‹ Traité élémentaire de clinique thérapeutiqueChapitre 78 sur 274 · CONGESTION PULMONAIRE · texte numérisé non relu

CONGESTION PULMONAIRE

La congestion pulmonaire existe rarement à l’état isolé, mais elle constitue un état morbide dont il faut tenir compte aussi bien dans les affections pulmonaires qu'il accompagne que dans les maladies générales infectieuses ou chroniques dont il est une manifestation ou une complication.

On distingue une congestion passive ou congestion par stase et une congestion active due à une paralysie des centres vaso-moteurs. Les indications thérapeutiques générales sont les suivantes :

(a) Diminuer la masse du sang au moyen d'une saignée générale ou locale (cette indication ne peut être remplie que dans certains cas).

(b) Faire de la révulsion à l’aide des ventouses sèches, des cataplasmes sinapisés, des frictions excitantes, des applications froides, etc. ; tous ces moyens agissent par voie réflexe. Au même ordre de moyens se rattache la balnéation froide , qui excite l’ensemble des terminaisons nerveuses cutanées, et produit sur les centres nerveux une action sthénique des plus efticaces.

(c) Agir directement sur la circulation pulmonaire au moyen des médicaments vaso-constricteurs connus: ï ergot de seigle, l 'ipéca, et des médicaments qui renforcent l’énergie cardiaque, comme la digitale, la caféine, la strychnine .

A côté de ces indications générales s’en ajoutent d’antres, spéciales à chaque variété de congestion, et tirées de la cause même de cette congestion.

La congestion pulmonaire s’observe très fréquemment, car le poumon, situé entre le cœur gauche et le cœur droit, subit le contre-coup direct de toutes les modifications de la circulation intra-cardiaque ; d’autre part, l’appareil vaso-moteur du poumon se laisse influencer très facilement, soit par les agents extérieurs, soit par les poisons ou les microbes qui lui parviennent par la voie circulatoire.

La congestion est un élément anatomique constant des affections pleuropulmonaires aiguës ou chroniques ; elle joue un rôle considérable dans la broncho-pneumonie, la tuberculose; elle existe au début de la pleurésie (Potain) et peut faire croire à l’existence d’un épanchement abondant, nécessitant la thoracentèse, alors qu’en réalité celui-ci est insignifiant.

Lorsque la congestion qui accompagne la pneumonie et la broncho-pneumonie est très étendue, il est parfois nécessaire d’avoir recours à la saignée.

Page 1