OXIDES MÉTALLIQUES
ment le pouvoir d’absorber l’humidité , devient une espèce de biscuit poreux et peut recevoir le vernis ou la couverte : celle-ci se fait en mêlant dans l’eau, jusqu’àce que le mélange ait acquis la consistance de crème, environ 1 12 livres de blanc de plomb, (carbonate de plomb), 24 livres de silex pulvérisé et 6 livres de verre réduit en poudre line : quelques manufacturiers suppriment le verre et mêlent 80 livres de blanc de plomb à 20 de silex pulvérisé; aujourd’hui on ajoute du feldspath (voyez plus loin porcelaines), du borax (borate de soude), de l’oxidc de cobalt ; le dernier composé donne au vernis un reflet bleuâtre agréable à l’œil : enfin d’autres, fabricans emploient sans doute tics recettes différentes qu’il estdifficile de connaître. On plonge la pièceà vernir dans le mélange ; la liqueur pénètre dans tous les pores et quand la poterie est sèche on l’expose de nouveau au feu , la couverte se fond et forme une couche vitreuse sur toute la surface. La couleur de ce vernis est plus ou moins jaune , suivant que l’on a employé une proportion plus ou moins grande de plomb. Ce métal est le principal agent dans la confection des couvertes, car il est , de toutes les substances connues , celle qui jouit nu plus degré de la propriété d’opérer la vitrification des corps avec lesquels il est mêlé. Le silex donne de la consistance au métal pendant que la vitrification s’opère; et empêche ce dernier de devenir trop fluide , de couler le long des côtés de la poterie, et par conséquent de laisser ces places non révêtues. La couleur jaunâtre que donne le plomb lorsqu’il se vitrifie avec le silex, peut être modifiée et même complètement changée par l’addition d’une certaine
Îfuantité de quelqu’autre subslance minérale. Les aïences du Piémont, de Faënza en Italie, de Ncvers, appartiennent à cette section.
Les faïences fines ou terres de pipe ont une pâte blanche quelquefois jaunâtre, opaque, fine, homogène : elles se fabriquent avec beaucoup plus de soin que les précédentes. L’argile et le silex que l’on em-
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ploie doivent être plus purs, incolores et surtout exempts d’oxide de fer et d’autres métaux. On agite pendant long-temps celte argile dans l’eau ; les parties les plus fines restent en suspension, tandis que le sable et les autres impuretés se précipitent : on passe le li — quide épais à travers les tamis de crin et de linon dont nous avons parlé ; puis on le mêle en proportions diverses, pour les différentes espèces de fayence, avec une autre liqueur à laquelle on donne autant que pos*sible la même densité, et qui se compose d’eau et de silex tenu en suspension. On opère ensuite comme nous l’avons vu précédemment , et lorsque la liqueur a acquis du corps on la façonne en assiettes, plats , bols , etc. Lorsque la fayence ainsi préparée est bonne à être portée au four, ou en place les différentes pièces dans des étuis d’argile qu’on nomme gazettes , et qu’on empile les unes sur les autres; on allume le feu , et: quand la fayence a acquis la dureté convenable, ce qui a lieu en général après 4o heures, on lui applique une couverte au moyen du sel marin ; on jette le sel dansle fourneau à travers plusieurs trous pratiqués à sa i partie supérieure : la chaleur le convertit aussitôt en une vapeur épaisse, qui se répand, circule dans tout l’intérieur du fourneau, pénètre dans les gazettes, et forme, en s’attachant à la surface de la pièce, cette couche vitreuse qui constitue sa couverte. Souvent le vernis est une matière vitreuse verdâtre obtenue en fondant un mélange d’oxide de plomb, de potasse et de silex : ce mélange est broyé, suspendu dans l’eau ; on y plonge la pièce à vernir et on remet au four.
Des porcelaines, La porcelaine est une espèce de fayence demi-vitriûée que l’on prépare avec une argile particulière appelée kaolin ou terre à porcelaine. Cette argile diffère des précédentes par la propriété qu’elle possède de donner une pâte qui devient translucide par l’action du feu. On distingue dans le commerce trois espèces de porcelaines : celle de Chine , de Saxe , de France, et particulièrement celle de Sèvres.
PORCELAINES. a C>5
L’art de fabriquer la pureelaine est l’un cîc ceux dans lesquels les Orientaux nous ont devances. La première porcelaine que nous ayons vue venait du Japon et de la Chine : la blancheur, la transparence , la finesse de cette poterie , qui devint bientôt l’ornement des tables somptueuses, excitèrent l’admiration et l’industrie européennes. Un missionnaire à la Chine donna le procédé que suivent les habitans de ce pays : ils la font , selon lui , avec deux substances, dont l’une est une roche ou pierre dure qu’ils appellent pétunzé et qu’ils réduisent en pondre ; l’autre qu’ils nomment kaolin est une substance blanche , argileuse qu’ils mêlent intimement avec le pétunzé. L’on ne tarda pas à reconnaître que l’on possédait en Europe les matières nécessaires, et après plusieurs essais l’on réussit à naturaliser parmi nous cette fabrication.
L’argile kaolin se compose généralement de
40 à 44 d’alnraine.
5o à 56 de silice.
O11 constate les quantités de silice et d’alumine que renferme un kaolin naturel par le procédé que j’ai indiqué plus haut. Lorsqu’un kaolin peut être classé dans les limites que je viens de donner , il est propre à . la fabrication de la porcelaine ; cependant s’il ne renferme pas toute la matière dégraissante nécessaire, on l’unit, en France au feldspath, en Saxe à une roche appelée bleyspatb, qui ne contient pas de chaux. Ces matières soumises aux opérations indiquées pour la fayence donnent une pâte vitreuse demi — transparente , fine et très compacte : la chaleur du four est plifs forte que pour les poteries ordinaires. La couverte se compose de feldspath , bien exempt d’oxides métalliques, broyé et tenu en suspension dans l’eau. On y plonge le biscuit poreux et on le reporte au four où il supporte une longue et forte chaleur.
a 66 VERRE.
Les pâtes de Paris, de Limoges , etc., etc., se composent de
Kaolin non lavé 80 Feldspath ao
ioo
la pâte de la manufacture royale de Sèvres renferme
Kaolin argileux lavé 64 Fondant 36
ce fondant contient
Craie 6
Sable qnartzeux 10
Sable du lavage du kaolin 20
Les porcelaines de la Chine sont plus transparentes que les nôtres ; mais celles d’Europe et particulièrement celles de Sèvres , supportent mieux les cbangemens de température et sont bien supérieures parla beauté et la pureté de leurs dessins. Ceux qui voudront plus de détails sur les arts céramiques , pourront consulter M. Bastenaire d’Audenard, Arts de fabriquer la porcelaine et les diverses faïences.
Verre. Nous avons vu ( histoire de la silice) que si l’on soumet à une forte chaleur un mélange formé de potasse et de silice , cette dernière joue le rôle d’acide, et que le composé est un silicate de potasse soluble dans l’eau et décomposablc par les acides si la proportion de potasse est considérable : cette solubilité diminue à mesure que la quantité de potasse est plus faible ; le même effet a lien si l’on remplace la potasse par la soude ; -enfin le résultat est insoluble et peut se couler en un verre transparent, inaltérable à 1 air, si l’alcali n’est environ que le tiers du silex employé : tel est le fait qui sert de base dans l’art de fabriquer le verre ; cet art, qui fut connu dès la plus haute anti-