ORDRE. — V' FAMILLE
3" Aux dépens du gltjcol, G*H®0*, déshydraté par 1(* chlorure de zinc.
4" Aux dépens de Vacide acétique, désoxydé par divers procédés de réduction indirecte (v. p. 391) :
5° Aux dépens des éthers de l'alcool ordinaire, oxydés dans des liqueurs acides.
6» Par la distillation sèche ou par l'oxydation de l'acide lactique:
7" Le vin, le vinaigre, le cidre, renferment souvent un peu d'aldéhyde ordinaire, formé par l'oxydation de l'alcool que ces liqueurs contiennent.
2. Préparation. — On prépare l'aldéhyde au moyen de l'alcool, du bichromate de potasse et de l'acide sulfurique étendu.
Une grande cornue contient le bichromate concassé (150 parties) ; un tube effilé s'engage dans la tubulure delà cornue; un entonnoir surmonte ce tube. Un vase à robinet permet de régler l'écoulement du mélange d'alcool et d'acide sulfurique, fait à l'avance (150 parties d'alcool, 600 parties d'eau, 200 parties d'acide). Le col de la cornue s'engage dans un récipient tubulé, surmonté d'un serpentin en fer blanc; ce vase contient de l'eau chauffée à 40 ou 50°. Latéralement et à sa partie supérieure, le serpentin communique avec une éprouvette plongée dans un mélange réfrigérant. Cette première éprouvelte est suivie d'une seconde, contenant de l'éther anhydre saturé d'ammoniaque; un tube droit et ouvert termine l'appareil. Voici la destination des diverses parties d'un appareil aussi compliqué.
r La réaction est très-vive et donne lieu à un volume considérable de gaz et de vapeurs : de là la nécessité d'une grande cornue pour éviter le débordement. Il faut d'ailleurs ajouter le mélange alcoolique goutte à goutte, en attendant chaque fois que la réaction soit calmée, avant de faire une nouvelle addition.
2° L'aldéhyde formé se dégage aussitôt, mélangé avec des vapeurs d'eau, d'alcool, d'acide acétique, d'éther acétique cl d'acétal (aldéhyde dialcoolique). Tous ces corps se rendent dans le premier récipient, où les moins volatils se condensent, tandis que l'aldéhyde demeure à l'état de vapeur dans le récipient échaulfé par la chaleur latente des produits condensés. L'aldéhyde passe donc dans le serpentin maintenu à 40" : là achèvent de se condenser l'alcool (qui bout à 78°), l'éther acétique (74°), l'eau (lOO") et l'acétal (102°), etc.
C'est seulement au delà que l'éprouvette refroidie condense l'aldéhyde, dont les dernières traces sont arrêtées par l'éther ammoniacal, en formant un composé cristallisé.
Quand on opère en grand, il est bon de faire passer un courant, de gaz ammoniacal sec dans Téther pendant toute l'opération.
A la fin, on mélange le liquide de la première éproavette avec l'éther ammoniacal de la deuxième, de façon à précipiter tout l'aldéhyde sous forme d'aldéhyde ammoniaque : C*H*0% AzH'.
On isole ce composé, on le lave avec un peu d'éther anhydre; on le sèche entre des papiers ; enfin on le décompose avec précaution dans une cornue, au moyen de l'acide sulfurique étendu, et l'on condense l'aldéhyde régénéré dans un mélange réfrigérant. On termine en le rectifiant sur du chlorure de calcium.
3. Propri>Yc5. — L'aldéhyde est un liquide incolore et très-mobile, d'une odeur sulfocante et caractéristique. Il est miscible avec l'eau, l'alcool et l'éther.
Sa densité à 0' est 0,801 ; à 20% 0,781. Il bout à 21°.
4. Réactions. — En général l'aldéhyde se comporte comme une molécule incomplète, très-prompte à s'unir à d'autres corps, à s'oxyder, à se réduire, et dès lors à servir d'intermédiaire dans les métamorphoses synthétiques. Le caractère incomplet de l'aldéhyde est d'ailleurs une conséquence de son origine, c'est-à-dire de sa formation par élimination d'un élément aux dépens de l'alcool.
Ce caractère explique les réactions par addition, effectuées sous l'influence de l'hydrogène ou de l'oxygène :
[02(— )] Qxe H2 ou 0^.
Il explique aussi les combinaisons de l'aldéhyde avec les acides et les alcools, pourvu que l'on y ajoute l'aptitude du corps résultant à perdre les éléments de l'eau, en formant une combinaison ultérieure.
5. Chaleur. — IMJne température soutenue de 160" décompose l'aldéhyde. Une petite quantité se change en alcool et en acide acétique :
2Cm*02 -1- = C*H602 -I- C*H*0'-,
cela avec le concours de l'eau engendrée par une réaction dominante, qui transforme la plus grande partie de l'aldéhyde en eau et carbures condensés de nature résineuse :
nC*H''02=(C4H2/ -1- nliW-.