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II. — Traitement médicamenteux et thermal

Les alcalins guérissent la gravelle, a-t-on dit, parce qu’ils diminuent l’acidité de l’urine; c’est n’envisager leur action qu’à un point de vue étroit. En réalité, les alcalins exercent sur la nutrition une action générale, mal connue encore dans son mécanisme intime, mais indéniable, et c’est à titre de modificateurs généraux de la nutrition qu’ils sont efficace* chez les graveleux ; on sait, depuis Chevreul, qu’ils activent les oxydations, qu’ils augmentent la

LITHIASE RÉNALE.

production de l'urée, qui est le terme le plus parfait des produits d’oxydation : l’influence qu’ils exercent sur les fonctions digestives contribue sans doute indirectement à régulariser les échanges nutritifs. Les alcalins sont donc par excellence les médicaments de la lithiase urique, mais il faut se garder d’en abuser, car l'alcalinisation excessive des urines a pour conséquence la précipitation des phosphates terreux et par suite la formation de calculs mixtes formés d’un noyau d'acide urique et d’une gangue calcaire. D’autre part, ils sont contre-indiqués quand le malade est manifestement débilité ou atteint de neurasthénie.

Le bicarbonate de soude et les sels de lithine sont les alcalins usités dans le traitement de la gravelle urique: des sels de litliine celui que l’on doit préférer est le henzoate, à la dose de 0 gr. 50 à ü gr. 60 par jour, pris au moment des repas de préférence. En Angleterre on fait grand usage des sels de potasse (citrate, acétate, carbonate), mais en France on est imbu de l’idée que ces sels exercent sur le cœur une action déprimante et on les laisse de côté.

Bien que l'on puisse employer le bicarbonate de soude en nature (à la dose de 2 à 4 grammes par jour), c’est habituellement aux eaux minérales qui le contiennent que l’on demande les effets curatifs. D’après Roberts, les petites doses de bicarbonate de soude auraient seules le pouvoir de dissoudre les calculs, on ne devra donc utiliser que les eaux renfermant une faible proportion de bicarbonate de soude par litre (2 à 5 grammes au plus). On prescrira les eaux de Vais (Saint-Jean), de Vichy (Hauterive, Célestins, Saint-Yorre).

Avec les alcalins on peut encore employer avec avantage le chlorure de sodium et le sulfate de soude particulièrement utile chez les lithiasiques obèses, à fonctions hépatiques et intestinales défectueuses. Le sel de Carlsbad sera prescrit à la dose d’une cuillerée à café le matin à jeun. On peut aussi faire prendre un ou deux verres d'eau de Santenay.

La piperazine serait pour un certain nombre de médecins le spécifique de la gravelle urique; son urate est sept fois plus soluble que celui de lithine; in vitro , elle dissout, dans la proportion de moitié de son volume, l’acide urique et les concrétions uratiques. La piperazine se prescrit à la dose de 1 à 2 grammes par jour, en solution dans de l’eau gazeuse ou en granules effervescents.

Pins récemment on a préconisé le lycélol (combinaison de la piperazine méthylée et de l’acide tartrique); il se prescrit aux mêmes doses et de la même façon.

L acide benzoïque et les benzoates donnent naissance à de l'acide hippurique et restreignent ainsi laformation de l’acide urique (Garrod) ; on emploie surtout les benzoates de lithine et de soude.

Dans le traitement thermal (exception faite pour les eaux alcalines), on recherche surtout l'action lixiviante.

Nous avons cité les eaux alcalines; on recommande encore d’autres eaux minérales, comme celles de Moligt, Olette, Capvern , situées dans les Pyré-

MALADIES DE L’APPAREIL URINAIRE

nées, qui sont thermales, mais très peu minéralisées et dont l’action est assez difficile à interpréter.

Lorsque les malades éliminent des calculs en grande quantité, les eaux de lavage comme Contrexéville, Vittel, Évian, etc., sont indiquées. Ce traitement hydrique n’est pas si inoflensif qu’on semble le croire. Avant de le prescrire, on doit s’assurer que le malade n'a pas de calculs vésicaux, car l’ingestion d’une grande quantité d’eau pourrait en ce cas provoquer des contractions douloureuses de la vessie et surtout favoriser la cystite.

Un peut" faire usage de ces eaux à la source ou chez soi ; on fait prendre alors par jour une bouteille d’eau d’Évian ou de Vittel, à laquelle on ajoute une certaine dose de benzoate (50 centigrammes) ou de carbonate de lithine (50 centigrammes à 1 gramme).

C’est à jeun que s’exerce surtout l’action lixiviante de ces eaux ; la dose moyenne est de 4 à 5 verres par jour; il est inutile d'encourager les errements de ceux qui ne craignent pas d’ingérer jusqu’à 10 ou 15 verres par jour.

Toute cure thermale est contre-indiquée quand il existe de la tendance aux hématuries, quand la vessie est irritable ou paresseuse, quand il existe des symptômes de néphrite interstitielle, ou une hydronéphrose.

B. — Traitement de la lithiase oxalique.

L’étiologie de l’oxalurie est encore aussi obscure que celle de U uricémie; néanmoins, on admet aujourd’hui qu’elle dérive d'un trouble dans l’élaboration des produits azotés; l’acide oxalique dérive d'ailleurs de l’acide urique, dont il est un produit d’oxydation. Ce qui légitime jusqu’à un certain point la distinction entre les deux gravelles acides, c’est que l’oxalurie peut s'observer en dehors de toute manifestation arthritique chez des individus neurasthéniques, plus ou moins dyspeptiques; mais on ne peut non plus méconnaître ce fait que l'oxalurie peut coexister chez les lithiasiques (concrétions formées de couches alternatives d’urates et d’oxalates) ou alterner avec la gravelle urique; il y aurait donc deux variétés d’oxalurie, l’une diathésique, l’autre d'ordre nerveux.

Certains médecins en admettent même une troisième, d'origine exclusivement alimentaire, par suite de l’usage prédominant des aliments végétaux, riches en oxalates.

Les prescriptions hygiéniques à formuler chez les oxaluriques sont les mêmes que celles qui ont été indiquées précédemment. On doit donc modérer l’usage des aliments azotés, interdire les mets épicés, les condiments, etc. ; il faut en outre supprimer les aliments riches en oxalates, c’est-à-dire les asperges, les tomates, les groseilles, surtout l’oseille et les épinards, le cresson, le cacao, à un moindre degré la chicorée, les haricots blancs, les betteraves; parmi les boissons, la bière, le thé, le café sont particulièrement nuisibles.

La médication pharmaceutique n’a ici qu’une application restreinte, car les alcalins n’ont aucune action sur l’oxalurie; on les emploiera cependant quand l’oxalurie paraît liée à des troubles digestifs; on a recommandé comme pou-

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vant être particulièrement utile (?) le phosphate de soude ( 1 gramme après le repas).

On s’efforcera surtout de favoriser la diurèse par les boissons abondantes prises en dehors des repas (infusions aromatiques chaudes, eau d’Evian, etc.). Si l’oxalurie coïncide avec un état neurasthénique marqué, on mettra en œuvre les moyens généraux (massage, douches tièdes, repos, changement d'air, etc.), propres à modifier cet état : Royat, Bagnères-de-Bigorre sont les stations auxquelles on pourra adresser les malades.

G. — Lithiases alcalines.

Les dépôts de carbonate ou de phosphate de chaux, ceux de phosphate ammoniaco-magnésien sont déterminés habituellement par des altérations de la muqueuse des voies urinaires, provoquées elle-mèmes par des corps irritants (calculs) ou bien par la fermentation de burine.

Dans quelques cas la suralcalinité des humeurs peut être mise en cause (cure alcaline intensive), ou bien la gravelle phosphatique dépend d'une déphosphatisation de l’organisme qui n’est pas rare chez les neurasthéniques.

Complique-t-elle une lithiase urique ancienne, la lithiase alcaline contreindique l'usage des alcalins.

Existe-t-il de la fermentation ammoniacale des urines, on peut prescrire comme antiseptiques des voies urinaires le benzoate de soude , le biborale de soude, le salol , Yurolropine.

Enfin si la lithiase est le symptôme de la déphosphatisation de l’organisme (dans la neurasthénie), il est indiqué de prescrire les différents phospha tes et notamment les glycéro-phosphatcs.

La réaction alcaline des urines contre-indique formellement l’emploi des eaux bicarbonatées sodiques dans les cas de lithiase alcaline; ceux-ci sont justiciables du traitement à Contrexéville (bicarbonatée calcique).

D. — Traitement des complications des lithiases.

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