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sujet devient d'une pâleur livide et brusquement le cœur s'arrête; cette syncope survient habituellement à la suite de l’administration d’une quantité immodérée de chlol roforme, mais elle peut aussi survenir dès les premières inhalations du chloroforme, chez des sujets atteints d'artério-sclérose, de mal de Bright, de cardiopathie ou même ! chez des sujets parfaitement sains, sans qu'on en puisse donner une explication satisfaisante.
Moins grave est la syncope respiratoire qui se produit à une période plus avancée I de la narcose et s’annonce par la congestion du visage, la diminution rapide de l'amplitude des mouvements respiratoires, etc.
Ces signes prémonitoires permettent parfois de la prévenir; il suffit pour cela de j suspendre l’anesthésie, d’attirer la langue au dehors, de faire quelques llagellu tions ! sur le visage et de frictionner la partie inférieure du thorax, pour remettre enjeu par voie réllexe les mouvements respiratoires. Le sujet peut encore être souvent rap- , pelé à la vie, alors même que les mouvements respiratoires ont complètement cessé j depuis quelques minutes; sans perdre un instant, il faut alors employer la respiration artificielle.
Dans la submersion, la mort peut survenir presque instantanément, dès l'immersion dans l’eau, sans doute par suite de l’irritation des nerfs de la trachée, du larynx, du cou, des narines, cette excitation étant le point du départ d’un réllexe inhibitoire transmis au bulbe par des filets nerveux de la cinquième paire; c’est du moins ce que tendent à prouver les nombreuses expériences poursuivies par Brown-Séquard (1880 et années suivantes) sur les animaux.
Roger ( Archives de Physiologie, 1894) a montré de son côté que le simple contact de l'eau à 8 degrés avec la partie antérieure de la tête, ranimai pouvant respirer par un tube trachéal, produit le réllexe inhibitoire, mais que l’immersion du corps dans un bain froid, la tête hors du liquide, détermine aussitôt chez le cobaye un arrêt respiratoire qui dure onze secondes.
À vrai dire, chez le noyé, l’inhibition est une circonstance relativement favorable, en supprimant le besoin de respirer; car, dans ces conditions, le sujet n’introduit pas d’eau dans son arbre aérien et son séjour dans l’eau peut se prolonger assez longtemps sans que la mort s’ensuive.
Si le sujet respire, l’eau pénètre jusque dans les alvéoles et forme avec l’air cette spume blanche qui remplit les fines ramifications bronchiques et entrave l’hématose, alors même que le sujet est retiré de l’eau et soumis à la respiration artificielle.
En présence d'un noyé, il est le plus souvent impossible de décider si la mort n’est qu'apparente ou non ; sans doute la persistance d'une certaine sensibilité cornéenne, le myosis, la constriction des maxillaires sont des indices précieux de la survie, mais, même en l'absence de ces signes, il ne faut pas désespérer, ni rester les bras croisés.
La mort apparente du nouveau-né est un accident fréquent qui peut se présenter sous deux aspects différents : tantôt l’enfant est violet, a les yeux saillants et injectés, les lèvres d'un bleu foncé; tous les vaisseaux sont gorgés de sang, les battements du cœur sont nettement perceptibles et le pronostic est relativement bénin; c’est l’état d’asphyxie proprement dite. Tantôt il est d’une pâleur cadavérique, les mâchoires sont pendantes, on ne perçoit les battements qu'avec difficulté; le pronostic est grave; c’est la syncope cardiaque.
Bien que différents d’aspect, ces états sont dus aux mêmes causes : circulaires du cordon autour du cou, compression du cordon entre la partie fœtale et les parois du bassin, lésions diverses du placenta (décollement prématuré, insertion vicieuse, etc.), inertie utérine amenant une longueur exagérée du travail, ou bien au contraire,
MALADIES DU POUMON
rétraction utérine (à la suite d'administration intempestive de seigle ergoté), déglutition de mucosités pendant le travail, hémorragie par déchirure du cordon ou du placenta, enfin lésions diverses des centres nerveux (par rétrécissement du bassin, application du forceps). L’enfant ne peut être rappelé à la vie que quand la mort apparente est produite par des lésions placentaires ou pulmonaires.
Trois modes de traitement sont applicables aux asphyxies des individus anesthésiés, des noyés et des nouveau-nés; ce sont : la respiration artificielle, Tinsuftlation, les tractions rythmées de la langue.
11 existe encore d’autres moyens susceptibles de ranimer les asphyxiés, quand l’asphyxie est peu prononcée ; ce sont: les flagellations cutanées, les frictions exercées au niveau des attaches du diaphragme et de la région précordiale, les aspersions d'eau froide, les bains chauds sinapisés à 40 degrés (chez le nouveau-né), enfin Y électrisation du phrénique par les courants faradiques. On place une électrode sur le scalène droit et l’autre au niveau du sixième espace intercostal droit où se fixent les attaches intercostales du diaphragme; le principal inconvénient de l’électrisation, c’est qu’elle ne peut être employée que dans un petit nombre de cas, car on a rarement à sa disposition une pile, sauf dans les salles d’hôpital.
Quand on emploie les bains chauds chez l’enfant, on plonge celui-ci pendant une demi-minute environ dans la baignoire, puis on l’immerge aussitôt après dans l’eau froide et ainsi de suite alternativement; mais on ne doit s’attarder à ce procédé que quand l’enfant est peu asphyxié, quand il est simplement « étonné ».
Avant d’avoir recours aux trois moyens de traitement que nous avons énumérés plus haut et qu’il faut utiliser immédiatement, dans les cas graves, il importe de donner au sujet certains soins préliminaires, c’est-à-dire de le débarrasser de ses vêtements, le réchauffer à l’aide de linges chauds, de boules d’eau chaude; s’il s’agit d'un noyé, il faut débarrasser la bouche des mucosités qui l’obstruent à l’aide d’une barbe de plume ou du doigt enveloppé d’un linge.
La respiration artificielle comprend plusieurs procédés : ceux de Marshall- Hall, de Sylvester, de Pacini, d’IIoward, etc. Les plus pratiques sont ceux de Syi vester et de Pacini.
o) Procédé de Sylvester (1859). — Le sujet est placé sur une table, couché sur le dos, les épaules soulevées par un coussin; la langue doit être attirée à l’aide d’une pince de façon à ce que l’air pénètre facilement dans les voies respiratoires. Le médecin se place du côté de la tête; il saisit les bras, les porte en haut et en avant, de façon à tendre les pectoraux et les intercostaux. Il maintient les bras dans cette position pendant deux secondes, puis les ramène sur les côtés du thorax et exerce alors par leur intermédiaire une pression douce sur le thorax, pendant deux autres secondes. Ces mouvements doivent être répétés 15 fois par minute environ.
b ) Procédé de Pacini (1867). — Ce procédé, d’après des expériences faites à Londres, permettrait d’introduire dans la poitrine une quantité d’air supérieure à celle donnée par la méthode de Sylvester :
ASPHYXIES
« L’asphyxié est étendu sur un plan légèrement incliné; la bouche ouverte est débarrassée des corps étrangers <|u’elle pourrait contenir, le thorax et le bas-ventre sont libres de toute entrave, et la tète est maintenue dans la direction ordinaire du tronc; l’opérateur se plaçant derrière celle-ci, saisit fortement la partie supérieure des deux bras près du moignon des épaules, plaçant le pouce en avant sur le bord de l’épaule et les quatre autres doigts en arriéra, et alors attire à lui et soulève en même temps le moignon des épaules, cherchant à se servir de l’articulation de la clavicule avec le sternum pour élever cet os en même temps que les côtes correspondantes. Il est facile de comprendre qu’à l’aide de ce mouvement on augmente les trois diamètres du thorax, quoique le diaphragme n’y participe que passivement, restant immobile. En effet, on entend aussitôt l’air qui pénètre bruyamment dans les poumons par le larynx en produisant l’inspiration; on cesse alors l’action inspiratoire et on attend que l’élasticité des côtes produise l’expiration, ce qui arrive naturellement.
« On répète alternativement ces mouvements avec le rythme ordinaire de la respiration ou avec un rythme plus rapide lorsqu’on le croira opportun. » (. Archives de médecine navale, 1875, p. 505.)
L’ insufflation peut se faire de bouche à bouche ou à l’aide d’un instrument, le tube laryngien.
Dans le premier cas, après avoir étendu l’enfant sur un plan horizontal et débarrassé sa bouche des mucosités qui 1 obstruent, le médecin applique sa bouche directement sur celle de l’enfant, en obturant avec les doigts les narines, pour que l'air insufflé ne reflue pas vers le nez.
Ce procédé encourt certains reproches, d’abord celui d’ètre quelque peu répugnant et surtout d’exposer l’accoucheur à contracter la syphilis. Il pourrait même être dangereux pour l’enfant ; Hubert Reick a noté l’observation d’une sage-femme atteinte de phtisie très avancée, qui en treize mois aurait contaminé douze enfants, tous morts de tuberculose pulmonaire ou méningée. D’autre part, ce procédé peut donner un résultat opposé à celui que l’on cherche, en refoulant des bouchons muqueux dans la trachée et dans les bronches; enfin on l'accuse de faire pénétrer dans les poumons un air ayant servi aux échanges respiratoires dans les poumons de l’opérateur, c’est-à-dire un air pauvre en oxygène et chargé d’acide carbonique.
L insufflation à l’aide du tube permet d’éviter le refoulement des mucosités dans les bronches, d’introduire un air pur, et constitue par suite un moyen bien préférable à l’insufflation de bouche à bouche. Le tube de Ribemont, dont on se sert aujourd’hui et dont la description se trouve dans tous les traités d’obstétrique, permet d'aspirer les mucosités contenues dans l’appareil respiratoire par l’aspiration que produit la poire de l’instrument quand on cesse de la comprimer.
Le temps le plus délicat de l'opération est la recherche de l'orifice du larynx; cet orifice une fois trouvé, le tube est conduit sur le doigt qui lui sert de guide et qui a été maintenu en place, et on le fait pénétrer dans le larynx de 2 centimètres environ. On insuffle ;rlors une certaine quantité d’air, puis
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on écarte de la bouche l’extrémité libre du tube, de manière à permettre l’expiration. Si le tube est encombré de liquide, on l’enlève pour le nettoyer et on le replace ensuite.
On s’aperçoit facilement que le tube a réellement pénétré dans le larynx, car, dans le cas contraire, ce n’est plus la poitrine, mais bien l’abdomen (pii se distend à chaque insufflation, l’air pénétrant alors dans l’estomac.
Les insufflations doivent être poursuivies avec persévérance, à raison de 15 à 20 par minute, jusqu’à ce que les mouvements respiratoires s’effectuent spontanément.
Si, au bout d’une demi-heure d’insufflation, les battements du emur sont nuis, on peut abandonner l’enfant. Il en est de même si, les battements du cœur étant perceptibles, il ne s’est pas encore produit au bout d’une heure de mouvements d’inspiration spontanée. Bien entendu, il s’agit là d’indications générales sujettes à certaines variations.
Ce procédé est-il supérieur à celui des tractions rythmées de la langue , proposé par Laborde? c’est ce que nous examinerons après avoir décrit ce dernier.
Le 5 juillet 1892, Laborde faisait une communication à l’Académie de médecine, sur le traitement de la mort apparente à la suite de l’asphyxie par submersion, à propos de deux noyés qu’il avait ranimés en attirant fortement et plusieurs fois la langue hors de la bouche. Au lieu de se borner à maintenir la langue hors de la bouche comme on le faisait habituellement, Laborde eut l’idée d’exercer sur la langue des tractions rythmées, au nombre de 15 à 18 par minute. L’exemple de Laborde a été maintes fois suivi dans des cas analogues, et de nombreux succès sont dus à sa méthode.
Le mécanisme de l’action des tractions rythmées de la langue paraît à Laborde résider dans une excitation primitive exercée par les tractions linguales sur les nerfs sensibles que peuvent atteindre ces tractions, et dans la répercussion ou la réaction de celte excitation sur les principaux nerfs moteurs qui mettent en jeu les muscles respiratoires.
Les nerfs sensibles sont, d’une part, ceux de la base et de la pointe de la langue, le glosso-pharyngien et le lingual, et de l’autre, les nerfs sensibles du larynx et de la trachée, notamment le laryngé supérieur.
En effet, si on sectionne les laryngés supérieurs chez un animal, il est très difficile de le rappeler à la vie par le procédé des tractions de la langue. Si on sectionne en même temps le glosso-pharyngien et le lingual, le réflexe respiratoire ne se produit plus. Quant au point d’arrivée de ce réflexe, quant à son élément moteur, il est constitué parle phrénique. Si, en effet, on supprime par la section complète toutes les racines du nerf diaphragmatique, les tractions linguales, quelque continues et énergiques qu’elles soient, ne parviennent plus à réveiller le réflexe inspiratoire.
« En résumé, excitation primitive transmise au centre bulbo-médullaire par les nerfs sensibles sur lesquels agissent les tractions de la langue, notamment les nerfs laryngés supérieurs et les expansions terminales trachéo-bronchiques des pneumogastriques, accessoirement' les nerfs glosso-pharyngiens et le lin-