxidc , mais son existence n est pas exactement démontrée.
Pi. atin e fui.m iv ant. L’ammoniaque, par sa combinaison avec le dculoxidc de platine, forme un nmmoniure fulminant insoluble dans l’eau , décomposable par le
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soufre et les acides : on le préparé ordinairement en décomposant par la potasse l’hydrochlorate de platine et d’ammoniaque. Ce produit est different du fulminate de platine qui s’obtient par un procède analogue a celui dont nous avons parlé pour le fulminate d argent.
Sels Je Platine.
Hvdrochlorate de platine. Le platine spongieux traité par l’eau régale donne un liquide brun-rougeatre qui n’a pas d'usage dans les arts, mais que I on emploie dans les analyses pour distinguer les sels de potasse des sels de soude. (Voyez Sels de potasse. )
Propriétés caractéristiques et réactifs des secs