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LIVRE IIP. ~ CHAPITRE IX». - GLYCÉRINE

Le suc pancréatique produit en quelques heures et avec plus de netteté la séparation des corps gras neutres en acides gras et glycérine.

4. L'alcool opère à la longue et à une haute température une décomposition partielle des corps gras, avec formation d'éthers, comme il a été dit plus haut; mais cette réaction est limitée par l'action mverse de la glycérine.

En faisant intervenir l'acide chlorhydrique, le déplacement de la glycérine par l'alcool est plus facile.

Opère-t-on en présence d'un alcali, employé en proportion insuffisante : la glycérine est encore mise en liberté, avec formation simultanée d'un sel et d'un éther :

C6H2(C36H3SO*)3+ aC^HHH^O^) + KO, HO = C^m^W+ 2C^H*(C3«H360*)+C6H2{H20«)3.

5. L'action de l'ammoniaque sur les corps gras neutres est comparable à celle qu'elle exerce sur les éthers. Il se forme un amide, avec régénération de glycérine; soit la benzoycine :

Quelques mots maintenant sur les réactions des glycérides, dans lesquelles la glycérine est détruite : telles sont l'action de la chaleur et celles des agents oxydants ou réducteurs.

6. Chaleur. — Un certain nombre de glycérides, tels que les chlorhydrines, les bromhydrincs, les acctines, peuvent être distillés sans altération, dans les conditions ordinaires. On peut peut même volatiliser sans altération la plupart des corps gras naturels, en opérant dans le vide barométrique et sur de très-petites quantités.

Mais c'est là un résultat exceptionnel. En effet, si l'on soumet les combinaisons glycériques à l'action de la chaleur, sous la pression atmosphérique, et si l'on dépasse une température de 300 à 320°, la plupart de ces combinaisons se décomposent avec formation d'acroléine, C^H*0\ d'acides gras libres et de divers produits empyreumatiques, dérives soit de la glycérine, soit des acides gras. Ceux-là seuls résistent, qui peuvent être distillés au dessous de cette température. 11 y a plus, les combinaisons chlorhydriques et bromhydriques ne peuvent guère être portées au-dessus de 230° sans se détruire.

7. Chaleur et alcalis. — Si l'on fait concourir l'action des alcalis avec celle de la chaleur, en opérant à une température supérieure à 200°, deux cas sont à considérer : ou l'alcali employé est hydraté, ou bien il est anhydre. S'il est hydraté, on rentre dans l'action de l'hydrate de potasse sur l'acide gras d'une part, sur la glycérine

§ 6. — DÉCOMPOSlTlOiNS DES GLYCÉRIDES. 271

(le l'autre. S'il est anhydre, son premier effet se borne à décomposer le corps gras neutre, en formant un sel avec l'acide gras. Quant à la glycérine, elle ne rencontre pas les éléments de l'eau nécessaires à sa manifestation ; une portion se forme cependant, mais aux dépens du reste, qui éprouve une destruction complète.

8. Oxydants et réducteurs. — L'action des'agents oxydants sur les corps gras neutres n'a été étudiée que vis-à-vis des composés formés par les acides gras fixes. Dans ce cas, on obtient les produits d'oxydation de ces acides, avec lesquels viennent se confondre les produits plus simples de l'oxydation de la glycérine, tels que les acides oxalique, formique, etc.

Quant aux autres métamorphoses des corps gras, et spécialement à l'action des agents réducteurs, elles se réduisent en principe à l'action des réactifs sur les deux générateurs des corps gras neutres.

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