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DE L’OR ET DE SES COMPOSÉS

Ce métal est peut-être le plus anciennement connu ; son éclat, son existence à l’état natif, tout porte à croire qu’il dut frapper de bonne heure les regards de l’homme : aussi l’époquc de sa découverte remonte aux siècles les plus reculés. Pes. ic),3 : l’or est jaune, ductile, malléable; inaltérable, soit qu’on l’expose à l’action de l’atmosphère ou à celle de la plus forte chaleur produite par nos fourneaux; les miroirs ardens ou un courant de gaz oxigène le gazéifient. Il exige pour entrer en fusion une température de 32° de Wedgewood ; fondu, il est alors d’un vert-bleuâtre. Les acides sont sans action sur lui. On ne connaît les limites ni de sa malléabilité ni de sa ductilité ; pour lui donner toute l’extension dont il est susceptible, les batteurs d’or le roulent en feuilles très minces dans des peaux ou membranes d’animaux et le soumettent au martelage : on a trouvé, d’après le poids et la mesure de la

a5a OR.

feuille d’or la mieux travaillée, qu’un grain suffisait pour couvrir 56 pouces carrés , et il résulte de la pesanteur spéeilique du métal, d’après cette estimation, que la feuille a 1/282,000 de pouce d’épaisseur : l’or serait même encore susceptible de s’étendre davantage, puisque pour le durcir on lui ajoute trois grains de cuivre par once d’or : sans celte précaution il s’échapperait à travers les pores des peaux nouvelles ; si celles que l’on emploie sont vieilles on ajoute jusqu’à douze grains par once. Le fil d’or dont ou se sert dans la fabrication de la deutelle se fait avec un lingot d’argent que l’on a doré : ainsi connaissant le diamètre du fil, sa longueur et la quantité d’or employée, on détermine par le calcul que la dorure n’a que le douzième d’une feuille d’or d’épaisseur : et cependant l’œil ne peut apercevoir avec le microscope la plus légère solution de continuité.

L’or existe à l’état natif, combiné au soufre , allié à plusieurs métaux : il s’extrait de la mine par plusieurs procédés: s’il est natif et en petits grains, on bocarde et on lave la mine, puis on allie l’or au mercure qui le dissout; ce dernier en est séparé par la volatilisation. Si le minerai est un mélange d’or et de sulfures métalliques, le procédé est plus compliqué : on grille à plusieurs reprises le minerai peu riche, puis on le broie avec du mercure ; on chasse ce dernier par la sublimation et l’on obtient non de l’or pur mais un alliage d’or et d’argent. Le procédé par lequel on sépare ces deux métaux s’appelle départ.

Cette opération est fondée sur l’inaltérabilité de l’or par les acides sulfurique et nitrique. On s’assure par un essai préparatoire si l’or contient trois fois son poids d’argent ; si cette quantité n’existe pas on ajoute le surplus ; on fond et on coule en grenailles : on traite cet alliage par son poids d’acidc nitrique bouillant , en renouvelant cette opération deux ou trois fois ; enfin on traite le résidu par l’acide sulfurique à 66°. L’or est ainsi séparé de tout l’argent qu’il pouvait contenir :

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