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FORMATION DE CES COMBINAISONS

7. Polyqhjcérides. — Ce sont les composés formes pyr l'union de 2, 3, (i équivalents de glycérine avec 1 ou plusieurs équivalents d'acide. Us sont formés par l'union des monoglycérides, envisagés comme alcools, avec un ou plusieurs équivalents de glycérine qui complètent lasaturaturation desdits alcools. On n'insistera pas sur ces composés.

8. Acides bibasique'!. — Les combinaisons formées par les acides monobasiques et la glycérine sont les types.de tous les autres. Soit en efïet un acide bibasique, tel que l'acide succinique, G^IFO*; cet acide représente dans les réactions 2 molécules monobasiques, intimement unies et inséparables. A ce titre; il formera d'abord trois composés neutres, obtenus par l'union de 2 équivalents de glycérine avec 1, 2, 3 équivalents d'acide succiniquo. Le deuxième et le troisième équivalent bibasique pourront d'ailleurs être remplacés chacun, soit par 1 ou 2 équivalents d'un autre acide bibasique, soit par 2 ou 4 équivalents d'un acide monobasique :

Dibutyrosulfurine. . . . ceRs^Wo^) (WO*) 1

Un acide bibasique uni avec 1 seul équivalent de glycérine engendre des composés acides, monobasiques, bibasiques ou tribasiques, suivant les proportions d'acide.

Acide glycérisulfurique C«H-^(H20^)(H202)(S2H208) mouobasique,

Acide giycériditarlrique CeH-XtFO^) (C8H60i2XG8H«0>2) bibasique.

Acide iglyccritritartrique. ... CT^lCSHeO'-) (C8H60i2)(C8H«Oi^) tribasique.

Les corps de ces diverbcs séries jouent encore le rôle d'alcools, quand la saturation de la glycérine est incomplète : à ce titre, ils peuvent s'associer entre eux et donner lieu à une multitude indéfinie de combinaisons complexes.

9. Les acides tribasiqucs, quadribasiques, etc., engendrent des glycérides analogues, mais dont la théorie indique la complication croissante.

§ 5. — Forniuition de ces coiublnaisons.

1. Les combinaisons de la glycérine avec les acides s'obtiennent par l'union directe de leurs deux principes composants, acide et glycérine; cette union s'accomplit sous l'influence d'un contact prolongé en vases clos, avec le concours d'une température plus ou moins élevée.

268 LIVRE m*. - CHAPITRE IX'. — GLYCÉRINE.

L'union a déjà lieu à froid, mais avec une lenteur extrême. Plus i-apide à 100", elle s'effectue surtout vers 200".

En présence d'un excès de glycérine et d'un acide monobasique, on obtient surtout les corps de la première série : monostéarine, monobenzoycinc, etc. Une nouvelle réaction de ceux-ci sur les acides fournit surtout les corps de la deuxième série. Enfm ces derniers, traités à 200° par un grand excès d'acide, engendrent les corps de la troisième série.

2. Lcséthers chlorhyûriques de la glycérine doivent être préparés à une température plus basse, parce que les hydracides changent la glycérine en composés condensés vers 200°. On obtient mieux encore ces éthers chlorhydriques au moyen du perchlorure de phosphore; soit la dichlorhydrine :

C«H«06 + 2PC1S = CTieCl^O^ + + 2HC1.

3. Les glycérides formés par 2 acides se produisent toutes les fois que l'on fait agir sur la glycérine deux acides à la fois. Ainsi la butyrochlorhydrine se produit par la réaction de l'acide chlorhydrique sur un mélange de glycérine et d'acide butyrique; la dibutyrosulfurine, par la réaction du même mélange sur l'acide sulfurique, etc. Les acides chlorhydrique et sulfurique ne peuvent donc pas être employés comme auxiUaires dans la préparation des glycérides, ainsi qu'ils l'ont été dans la préparation des éthers des alcools proprement dits (p. 175).

4. On obtient également des composés complexes, en faisant agir sur la glycérine les chlorures acides. Par exemple le chlorure acétique fournit l'acctodichlorhydrine :

5. Entre les éthers ordinaires et la glycérine on peut opérer un double échange, par réaction directe. L'éther benzoïque et la glycérine produisent ainsi de la benzoycine :

Mais la réactionne va pas jusqu'au bout, parce que l'alcool décompose en sens inverse la benzoycine, avec production d'éther benzoïque et de glycérine: entre les deux actions contraires, il se produit un certain équilibre.

— DÉCOMPOSITIONS DES GLYCÉRIDES.

§ 6. — Décompositions des glyccrides.

1. Saponification. — Les combinaisons glycériques, produites par voie de synthèse, se dédoublent dans les circonstances les plus variées en acide et glycérine, avec fixation des éléments de l'eau. La décomposition peut être elïectuée :

Par l'eau pure; dès 100" avec les corps gras à acide volatil, et A 220o avec tous les autres; soit la stéarine :

2° Par les alcalis libres ou carbonatés et par les oxydes métallique (plomb, zinc, argent, etc.) en présence de l'eau, opération qui porte plus spécialement le nom de saponification. Elle s'eflectue peu à peu à 100°, en reproduisant l'acide primitif et la glycérine, avec fixation des éléments de l'eau. En présence de la potasse ou de la soude, la saponification est précédée par la formation d'une émulsion ou mélange intime entre l'eau, Talcool et les corps gras. Voici les formules qui répondent aux séries fondamentales.

MoDostéarine.. CSH^CH^O') (H^O^) (C36H3«0*) + KO, HO = C^eH^'KO^ + C«H2(H202)3, Diacétine.. . . C''H-\ÏP02)1C*H'0*)(C'H40*) + 2(K0H0) = 2C''H3K0'^ + C«H2(H^'02)», Trisléarine.. . C6H-(C36H360*i3 + 5(K0, HO) = 5C36H3SKO* + C«H2(H20V.

C'est le sel formé entre l'alcali, ou l'oxyde métallique, et l'acide gras qui porte le nom de savon.

3° La réaction de l'eau et celle des alcalis, employées de concert, permettent de réduire ces derniers à une proportion beaucoup moindre, à la seule condition d'opérer à une température plus haute. En employant 2,5 parties de chaux pour 100 parties d'acide, en présence de l'eau, il faut chauffer à 180".

2. Les acides sulfurique, chlorhydrique etc. peuvent déterminer, comme les alcalis, le dédoublement des corps gras neutres. L'acide sulfurique concentré s'unit immédiatement aux huiles; en décomposant le produit par l'eau, surtout à chaud, on obtient les acides gras libres: c'est ce que l'on appelle la saponification sulfurique.

3. Certains ferments, agissant avec le concours de l'air humide, déterminent aussi la décomposition lente des corps gras neutres, avec mise en liberté d'acide gras et de glycérine; de là le ranciment du suif, du beurre et des huiles. Dans ce dernier cas les phénomènes se compliquent de l'oxydation de l'acide oléique et môme de celle de la glycérine.

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