HOQUET
Le hoquet reconnaît des causes multiples; mais, quelle que soit la cause, il s’agit toujours d'une convulsion clonique du diaphragme que l'on doit chercher à faire disparaître, en employant les moyens qui diminuent le pouvoir excito-moteur de la moelle (d’où partent les nerfs phréniques), ou en agissant sur ces nerfs eux-mêmes. On doit, d’autre part, instituer le traitement causal.
A. — Traitement du symptôme.
II existe un grand nombre de petits moyens qui sont surtout efficaces dans les cas de hoquet accidentel, celui qui se produit pendant un mouvement de déglutition troublé par un rire brusque, à la suite d’ingestion de liqueurs fortes ou d’un repas trop copieux, etc. On recommande de suspendre la respiration aussi longtemps que possible, de faire des inspirations lentes, de comprimer l'épigastre, d'y faire des applications chaudes ou froides,
NÉVROSES
d'y mettre des sinapismes, de priser du tabac, d'avaler quelques gorgées d'eau froide ou d'eau de Sellz, d' ingurgiter quelques fragments de glace, de comprimer pendant quelques instants le phrénique entre les deux chefs sterno-claviculaires du muscle sterno-cléido-mastoïdien, de pratiquer des tractions rythmées de la langue, etc.
Parmi les médicaments employés pour faire cesser le hoquet, ceux dont l’énumération va suivre sont le plus habituellement employés :
L 'étlier (X à XX gouttes sur du sucre, ou bien en perles), le chloroforme, sous forme d’eau chloroformée, le laudanum, l'hydrate de chloral, le valérianate d' ammoniaque, Y ammoniaque liquide, la belladone, le chanvre indien (X à XXX gouttes de teinture), le bromure de potassium, le sulfate de quinine, la cocaïne, le menthol.
La galvanisation du phrénique a été pratiquée par Duchenne de Boulogne en 1851 et, depuis, souvent employée. On place le pôle positif sur le trajet du phrénique au niveau du cou, et on promène l’électrode négative sur la hase du thorax, au niveau des insertions du diaphragme.
B. — Traitement de la cause.
Le hoquet lié à un trouble fonctionnel ou à une lésion des organes de la digestion est le plus fréquent : on l’observe dans les affections de l’œsophage (rétrécissement), dans certaines dyspepsies, ou comme symptôme lié à la tympanite ou à l’existence des vers intestinaux. Il est inutile d’insister sur les moyens de remédier à cette variété de hoquet; c’est évidemment en modiliant la dyspepsie, en combattant la constipation et la tympanite, en expulsant les parasites de l’intestin, que l’on viendra à bout du hoquet. Chez les hyperchlorhydriques on peut faire disparaître ce symptôme gênant par l’administration d’une forte dose de bicarbonate de soude (4 à 5 gr.) dans un verre d’eau de Vichy.
Le hoquet qui se manifeste dans les maladies de l’appareil respiratoire (spasme de la glotte, coqueluche, adénopathie trachéo-bronchique, pleurésie diaphragmatique), de l’appareil circulatoire (péricardite, anévrysme de l’aorte), des affections utérines et de la grossesse, des maladies organiques du système nerveux (méningites) n’est pas justiciable d’un traitement particulier.
Le hoquet qui s’observe dans le cours de certaines intoxications (saturnisme, tabagisme) disparait avec la cause qui l’engendre; celui de l’urémie cède au régime lacté.
Le hoquet est fréquent dans le cours et à la suite des maladies infectieuses, et notamment du choléra, de la grippe, de la fièvre typhoïde. C'est l’un des symptômes constants de la péritonite. Dans le choléra, les applications chaudes à l'épigastre peuvent soulager les malades. Dans la péritonite, l’ingestion de petits fragments de glace, l'eau de Seltz, l' application de sachets de glace rendent des services.