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IV. — Infections gastro-intestinales aiguës

Bien que toujours graves, ces infections sont susceptibles de guérir dans la majorité des cas, si l'on institue à temps un traitement rationnel. Ce traitement consiste essentiellement à mettre l’enfant à la diète hydrique, c’està-dire à supprimer d’une façon absolue le lait pour le remplacer par de l'eau bouillie, légèrement additionnée de lactose, par de l’eau d'Evian, du thé en très légère infusion; l’addition d’alcool, même en très petite quantité, peul irriter la muqueuse digestive, lie cette façon on tarit la source des poisons qui se forment dans l'organisme.

Cette pratique si simple et cependant si efficace de la diète hydrique n’a été employée systématiquement que depuis peu d’années. Luton (de Reims) l'avait préconisée en 1880. et son fils, interne des hôpitaux, la lit connaître à l'hôpital des Enfants-Malades, en 1802. Le nourrisson supporte bien l’abstinence

DYSPEPSIE ET TOXI-JSFECTIOSS GASTRO-ÜSTESTINALES INFANTILES. 545

de lait, mais il ne pourrait supporter celle de l’eau, car dans le premier âge toutes les spoliations d’humeur sont plus nuisibles (pie chez l’adulte; aussi faut-il remplacer chez lui la quantité de lait qu'on ne donne pas, par une quantité au moins équivalente d'eau bouillie (Marfan). La quantité d’eau peut atteindre 1 litre à 1 litre 1/2 par jour. La diète hydrique non seulement supprime les putréfactions gastro-intestinales et laisse reposer l’estomac el l' intestin , mais encore ohvie à la déshydratation des tissus et maintient la diurèse, si nécessaire pour l’élimination des toxines.

Au début, on doit donner l’eau pure, soit l'eau bouillie, soit l'eau d'Evian. ainsi qu’il a été dit; Marfan ne permet l’addition d’un peu de sucre qu’au bout de quelques heures ; il rejette l’eau albumineuse qui, par sa facile putréfaction, est susceptible de déterminer des accidents. L’eau doit être donnée à la température ordinaire, ni glacée, ni chaude. Si les vomissements sont très fréquents, on la donnera d’abord à très petites doses, une seule cuillerée à café tous les quarts d’heure, puis à raison de bO grammes toutes les demiheures, ou bien de 100 grammes toutes les heures. Dans ce cas encore on pourra donner quelques gorgées d’eau champagnisée ou de potion de Hivière.

Cette diète hydrique ainsi conduite doit avoir une durée d’au moins 24 heures. Si au bout de ce temps les vomissements ont disparu, si la diarrhée est à peu près éteinte, si la température est voisine de la normale, on peut recommencer à faire téter l’enfant pendant un temps très court, toutes les quatre heures, et dans l’intervalle on continuera à donner de l’eau bouillie en quantité suffisante ou un peu de bouillon de poulet dégraissé. Si l’enfant est élevé au biberon, on lui donnera, toutes les quatre heures également. 40 grammes de lait stérilisé additionné de 40 grammes d’eau lactosée à 10 pour 100 et toujours de l’eau dans l’intervalle ou bien du lait d’ànesse, du | képhir n" 2.

11 peut se faire que les accidents n’aient pas cédé au bout de 24 heures ou qu’ils récidivent après la reprise de l’alimentation. Dans ce cas, il faut revenir j à la diète hydrique que l’on peut ainsi continuer pendant 56 à 48 heures.

Cette diète, même ainsi prolongée, est bien supportée à la condition que i les forces soient soutenues par les injections de sérum artificiel, qui sont d’ailleurs indispensables pour éliminer les toxines. Si l’on n’emploie concur- I remment les deux moyens, les enfants peuvent succomber aux suites de la toxi-infection, bien que les troubles digestifs aient disparu sous l’influonce de la diète hydrique.

Sous l’influence de la diète hydrique, quand l’enfant n'est pas trop intoxiqué ni depuis un temps trop long, on voit les vomissements cesser, les évacuations alvines devenir moins fréquentes, moins abondantes et moins fluides; si tous les auteurs paraissent d’accord à l’heure actuelle sur l’emploi de la diète hydrique, il n’en est pas de même en ce qui concerne remploi des pur- | gatifs et antiseptiques intestinaux, sur celui du lavage de l’estomac et de l'intestin, qui jusqu’ici étaient universellement employés.

Le lavage de l'estomac que Epstein le premier a recommandé, puis (pie Léo, Escherich, Baginsky ont vulgarisé et qui a été adopté en France par tous

MALADIES DE L’ESTOMAC

les médecins des hôpitaux d’enfants, est rejeté par Marfan, indiqué encore par llutinel qui ne le considère pas connue indispensable dans tous les cas, mais comme souvent utile et jamais nuisible. Au contraire, Marfan a observé, dans un certain nombre de cas, tant à la suite du lavage de l’estomac qu’à la suite du lavage de l’intestin, des accidents très sérieux, tantôt des convulsions, tantôt du collapsus. Ces accidents étant survenus quelques instants après le lavage ne pouvaient que lui être attribués. On sait que le lavage se fait avec une sonde urétrale de gros calibre (n° 50 de la libère Charrière) à l’extrémité libre de laquelle est adapté un petit entonnoir dans lequel on verse 100 à 150 grammes d’eau bouillie tiède ou d’eau alcaline. Quant à Y antéroclyse, nous avons déjà indiqué comment elle devait être pratiquée. Il faut avoir soin de n’employer qu’une faible pression (20 5 50 centimètres).

Il est inutile d’employer l’eau boriquée ou l’eau additionnée de borate de soude, ou bien encore l’eau naphtolée, ainsi que cela a été proposé. Mieux vaut employer l’eau bouillie pure ou additionnée de chlorure de sodium dans la proportion de 7 pour 1000, ou bien encore une décoction de guimauve. La température de l’eau sera de 20 à 50 degrés si l’enfant a une température très élevée, de 52 à 55 degrés si la fièvre est peu marquée : de 58 degrés si l’enfant est en hypothermie.

Marfan justifie la proscription qu’il prononce contre les lavages de l’estomac et de l’intestin par les raisons suivantes : « Il faut se représenter, dit-il, l’état du tube digestif dans le choléra infantile : d’une part, son épithélium est très fragile ; d'autre part, son contenu est très toxique. Le lavage exerce sur l'épithélium une sorte de traumatisme qui peut aggraver ses lésions; l’eau qui arrive sous pression décolle le mucus et les matières adhérèntes aux parois et peut-être dissout-elle aussi certaines toxines, ce qui favorise une absorption massive. » Baginsky et Escherich proscrivent aussi maintenant le lavage de l’estomac dans le choléra infantile.

En ce qui nous concerne, il ne nous a pas été donné d'observer les accidents que signale Marfan, à la suite des lavages de l’intestin ; toujours, au contraire, nous avons obtenu de remarquables améliorations, grâce à ce moyen ; toutefois les faits observés par Marfan, les raisons invoquées parce clinicien sagace contre l’emploi des lavages commandent de les employer avec discrétion et même de les éviter, tout au moins dans la phase d’acuité de la gastro-entérite cholériforme.

Le lavage de l’estomac est surtout indiqué quand les vomissements persistent après une diète hydrique suffisamment prolongée.

Le bcnzo-naphtol, le bétol, le salol, tous les antiseptiques que l’on prescrivait avec une certaine complaisance, il y a quelques années, en s’appuyant plutôt sur des données théoriques que sur des résultats pratiques, doivent être laissés de côté, et sur ce point nous sommes en communauté d’idées avec Marfan. On a peine à concevoir, en effet, que ces antiseptiques insolubles puissent exercer une influence quelconque dans une infection à marche aussi rapide que celle que nous étudions. La proscription s’étend au calomel qui même à faible dose pourrait être nuisible. Il faut se garder, dit Marfan, d’in-

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troduire dans le tube digestif toute substance qui peut irriter, si peu que ce soit, l’ épithélium gastro-intestinal ; or, le calomel, aux doses où on le prescrit habituellement, est un médicament dangereux, susceptible de provoquer parfois de la colite dysentériforme. Le calomel ne devient utile qu'à une période éloignée du début des accidents de gastro-entérite aiguë. Quant à l’acide lactique, si vanté il \ a quelques années, depuis les travaux du professeur Hayem, et que l’on considérait presque comme un spécifique, il sendde un peu délaissé actuellement. En tout cas, comme le calomel, il est plutôt indiqué dans les formes subaiguës de l’infection. L’opium est formellement contreindiqué au début des accidents, car il augmente la dépression et peut hâter la mort.

En somme, la diète hydrique, sans médication interne, est le pivot du traitement; mais elle ne suffit pas. Il lui faut adjoindre deux autres moyens thérapeutiques, les injections de sérum artificiel et les bains.

Dès 1884, Luton (de Reims) recommandait d’injecter aux nourrissons atteints de choléra infantile 5 grammes de son sérum artificiel au sulfate et au phosphate de soude ( Archives générales de médecine , 1884). En 1881, Weiss fit des injection* de 50 à 50 grammes d’une solution de chlorure de sodium à 6 pour 1000 à des nourrissons gravement atteints, dont 5 guérirent. Epstein, en 1800. et Sailli, de Berne, eurent également des succès remarquables par ce moyen. En 1802, Wild (de Heilbronn) sauva son propre enfant, âgé de 7 mois, qui était atteint de choléra infantile et se trouvait sur le point de succomber, au moyen d’injections d’eau salée. Demiévillc ( 1 892) signale une véritable résurrection d’un enfant de 4 mois et demi, l es injections de sérum furent employées sur une large échelle en France par M. Ilutinel et vulgarisées par les travaux de ses élèves Marois (1805) et Thiercelin ( 1894). Aujourd’hui elles sont d’un usage universel et l’on ne saurait trop faire l'éloge de ce merveilleux moyen qui nous a donné, comme à tous les médecins, des résultats inespérés.

Les injections de sérum, dans les gastro-entérites aiguës graves, doivent se faire à doses massives.

Habituellement, on utilise soit la solution physiologique de chlorure de sodium à 7 pour 1000, soit le sérum artificiel d’Ilayem :

Sulfate de soude . .

Chlorure de sodium .

Eau distillée stérilisée

10 grammes.

et le plus souvent, c’est à la première solution que l’on a recours. Peut-être conviendrait-il de porter à 9,5 pour 1000 au lieu de 7 la dose de chlorure de sodium, car, d’après lledin, la solution de chlorure de sodium à 9,5 pour 1000 peut être considérée comme isotonique au sérum normal (son point de congélation est voisin de — 0u,5ü). .Mariait a remarqué que les injections d’eau salée étaient beaucoup plus efficaces quand on y ajoute une petite dose de caféine : voici sa formule :

MALADIES DE L’ESTOMAC

>00 grammes.

2 gr. 10

75 centigrammes.

Eau (non dislillée) stérilisée.

Chlorure de sodium

Citrate ou benzoate de caféine

Il pratique 2 à 5 in jections par jour et chaque fois injecte 10 à 20 grammes, suivant Page. Dans les cas très graves on peut faire jusqu’à 6 injections par jour de 20 à 50 centimètres cubes de la solution saline physiologique. Suivant L. Guinon, une dose de 15 à 20 centimètres cultes pour un nourrisson de 6 à 7 kilos équivaut à une injection de 200 centimètres cubes chez l'adulte.

Les injections se font sous la peau du ventre ou bien profondément dans les masses musculaires de la fesse ou dans celles de la région sacro-lombaire, après savonnage de la peau, lavage à l’éther et au sublimé. On se sert pour les injections de la seringue de Roux, de la capacité de 20 centimètres cubes. L’injection doit être faite lentement de manière à éviter la formation d ecchymoses.

Les injections de sérum relèvent le pouls, provoquent la diurèse et désintoxiquent l’enfant, comme le prouvent les modifications du faciès qui perd son aspect plombé. tMarfan suppose que les injections agissent surtout en augmentant la phagocytose et en stimulant les propriétés bactéricides et antitoxiques des humeurs.

Il importe de ne pas continuer sans interruption les injections de sérum pendant plus de cinq à six jours, parce qu elles finissent par provoquer une excitation nerveuse très prononcée.

Avec la diète hydrique, avec les injections de sérum artificiel, les bains complètent le traitement. On a recommandé de régler la température du bain suivant celle de l’enfant; celui-ci a-t-il de l’hyperthermie, on donnera le bain frais à 28 ou 50 degrés, deux ou trois fois dans les vingt-quatre heures; est-il au contraire en état d’algidité, c’est le bain chaud à 57 ou 58 degrés, et additionné ou non de farine de moutarde, qu’il convient plutôt d’employer (Lesage recommande d’ajouter à la dernière minute du bain 50 grammes de farine de moutarde pour un bain de 25 litres d’eau). La pratique de Mar fan est un peu différente : Mar fan emploie dans presque tous les cas des bains chauds à 55 ou 50 degrés, d’une durée de cinq à dix minutes donnés deux à quatre fois par jour. Ces bains paraissent convenir, suivant lui, à la pluralité des cas de gastroentérite cholériforme des nourrissons, que celle-ci s’accompagne de fièvre (celle-ci n’existant d’ordinaire qu’au début, pendant un court laps de temps), ou d’apyrexie, ou d hypothermie. Le bain frais n est indiqué, d’après Marfan, «pie dans les cas exceptionnels où la température dépasse 40 degrés.

Comme dans toutes les infections, les bains agissent en régularisant la température, en favorisant la diurèse, en exerçant une influence sédative sur le système nerveux, en ramenant le sommeil.

Pour combattre l’hypothermie, on frictionne l’enfant au sortir du bain avec de l’alcool, puis on l’enveloppe d’ouate et on place des boules d’eau chaude dans son berceau.

DYSPEPSIE ET TOXI-INFECTIONS GASTRO-INTESTINALES INFANTILES

Pour combattre le eollapsus on peut utiliser les injections d'éther (un demicentimètre cube), de caféine :

Caféine .

Benzoale de soude . . .

Eau stérilisée, q. s. poui

dont on injectera V à \ gouttes; — celles d huile camphrée au dixième (dont on injectera une demi-seringue); mais ces diverses injections sont aujourd’hui quelque peu délaissées et remplacées par les injections de sérum dont il a été question.

Ce traitement par la diète hydrique, par les injections de sérum, par les bains chauds, ce traitement si simple et si facile à mettre en pratique par tous les médecins, dans les campagnes les plus reculées, ce traitement qui n’exige qu’une baignoire, une seringue, du sel et de l’eau, a permis, depuis i qu’il est institué systématiquement, de réduire dans de très sensibles proportions la mortalité infantile due à la gastro-entérite. Si celle-ci est encore trop élevée, il faut l'imputer à l’ignorance des parents qui continuent à alimenter les enfants, malgré l’apparition de symptômes menaçants, et, disons-le aussi, i à celle de beaucoup de médecins qui, insuffisamment éclairés sur les transformations qu’a subies la thérapeutique infantile, continuent à traiter les enfants par les vomitifs et les purgatifs, par les opiacés et les poudres absorbantes: j par les médecins qui dédaignent les admirables ressources que fournissent la balnéation, la transfusion hypodermique de sérum.

Le rôle du médecin n’est certes pas terminé, quand les symptômes immédiatement menaçants ont pris tin. Le retour à /’ alimentation est plein de péril; sans doute il faut nourrir l’enfant, mais toute imprudence peut être la cause d'une récidive aussi grave que la première atteinte.

Nous avons vu qu’a la diète hydrique absolue devait succéder une diète hydrique mitigée, c’est-à-dire que l’on pouvait faire téter l’enfant légèrement toutes les quatre heures, ou, s’il est élevé au biberon, lui donner, aux mêmes intervalles, 40 grammes de lait stérilisé additionné de 40 grammes d’eau lactosée à 10 pour 100. Quelques médecins, avant de reprendre le lait, même à | d’aussi faibles doses, conseillent d’autres boissons alimentaires. L’eau albumineuse légère, que Marfan proscrit comme étant facilement altérable, est encore recommandée par Ilutinel; on bat un blanc d’œuf dans un demi-litre d’eau bouillie, légèrement sucrée, et on donne quelques cuillerées à café toutes les heures, de cette eau albumineuse que l’on a fait rafraîchir. On peut l aussi donner du bouillon de poulet dégraissé ou bien encore de la décoction d’orge ou de riz. On prépare la première en faisant bouillir une demi-heure deux cuillerées à café d’orge perlé, dans un demi-litre d’eau; puis on passe au tamis; le liquide renferme surtout de l’amidon, puis du mucilage et une petite quantité de matière azotée. Quant à l'eau de riz on la prépare en jetant <i0 grammes de farine de riz dans un demi-litre d eau froide, en ajoutant un demi-litre d’eau bouillante et en faisant bouillir le mélange que l’on passe ensuite sur une étamine claire; cette décoction ne renferme guère que de

1 grammes.

MALADIES (>[•: L’ESTOMAC

l’amidon. L’eau d’orge ou l’eau de riz peuvent être données seules ou Lien encore servir à couper par moitié les premières doses de lait aux lieu et place de l’eau lactosée.

Si le lait n’est pas digéré au début, on peut essayer le képhir n° 2 dont on donnera deux cuillerées à bouche toutes les heures; mais beaucoup d’enfants ont de la répugnance pour le képhir, même additionné de sucre en poudre.

Si le lait, donné d’abord à petites doses, est bien toléré, il est certain qu il faut s’en tenir «à cet aliment ; on augmentera graduellement les doses et on rapprochera les prises de lait, en observant attentivement l’enfant.

Si dans nombre de cas la convalescence se poursuit sans qu’on ait besoin d’intervenir d’une façon quelconque, il en est d’autres où, sans cause bien appréciable (le fait s’observe surtout dans les milieux hospitaliers), il est des cas, disons-nous, où la fièvre réparait, où les vomissements et la diarrhée recommencent. On doit alors, sans tarder, reprendre la diète hydrique et, à ce moment, déjà éloigné du début des accidents, on peut employer avec avantage le calomel, mais à la condition de le donner à très faibles doses, beaucoup plus faibles que celles auxquelles on a recours habituellement. Ainsi Marfan prescrit un seul centigramme de calomel, à doses réfractées :

Calomel I centigramme.

Sucre 50 centigrammes.

Divisez en cinq paquets; un paquet toutes les demi-heures. A dose massive et unique (0 gr. 05 dans les 3 premiers mois, 0 gr. 10 de 5 mois à 12 mois, 0 gr. 20 après 12 mois), le calomel n’est indiqué que si la diarrhée est très abondante et fétide.

On peut encore, à l’occasion de ces rechutes, employer la limonade lactique, glacée :

Acide lactique 5 grammes.

Sirop de coings 25 —

Eau distillée 100 —

dont on donnera une cuillerée à café toutes les demi-heures, avant un an, ('I une cuillerée à soupe, après un an.

Au bout de quelques heures, on espace les doses de façon à ne les administrer que toutes les heures. Si la tendance cà la diarrhée est faible, on peut se borner à donner le sous-nitrate de bismuth associé aux amers. Liebreich

prescrit :

Racine de Colombo I gramme.

à faire infuser dans :

Eau 75 grammes.

passez et ajoutez :

Sous-nitrate de bismuth 5 grammes.

Sirop de fleurs d’oranger 15 —

DYSPEPSIE ET TOXI-ENFECTIONS GASTRO-INTESTIXALES IX FA XTILKS.

Une cuillerée à calé avant chaque tétée, quand on reprend l'alimentation par le lait.

Marfan prescrit une préparation sensiblement analogue :

Julcp gommeux SI) grammes.

Teinture de Colombo 5 —

— de eachnu 10 —

Sous-nïli’ate de bismutli 2 —

Beir/o-najililol I gramme.

cinq à six cuillerées à calé par jour avant les prises de lait.

S’il survient une réaction typhoïde avec colite dysentériforme, on emploiera la diète mitigée , les bains lièdes ou frais, les lavages intestinaux, avec une solution d'hyposulfite de soude à 5 ou 10 pour 1000.

Récemment M. Thiercelin a expérimenté la levure de bière sèche dans quelques cas d’infection gastro-intestinale à marche traînante, où la diarrhée persistait, après l'amélioration première déterminée par le traitement aujourd'hui classique, par la diète hydrique, les lavages intestinaux, etc. La levure était administrée de la façon suivante : après un lavage de l'intestin, on introduisait dans l'intestin au moyen d’une sonde adaptée à une poire, une cuillerée à café de levure sèche délayée dans 50 à 00 grammes d cau bouillit* tiède. Ces lavements étaient renouvelés matin et soir, et mènje, dans certains cas, donnés trois fois par jour. Plus tard (Blancher, Thèse de Paris, 1900) on a joint aux lavements de levure l’usage interne de la levure, à la dose de I à *2 cuillerées à café, délayée dans un peu d’eau bouillie. En général, les selles se modifient rapidement: elles diminuent de fréquence et reprennent leur aspect normal. Il est probable que la levure de bière exerce une action antifermentcscible, qu’elle entrave la pullulation des germes et diminue les fermentations gastrointestinales, ou bien que son association avec les germes intestinaux détermine une diminution de la virulence de ceux-ci par un phénomène de symbiose analogue, mais contraire à celui (pii se produit dans les associations microbiennes où la virulence des germes est exaltée.

La diarrhée à rechutes est plus fréquente chez les enfants sevrés que chez les nourrissons, après une première atteinte de gastro-entérite aiguë. En dépit de la réglementation la plus minutieuse, de l’adjonction des alcalins et des poudres absorbantes, le lait n’est pas digéré, sa suppression s’impose. On le remplace par les décoctions de céréales (décoction de riz), par les bouillies légères et surtout par la viande crue, soit de bœuf, soit de mouton (pour éviter le tænia). On commence par une faible dose : 10 à 15 grammes de viande finement hachée et passée au tamis seront donnés trois fois par jour, incorporés à de la gelée de framboises ou de la conserve de roses ou simplement mélangés avec du sucre. On augmente ensuite la quantité de viande de quelques grammes à chaque nouveau repas.

Il nous reste à indiquer le traitement, non plus des récidives rapprochées du début et accompagnées de fièvre, mais de la diarrhée persistante, chronique; l’intestin irrité continue à sécréter du mucus en abondance; leçon-

MALADIES DE L'ESTOMAC

tact des aliments en détermine la contraction rapide et ceux-ci sont expulsés avant qu’ils n’aient été complètement digérés. C’est à cette période de la maladie qu’il est indiqué d’employer les antiseptiques insolubles, les poudres absorbantes, les composés tanniques que nous avons proscrits, comme étant inutiles ou nuisibles, à la période aiguë; c’est alors que l’on peut prescrire le benzo-naphtol (0,25 par année), le salol, le sous-nitrate ou le salicylate de bismuth , la craie préparée , le tannigène, la tannalbine , le talc, que l’on associe diversement, à la dose de quelques centigrammes, pour une dose que l’on répète trois ou quatre fois par jour. Chez un nourrisson on peut prescrire le mélange suivant ;

Benzo-naphtol .

Craie préparée

aa 10 centigrammes.

Pour un paquet à faire prendre dans de l’eau sucrée. 5 paquets par jour.

Ces divers médicaments peuvent encore être administrés dans une potion gommeuse.

Le tanin, qui ne peut être donné chez les enfants, peut être remplacé par certaines combinaisons insipides que l’on a introduites récemment dans la thérapeutique : le tannigène (tanin acétylé) se prescrit à la dose de 0 gr. 40 à () gr. 00 par jour pour les enfants les plus jeunes, de 0 gr. 00 à 1 gramme pour les plus âgés. La dose totale est divisée en paquets de 0 gr. 20 que I on fait prendre dans une cuillerée de lait ou d’eau sucrée. Le tannigène se dédoublerait dans l’intestin en acétate de potasse et tanin.

La tannalbine, également bien tolérée par le tube digestif, se dédouble dans l’intestin en albumine et en tanin; sa teneur en tanin ne dépassant pas 50 pour 100, elle peut être prescrite à doses un peu plus fortes que le tannigène. VI. Comby prescrit des paquets contenant chacun 0 gr. 25 de tannalbine et en donne deux, trois, quatre, cinq, suivant l’àge des enfants, par vingt-quatre heures. Le médicament est pris dans une cuillerée à café de sirop simple; la poudre, étant très légère, ne se mêlerait pas facilement au lait. Ces médicaments nouveaux ne nous paraissent pas avoir une efficacité supérieure à celle des anciens que l’usage a depuis longtemps consacrés.

Il est un dernier médicament que l’on peut employer avec grand avantage, toujours pour combattre le péristaltisme exagéré de l’intestin. Ce médicament, qui peut entraîner la mort pour peu qu’on commette la faute grave de le prescrire pendant la période aiguë (Trousseau), est, au contraire, utile dans les cas de diarrhée persistante, à la condition d’être prescrit à très faibles doses, car c’est lui que l’enfant tolère le moins : nous voulons parler de Vopium. Avant huit à dix mois on ne le prescrira pas ; de dix mois à quinze mois on prescrira une seule goutte de laudanum ou bien cinq gouttes d’élixir parégorique, à prendre par doses fractionnées dans les vingt-quatre heures, dans une potion gommeuse de 60 grammes. A deux ans, on peut doubler la dose de laudanum. L’élixir parégorique peut être associé avantageusement à l’acide lactique :

DYSPEPSIE ET TOXI-INFECTIONS GASTRO-INTESTIN ALES INFANTILES

Élixir parégorique Alcool de mélisse* .

Sucre de lait . . Acide lactique . .

Infusion de I lié . .

suivant Page Y-XV gouttes.

.> grammes.

par cuillerée à café toutes les demi-heures.

Jusqu’ici il n’a pas été question des complications diverses qui peuvent se présenter au cours des infections gastro-intestinales aigues ou bien en marquer le terme, c’est-à-dire des convulsions, des phénomènes cérébraux, de la broncho-pneumonie, des suppurations diverses. Il n’existe pas de traitement spécial et efficace à diriger contre ces complications; c’est en combattant sans relâche l’infection intestinale que I on vient à bout de celles d’entre elles qui sont curables. Il va sans dire que les abcès multiples seront ouverts ; et pansés.

Nous avons confondu dans la même description le traitement des infections pyrétiques et des infections à forme algide (choléra infantile), parce (pie, à part quelques variantes insignifiantes, un seul et même traitement s’applique à ces infections dont la pathogénie est la même et qui succèdent souvent l’une à l’autre.

Nous devons par contre mentionner à part le traitement des entérites ulcéro-folliculaires, car il présente quelques particularités dues à la prédominance de l’état local sur les phénomènes généraux d’infection, à la ténacité des lésions intestinales, enfin à l’àge des enfants qui en sont atteints, ceux-ci étant en général des enfants déjà sevrés.

Toute diarrhée qui persiste plusieurs semaines sans interruption indique habituellement l’existence d ulcérations intestinales (ulcérations des follicules clos). Cette entérite ne survient pas primitivement; elle est une complication d’une gastro-entérite vulgaire, aiguë ou chronique.

Tout au début, lors de la période de fièvre, de douleurs vives, de diarrhée j fétide et de ténesme, il faut calmer les douleurs, la fièvre, l’agitation, au moyen des compresses chaudes appliquées sur le ventre, des bains lièdes, de Y antipyrine, de la poudre de Dover (Ogr. 05 par année). Puis vient l’indication d’évacuer l’intestin. Les lavages (le l'intestin se feront avec de l’eau i bouillie additionnée d’une petite quantité de borate de soude (2 à 3 pour 1000) et non avec de l’eau boriquée que l’on prescrit souvent d’une façon banale, sans réfléchir que l’acide borique est irritant pour l’intestin et contribue à provoquer la chute de l’épithélium. L’eau salée (4 à 5 grammes de sel pour 1000) vaut encore mieux que l’eau boratée; la décoction de guimauve est également très recommandable; légèrement mucilagineusc, elle calme les douleurs et facilite l’expulsion des matières glaireuses formées dans l’intestin. Quant aux purgatifs, on peut employer indifféremment le calomel (10 à 20 centigrammes), ou Yliuile de ricin (une ou deux cuillerées à café), ou bien encore la magnésie (une ou deux cuillerées à café), ou bien un purgatif salin comme le sulfate de soude (5 à 10 grammes) ou le citrate de magnésie en limonade.

fi. -R. LYON . — 5* ÉDITION.

MALADIES DE L’ESTOMAC

En ce qui concerne l’alimentation, qui est toujours le point essentiel, ici encore la diète hydrique est indiquée au début, quand la lièvre est vive, les selles très fréquentes et fétides : mais au lieu d’eau bouillie, comme il s’agit d’enfants déjà d’un certain âge (un à trois ans), on fait prendre du thé froid. du grog, de la limonade lactique ou chlorhydrique (une cuillerée à soupe toutes les heures). Quant aux injections de sérum , qui font partie intégrale du traitement des toxi-infections fébriles ou cholériformes, elles ne trouvent ici l’indication de leur emploi que si l’enfant est très déprimé par la fréquence et l’abondance des évacuations alvines.

Ajoutons — et par ce point encore le traitement diffère de celui des infections précédemment étudiées — que les opiacés sont utiles, après évacuation de l’intestin par les lavages, quand les douleurs extrêmement vives n'ont pu être calmées par les moyens externes. A la limonade lactique on associera Y-élixir parégorique , à la dose de 10 à 20 gouttes, suivant l’âge.

Les antiseptiques intestinaux, benzonaphtol, bétol, salol, n’ont aucune action dans les entérites folliculaires, où les lésions de l'intestin sont beaucoup plus marquées que les phénomènes d’intoxication.

Quand, sous l’influence du traitement et de la diète, la fièvre est tombée, que les selles, devenues plus rares, ont cessé d’être glaireuses et sanguinolentes, on revient progressivement à l’alimentation; on prescrit le képhir , les décoctions d' amylacés (eau d’orge, eau de riz), puis le lait et les potages au lait, les bouillies, les panades très cuites et bien passées; chez les enfants âgés de deux ans, on permet en outre les légumes en purée, les jaunes d'œufs, les crèmes, les fruits cuits (pruneaux écrasés, marmelade de pommes, etc.), et si l’enfant a plus de trois ans, et à une période éloignée du début des accidents, des poissons légers (merlan, sole), de la cervelle, du ris de veau, de la volaille hachée.

Le lait n’est pas toujours, il s’en faut, bien toléré. Certains enfants, dont la langue est constamment blanchâtre, dont l’haleine exhale une odeur butyrique, ont des renvois fétides dès qu'ils ont ingurgité du lait, puis des vomissements.

Persister dans l'administration du lait serait une faute, quand on constate cette intolérance. Le lait doit être supprimé et remplacé par la viande crue pulpée (20 grammes en 2 ou prises, puis on augmente progressivement la dose jusqu’à 100 grammes).

L’intestin doit être surveillé attentivement pendant une longue période; l'huile de ricin, les purgatifs salins seront administrés à intervalles assez rapprochés, tant que les selles seront pâteuses, fétides, tant que la langue restera chargée et l’haleine forte, l’appétit capricieux.

A la phase de diarrhée succède souvent une phase de constipation que l’on combattra par les moyens habituels ; mas'sages doux, suppositoires à la glycérine solidifiée, magnésie, manne, huile de ricin, lavements.

Une bonne hygiène générale, les frictions à l'alcool, le port de vêtements de flanelle contribuent à préserver l’enfant des récidives.

Une cure à Châtel-Guyon ou à Plombières (où l’on fait des lavages de l’in-

DYSPEPSIE ET TOXI-INFECTIONS GASTRü-INTESTI N A L ES INFANTILES.

testin) donne les meilleurs résultats chez les enfants âgés d’au moins trois ans, chez qui l’entérite folliculaire a cédé la place à l’entéro-colite inuco-membraneuse chronique.

Les colites aiguës dysentériformes se confondent en partie avec les précédentes, mais s’en distinguent cliniquement par la prédominance du sang et des glaires; elles sont de plus caractérisées par les douleurs localisées sur le trajet du gros intestin, le ténesme rectal, les selles fréquentes, pénibles, glaireuses, sanguinolentes, les phénomènes généraux.

Le traitement est identique à celui de la dysenterie vraie. Tout d’abord, comme dans toute entérite aiguë, quels que soient le siège prédominant et la nature des lésions, le repos au lit , la diète hydrique , puis Y alimentation lactée prudente, les applications de cataplasmes ou de compresses humides et chaudes constituent les indications primordiales. Les bains tièdes sont également indiqués. On peut diminuer le ténesme rectal au moyen de petits lavements contenant une quantité de laudanum proportionné à l’âge; mais il convient de s’abstenir des grands lavages de 1 intestin qui, dans ces cas où il existe plus de lésions que de toxi-infection, sont susceptibles de provoquer des douleurs vives par la distension de l’intestin, et d’augmenter le processus inflammatoire.

Tandis que chez l'adulte l’ipéca administré par la voie buccale donne le plus souvent de bons résultats, ce traitement est à rejeter chez l’enfant qui supporte mal ce médicament.

Le traitement de choix chez l’enfant est le sulfate de soude , qui, à petites doses, continuées pendant longtemps, modère la sécrétion intestinale et fait disparaître des selles le sang et les glaires. Le premier jour on peut administrer une dose légèrement purgative, soit 10 à 15 grammes; les jours suivants, des doses faibles, variables d’ailleurs suivant l’àge de l’enfant, soit 2 grammes chez un enfant de 2 ans par exemple, 5 à 4 grammes chez un enfant de 5 à <S ans, 5 grammes chez un enfant de 8 à 12 ans. La médication doit être continuée pendant 8 à 10 jours au moins. On fait prendre le sulfate de soude dans un verre d’eau sucrée, le matin à jeun, en 3 ou 1 fois. L’apparition de selles moulées est l’indication de cesser le traitement.

Aviragnet (Soc. de Pédiatrie, 9 octobre 1900) a rappelé les bons effets de ce traitement qui est d’ailleurs employé depuis longtemps par nous-mème et par de nombreux médecins dans les colites dysentériformes, aussi bien chez l’enfant que chez l’adulte.

Au déclin de la période aiguë il peut être utile d’administrer quelques lavements de nitrate d'argent (20 centigrammes pour un demi-litre d’eau distillée).

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