ACIDE OXAf.lQUE
conslitucs presque cnlièrement par de l'oxalate de chaux. Le môme sel forme certains calculs vcsicaux, dits calculs muraux. Enfin un minéral , la humbolditc, est un oxalate de fer.
A. Préparation. — Pour obtenir pratiquement l'acide 'oxalique, on emploie trois procédés :
j" Le premier et le plus ancien consiste à le retirer directement de certains végétaux qui le contiennent à l'état salin, par exemple (les plantes du genre rumex ou du genre oxaiis. On exprime ces plantes, on clarifie le suc obtenu et on le précipite par l'acétate de plomb; on décompose ensuite l'oxalate de plomb par une quantité convenable d'acide sulfurique.
^2» Jusqu'à ces derniers temps, on préférait oxyder les sucres ou l'amidon par l'acide nitrique.
A cet effet, on prend 825 grammes d'acide nitrique, pesant i,38, pour attaquer 100 grammes de sucre, dans une cornue. On chauffe modérément; l'attaque, une fois commencée, se continue d'elle-même. On évapore ensuite la solution au bain-marie jusqu'au l\6 de son volume, et on fait cristalliser. Après avoir décanté la liqueur pour isoler l'acide oxalique formé, on l'évaporé au bain-marie de nouveau pour chasser l'acide nitrique restant; on reprend par l'eau ce résidu et on le fait recristalliser. On a ainsi une nouvelle quantité d'acide oxalique; on obtient en tout 60 grammes d'acide oxalique.
3" Depuis quelques années, on a préféré un nouveau procédé, fondé sur l'oxydation des ligneux ou de l'amidon par l'hydrate de potasse ou de soude en fusion.
L'acide préparc soit par l'acide nitrique, soit par les alcalis est suffisamment pur pour les besoins de l'industrie ; il retient cependant, en général, une petite quantité de matières étrangères, principalement d'alcali (sous forme saline), dont il est indispensable de le débarrasser quand on veut l'employer pour le dosage des alcalis dans 1 analyse. Le procédé de purification le plus simple consiste à le sublimer avec précaution dans une grande cornue. Une partie se déconq^ose en produits gazeux, à lafaveur desquels le reste se volatilise.
Il ne reste plus qu'à faire recrislalliser le produit sublimé, afin de le débarrasser d'un peu d'acide formique qu'il peut contenir.
5. Propriétés. — C'est un corps solide, cristallisant bien, surtout dans de l'eau aiguisée d'acide nitrique. Il contient 4 équivalents d'eau de cristallisation. A 100», sa formule est G*lPO\
Sa densité à 4° est 1,C4; à 0" il se dissout dans 27 parties d'eau; à 20" dans 10 parties; à 100' il fond dans son eau de cristallisation. Il est soluble dans l'alcool.
462 LIVRE V^ — CHAPITRE IIF. — ACIDES POLYBASIQUES.
L'acide oxalique décompose les carbonates. Il est vénéneux à la dose de O'^'o.
11 précipite les sels calcaires en solution étendue et même le sulfate de chaux, en f ormant un sel insoluble dans l'acide acétique, mais soluble dans l'acide chlorhydrique : ce sont là des propriétés spécifiques.
6. Réactions. — Chaleur. — Soumis à l'action de la chaleur, l'acide oxalique commence à se décomposer un peu au-dessus de 100°. Vers 188", la décomposition s'eflectue à une température à peu près fixe, avec production d'eau, d'acide carbonique, d'oxyde de carbone et d'acide formique; une partie de l'acide se sublime sans altération.
Chauffé avec l'acide sulfuriquc, il produit de l'acide carbonique et de l'oxyde de carbone:
Chauffé avec la glycérine, il produit de l'acide carbonique et de l'acide formique :
C^ÏPOs = C^O* + C-'H20''.
7. Oxygène. — Il s'oxyde sous l'influence des oxydants (acide nitrique, hydrate de potasse), et passe à l'état d'acide carbonique :
Il décompose les sels d'or et ramène l'or à l'état métallique.
8. Dérivés. — L'acide oxalique est bibasique et donne par conséquent naissance :
r A 2 séries d'oxalates;
1'- série. .... C''06,2M0 et C''0«.MO,M'0, 2» série C^O^MO,HO.
2° A 2 séries d'éthers (p. 187 et 207) correspondantes ; 3° A 2 séries d'amides (v. plus loin) , les uns neutres,
Oxamide C^fFO» + 2AzH3 - IWQ^ — C^H^Az'OS
Niliile (cyanogène) CMl^OS -f- SA/H* - /^IPO-^ = G^Az^ ;
Les autres acides;
Acide oxamique C^tPOS^AzH^— H^O^ = C^H'AzO».
9. Sels. — Les oxalates alcalins et quelques oxalates doubles sont seuls solubles dans l'eau.
— ACIDE SL'CCINIQUE.
Hoxalale d'ammoniaque : C/lP0',2AzlI;^-|-IP0-, cristallise en longs prismes rhomboïdaux droits; il se dissout dans il) parties d'eau à 20% et dans 2 parties à 100°.
L'oxalate neutre de potasse, CHl^O'-f-H-O^, s'obtient en saturant le bioxalate par le carbonate de potasse. 11 cristallise en prismes rhomboïdaux obliques, solubles dans 2,2 parties d'eau à 10°.
L'oxalate acide de potasse : C'*llKO''^-f H*0% est très-peu soluble (dans 40 parties d'eau froide), si bien qu'une solution concentrée d'oxalate neutre de potasse, traitée par un acide, donne un précipité.
11 existe un sel encore plus acide, c'est le quadroxalate, C'EKO", CUl-0'-|-4II-0*. Le sel d'oseille du ^commerce est un mélange de bioxalate et de quadroxalate.
On ne connaît pas d'oxalates acides métalliques.
L'oxalate d'argent, C*Ag''0*, s'obtient par double décomposition. Ce sel sec, chauffé à 100°, se décompose lentement. A 120% il détone brusquement, enfermant de l'acide carbonique et de l'argent :
§ 3. — Acide succinlquc : CTI^O''.
L'acide succinique se forme :
r En traitant par la potasse l'élher glycoldicyanhydrique :
C*H2 (CniAz)(C2HAz) + 4IF0«= ÇfiWO^ + 2AzH3; 2° En oxydant l'acide butyrique :
3" En réduisant par l'acide iodhydrique l'acide malique :
C8H«0'o + W — C^H^QS + Wi)^,
et l'acide tartrique :
4° Par l'oxydation des corps gras complexes, au moyen de l'alcool nitrique ;
5° Dans la fermentation du malate de chaux et dans la fermentation alcoolique du sucre (en petite quantité); 6° Dans la distillation du succin.
T II existe dans la- térébenthine, l'absinthe et la laitue vireuse ;