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VERTIGES

« Le vertige est une maladie d’imposture. On a un petit vertige avec une grande maladie et un grand vertige à propos d’un malaise indifférent. » (Lasègue.) En d’autres termes l’intensité, la persistance de ce pénible symptôme ne sont nullement en rapport avec le degré de gravité des lésions ou des troubles fonctionnels qui le provoquent. La détermination exacte de la cause est d’autant plus nécessaire, qu’il n’existe pas un traitement du symptôme; le traitement seul de la cause peut en amener la disparition.

Ces causes sont multiples et, s’il est légitime de toujours songer en premier lieu à une lésion de l’oreille (souvent à un simple bouchon de cérumen), il ne faut pas oublier qu’à titre réflexe le vertige peut survenir dans nombre d’affections des systèmes nerveux, circulatoire, respiratoire, digestif, etc. ; dans différentes intoxications (l’ivresse alcoolique et le tabagisme, etc.); dans les maladies diathésiques (goutte), et dans un certain nombre de maladies des yeux (strabisme, nystagmus, asthénopie acconnnodative). Quand le vertige est dû à l’abus de l'alcool, du tabac, à l’usage de certains médicaments connue la pelletiérine, la digitale, le sulfate de quinine, le salicylale de soude, etc., il suffit de supprimer le poison ou le médicament; le vertige d’origine épileptique est justiciable du traitement par le bromure de potassium; le vertige stomacal, lorsqu’il est lié à des troubles digestifs, disparait en général dès <pie le malade est soumis à un régime alimentaire sévère; mais il est des cas complexes où le vertige peut être d’origine auriculaire; en tous cas, il est la manifestation d’un état névropathique surajouté et nécessite l’adjonction à la diététique des moyens nervins. Les autres vertiges d’origine digestive liés à la constipation ou l’helminthiase cèdent à l’emploi des laxatifs et des anthclminthiques. Le vertige brightique (Dieulafoy et Bonnier) disparaît sous l'influence du régime lacté. Chez les goutteux le vertige est souvent lié à l’artério-sclérose, mais il peut aussi en être indépendant et constituer l’équivalent des déterminations articulaires; il est alors justiciable du traitement général de la goutte et même de l’emploi du colchique.

Le vertige laryngé des tabétiques, dont l’apparition est précédée de picotements dans le larynx et d’une légère toux nerveuse, peut être prévenu par les badigeonnages intra-laryngiens et la cocaïne. Le traitement du vertige des aortiques, des anémiques, des neurasthéniques, des artério-scléreux, se confond avec le traitement général de la maladie primitive; certains vertiges enfin, ceux qui surviennent au cours d’affections organiques du système nerveux central (tumeurs du cervelet ou des pédoncules, sclérose en plaques, tabes), sont rebelles à tout traitement, à moins que l’on ne relève des antécédents de syphilis ; le traitement d’épreuve doit être alors institué et peut amener parfois la disparition du vertige, si celui-ci est dû à des lésions syphilitiques en voie d’évolution et non à des lésions parasyphilitiques. Nous ne retiendrons comme vertiges ayant un traitement spécial (pie les vertiges sensoriels ; mal de mer et vertige de Ménière ou vertige labyrinthique.

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