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Formation. — L'éther ordinaire se forme

1° Au moyen de l'alcoolate de soude et de l'éther iodhydrique :

CTOaO^ + C'H'* (HI) = CMt'* [ÇJ^WO^) + Nal.

2" On peut aussi faire agir la potasse ou la soude, simplenient dissoutes dans l'alcool, sur les éthers chlorhydriquc, bromhydrique, iodhydrique. La réaction est la même. La proportion d'éther formé renferme deux fois autant de carbone que l'éther bromhydrique employé, ce qui démontre que les éléments de l'alcool employé comme dissolvant interviennent dans la réaction:

C^HHHBr) + C*H«02 + KO, HO = CW(C*H60«) -f KBr + H^O^.

PRÉPARATION ET PROPRIETES DE L'ETIIER. 211

3° La réaction des alcalis ou des oxydes sur certains éthers composés forme aussi de l'éther ordinaire, même sans le concours de l'alcool. Par exemple, la potasse aqueuse décompose très-lentement à 120° l éther bromhydrique, avec production d'éther ordinaire :

2C*H*{nBr) 4- 2(K0,H0) = C^H*(G*H«02) + 2KBr + IPOK

On peut admettre que cette réaction rentre dans la précédente, l'alcool se formant d'abord et réagissant à mesure sur le reste de l'éther bromhydrique, avec le concours de l'alcali.

Lapotasse et l'éther nitrique fournissent à 100°soitde l'alcool, soit de l'éther, suivant que la potasse est diluée ou concentrée (p. 196).

L'oxyde d'argent et l'éther iodhydrique à 100° fournissent assez rapidement de l'éther ordinaire et de l'iodure d'argent.

4" On obtient encore l'éther ordinaire en faisant agir sur l'alcool : l'acide sulfurique, l'acide phosphorique, l'acide arsénique l'acide chlorhydrique, le chlorure de zinc ou divers autres chlorures métalliques, enfin le chlorure de calcium, le chlorure de strontium (vers 400°), le chlorhydrate d'ammoniaque (vers 400«), etc.

La théorie de ces réactions est fondée sur une suite de doubles décompositions, analogues à celles qui ont été signalées plus haut.

§ 3. — Préparation et propriétés do l'ctber.

1. Préparation. — Onfaitréagir l'acide sulfurique éteiidu de 2 équivalents d'eau sur l'alcool ordinaire; on porte le mélange d'acide etd'eau vers 140°, température de son ébullition, et on laisse tomber l'alcool goutte à goutte, de façon à maintenir la température à peu près constante. L'alcool se décompose ;\ mesure en ea*u et en éther, et le tout passe à la distillation. On le recueille dans un récipient bien refroidi. L'acide sulfurique peut éthérifier des quantités trèsconsidérables d'alcool : cependant il finit par s'altérer et noircir.

Le produit distillé est un mélange d'éther, d'eau, d'acide sulfureux, d'alcool, etc. On l'agite avec son volume d'eau, qui dissout l'alcool; l'éther surnage. On le décante, on le met en contact avec un lait de chaux et l'on distille au bain-marie. Si l'on veut enlever toute trace d'eau et d'alcool, on doit rectifier sur du chlorure de calcium et finalement sur du sodium.

2. Propriétés physiques. — L'éther est un liquide très-mobile et très-volatil, doué d'une saveur brûlante et fraîche; sa vapeur répand une odeur très-pénétrante et caractéristique. La densité de l'éther àO" est 0,736. Il bout à 33°.

212 LIVRE Iir. - CHAPITRE V^ - ÉTIIERS.

L'élher est soluble dans 10 parties d'eau environ, et l'éther dissout un soixantième de son volume d'eau.

Il se mole avec l'alcool. 11 dissout en petite quantité le soufre et le phosphore, mais abondamment l'iode, le brome et les chlorures fcrrique, aurique, mercurique, platinique. Agité avec les solutions aqueuses de ces chlorures, il en enlève une partie à l'eau. Il dissout abondamment les matières grasses, les résines, les carbures, certains alcalis : cette propriété le rend souvent très-utile en analyse organique. La plupart des sels inorganiques sont insolubles dans l'éther.

L'éther des pharmaciens est toujours mélangé d'alcool, ce qui modifie ses propriétés dissolvantes. Par exemple, il dissout le tannin et le coUodion, corps insolubles dans l'éther pur.

3. Quelques remarques sur les propriétés de la vapeur d'éthcr. Elle est extrêmement inHammable; d'ailleurs elle est lourde et se répand facilement dans l'air, avec lequel elle forme un mélange détonant. On peut mettre de l'éther dans un verre, et l'enflammer à distance, en plaçant une allumette dans le courant d'air qui emporte la vapeur. Aussi l'éther est-il souvent la cause d'accidents redoutables. Il ne doit jamais être manié au voisinage d'une lumière ou d'un foyer.

L'eau n'éteint pas la flamme de l'éther, car l'éther surnage et prend presque aussitôt l'état gazeux. Cependant l'éther est moins inflammable que certains autres liquides volatils, tels que le sulfure de carbone. En effet, un charbon rouge de feu n'enflamme pas l'éther, tandis qu'il allume immédiatement le sulfure de carbone. t)n peut même rouler un charbon rouge de feu dans l'éther, de façon à en éteindre la surface, puis s'en servir encore pour enflammer le sulfure de carbone.

§ {.. — Réactions do Pcther.

1 . Chaleur.— VélhcT ne commence à se décomposer que vers 450". Au rouge sombre, il fournit de l'aldéhyde, de l'éthylène, de l'eau,

de l'oxyde de carbone.

Au rouge vif, on obtient de l'eau, de l'oxyde de carbone, de l'éthylène, de l'acétylène, du gaz des marais, du charbon, etc. La progression de ces réactions est la même qu'avec l'alcool (V. p. 164).

2. Hydrogène. — L'hydrogène naissant, c'est-à-dire l'acide iodhydrique, change l'éther i 280" en hydrure d'éthylène :

§ 4. — RÉACTIONS DE L'ÉTIIER. m

3. Oxygène, i" Si l'on enflamme un mélange de vapeur d'éther avec nu excès d'oxygène, il y a production d'eau et d'acide carbonique, avec une violente explosion :

C8H100» + 120' = iC'-O'' + 5H«02.

2° Cette même vapeur, enflammée dans une éprouvette au contact de l'air, donne naissance à une grande quantité d'acétylène.

3'^ A froid l'oxygène de l'air agit lentement sur l'éther, surtout s'il est humide, et produit de l'aldéhyde, de l'éther acétique, de l'acide acéliqne, etc.

4° Cette oxydation est singulièrement activée par la présence du platine, comme le montre la lampe sans flamme.

L'éther qui a éprouvé un commencement d'oxydation, jouit d'une façon très-marquée de la propriété de servir d'intermédiaire à certaines oxydations, comme le fait l'essence de térébenthine (p. d33). Celte circonstance et la présence de l'acide acétique rendent incommode et môme dangereux, dans les applications médicales, l'éther qui a subi un commencement d'altération.

5" Les acides suroxygénés et les peroxydes agissent sur l'éther comme sur l'alcool.

4. Chlore. — Le chlore attaque l'éther avec une grande violence. En refroidissant à l'avance ce liquide, on obtient une série de produits de substitution, tels que :

1" L't'fhe}^ bichloré, C^IPCPO". Ce corps- bout entre 140" et 147". Les alcalis le décomposent en alcool et acide acétique :

C8H«CP02 -{- oKHO^ = Cm^{UW-) + C'H'KO' -f 3KC1 + H-'O^

2° L'éther quadrichloré, C^H^d'^O^;

3' L'éther perchloré, CCP^Q-. Ce corps cristallise en octaèdres à base carrée; il est fusible à 69". La chaleur le dédouble en chlorure, d'éthylène perchloré et aldéhyde perchloré :

C8Clioo2=C»Cl«-l-C»Cl*02.

Chauffé avec une solution alcoolique de monosulfure de potassium, il perd 4 équivalents de chlore et se change en Chloroxéthose : C»C1''0\ corps oléagineux qui bout à 210", et régénère Léther perchloré sous l'influence du chlore.

5. Métaux aica lins. — Ces métaux n'attaquent l'éther que lentement et avec difflculté; l'action s'arrête bientôt d'elle-même.

Les alcalis hydratés sont sans action sur l'éther. même ;\ 100". Vers 250", ils le changent en acétate, comme l'alcool.

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