Dérives mixtes
Amide-alcali (urée) Cî(AzH3)0* + AzH» — H^O^ = CSH^Az^O*.
Nilrile-alcali (cyanamide) C2(AzH3)0*+AzH3— aH^O^i^r C^H'Az».
Le dernier corps peut s'unir, tant comme alcali que comme corps incomplet, aux acides HCl,HBr, et même à l'ammoniaque :
^'^^nidine C^H^Az^ + AzH^ = C^H^Az».
IV. Ce n'est pas tout : ces composés peuvent s'unir deux à deux, à cause de l'antagonisme de leurs fonctions et à cause du caractère incomplet des nitriles ; de là résultent une multitude de combinaisons nouvelles, par exemple :
Acide dicyanique C5HAz02(— )(— ) + CshazO^
Acide Iricyanique ou cyanurique. CTIAz02(— ) (— ) + C^HAzO» -f C^HAzO^.
Acide allopbanique C^H^O* + C^H'^Az^O^ — H^O^ = ('.^((^aHiAz^OSjOS
• • C2(C2mAî?0-')0^ + C^H^Az^O^ —
3° Enfin les dérivés carboniques, associés aux dérivés formiques, engendrent des amides doubles très-variés ;
Cyanogène C^HAz + C^HAzO^ - H^O^ = C'Wz^.
Les amides oxaliques peuvent être rappelés ici, puisque l'acide oxalique se dédouble aisément en acides carbonique et formique.
La complexité decesamides doubles peut être très-grande ; l'acide uriquc, et divers autres principes azotés qui se rencontrent dans l'économie animale, se rattachent à cette théorie.
2. La théorie qui précède olfre cet avantage qu'elle rend un compte phis clair qu'aucune autre de la constitution des amides simples ou complexes, dérivés de l'acide carbonique. Cependant elle est moins simple et moins séduisante que la théorie du cyanogène, quand il s'agit d'èxposer l'histoire de l'acide cyanhydrique et de ses dérivés immédiats.
L'acide cyanhydrique, en effet, peut être comparé à l'acide chlorhydrique. A ce titre, il résulte de l'union de l'hydrogène avec un l adical particulier, le cyanogène, formé de carbone et d'hydrogène :
(C«Az)H; (C1)H.
§ 2. - CYANOGÈNE. 551
Le cyanogène a été en ellel isolé en dccomposanl par la chaleur certains cyanures, conformément à ces analogies. On a également obtenu les combinaisons du cyanogène avec les divers corps simples :
Cyanures mèlalliques (C^AzjM comparable à (C1)M,
Acide cyanique (C»Az)0, HO - CIO. HO,
Acide sulfocyanique (C-Az)S, HS —
Chlorure cyanique (C-Az)CI — l^'-
Cette élégante théorie, due à Gay-Lussac, va nous servir pour présenter l'histoire des principaux cyanures. Puis nous parlerons des amides carboniques et nous terminerons par Tacique urique et ses congénères.
§ -2. — Cyanogène : C^\z^= (C^Az)-.
1. Synthèse. — 1° Le carbone et l'azote ne s'unissent pas directement, mais on peut combiner l'azote libre avec l'acétylène sous l'inlluence des étincelles électriques (p. 37) :
CiH« + Az^ = 2(C^Az)H.
La combinaison s'effectue assez rapidement, et elle est à peu près complète, si l'on prévient la décomposition de l'acétylène au moyen d'un excès d'hydrogène.
L'acide cyanhydrique formé peut être changé ensuite en cyanure de mercure au moyen de l'oxyde de ce métal ; puis ledit cyanure (^haullé fournit le cyanogène. On a réalisé par cette voie la synthèse la plus directe qui soit connue des composés cyaniques.
-2" On peut encore former un cyanure, en faisant agir Tair atmosphérique sur un mélange de charbon et de potasse, ou de baryte : l'azote est absorbé et changé en cyanure. En raison de cette réaction sans doute, le cyanogène, ou plutôt l'acide cyanhydrique, se i-encontre en petite quantité dans les gaz des hauts fourneaux.
3" L'action de l'ammoniaque gazeuse sur le charbon incandescent produit de l'acide cyanhydrique, ou plutôt du cyanhydrate d'ammoniaque :
C^.-t- 2AzH3 = CmA/., AzH» + H^.
4" On peut aussi unir le sulfure de carbone à l'ammoniaque à la température ordinaire, changer le produit en sulfocyanate d'ammoniaque vers 100" :
C^S^ f '2AzH^ — H«S« =: C2Az(AzH'')S«.