‹ Traité élémentaire de clinique thérapeutiqueChapitre 86 sur 274 · OS · texte numérisé non relu

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([lies? La question a été bien souvent discutée, mais toujours diversemenl résolue.

Un autre procédé, celui de Y injection directe de substances antiseptiques dans le foyer gangreneux, est plus rationnel; il a donné quelques bons résultats; mais on ne peut déterminer le plus souvent avec précision le siège, la profondeur exacte du foyer gangreneux. Ilewelke (Deutslie Woclt., n° 40. 1891), a dans 5 cas fait des injections interstitielles avec le mélange suivant :

Menthol ‘2 grammes.

Essence d’eucalyptus 7> —

Eau distillée 100

(Il injectait chaque fois 1 ou 2 centimètres cubes.) Cette intervention est douloureuse et non sans danger, car elle détermine de violentes quintes de toux parfois suivies d’hémoptysies.

On peut encore utiliser la voie' hypodermique pour injecter dans l’organisme des corps volatils, comme Yeucalyptol, qui s’éliminent par la muqueuse respiratoire. On fera des injections d’huile d’olive stérilisée contenant 20 pour 100 d’eucalyptol et l’on injectera chaque fois 50 à 10 centigrammes d’eucalyptol.

c. La médication tonique consistera en l’usage de vins généreux, de cognac, etc.

Le traitement chirurgical est celui qui répond le mieux aux indications. On ouvre le foyer gangreneux et on le draine; cette pratique, déjà employée un assez grand nombre de fois, a donné des succès éclatants. A peine la cavité est-elle ouverte que la fièvre tombe, que la fétidité disparaît et que les forces reprennent. La pneumotomie n’est d’ailleurs indiquée qu’après échec des moyens médicaux, si le foyer gangreneux est nettement circonscrit et superficiel et si les malades ont des chances sérieuses de faire les frais de 1 Opération. Les résultats de la pneumotomie paraissent favorables, si l’on considère la gravité habituelle de la gangrène; sur 26 cas, Fabricant relève 16 guérisons, M. Reclus 12 guérisons et 2 morts seulement sur 14 observations. Les plus nombreux succès sont obtenus par l’intervention pour des gangrènes métapneumoniques (Tuffier, Congrès de Moscou, 1897).

ASTHME

On a beaucoup discuté sur les causes de f asthme; s’il existe des divergences au sujet de certains points, notamment au sujet des causes provocatrices de l’accès, on est d’accord cependant pour faire de l’asthme une névrose presque toujours diathésique et héréditaire. « Dartres, rhumatisme, goutte, hémorroïdes, gravelle, migraine, sont des affections que l’asthme peut remplacer et qui, réciproquement, peuvent

ASTHME

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remplacer F asthme; ce sont îles expressions différentes d’une même diathèse »

(Trousseau).

L’irritabilité anormale des centres et des nerfs respiratoires peut être mise en jeu par des causes provocatrices diverses, dont la principale est de connaissance relativement récente.

Parmi ces causes, les affections nasales tiennent le premier rang. C'est à Vol tolini que l'on doit les premières observations relatives à la coïncidence d’asthme et de polypes du ne/, et la guérison de cet asthme à la suite de l’ablation des polypes. Depuis, de nombreux médecins ont confirmé la réalité des faits avancés par Yoltolini : Erœnkel regarda l’accès d’asthme comme un acte réflexe résultant de l’irritation des filets sensitifs de la pituitaire (filets du trijumeau et peut-être de l’olfactif).

Pour le professeur Landouzy, derrière « l'asthme vrai » se cache le plus souvent la tuberculose; l’asthmatique réputé le plus franc est, suivant lui, sujet à des accès de spasmes respiratoires parce qu'il a une épine tuberculeuse thoracique qui « conditionne la localisation de la névrose », au même titre que le peut faire telle ou telle lésion nasale si fréquemment incriminée. À l’objection qui d'emblée se présente, à savoir que la tuberculose, chez les asthmatiques, n’a pas les allures classiques de la tuberculose, M. Landouzy répond que le terrain sur lequel apparaît l’asthme explique en partie l'évolution si torpide de la tuberculose : « En se développant chez un neuroarthritique, la bacillose aboutit à l’appareil dyspnéique convulsif qui fait entrer certains arthritiques néo-tuberculeux dans la catégorie des asthmatiques. Les tuberculeux de ce genre ne crachent pas, d’où l’impossibilité de contrôler le diagnostic par l’examen des crachats; mais parfois l'usage de l’iodure de potassium détermine des congestions pérituberculeuses autour du noyau que l'auscultation n’avait d’abord pas permis de localiser. »

La cure du Mont-Dore est particulièrement utile chez les asthmatiques suspects de tuberculose.

Les causes provocatrices de l’asthme, autres que les affections des organes respiratoires, sont plus discutables : llenoch, en 1876, a décrit chez les jeunes enfants un asthme dyspeptique disparaissant par un vomitif; Silbermann, en 1882, a signalé des faits semblables. M. le professeur Bouchard a rattaché certaines crises d’asthme chez l’adulte à la dilatation de l’estomac; les excitations cutanées (par dermatose) ont été incriminées également. Enfin, chez les enfants, la malaria, la syphilis héréditaire, ont été incriminées (il est probable qu'en ce qui concerne cette dernière, maladie, c’est par l'intermédiaire de l’adénopathie trachéo-bronchique que le pneumogastrique est mis en jeu).

Lorsqu'il n’existe aucune cause appréciable, il faut bien admettre que l'asthme est essentiel, c'est-à-dire qu’il survient uniquement en vertu de la prédisposition morbide héréditaire, que personne ne songe à discuter.

Nous étudierons d’abord le traitement général de l'asthme, indépendamment de sa cause provocatrice, puis le traitement causal.

A. — Traitement général.

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