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I. — Traitement causal

Au point de vue clinique, on peut distinguer les asphyxies en asphyxies de cause médicale et de cause accidentelle. 11 est facile, dans l’immense majorité des cas, de reconnaître en un instant à quelle variété d’asphyxie on a affaire. Les renseignements recueillis auprès de l’entourage, l’inspection du visage, du cou, de la cavité buccale permettent aisément de constater si le malade présente ou non des traces de strangulation, des signes indiquant la submersion. Chez l’enfant on songer, 1 toujours aux corps étrangers avalés par mégardc et l’on ne négligera pas de porter le doigt jusqu’au larynx.

On doit toujours songer à l’intoxication par l’cxyde de carbone, alors même qu’il n’existe pas de poêle mobile dans la chambre ou l’appartement du malade; on sait en effet que des émanations de ce gaz, provenant d’appartements voisins, peuvent provoquer l’asphyxie. On ne négligera donc pas de rechercher cette cause quand il s’agira d’un individu frappé subitement d’asphyxie, pendant la nuit, au cours d’une santé parfaite; le diagnostic s’imposera quand le malade aura été pris d’asphyxie dans une voiture de place chauffée par des briquettes.

L’asphyxie par le gaz d’éclairage se décèle facilement par l’odeur caractéristique du gaz.

Si un accident, un suicide ou une tentative criminelle ne paraissent pas devoir être incriminés, on doit procéder méthodiquement à la recherche de la cause « médicale », déterminer le siège et la nature de l’obstacle à l’arrivée de l’air dans les poumons.

L’examen de la région cervicale s’impose tout d’abord. Souvent c’est un

ASPHYXIES

goitre qui est l’agent de l’asphyxie et réclame la trachéotomie immédiate, plus ; rarement un phlegmon profond du cou ou bien l’emphysème interstitiel. Dans d’autres circonstances, la constatation d’un chapelet ganglionnaire volumineux au niveau de cette région indique que le malade est atteint d’adénie et que l’asphyxie est due à la compression de la trachée ou des bronches par les ganglions hypertrophiés de la chaîne trachéo-bronchique.

On doit ensuite rechercher si l’obstacle à l’arrivée de l'air ne siège pas dans la bouche ou dans le pharynx; il îi’est pas toujours aisé d’ouvrir la bouche, en raison de l’état de contracture des mâchoires: lorsqu’on aura vaincu la résis- | tance des masséters, un examen rapide permettra de constater s’il existe ou non un phlegmon rétro-pharyngien ou du plancher de la bouche, un cancer de la base de la langue, une glossite, etc.; chez les jeunes enfants on songera particulièrement au phlegmon rétro-pharyngien. L’examen de la bouche permet encore de constater s’il existe ou non des fausses membranes diplitéritiques; leur présence au niveau des amygdales, du voile du palais est un indice que l’asphyxie est due à l’envahissement du larynx par des fausses membranes de même nature, c’est-à-dire du croup.

La bouche est-elle libre, on peut porter le doigt au niveau de l’orifice du larynx et se rendre compte souvent de l’existence d’un obstacle laryngé ; on peut ainsi reconnaître une saillie polypeuse tuberculeuse, un cancer, etc.

Mais souvent aussi il s’agit d’une lésion syphilitique, d'une paralysie, affections que le laryngoscope seul peut révéler quand l’exploration digitale ne donne pas de renseignements positifs; d’ailleurs, en pareil cas, c’est moins la nature de l’obstacle que son siège qu’il importe de déterminer; or, les signes communs à toute sténose laryngée sont : le tirage sus-sternal, la voix dysphonique, l’abaissement en masse du larynx à l’inspiration, etc. S’agi L-i I d’un jeune enfant, on incriminera surtout le spasme de la glotte, soit idiopathique, soit secondaire à la rougeole, à la coqueluche, ou bien la laryngite striduleuse dont le début subit, au milieu de la nuit, indique suffisamment la nature. S'agit-il d’un adulte, atteint d’une maladie fébrile, on songera au laryngotyphus, à l’œdèine de la glotte scarlatineux ou érysipélateux, etc., à supposer qu on ne l'ait pas suivi depuis le début de sa fièvre.

Dans tous ces cas, on met fin à l’asphyxie par la trachéotomie immédiate.

L obstacle n’est pas laryngé : on peut incriminer une tumeur du médiastin, cancer, adénopathie trachéo-bronchique, anévrisme de l’aorte, toutes maladies » à évolution chronique et qui se sont déjà traduites par des signes révélateurs.

Ici toute thérapeutique est impuissante.

Enfin l’obstacle peut être pulmonaire, ainsi que l’indique l’auscultation. Il peut s’agir d’un cancer du poumon, comme l’indique l’âge du sujet, l’évolution de la maladie, l’existence des ganglions sus-claviculaires, etc. ; dans ce cas on est également désarmé. Tout au plus pourra-l-on procurer un soulagement momentané, en évacuant les épanchement pleuraux (pii accompagnent si souvent le cancer cl contribuent à produire l’asphyxie. Une cause d’asphyxie plus obscure est le kyste hydatique ; fort heureusement la nature se charge souvent d’y remédier par le moyen d’une vomique qui fait disparaître l'asphyxie mena-

MALADIES DU POUMON

çante; non moins difficile est le diagnostic de l’asphyxie déterminée par la syphilis pulmonaire; cependant il est d’une importance capitale de reconnaître la syphilis, car le traitement spécifique administré à temps peut parfois conjurer les accidents menaçants.

Ces causes sont rares, relativement à celles qui résultent de l’existence d’une infection aiguë du poumon, telle que pneumonie ou broncho-pneumonie. Ici le danger réside dans l’oblitération des bronchioles par les exsudats, le malade étant impuissant à les rejeter au dehors, en ‘raison de son âge, de son état de faiblesse, etc. Rappelons que si la médication expectorante n’est d’aucune utilité en pareil cas, il n’en est pas de même de la balnéation qui, par la stimulation générale qu’elle détermine, peut favoriser l’évacuation des mucosités et mettre un terme à l’asphyxie. Dans certains cas, chez les sujets jeunes et pléthoriques, une saignée peut triompher des accidents asphyxiques qui menacent la vie d’un pneumonique.

Dans l’asphyxie progressive des affections du cœur et des reins, la médication cardiaque, d’abord efficace, finit par devenir impuissante.

Chez les artério-scléreux et les brightiques, l’asphyxie ne procède pas par étapes progressives; elle peut constituer un péril inopiné et subit, par le fait d un œdème aigu du poumon, qui peut nécessiter également une saignée d’urgence, sans parler des autres moyens plus lents à intervenir, tels que les drastiques, les diurétiques, etc.

Une dernière cause d’asphyxie est celle qui réside dans les affections du système nerveux central ou du pneumogastrique. On sait que chez les diphtéritiques, les alcooliques, etc., la névrite du pneumogastrique peut entraîner desaccidents asphyxiques mortels; on sait d’autre part que les malades atteints de paralysie labio-glosso-laryngée peuvent également succomber à l’asphyxie déterminée par la paralysie des muscles de Reisscssen; on sait enfin que dans la myélite cervicale la mort survient habituellement quand la région d’où émanent les racines du phrénique est intéressée.

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