II. — Anurie
L’anurie est la plus grave complication de la lithiase. Elle survient brusquement, sans prodromes, et entraîne la mort, quand on n’a pas recours à l’intervention chirurgicale, dans un grand nombre de cas, après une période de tolérance, qui peut donner une sécurité trompeuse. Gn sait que la cause de l'anurie est habituellement une lésion du rein ou même l’absence congénitale du rein, du côté opposé à l'oblitération par un calcul.
Le diagnostic de la cause repose avant tout sur la connaissance des antécédents lithiasiques; l'anurie hystérique se distingue par la longue période de tolérance, par l’abondance des vomissements riches en urée, enfin par la coexistence des stigmates. L’anurie due à la compression des uretères par le cancer utérin ne survient que progressivement.
Chez un graveleux, l’anurie peut être due non à l’obstruction, mais aux lésions de néphrite interstitielle. 11 importe de ne pas commettre une erreur qui pourrait entraîner une intervention déplorable à tous égards.
Que faire en présence d’un cas d’anurie calculeuse? Tant que l’anurie est bien tolérée, on peut s’abstenir d’intervenir puisque souvent la désobstruction s’effectue spontanément; on se bornera donc à instituer le régime lacté, à donner des bains prolongés, à employer Y électricité-, toutefois la tendance actuelle est d’opérer rapidement avant le cinquième jour.
Lorsque les petits signes urémiques apparaissent, il ne faut pas hésiter à faire pratiquer la néphrotomie ou mieux la néphrostomie (ouverture du rein avec établissement d’une fistule). Cette dernière opération est l’opération de choix dans la grande majorité des cas d’anurie calculeuse (Guyon et Albarran, Association française de chirurgie , octobre 1898).