‹ Traité élémentaire de comptabilité [microform]Chapitre 25 sur 72 · GAINS, PLRTES, ESCOMPTES, RABAIS · texte numérisé non relu

GAINS, PLRTES, ESCOMPTES, RABAIS

Aussi a-t-on généralement adopté l'usage de considérer comme essentiellement variables les valeurs énoncées au compte Marchandises. En cours d’opérations, on débile ce compte de toutes les sommes dépensées pour achat de marchandises et on le crédite de toutes les sommes et créances que la vente des marchandises a fait entrer dans la maison. Lorsqu’on veut connaître le résultat général des opérations, à l’inventaire on évalue les marchandises existantes, et en ajoutant, comme par une vente, au crédit du compte la somme qui résulte de cette évaluation, on en relève le solde. Ce solde, c’est-à-dire la différence qui existe entre le total des sommes dépensées pour achat et le total des sommes reçues ou à recevoir pour vente, représente la somme des gains ou des pertes résultant de toutes les opérations d’achat et de vente. On abrège ainsi les écritures, sans se priver des lumières qu’on peut en obtenir.

On pourrait procéder de même avec les com.ptes Portefeuille et Effets à payer. Il suffirait de n’inscrire en détail ni les escomptes passifs, ni les escomptes actifs ; de porter seulement les sommes sorties pour l’acquisition des effets du Portefeuille et les sommes entrées par leur payement ou leur négociation d’une part, et, d’autre part, d’inscrire les sommes entrées par l’émission des effets à payer et celles sorties pour les acquitter. Les soldes de ces deux comptes, après inventaire des existences en effets à recevoir ou à payer, exprimeraient la somme des escomptes reçus ou payés.

On a préféré avec raison inscrire les escomptes payés ou perçus à l’instant même des négociations, parce que leur calcul n’exige aucune opération fictive et ne présente nulle incertitude. On estime d’ailleurs que la valeur des effets à recevoir et à payer ne doit varier qu’autant qu’ils sont négociés avant échéance, puisque l’on suppose toujours qu’ils seront exactement payés. On inscrit donc les effets à recevoir et à payer pour le montant de la somme qu’ils expriment; on passe par Profils et Pertes les escomptes auxquels donnent lieu leurs négociations à mesure que celles-ci ont lieu, de telle façon que le solde des comptes Portefeuille et Effets à payer représente exactement la somme des effets que la maison doit recevoir ou payer.

Le 20 janvier, K négocie 7 000 fr. d’effets de son porlc-

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5) TRAITÉ Él.ÉMENTAlUt: DE COMPTADIUTE. .

feuille à l’écliéance moyenne du 20 juin, à 6 p. 0/0. L’escompte à déduire s’élève àfr. 176,15. On écrit:

Les Suivants à Portefeuille, fr. 7 000, savoir :

Caisse, pour négociation des effets n®* .... G 823,85 Profits et Pertes, pour escompte 17G,15

De même, le 2 1 janvier, K reçoit ou achète des effets de Portefeuille valant 2 000 fr., échéance du 12 avril, passibles d’un escompte de 35 fr. On écrira :

Portefeuille aux Suivants, fr. 2 000, savoir :

A Caisse, prix des effets n®* 1 9G3 ) C2 qqq

A Profits et Pertes, escompte • . 55 j

Le 22 janvier, K consent à payer par anticipation une lettre de 1 000 fr. acceptée par lui à l’échéance du 18 avril, sous escompte de 0 p. 0/0, soit de fr. 14,50. 11 écrira:

Effets a payer aux Suivants, fr. 1000, savoir ;

X Caisse, payement de n/ acceptation n® .... 985,50 I ,j qqq

A Profits et Pertes, escompte 14,50 \

Dans ces trois cas, l’inscription des escomptes payés ou perçus rectifie celle qui, portant à l’actif ou au passif de la maison le montant des elfels a leur échéance, lui attribue une valent tiop ou trop peu élevée.

Le capital d’une maison de commerce peut augmenter par une cause indépendante de ses opérations, par une succession par exemple. En ce cas, il importe de remarquer que le capital n’entre dans la maison de commerce que sous la forme de marchandises, espèces, effets, créances actives ou passives et doit être passé au débit des comptes Marchandises, Caisse, Portefeuille, et au crédit d’Effets à payer, etc. Les sommes portées à ces divers comptes doivent être passées par Capital, directement et non par Profits et Pertes, justement parce qu’elles ne résultent pas des opérations. Si K, héritant d’une personne quelconque, ne plaçait pas dans sa maison de commeice le capital recueilli dans la succession, il n y aurait pas de motif poui fane fiîurcr ce capital aux livres de cette maison.

BALANCE DE VERtFICATION.

5® Balance de vérification. — Dans les maisons considérables dont la comptabilité est étendue, comme dans les grandes maisons de banque, on vérifie chaque jour si les articles inscrits donnent au crédit et au débit des totaux égaux. Dans les maisons moyennes, on se contente de vérifier l’état de la comptabilité toutes les semaines ou même tous les mois. On emploie pour cela un procédé uniforme qui consiste à relever sur une feuille volante le total de l’actif et le total du passif de chaque compte, ainsi que le solde, actif ou passif, que présente chaque compte. C’est ce qu’on appelle « faire ou relever la balance de vérification ». La feuille volante sur laquelle on inscrit ce relevé s’ap- - pelle feuille de balance.

Supposons que la maison K, qui nous a servi d’exemple, veuille vérifier au 31 janvier l’état de sa comptabilité. Sa feuille de balance présentera l’aspect suivant :

COMPTES

SOMMES

j SOLDES. j

DOIT

AVOIR

DOIT

AVOIR. 1

Capital

iiooü

Marchandises. . .

Cui$S6. • • • • .

D, banquier. . .

Portefeuille. . , .

B, marchand à. .

Effets à payer. . .

C, marchand à. . .

Profits et pertes. .

Les numéros placés dans la petite colonne à gauche de la désignation de chaque compte indiquent la page ou le folio du grandlivre où le compte se trouve inscrit.

L’égalité des totaux ressortant de l’addition des articles débiteurs et de celle des articles créditeurs présente une garantie suffisante de correction des écritures; car, quand on songe à la multitude des décompositions de chiffres qu’exige la comptabilité d’une maison un peu active, on comprend qu’il est à peu ])rès

Si

impossible que ces totaux ressortent égaux, s’il y a quelque in- :orrection. Il faudrait, pour que des écritures incorrectes présentassent deux totaux égaux, que les erreurs commises se compensassent exactement, chose à peu près impossible.

L’égalité de la somme des soldes débiteurs et de la somme des soldes créditeurs présente encore une garantie supplémentaire.

On appelle quelquefois le relevé de la balance de véritication inventaire des livres, parce qu’en effet cette opération montre la situation des écritures, comme l’inventaire complet montre

celle de la maison de commerce.

Dans les petites maisons de commerce, on ne se livre guère au travad de révision qu’au moment de 1 inventaire j et c est justement ce qui rend cette opération redoutable, parce qu’il faut alors pointer les écritures de toute l’année, tandis que l’inventaire des livres est nue opération courte et facile dans les maisons qui pratiquent des vérifications fréquentes.

6“ Inventaire. — Voyons maintenant par quels movens le commerçant peut reconnaître le résultat de ses opérations pendant un temps donné, comment il fait inventaire. — Supposons que K veuille savoir quelle est sa situation au 51 janvier.

On sait que, pour connaître la situation d’un compte, il suffit de le solder. Ainsi, pour voir l’état du compte de D, banquier, on totalisera les chiffres de l’actif, puis ceux du passif, et on relèvera la différence des deux sommes, soit 18 000 fr., dus par D. De même, pour voir la situation du compte Caisse ou du compte B, on fait la meme opération, et l’on trouve que le premier doit fr. 10 87 o, 35 et quel on doit Ir. 8 5o0 au second.

Mais on ne peut connaître aussi facilement la situation réelle du compte Marchandises, parce que, d’une jiart, les marchandises vendues ayant été vendues à un prix différent du prix d’achat, on n’a pas relevé à chaque opération la différence qui revenait à Profits et Pertes. D’autre part, les marchandises, restant en magasin peuvent avoir changé de valeur en plus ou en moins depuis (pi’elles ont été achetées, et il est nécessaire de constater leur valeur actuelle. On fait donc sur des feuilles volantes un relevé détaillé des marchandises existantes évaluées au minimum, et, après addition faite, ou joint la somme à celle du crédit du compte Marchandises et l’on solde. La différence ou solde du compte ainsi

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