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CONGESTION PULMONAIRE

si la dyspnée est excessive, si le malade est cyanosé, en proie à l'asphyxie. La saignée n’est cependant licite que si le malade est un individu jeune et vigoureux; elle est contre-indiquée chez l'enfant. Moins intense la congestion est combattue à l’aide des ventouses sèches fréquemment répétées et des cataplasmes sinapisés. Le vésicatoire, comme agent de révulsion, est aujourd’hui abandonné par l’immense majorité des médecins, les nombreux inconvénients qui résultent de son emploi ne sont pas compensés par ses avantages problématiques. Les bains tièdes chez les enfants, les bains froids même, chez l’adulte, peuvent rendre les plus grands services. Si l’on ne parvient pas à triompher des préjugés qui existent encore dans le public au sujet de l’emploi des bains dans les affections pulmonaires, on pourra du moins avoir recours aux enveloppements froids. On applique autour du thorax une pièce de gaze pliée en huit ou dix doubles, trempée dans de l’eau froide et recouverte de taffetas gommé; la première sensation est désagréable, mais elle disparait rapidement et les enfants eux-mêmes acceptent assez aisément les applications froides. Sous leur influence la peau du thorax rougit rapidement, la température s’élève et au bout de quelques heures on peut constater souvent un érythème papuleux, analogue à celui que provoquent les révulsifs chimiques: les enveloppements froids agissent donc par leur action révulsive; peut-être aussi une certaine part de leur efficacité doit-elle être attribuée à la soustraction de calorique et à la stimulation nerveuse générale qu’ils provoquent. Nous avons obtenu d’excellents résultats des enveloppements froids, dans un assez grand nombre de pneumonies et de congestions pulmonaires d’origine grippale, ainsi que nous l’avons indiqué dans une Revue de la Gazette des hôpitaux (novembre 1895). Ce mode de traitement est maintenant d'un emploi courant.

La congestion se présente accidentellement dans l’emphysème lorsque le cœur est forcé; elle nécessite d’abord l’emploi des médicaments cardiaques. plus tard celui de Yiodure de potassium qui active et régularise la circulation

pulmonaire.

Dans l'asthme infantile, la congestion pulmonaire l'emporte sur l’élément nerveux spasmodique et donne à l’asthme une physionomie clinique spéciale; elle s’accompagne de fièvre, revêt une allure grave, inquiétante, mais tourne court très rapidement.

Dans la tuberculose, la congestion pulmonaire est un épisode qui peut survenir à toutes les périodes de la maladie et principalement au début. (Voir le traitement de la tuberculose.)

La congestion pulmonaire existe dans la plupart des maladies générales fébriles; on l’observe en particulier dans la rougeole, la grippe, la fièvre typhoïde, le typhus exanthématique, l’infection puerpérale, le rhumatisme, etc. Tantôt elle relève d’un processus actif, connue dans la grippe, la rougeole, le rhumatisme; tantôt, comme dans la lièvre typhoïde, c’est un phénomène passif, une congestion hypostatique résultant du décubitus prolongé et déterminée par ( affaiblissement progressif de la contractilité cardiaque qui s’épuise.

MALADIES I)U POUMON

Dans la rougeole la congestion peut être fugace, peu intense, et n’avoir aucune signification fâcheuse; mais, dans quelques cas, elle envahit avec une grande brusquerie les deux poumons et peut déterminer une asphyxie rapide; en présence d’une semblable complication, on ne doit pas hésiter à placer le malade dans un bain frais à *28 ou 50 degrés pendant la durée duquel on pratique des affusions froides; on fait suivre le bain d’une friction énergique el l’on fait boire des grogs, du café; au besoin on pratique des injections de caféine ; sous l'influence de ces moyens les symptômes menaçants peuvent être ordinairement en rayé s .

La congestion pulmonaire d’origine palustre est justiciable du sulfate de quinine. Quant à la congestion d’origine rhumatismale qui survient brusquement et présente des allures dramatiques, elle est plus bénigne en réalité qu’en apparence, car elle disparaît avec la même rapidité qu’elle a débuté. On est autorisé en pareil cas à employer la médication centro-stimulante que préconise le professeur Jaccoud : on fait prendre d'heure en heure nue cuillerée à soupe d’un julep de 120 grammes contenant de 20 à 50 centigrammes de tartre stibié; des boissons alcooliques, thé au rhum, grogs chauds corrigent l’action hyposthénisante de ce traitement que d’ailleurs on ne doit pas continuer plus d une journée. Le salicylate de soude n’a aucune action sur la congestion pulmonaire des rhumatisants.

Chez les goutteux, au déclin de l’attaque articulaire peuvent également survenir, d’une façon brusque, des poussées de congestion pulmonaire; elles cèdent en général au traitement par le colchique (dix à vingt gouttes de teinture).

Chez les typhiques qu'on laissait immobiles dans leur lit, la congestion pulmonaire ne pouvait être évitée autrefois, mais aujourd’hui (pie le traitement systématique par les bains froids est universellement adopté, on observe rarement des congestions étendues. Le bain froid constitue le meilleur moyen préventif contre la congestion, tant par les changements fréquents d’attitude qu’il impose aux malades, que par son action sthénique sur le cœur et le système nerveux; si le malade était déjà atteint de congestion avant que le traitement fût institué, on constate la disparition rapide de celle-ci à la suite des premiers bains. Le bain froid est donc le traitement par excellence de la congestion hypostatique de la fièvre typhoïde, comme de celle de tous les états adynamiques. Si la congestion est plus particulièrement liée à une altération du myocarde, on est conduit à instituer la médication cardiaque : digitale , caféine, et à insister sur l'emploi de Y alcool; des ventouses sèches seronl fréquemment appliquées.

La congestion pulmonaire de la grippe est justiciable des émissions sanguines locales et de Y ipéca dont nous indiquerons le mode d’emploi, à propos du traitement de la congestion pulmonaire idiopathique.

Dans le mal de Bright et l’artério-sclérose la congestion est fréquente ; tantôt (néphrite parenchymateuse) il s'agit d'une congestion passive localisée aux bases et s'installant progressivement comme dans les cardiopathies, tantôt (néphrite interstitielle et artério-sclérose) se produisent des poussées subites

COMIESTION l’ULMO.NAlliE.

(l'œdème aigu du poumon, amenant une asphyxie rapide. Dans ce dernier cas, la saignée générale, ou les émissions sanguines locales, s’il s’agit d’un sujet trop âgé pour supporter une saignée, constituent le moyen de choix à employer concurremment avec 1 ipéca, et surtout les purgatifs drastiques et le régime lacté, car lluchard a montré le rôle de 1 insuffisance rénale dans la genèse de ces accidents.

Chez les diabétiques la congestion pulmonaire masque souvent une tuberculose au début.

La saignée est également indiquée dans la congestion de l’alcoolisme aigu ou dans celle qui suit le coup de chaleur, la submersion, enfin dans les accidents gravido-cardiaques. La congestion pulmonaire des cardiaques mitraux est un phénomène précoce. Au début il s’agit d’une congestion pou étendue, ne se traduisant par aucun symptôme, analogue à l’albuminurie légère, irréductible, qui peut précéder pendant longtemps la période d’asystolie confirmée. Cette congestion prémonitoire ne comporte aucune indication thérapeutique spéciale; il n’en est pas de même de la congestion des périodes avancées des cardiopathies, c’est-à-dire de celle (pii coïncide avec l’œdème des membres inférieurs, l’augmentation de volume du foie, qui se traduit par un essoufflement permanent; ici, il faut intervenir énergiquement par tous les moyens que l’on peut mettre en œuvre contre l’asystolie : la digitale est le seul remède de la congestion passive des cardiaques. (Voir le traitement des endocardites.)

Lebreton a décrit chez les arthritiques plusieurs variétés de congestion pulmonaire. Il semble bien qu elles doivent se rattacher, tout au moins la forme hémoptoïque, à la tuberculose. Cependant quelques médecins admettent encore Linlluence exclusive de l’arthritisme, notamment pour la forme rémittente, subaiguë, durant plusieurs semaines, qui s’accompagne d’une loux quinteuse, de crachats abondants, filants, semblables à du blanc d’œuf. On a préconisé dans ces cas les cures à Saint-Honoré (Nièvre), au Mont-Dore, à la Hourboule.

La congestion pulmonaire complique assez fréquemment les affections abdominales les plus diverses (affections hépatiques, étranglements herniaires, affections utéro-ovariennes) ; son traitement ne comporte pas d’indications spéciales.

La congestion idiopathique (maladie de Woillez) est la seule qui nécessite un traitement s’adressant non à la cause, mais au symptôme. Observons d'ailleurs qu elle est battue en brèche aujourd’hui el qu’on la considère plutôt comme une pneumonie abortive. Les recherches bactériologiques de Carrière, de D’Espine confirment i hypothèse d’une pneumocoecie atténuée.

Elle s’observe d’ordinaire à la suite d’un refroidissement brusque, d’une immersion dans l’eau froide ou bien au contraire d’une insolation, de travaux pénibles, etc.

Nous envisagerons successivement son traitement chez l’enfant, où elle est relativement fréquente (Cadet de Gassieourt) et chez l’adulte.

Chez l’enfant on a recours à la révulsion de la façon suivante : tout d’abord

MALADIES DU POUMON

tiiti

on peut utiliser les frictions sèches et surtout les frictions faites avec l’alcool camphré, ou la térébenthine; cette révulsion par frictions est bien préférable à celle qui est faite avec la teinture d iode (celle-ci pouvant provoquer l’albuminurie; J. Simon); elle est tout aussi énergique et moins désagréable pour l’enfant que l’emploi du sinaspisme.

Alternant avec ces frictions, il faut utiliser le bain tiède sinapisé ((il) gr. de farine de moutarde), de cinq minutes de durée; on peut encore prescrire les ventouses sèches et Y enveloppement des membres inférieurs dans des bottes d'ouate; n’oublions pas la révulsion, déjà indiquée, au moyen des enveloppements froids. Le médicament par excellence de la congestion pulmonaire, tant de l’enfant que de l’adulte, est Y ipéca. On a beaucoup discuté sur le mode d’action de l’ipéca; il paraît évident que celle substance agit en anémiant le poumon par les vomissements qu’elle provoque, et en déterminant l’expulsion des mucosités accumulées dans les bronches. Suivant luge on donne, soit le sirop d’ipéca, additionné de poudre, soit la poudre seule à la dose de 20 à àO centigrammes en trois ou quatre paquets que l’on administre à quelques minutes d’intervalle, et que l’on fait suivre d’ingestion d’eau tiède pour faciliter le vomissement.

Après avoir employé l’ipéca, on donne quelques gouttes de teinture de digitale, ou bien la macération de la même plante, à la dose de 10 centigrammes pour un enfant de trois ou quatre ans.

Quant aux sels ammoniacaux, notamment le chlorhydrate d’ammoniaque, si vanté pai Marrotte dans le traitement de la congestion pulmonaire, on peut les prescrire, à titre de stimulants, dans une potion légèrement alcoolisée :

Chlorhydrate ou carbonate d’ammoniaque. ... là ‘i grammes.

Alcool 10 à ‘20 —

Sirop d’éther 30 —

Eau distillée de cannelle 100 —

par cuillerées à bouche, une toides les deux heures ;

ou :

Liqueur ammoniacale anisce 1 gramme.

Julep gommeux l‘20 grammes.

par cuillerées à bouche, une toutes les deux heures.

Liiez l’adulte, en outre des moyens révulsifs, on prescrit habituellement Y ipéca, à doses réfractées, ou sous forme de poudre de Dover, souvent associée à la scille :

Poudre de Dover. .* — de scille . .

pour 1 cachet; 7> ou 4 dans la journée.

0 gr. 10

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