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VERRE

quité, a été l’objet des recherches d’un grand nombre de sa vans modernes: Schëele , Bergmann, Darcet, s’en sont occupés. M. Baslenaire en a faille sujet d’un traité particulier ; nous renvoyons à cet auteur pour les détails des procédés à suivre dans l’art de la verrerie. Nous rappellerons seulement que l’on fabrique cinq espèces de verre : i° verre de plomb ; 20 verre de glace ou de soude pure ; 3° verre à vitre , première qualité ; 4° verre à vitre grossier ; 5° verre de bouteilles ou verre vert grossier.

Le verre de plomb se compose de :

Sable purifié parties 100

Minium ou plomb rouge — 80

Perlasse purifiée — 3o

Pour corriger la couleur verte qui vient de la matière combustible, on ajoute un peu d’oxide noir de manganèse et quelquefois du nitre et de l’oxide blanc d’arsenic. La fusion s’opère complètement dans l’espace de trente heures. Ce verre est employé à faire les lustres, les flambeaux et autres objets de cristal.

Le verre de glace. On emploie comme flux, dans la fabrication de ce verre, du carbonate de soude, qu’on obtient en décomposant le sel commun par la perlasse.

Les proportions sont généralement :

Sable pur 100

Sous-carbonate de soude sec . 45

Chaux vive pure 1 a

Fragmens de verre de glace 100

On peut obtenir de cette composition environ soixante-dix parties de bon vf rre de glace.

Verre de vitre, première qualité. On fabrique ce verre avec du sable vitrifié par la barille ou soude impure obtenue de l’incinération des plantes marines ; les proportions de ces deux substances varient, mais en

a6S VERRE,

général s’écartent peu dessuivanlès :

Sable purifié ioo

Soude assez pure. . i5o

Pour la fabrication du cristal ou du verre à gobelctterie blanche, on remplace la soude parla potasse : la première donnant toujours une teinte verte au verre.

Verre a vitre grossier. Ce verre se fait avec un mélange de lessive des savonniers, de soude et de sable. Le premier ingrédient sc compose de la chaux qu’on emploie pour rendre l’alcali caustique, d’une dertaine quantité de sel et d’eau , le tout réduit en paie. Les proportions varient nécessairement , celle de deux de lessive des savonniers, d’une de soude et d’une de sable, forme un assez bon verre à vitre.

Verre a bouteille. 11 se fabrique avec la lessive des savonniers et du sable de rivière mêlés dans des proportions que la pratique détermine. Du sable ordinaire, delà chaux, un peu d’argile commune et du sel marin forment un mélange peu coûteux. La couleur verte est due aux oxides métalliques.

Depuis quelque temps on a reconnu que le sulfate de soude pouvaitdans la fabrication du verre remplacer les sous-carl ouates de soude et même de potasse employés jusqu’alors.

Quelle que soit la composition des v erres que l'on veut obtenir, les mélanges sont soumis à une chaleur très élevée ; il s’opère une combinaison de la silice avec la soude, la potasse ou la chaux employées ; les acides carbonique ou nitrique sc dégagent : le mélange porté à l’état de fusion pâteuse est soufflé au moyen de longs tubes de fer , et prend toutes les formes sous lesquelles le verre est employé. Soufflé par le verrier en longs cylindres d’un diamètre parfaitement égal, le verre est coupé dans sa longueur avec une pointe de diamant, puis remis au four dans une position horizontale ; la chaleur le dilate, lui fait abandonner sa courbure, et l’on obtient un corps plan, cmnlové au vitrage.

VERRES COLORÉS. atig

Lorsqu’on laisse tomber clans 1 eau froide une goutte de verre en fusion , elle a la propriété singulière d^c— dater en petits morceaux : celte goutte , qu ou distingue alors par le nom de goutte du prince Robert , ressemble à la fiole philosophique qui est^ un petit globule de verre refroidi spontanément à l’air. On sait que les larmes de verre, connues sous le nom de larmes bataues , ne sont autre chose que des gouttes de verre fondu qu’on a laissé tomber dans l’eau, et qui n’ont pas éprouvé l’effet dont nous avons parlé plushaut ; il suffit de casser la pointe d’unede ces larmes pour la faire éclater et la réduire en poussière. Il est probable que les dimensions de la surface extérieure subitement refroidie restent plus grandes qu’il ne convient à l’enveloppe exacte de la partie intérieure.

Verres colorés. La plus ancienne méthode de peindre sur verre était très simple : elle consistait dans un arrangement symétrique de morceaux de verre de diverses coideurs qui formaient des espèces de mosaïques. Plus tard les dessins devinrent plus réguliers : on représenta des figures avec des clairs et des ombres. On traçait le contour des figures avec du noir, et on remplissait le milieu avec des couleurs préparées à l’eau. Pour les carnations, on se servait de morceaux de verre rouge sur lesquels on traçait les principaux traits de la face avec du noir. Par la suite , le goût pour ces sortes de peintures s’étant répandu, on perfectionna cet art et on s’en servit à l’ornement des églises et des palais : on trouva le moyen d’incorporer les couleurs dans le verre en lui faisant éprouver lorsqu’il en était revêtu une légère fusion. Un peintre français de Marseille a donné les premières notions de ces procédés, dans un voyage qu’il fil à Rome sous le pontificat de Jules II. Albert Durer et Lucas de Leyde furent les premiers qui portèrent cet art à la perfection. L’emploi de ces procédés a éprouvé de grandes interruptions ; el même, selon quelques auteurs, ils ont été entièrement perdus ; ils paraissent retrouvés aujourd’hui.

a7o ÉMAUX.

Les verres de couleur que l’on fait maintenant sont des verres ordinaires auxquels on ajoute dans la fabrication un oxide colorant. Ces verres s’emploient quel- -quefois comme verre à vitre ou pour imiter les pierres précieuses : ce ne sont réellement que des verres de plomb diversement colorés. Je renvoie plus bas à la coloration des émaux par les oxides métalliques.

Art de l’émailleur. L’art si élégant et si délicat de l’émailleur consiste à recouvrir la porcelaine, les métaux , etc., d’une couche mince, unie , de matière vitrifiable transparente , ou opaque , ou colorée , et quelquefois enrichie de dorures , de dessins , de figures, etc. Cet art se divise en deux branches : la fabrication des émaux opaques et celle des émaux transparens.

Emaux opaques. Ces émaux; se fabriquent presque toujours en calcinant ensemble un mélange de 100 parties de plomb, de i5 à 5o parties d’étain ; broyant à l’eau les oxides, puis calcinant cette potée avec le sable et le sel marin, dans la proportion de quatre de potée , de quatre de sable et d’une de sel marin : quelquefois on remplace le sel par huit parties de sous-car bonate de potasse pur : le mélange mis dans un creuset est chauffé dans un four jusqu’à ce qu’il éprouve une demi vitrification : c’est ainsi qu’on obtient l’émail blanc opaque ; il est d’autant plus fusible qu'il contient plus de sable , de sel , et d’autant plus opaque qu’il contient plus d’étain. Ces émaux sont employés pour faire les platines d’horloges, démontrés, etc.

Emaux transparens. Ils servent à orner des boîtes et autres objets de bijouterie. On les colore par les oxides suivons :

En bleu, par l’oxide de cobalt.

En vert, mélange d’oxide de fer et de cuivre, oxide de chrome.

En violet, l’oxide de manganèse.

En rouge, mélange d’oxide de manganèse et de précipité pourpre dcCassins.

Fn poürprc , L’oxide d’or.

En blanc, les oxides d’arsenic et de zinc.

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