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V. — Infections chroniques ; diarrhées chi'oniques

Aux infections aiguës succèdent souvent des diarrhées chroniques, quand l'alimentation continue à être vicieuse et mal réglée ; dans d’autres circonstances, les troubles digestifs sont chroniques d’emblée.

A. Enfant au sein. — On constate l’existence d'une diarrhée persistante, verte, caractérisée par 1 émission journalière de quatre ou cinq selles mélangées de grumeaux; des digestions pénibles avec coliques, météorisme, production de gaz.

Quand on a réglé les tétées, constaté qu’elles ne sont pas trop abondantes, on laisse s’écouler quelques jours avant de céder aux sollicitations des pareil Is qui réclament impérieusement le changement immédiat de la nourrice. Sans doute, le lait de celle-ci est parfois trop aqueux et trop abondant; mais il peut être aussi irréprochable, et la précocité, la persistance des troubles digestifs doivent être bien plutôt recherchées dans une influence héréditaire qui si* manifeste dès les premiers mois: c’est chez les enfants issus de parents dyspeptiques, nerveux, arthritiques, que l’on observe habituellement ces troubles.

Pour régulariser les digestions, on ne dispose que de moyens médicamenteux très limités; ces moyens, nous les avons déjà indiqués : ce sont les alcalins (eau de Vichy ou de Vais, eau de chaux médicinale, bicarbonate de soude et craie préparée) que l’on administre avant chaque tétée. On peul encore prescrire le benzo-naphtol, le phosphate de chaux, la magnésie, associés (0 gr. 10 de chaque pour un paquet; trois par jour), le tannigène , la tannalhine.

L’ antipyrine a été préconisée par le Dr de Saint-Philippe :

Antipyrine . . .

Sirop simple. .

Eau distillée de tilleul

50 centigrammes, rfa 50 grammes.

Une cuillerée à café avant chaque tétée, soit 15 à 20 centigrammes d’antipyrine au plus avant un an. A partir d’un an, on dbuhle la dose d'antipyrine.

D’après Kunkler, Drews, le tannigène convient particulièrement dans la diarrhée verte des premiers mois, par hypersécrétion biliaire.

Ce qui convient mieux encore que ces divers médicaments, c’est l’emploi méthodique des évacuants : huile de ricin, magnésie.

II. Enfants nourris au biberon. — Plus graves sont les troubles digestifs chroniques des enfants élevés au biberon; chez eux, les régurgitations, les vomissements s’ajoutent à la diarrhée. C’est chez eux surtout que l’estomac est très dilaté et le siège de fermentations anormales.

C’est dans ces cas que le lavage de l'estomac, où séjournent des produits viciés, rend de grands services; en même temps qu’il débarrasse l'estomac de ces produits en voie de putréfaction, le lavage excite la muqueuse, modifie le chimisme et, de plus, excite la contractilité de l’organe (Troitzky). Quant aux autres moyens à employer, ce sont les mêmes que précédemment, c’est-à-dire une cuillerée à café d 'eau de Vichy avant chaque tétée, une pincée de la poudre composée, à parties égales, de bicarbonate de soude et de craie, ou de la poudre de carbonate de magnésie et de benzo-naphtol (parties égales).

DYSPEPSIE ET T0\ [-INFECTIONS GASTRO-INTESTINALES INFANTILES

Mieux encore agit la limonade chlorhydrique donnée à la dose d'une à deux cuillerées à café après les tétées.

Si la diarrhée persiste malgré les lavaqes de V intestin, on prescrira le sous-nitrate de bismuth, le phosphate de chaux, etc.

Il va sans dire que l’on aura réglé les tétées avant tout traitement, et donné, si possible, une nourrice à l’enfant, surtout s’il s’agit d’un enfant tout jeune et peu résistant. Le képhir peut également être substitué au lait.

Chez ceux qui ont plus d’un an, la viande crue peut être substituée momentanément au lait; on lui associera la limonade chlorhydrique qui en assure la digestion et l’on complétera l’alimentation par des bouillies, des décoctions i de céréales.

C. Diarrhées des enfants sevrés- — C’est par le retour à V alimentation lactée exclusive que l’on guérit les diarrhées persistantes des enfants prématurément sevrés, alimentés avec des aliments grossiers, des légumes, des fruits et même de la viande. Le lait sera stérilisé, coupé d’eau de Vichy ou d’eau de chaux.

Plus tard, tout en continuant le lait, on permettra les bouillies, l'œuf délayé dans le lait, la viande crue.

De temps à autre, on prescrira un purgatif salin (sulfate de soude, citrate de magnésie, etc.); régulièrement, on prescrira les poudres absorbantes, le benzo-naphtol.

On prescrira de grands lavements d'eau bouillie tiède ou d'eau de guimauve ou encore des lavements amidonnés.

On ne négligera pas de relever l’état général au moyen des bains salés, des frictions excitantes .

Les injections de sérum à petites doses, mais répétées, sont également indiquées quand l’enfant s’amaigrit et tend à devenir cachectique.

D. Colites chroniques- — La colite chronique est très fréquente après deux ans. Elle succède à une entérite aiguë, à forme muqueuse ou dysentérique, ou peut s’installer insidieusement chez des enfants habituellement constipés. On relève comme étiologie des erreurs d’alimentation, notamment I abus de l’alimentation carnée et aussi, le plus souvent, une influence héréditaire, le neuro-arthritisme.

Les selles sont rares, souvent réduites en scvbales, ce qui indique un séjour prolongé dans l’intestin; elles s’accompagnent fréquemment de glaires, de sable d’origine intestinale. La constipation habituelle est entrecoupée par des débâcles diarrhéiques, par des poussées aigues d’entérite avec fièvre, douleurs abdominales vives, etc. La langue est habituellement blanchâtre, l’appétit est capricieux; les digestions sont lentes, pénibles, suivies des malaises habituels aux dyspeptiques : bouffées de chaleur, somnolence, fatigue, etc. Le sommeil est agité, troublé par des rêves, des cauchemars; des sueurs abondantes surviennent pendant la nuit. Les urines sont foncées, verdâtres, contiennent de 1 indican. Le foie est habituellement volumineux; le ventre ballonné ou rétracté.

MALADIES DE L’ESTOMAC

L’état général est plus ou moins atteint suivant les cas : le teint est pâle, les yeux sont cerclés de noir, il existe un amaigrissement parfois considérable, un retard dans la croissance.

Le pronostic de cette affection est grave si un traitement méthodique n’esl institué de bonne heure; les enfants négligés, arrivés à l’àge adulte, deviennent neurasthéniques, ont de l’entéroptose, etc.

Le traitement doit viser à la fois l’état local et l’état général.

La constipation doit être combattue par l’emploi combiné et alternatif des lavages de l'intestin simples et huileux, de Yhuilede ricin à petites doses (une à deux cuillerées à café, le matin à jeun, tous les deux ou trois jours), d’autres laxatifs doux comme les graines de psyllium , le mélange de magnésie, crème de tartre et soufre à parties égales (une cuillerée à café au repas du soir, etc.).

Un régime alimentaire sévère consistant en viande pulpée, poissons bouillis, mais surtout œufs, bouillies, purées, crèmes, fruits cuits en compotes, eau pure comme boisson exclusive, est de rigueur.

On relèvera l’état général au moyen des lotions froides, des frictions à l'alcool, des préparations de phosphate de soude, (Y h ypophosph ite de soude ou de chaux. Un séjour prolongé au grand air , à la montagne de préférence, sera un adjuvant utile du traitement. Les traitements thermaux sont inutiles en général ; cependant une cure à Châtel-Guyon conduite avec prudence peut modifier avantageusement l’état intestinal.

Dans certains cas un massage doux de l'intestin peut rendre à l'intestin la tonicité qui lui fait défaut; mais il faut s'en abstenir dans les formes où il existe un état inflammatoire subaigu, caractérisé par la sensibilité persistante du ventre, des débâcles diarrhéiques assez fréquentes.

En cas de poussée inflammatoire aiguë, il faut instituer la diète hydrique, puis mettre le malade au régime lacté et employer les autres moyens précé-, dominent indiqués pour les colites aiguës.

En dépit des progrès accomplis dans le domaine de l'hygiène infantile et du traitement des infections aiguës de l’enfance, l’athrepsie ne s’observe encore que trop fréquemment. N’est-elle pas fille de la misère et aussi de l’ignorance des parents?

Pour 'enrayer l’athrepsie il faudrait pouvoir donner une nourrice à tous les enfants qui sont atteints de cette cachexie, mais souvent on ne peut employer ce moyen héroïque. A défaut de nourrice on pourra utiliser le lait d'ânesse. Combe et Narbel recommandent les farines mallées et lactées.

L’alimentation une fois réglée, il faut parer aux symptômes les plus menaçants et s’efforcer de modifier l’état général, de combattre la cachexie produite par l’intoxication de tout l’organisme.

Les vomissements s’arrêtent parfois dès que les tétées sont espacées et

DYSPEPSIE ET IOXI-INFECTIÛNS GASTRO-INTESTINAL ES INFANTILES

réglées, surtout quand l'institution momentanée de la diète hydrique a permis à l’estomac de se reposer et d’évacuer peu à peu son trop-plein dans l’intestin. .Mais il ne faut pas perdre de vue que chez les enfants athrepsiques l’estomac, depuis longtemps surchargé, est devenu inerte, qu’il forme une poche où s’accumulent des matériaux putréfiés et que, par suite, des lavages de l'estomac peuvent être indispensables au début.

Les lavages de l'intestin avec de Veau salée sont également indiqués au début.

On peut aussi user, mais très modérément, des purgatifs (huile de ricin, magnésie), car on ne perdra pas de vue que la diarrhée s’installe opiniâtre à la suite de l’emploi répété des purgatifs et qu’il faut plutôt s’efforcer de l arrêter, pour s’opposer aux déperditions aqueuses qui accélèrent les progrès de la cachexie. Comme moyens inoffensifs et doués d’une certaine efficacité, on peut citer la décoction blanche de Sydenham, le phosphate de chaux associé au sous-nitrate de bismuth, Vackle lactique, etc. On n’oubliera pas non plus <(iic les médicaments, quels qu’ils soient, sont le plus souvent rejetés par 1 estomac intolérant ; aussi insistera-t-on particulièrement sur l’emploi des moyens externes propres à modifier la nutrition, c’est-à-dire sur l’emploi des frictions alcooliques, des bains sinapisés (5(1 grammes de farine de moutarde par bain), et surtout sur celui des injections de sérum à petites doses, répétées quotidiennement pendant quinze jours ou même davantage. Ces injections font merveille; dans des cas réputés désespérés elles ont permis d obtenir la guérison. M. Ilutinel, à la suite de ces injections, a observé une augmentation de la tension vasculaire et des sécrétions, un accroissement notable du chiffre des hématoblastes sans modification de celui des leucocytes et l’augmentation de l’excrétion de l’urée (Société médicale des hôpitaux, mars 1895). On peut injecter trois fois par jour 5 à 10 grammes, suivant l'àge, de la solution saline physiologique ou bien 2 à 5 grammes du sérum de M. Chéron, modifié :

Chlorure de sodium Phosphate de soude Sulfate de soude .

^ iîâ 1 gramme.

1110 grammes.

Ou bien encore quelques grammes de la solution de Litton :

Phosphate de soude 5 grammes.

Sulfate de soude 10 —

Eau 1 litre.

A côté des effets utiles des injections répétées de sérum, il est bon d’en signaler les inconvénients. Quand on les fait pendant plusieurs semaines en trop grande quantité, on finit par amener une diminution notable du chiffre de l’hémoglobine, bien que le chiffre des globules rouges varie peu. Cette 1 diminution se révèle par la pâleur de l’enfant; déplus celui-ci présente souvent un léger œdème des extrémités et des paupières, une augmentation de

MALADIES DE L’ESTOMAC

volume des divers ganglions du corps, qui deviennent gros et mous. De plus l’excitation momentanée que l’on demandait aux injections devient permanente'; l’enfant ne dort plus, pousse des cris continuels et, ce qui prouve bien l’influence des injections sur la production de ces phénomènes, c’est que le sommeil revient dès qu’on les supprime. Enfin, d’après M. Hutinel, chez les enfants en puissance de tuberculose les injections causeraient parfois des poussées fébriles et aggraveraient l’état local chez ceux qui ont des lésions confirmées.

Combe et Narbel emploient le cacodylate de soude en injections sous-cutanées (0 gr. 01 — 0 gr. 02) pendant deux à cinq jours de suite et les injections de lécithine (0,01) en solution huileuse, répétées tous les deux jours pour relever la nutrition de l’enfant.

Bien que les athrepsiques se défendent difficilement contre les variations de température du milieu ambiant et doivent être protégés soigneusement contre le froid, il est utile de les soumettre à Y aération et souvent on assiste à de véritables résurrections chez les enfants exposés d’une façon permanente à l'air libre. Le séjour dans la couveuse est indispensable chez les enfants athrepsiques nés avant terme.

Le muguet sera combattu par les moyens ordinaires : collutoires borates, lavages de la bouche avec de l'eau de Vichy, l'eau oxygénée.

Le développement de l’érythème sera prévenu par les lavages fréquents avec l'eau boriquée tiède, notamment après chaque selle et chaque émission d’urine, par le poudrage avec la poudre d'amidon et de talc additionnée de sous-nitrate de bismuth (1 pour 10). Le pemphigus, les ulcérations seront également pansés avec une poudre isolante; on évitera l’emploi des pommades, toujours irritantes. Les foyers de suppuration circonscrits seront incisés.

Une brcncho-pneumonie survenant chez un athrepsique est presque fatalement mortelle. Les bains chauds à 58 degrés, fréquemment répétés, paraissent être, avec l’emploi du grog, du thé, des injections de sérum, les meilleurs moyens à employer.

MALADIES DE L’INTESTIN

COLIQUES; ENTÉRALGIE

Toutes les fois que les contractions péristaltiques de l’intestin sont exagérées, elles î sont perçues et se manifestent par des coliques, c’est-à-dire par des accès douloureux de très brève durée, mais qui peuvent se reproduire à de courts intervalles.

Toutes les entérites s’accompagnent de coliques ; elles en constituent la cause habituelle; mais la constipation peut donner lieu également à des coliques dont la pathogénie est aisée à comprendre (passage d'un bol fécal dur et volumineux, irritant les terminaisons nerveuses de l’intestin); la colique est particulièrement fréquente dans les cas de constipation compliquée d’entérite muco-membraneuse et de lithiase intestinale, l’expulsion des muco-mcmbranes est précédée d’accès douloureux fort pénibles.

fa colique est encore un symptôme de l'obstruction intestinale et du météorisme; enfin la colique de plomb paraît être d’origine intestinale (spasme de l’in- ! testin), bien que sa pathogénie ne soit pas encore définitivement élucidée.

L'appendicite chronique est une cause de douleurs abdominales paroxystiques , dont la cause peut échapper, si l’on ne songe à explorer méthodiquement la région appendiculaire.

Le tabes donne parfois lieu à des crises intestinales fort douloureuses accompagnées ou non d'une diarrhée qui apparaît sans cause, est rebelle à tout traitement et prend fin comme elle était apparue.

A côté de ces coliques symptomatiques il faut signaler l'entéralgie, qui parait une névrose douloureuse de l'intestin, caractérisée par des accès paroxystiques apparaissant à intervalles variables. Chez les malades qui en sont atteints l’intestin ne semble altéré ni dans sa structure ni dans ses fonctions. Signalée dès 1 827 par Barras, dans son traité sur les gastralgies et les entéralgies, elle a été étudiée de nos jours par Cherchewsky, Potain, Stein, André (de Toulouse), etc.

L’entéralgie s’observe de préférence chez les arthritiques, chez les fils de goutteux,

! de diabétiques, chez les neurasthéniques, bien que Bouveret la considère comme très rare au cours de la neurasthénie; on constate souvent que le surmenage en est la cause occasionnelle. La douleur survient brusquement et atteint rapidement une grande intensité; en même temps l’abdomen se météorise et des vomissements peu- I vent se produire; les malades éprouvent des besoins fréquents d’aller à la selle, mais sans évacuation ni de matières fécales, ni de gaz; ils sont presque toujours constipés. L’accès douloureux est ordinairement précédé d’une modification spéciale des fèces, qui sont amincies, semblent passées dans une filière.

L’entéralgie s’accompagne de troubles nerveux divers.

MALADIES DE L’INTESTIN

r» Cri

Los accès ont une durée variable (quelques heures à un ou plusieurs jours) et reviennent à intervalles irréguliers ou bien affectent une périodicité remarquable.

L’entéralgie est attribuée par nombre d’auteurs à un spasme de l’intestin.

Il est inutile d'insister sur le traitement des coliques symptomatiques, car c’est la cause qu’il faut immédiatement combattre pour les supprimer.

L 'évacuation de V intestin, aussi bien dans les cas de diarrhée que dans ceux de constipation, soit à l’aide de lavements, soit à l’aide de purgatifs, est l’indication essentielle. Il est rare (pie les coliques résistent à ces moyens.

11 va sans dire que les remèdes anodins, tels que les cataplasmes, les applications chaudes sur l'abdomen, permettront de calmer momentanément la douleur. Si celle-ci était particulièrement intense, on administrerait au malade quelques gouttes d'élixir parégorique.

Dans le cas où la colique est due au météorisme, on doit administrer la teinture d'anis, l'éther, la liqueur d'Hoffmann. On peut formuler ainsi :

a) Teinture d’anis XX gouttes.

Ether sulfurique XXX —

Laudanum de Sydenham X —

Sirop simple 50 grammes.

Eau de mélisse Iti5 —

Une cuillerée à bouche toutes les deux heures.

l>) Sirop d’opium

— d’anis .

— d’éther.

Eau de menthe Eau

Même mode d’emploi.

L’ introduction d'une longue canule dans l'intestin facilite l’expulsion des gaz et soulage les malades.

L'opium, qu’il faut employer avec mesure dans les coliques symptomatiques, est au contraire le remède de choix dans le cas d entéralgie.

On peut également prescrire la belladone avec grand avantage.

Stein préconise des suppositoires où la belladone et l’opium sont associés à parties égales.

Potain faisait prendre tous les jours une à trois des pilules suivantes :

Poudre de belladone Extrait

Pour une pilule.

On a encore utilisé la jusquiaiue ( 10 à 15 centigrammes d’extrait en pilule), le cannabis indien (5 à 0 centigrammes).

^ iùt 1 centigramme.

iïïi 1 0 grammes.

iïïi 50 grammes.

ENTÉRITES AIGUËS. 563

Los antispasmodiques généraux, lois que Y éther, le valérianate d'ammoniaque, ont été prescrits dans quelques cas.

On a aussi conseillé la faradisation superficielle de V abdomen avec le

balai.

Dans l’intervalle des accès, il convient.de chercher à modifier l’état nerveux des malades par Y hydrothérapie (commencer par des douches chaudes), par la vie en plein air, l’abstention de tout surmenage aussi bien physique qu’intellectuel.

Aux malades qui pourront se déplacer, on conseillera une cure thermale (Néris, Royat, Baden, Ragatz).

Il faut bien savoir que beaucoup de cas d’entéralgie sont rebelles et résistent à l’emploi des différents moyens qui viennent d’être énumérés.

ENTÉRITES AIGUËS

Les entérites aiguës sont primitives ou secondaires; les entérites secondaires surviennent au cours d’une maladie infectieuse, fébrile, dont elles constituent une manifestation habituelle ou inconstante : telles sont les entérites de la fièvre typhoïde, de la rougeole, du choléra, de la dysenterie, de la grippe, du paludisme, etc. ; ou bien au cours d’une maladie diathésique, comme la goutte.

De ces entérites secondaires, il sera question dans les divers chapitres consacrés au traitement de ces maladies. Dans le présent chapitre nous n’envisagerons ici que les entérites aiguës primitives survenant chez un individu en état de bonne santé apparente (nous verrons plus loin que cette apparence de bonne santé masque souvent un état pathologique plus ou moins latent).

Les entéi'ites primitives sont dues, dans l’immense majorité des cas, à des écarts de régime, à l’abus des boissons, ou à l’ingeslion d’eau, de lait ou d’autres liquides introduisant dans le tube digestif des éléments pathogènes.

L’alimentation vicieuse joue le rôle habituel dans la pathogénie des entérites aiguës; à cette cause primitive s’ajoute secondairement l'influence des microbes, hôtes normaux de la cavité intestinale, dont la pullulation et le passage à la virulence sont favorisés par l’arrivée dans l’intestin d’aliments en voie de fermentation.

Plus rarement l'entérite est due exclusivement à une infection de cause exogène.

Une mention particulière doit être faite des entérites toxiques dues à l’ingestion de poisons déterminant des lésions dégénératives et nécrosantes de l’intestin, des ulcérations : alcalis, acides, antimoniaux, mercure, arsenic, purgatifs drastiques.

D’ailleurs dans toutes les entérites l’intoxication joue un rôle; en effet la pullulation des microbes intestinaux ou des germes venus du dehors donne lieu à la production de toxines qui sont résorbées dans l’intestin et déterminent les phénomènes généraux qui accompagnent toute entérite un peu sérieuse, hyperthermie ou hypothermie, suivant la dose de poison, troubles nerveux (abattement, douleurs musculaires), anurie, etc. En un mot toutes les entérites non toxiques sont Loxiniennes.

Nos connaissances sur la microbiologie des entérites sont encore très limitées. En ce qui concerne les germes introduits du dehors, on sait que le coli-bacille surtout véhiculé par l’eau, par le lait, joue un rôle prédominant; Hueppe, Gilbert et Girode

MALADIES DE L’INTESTIN

ont mis en lumière la part prise par ce microbe dans le développement de l'entérite cholériforme; d’autres microbes interviennent sans doute, tel le streptocoque.

Ces mêmes microbes, étant les hôtes habituels de l’intestin, et entrant en scène sous l'influence des troubles digestifs, on conçoit combien il est difficile de distinguer les infections endogènes des infections exogènes ; cependant cette distinction est possible, lorsque des liquides contaminés ou des aliments en voie de putréfaction on peut isoler des germes virulents.

Sur les causes alimentaires qui jouent en général le premier rôle dans la pathogénie des entérites, il est utile' de nous appesantir, parce qu’elles sont universellement connues : les viandes faisandées, la charcuterie, le foie gras, les moules, le homard, les fromages fermentés, les pâtisseries rances, les fruits de maturité imparfaite, les condiments, tous les mets épicés (potages bisques, viandes inarinées, civet de lièvre), etc., peuvent déterminer une entérite aiguë. A l'influence de la qualité des aliments s'ajoute souvent celle de la quantité, comme dans l’indigestion vulgaire.

Les boissons exercent également une influence nocive par leur qualité et leur quantité; on peut incriminer aussi leur température, l'entérite survenant souvent à la suite de l’ingestion d’eau glacée; mais on peut se demander si la qualité de la glace, contenant souvent des germes pathogènes, ne joue pas fréquemment le rôle qu’on attribue à la température des boissons. La même observation s’applique au lait.

11 a été dit plus haut que l’entérite aiguë primitive pouvait être favorisée par un état pathologique antérieur plus ou moins latent. C’est là une notion de la plus haute importance et dont il convient de tenir compte en thérapeutique, puisque, après avoir guéri la diarrhée, on devra s’attacher à modifier l’état morbide qui se sera révélé à cette occasion, à la suite d'un examen attentif et complet du malade.

La cause prédisposante habituelle est une gastropathie ; celle-ci peut être latente, les malades ne souffrant pas et ne se plaignant d’aucun malaise; dans d’autres circonstances, le malade est un dyspeptique avéré, présentant des troubles évolutifs avec retard dans la digestion, fermentations anormales, etc. Le premier stade de la maladie est alors une gastrite aiguë avec douleurs, vomissements, etc., et l’entérite ne survient que secondairement.

Si un état pathologique de l’estomac intervient souvent comme cause prédisposante, il en est de même des affections intestinales antérieures; la constipation est une cause fréquente d'entérite aiguë ou plutôt de colite. Il est fort important, si l’on ne connaît pas le malade, de dépister cette entérite aiguë des constipés, en raison des indications thérapeutiques qu’elle entraîne.

L’entérite aiguë peut encore survenir au cours d’une maladie générale latente ou confirmée : mal de Bright, diabète. Ces entérites, qui représentent parfois de véritables décharges de toxines et de poisons divers dont l’intestin est l’exutoire, ont une action dérivatrice salutaire (entérite urémique), et la question doit se poser de savoir si l’on doit, oui ou non, les respecter.

Comme cause prédominante passagère citons particulièrement l’impression du froid, dont l'influence est bien connue. Celle de la température extrême n’est pas moins à prendre en considération.

L’influence des fortes chaleurs sur le développement des entérites est presque aussi puissante chez l’adulte que chez l’enfant.

Envisagées non plus au point de vue de leur cause, mais au point de vue de leur gravité et de leurs modalités cliniques, les entérites peuvent être divisées en entérites légères (entérites ab investis, entérite estivale) et entérites graves (entérites dysentériformes, entérites cholériformes). Envisagées au point de vue de leurs localisations,

ENTÉRITES AIGUËS.

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on peut les distinguer en entérites généralisées, en colite, typlilite, sigmoïdile, recti te, etc. Encore faut-il faire des réserves sur la localisation exclusive à un segment de l’intestin qui doit être très rare en réalité, si tant est qu’elle existe. Ces divisions sont légitimes seulement si l’on veut indiquer la prédominance des lésions au niveau du côlon, du cæcum, etc.

On voit combien est complexe la question des entérites et combien la thérapeutique devra être susceptible de modifications suivant la cause principale et la cause prédisposante, suivant la gravité, suivant la localisation des lésions.

Avant de passer en revue les "traitements applicables à chacune de ces variétés, il est nécessaire d’envisager d’une façon générale le traitement des entérites, certains moyens de traitement étant applicables à toutes les entérites, abstraction faite de leurs modalités anatomiques et cliniques.

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