‹ Traité élémentaire de chimie organiqueChapitre 59 sur 402 · LIVRE II». — CHAPITRE ill*. — ÉTIIYLÈNE · texte numérisé non relu

LIVRE II». — CHAPITRE ill*. — ÉTIIYLÈNE

"1. On obtient des composés plus voisins de l'éthylène, en faisant réagir sur l'éthylène libre certains corps capables de lui céder de l'oxygène naissant. Tels sont spécialement l'aci de chromique pur et le permanganate de potasse.

L'acide chromique pur, dissous dans une petite quantité d'eau, n'attaque pas sensiblement l'éthylène pur, soit à froid, soit à 100*; mais à 120" la réaction alieu, avec formation d'aldéhyde:

Sous l'influence d'un excès de réactif, l'aldéhyde se change à son tour en acide acétique :

3. Le permanganate de potasse produit des réactions plus profonde». Ce réactif, dissous dans l'eau et mis en contact avec l'éthylène, se décolore rapidement, avec production d'oxalate de potasse et de peroxyde de manganèse.

La formation de l'acide oxalique, G*H^O^ a donc lieu avec l'éthylène comme avec l'acétylène; avec l'éthylène, elle résulte d'une perte d'hydrogène et d'un gain d'oxygène simultanés :

Une portion de l'acide oxalique se dédouble à l'état naissant, dans cette réaction, pour engendrer de l'acide carbonique et de l'acide formique, Cni'O* :

4. On peut aussi oxyder l'éthylène par voie indirecte, en formant d'abord l'hydrate d'éthylène, G^H^H^O^), c'est-à-dire l'alcool, puis en exerçant l'oxydation sur ce dernier composé. On obtient par cette voie les composés que voici :

Éthylène. . . .

Aldéhyde. . . .

Acide acétique.

Acide glycolique

C*H*06, etc.

On exposera ces faits en parlant de l'alcool.

s 7. — ACTION DES CORPS HALOGÈNES.

§ 7. — Action dos corps halogènes.

1 Chlore. — Le chlore etl'élhylène mélangés, puis enlUuiimés, brûlent avec une flamme fuligineuse et un abondant dépôt de charbon :

C*H* + 2Cl* = 4H('.l + 2Ca.

L'action est plus régulière à la température ordinaire. En eifet, les deux gaz mélangés sur l'eau à volumes égaux et places dans une éprouvette se combinent peu à peu, en formant un compose liquide, oléagineux, insoluble dans l'eau, qui ruisselle sur les parois de i'éprouvelle et tombe au fond de l'eau, après avoir quelque temps surnagé; c'est le chlorure d'éthi/lène, G*H*C1* :

autrement dit liqueur des Hollandais. Ce composé a été découvert vers la fin du siècle dernier, en même temps que l'éthylène luimême, par quatre chimistes hollandais, associés pour des études de chimie organique. C'est en raison de sa formation que l'éthylène avait d'abord reçu le nom de gaz clé fiant [oleum fit).

Le chlorure d'éthvlène se prépare plus commodément, en dirigeant le chlore mêlé avec un léger excès d'éthylène à travers un ballon bitubulé, exposé au soleil. On agite le produit avec une dissolution de carbonate de soude, on le sèche sur du chlorure de calcium et on le rectifie à deux reprises.

C'est un liquide pesant, doué d'une odeur éthérée et assez agréable, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et dans l'éther. Il bout à 85'. L'acide sulfurique concentré et la potasse aqueuse ne l'attaquent pas à la température ordinaire. Il ne précipite pas immédiatement le nitrate d'argent, même lorsque les deux corps sont dissous dans l alcool. Au contraire, si l'on enllamme le chlorure d'éthylène, le chlore reparait aussitôt sous forme d'acide chlorhydrique.

Le chlorure d'éthylène traité par le chlore, sous l'influence de la lumière solaire, perd son hydrogène par équivalents successifs, lesquels se trouvent remplacés par un même nombre d'équivalents de chlore. Ainsi se forment les copiposés suivants :

Point d'ébullition. Densité ft 0°.

Chlorure d-èlbylène C^H^Cl^ 8.V' 1,280

chloré C*H3CI(C1«) 114° 1,422

. bichloré C*H-'C12(C12) 159» 1,612

— trichloré. . . . C4HC1>(C1*) \f>i- 1,665

quadrichlorc. . C*CI*(C1S') i82° (cristallisé) 2,0.

Page 1